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Edito du numéro 58 (20 septembre 2017)

Deviendrais-je fou ?

Quand on édite un billet qui a deux cent cinquante abonnés, il faut s’interroger sur ce qu’on fait, pour soi et pour les autres. Régulièrement. Très régulièrement. Le plus souvent possible.

L’été et sa parenthèse ont été propices à une telle réflexion nourrie des observations de celles et ceux, nombreux, qu’on a pu voir et avec qui DECODA fut un sujet de conversation. Les remarques les plus nombreuses ont porté sur le ton et la forme du billet. Nombreux ont été ceux qui trouvent que je dérape vers une forme d’acrimonie monomaniaque dirigée contre les médias et que l’insulte semble parfois l’emporter sur l’argument…

Que se passe t-il ? La bien-pensance, le « politiquement correct », ces vermines modernes qui rongent les cerveaux, auraient-elles gagné parents et amis ? Jusqu’à m’attraire aux pieds du juge de l’opinion devant lequel j’entends déjà mon avocat…

« Il faut dire, à décharge Monsieur le juge, que les occasions sont si nombreuses et tentantes pour mon client face à un monde où même les meilleurs sombrent dans la médiocrité médiatique, qu’on pourrait presque ne pas lui en vouloir, que dis-je, qu’on devrait même l’en remercier ! »…

Mais voilà que la même folie acrimonieuse gagne mon avocat… Je le fais donc taire et vais me défendre tout seul.

L’erreur serait d’abord de croire que DECODA est un billet convenable, au sens des convenances bourgeoises qui ne dérangent surtout rien, y compris chez ses lecteurs bien-aimés. DECODA est CHARLIE ! Qu’on ne l’oublie pas. Pas un billet pour sortie de messes ou de prières accroupis et nu-pieds, surtout pas elles.

Donc il ravage, comme s’il était…. Comment dire ? Voilà, c’est ça, « Bête et méchant »[1]. Il dénonce les travers de ce monde et pour ça ses mots ne sont pas doux, ils peuvent même être violents s’il le faut. Il traque la bêtise, surtout lorsqu’elle devient insondable. C’est son objet social annoncé d’entrée de jeu, dès sa création[2] et ce n’est pas le care de Martine Aubry ni la bienveillance macronienne qui vont y changer quelque chose.

Pourquoi au fond, ensuite, devrait-on être indulgent, même dans la forme et l’expression, avec ceux qui nous enfoncent tous les jours ? A part si l’on aime ça, je ne vois aucun motif de rester silencieux et de ne pas gueuler si on a mal. Et j’ai mal. Ca me noue, ça me troue. Il suffit d’ouvrir un journal, la radio ou la TV… la bêtise est là étalée sous nos yeux et à nos oreilles.

Prenons un exemple, Trump. Quinze jours après qu’un « hurricane » ait dévasté le sud de son pays, il prend encore des mesures climato-sceptiques. Comment ne pas dire qu’il est complètement con ? Et, donc, aussi, les millions d’américains qui ont délibérément choisi son programme en l’élisant et qui persistent et qui resignent.

Autre exemple, plus près de chez nous, nos fameux frondeurs et autres insoumis qui nous ont saoulé des mois avec l’inversion des normes résultant de la loi El Khomri… Souvenez vous, il n’y a pas un an !

Là, ils nous saoulent de nouveau, maintenant avec l’inversion « Penicaud ». Mais si c’était déjà inversé et qu’on inverse à nouveau, on rétablit non ?

Et les médias face à tout ça. Quant ils ne sont pas militants, ils ne comprennent rien et amplifient, voire se limitent aux micros trottoir. Vous verrez bientôt les journalistes feront des selfies avec leurs benêts de service…

C’est clair, comme pour beaucoup d’entre vous j’en suis certain, tant de bêtise accumulée[3] me rend malade. Elle devient la chose au monde la mieux partagée, au point qu’on en est presque au communisme intégral sur ce plan.

Je me soigne donc en gueulant dans DECODA[4]. Vous savez bien que c’est comme ça que font les fous, ils gueulent ! Bon sang, qu’est ce que c’est bon. En plus je sais que, au fond, vous me comprenez. Donc je ferai des efforts sur la forme, promis, mais, ici, on restera CHARLIE, promis aussi. Ou bien alors, on ferme. Vous me direz.

 

Notes de bas de pages

[1] Pour les plus jeunes, du sous-titre de « Hara-Kiri » ancêtre de « Charlie »

[2] Voir à cet égard : https://francoisbraize.wordpress.com/lauteur-du-blog-qui-suis-je/ et pour la cause je me cite : « Avec une orientation philosophique humaniste et laïque qui ne s’accommodera jamais d’une quelconque forme de résignation, je fais ainsi partager et mes coups de gueule et mes coups de coeur… au besoin, et sans retenue, par l’humour, la caricature et la dérision… »

[3] Maladie pour laquelle d’autres jouent leur vie :

https://carolinefourest.wordpress.com/2017/09/01/mohamed-sifaoui-linsoumis/

[4] Puisque écrire c’est aussi se soigner selon Kamel Daoud qui vient de publier « Zabor ou les psaumes » chez Stock

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