DECODA(NA)GES n°26 – 20 janvier 2015

« J’ai moins peur des extrémistes religieux que des laïques qui se taisent ! »  CHARB

SOMMAIRE

Edito  

2015 : Résolutions ? Enormes…

Pour CHARLIE !

Thème du mois  

« Petit bréviaire » à l’usage des non initiés et de ceux susceptibles, suite au drame, de mollir… »

Vous en voulez, franchement, d’une « laïcité encore plus ouverte » ?

Billet d’Actu     

« Pour un aggiornamento de l’islam ! »

Par Wanda Diébolt

Dernière(s) minute(s) 

Dieudonné et ses supporters qui confondent encore « opinion » et « délit »…

Les nouvelles du front bébête… 

sont toujours des nouvelles d’effroi…

Marine, une première grande erreur qui a du sens…

Chiffres clés  

Les chiffres qui tuent….

Le(a) crétin(e) du mois    

Et d’un coup apparu un crétin absolu

Et Rama se planta …

La p’tite biblio                                       

Lettre au monde musulman

Abdennour Bidar

 

Vous trouverez le texte intégral du numéro 26 en rubrique « archives » sous rubrique « numéros antérieurs ».

 

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4 Commentaires

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4 réponses à “DECODA(NA)GES n°26 – 20 janvier 2015

  1. Il n’y a pas de troisième voie..

    On commence à entendre, après l’émotion et le choc ayant suivi les attentats de Paris, des voix discordantes, selon lesquelles « ils l’ont peut être un peu cherché » ou bien ce serait l’intransigeance envers l’islamisme qui « provoquerait » certains musulmans. Ce discours avait déjà été entonné lors du vote de la loi sur le voile dans l’espace public, certains musulmans du bout du monde, en rien concernés par ce problème interne français, menaçant de représailles la France, qui entendait interdire sur son sol le port du voile aux femmes musulmanes. De même avait-on entendu des menaces contre la France qui intervenait au Mali puis en Irak et soutient les Kurdes contre l’Etat Islamique. Michel Onfray le médiatique philosophe athée, défendait la position isolationiste : laissons les pays musulmans se débrouiller, cela ne nous regarde pas.

    Mais ceci ne résiste pas à l’analyse, implacable comme le dessein des terroristes islamistes : détruire les états qui s’opposent à l’instauration d’une théocratie islamiste partout dans le monde en tuant les opposants les plus représentatifs et en terrorisant les civils, pris au hasard, tout en s’accaparant des territoires mal défendus pour créer des états souverains -Nord du Nigéria, Sahel, Somalie, Syrie et Irak, pour le moment..

    Tout le reste ne sont que des prétextes de circonstances qu’avancent parfois des musulmans effrayés des conséquences d’une mauvaise lecture de leur religion, qu’ils n’osent pourtant pas contester. C’est le règne de la peur, y compris au sein des musulmans.

    Ils l’ont peut être cherché en caricaturant le prophète ou en tenant un discours qui serait islamophobe? Mais Charlie Hebdo n’est pas diffusé au Niger et au Pakistan, les plus virulents, qui brûlent des drapeaux français mais aussi des églises évangéliques (donc protestantes probablement d’origine anglo-saxonnes) au Niger. que savent-ils ces manifestants déchaînés des caricatures du prophète, qu’ils n’ont probablement jamais vues et de la ligne éditioriale du journal satyrique ?
    De même, la policière municipale de Montrouge, tuée par Coulibaly, qu’avait-elle à voir avec Charlie Hebdo ? Si ce n’est, dira-t-on, peut-être de représenter la France en tant que policière… On dérive vers une sorte de culpabilité collective très élargie. Mais alors les employés et clients juifs de l’épicerie Casher, quel rapport avec l’Etat français ou Charlie Hebdo ? ah, non, eux leur culpabilité serait d’être de la même religion que celle de l’Etat d’Israël qui méprise les droits des Palestiniens.
    Mais alors comment expliquer les attentats en Australie ? Ah, mais eux c’est parce qu’ils interviennent en Irak et Syrie aux côtés des américains et des français.
    Bon mais alors, pourquoi préparer des attentats en Belgique, qui n’a pas envoyé de troupes lutter contre les islamistes et n’a pas caricaturé le prophète ?
    On le voit, les fausses bonnes raisons de justifier l’injustifiables ne résistent pas à la réflexion et la voie du renoncement que semblent dessiner certains ne conduira nullement à un apaisement de l’action des terroristes, pas plus que Munich et l’abandon de la Tchécoslovaquie en 1938 n’ont évité la seconde guerre mondiale, pas plus que le pacifisme des années de guerre froide (« plutôt rouge que mort ») n’avait amené l’effondrement du système totalitaire communiste soviétique.

    Que signifierait en effet le renoncement à nos valeurs laïques et à nos actions de soutien de tous ceux qui, attaqués chez eux, ne veulent pas être convertis de force, ni voir leurs femmes ou leurs filles réduites en esclavage sexuel pour les combattants islamistes, qui ne veulent pas être régis par la charia dans une société prônant l’inégalité des sexes ?

    Ce serait d’abord de rétablir le délit de blasphème envers les religions en général, l’Islam en particulier et donc, au-delà des caricatures, interdire aussi tous les ouvrages remettant en question l’existence de Dieu : Dire qu’Allah n’existe pas et que Mahomet n’est donc pas son prophète serait passible de prison. CQFD
    Ce serait ensuite autoriser le port du voile pour les femmes musulmanes dans l’espace public et ainsi permettre aux islamistes de tout poil de l’imposer à toutes les filles nées dans une famille musulmanes, contraintes de rester dans le champ étroit de la religion.
    Ce serait l’obligation de prévoir dans tous les lieux de restauration publics (cantines scolaires ou pour adultes) des menus hallal, dans toutes les administrations des lieux et des pauses pour les prières quotidiennes.
    Puis ensuite le débat portera, inévitablement, sur les cas de polygamie existants : comment poursuivre un musulman polygame, qui respecte la loi de son Dieu, devant la justice des hommes, en France, surtout si ses quatre épouses viennent clamer combien elles sont ainsi heureuses ?
    Pour finir se poserait la question de l’application de la charia pour les crimes et délits commis par les musulmans, dès lors que ceux-ci considèrent qu’ils doivent être régis par la loi de leur religion, divine, plus que par la loi républicaine. Cette dualité de régime n’est pas une vue de l’esprit, elle a existé lors des royaumes barbares en Europe : Sous le roi Théodoric au VIème siècle, les romains d’Italie relevaient du droit Romain et de l’Evêque pour leur religion chrétiene alors que les Ostrogoths qui y vivaient relevaient de leur droit coutumier et de l’Eglise Arienne.
    Sommairement, dans nos colonies d’Afrique du Nord jusqu’au XXème siècle, les indigènes musulmans relevaient en partie de leur droit local, alors que les colons étaient soumis entièrement à la loi et aux tribaunaux de la République Française.

    On le voit, il n’y a pas d’alternative face aux revendications des islamistes radicaux, que le rappel de nos valeurs et de les combattre, partout et sur tous les terrains, surtout idéologiques.

    Une suggestion à ce sujet : pourquoi ne pas utiliser la contractualisation de nos écoles privées (catholiques pour la plupart) pour tenter de développer des écoles musulmanes conventionnées, dans lesquels il serait enseigné qu’on peut aussi être un bon musulman en étant monogame, en laissant les athées penser librement que Dieu n’existe pas ou dessiner un prophète, en acceptant les lois pénales de la république et n’obligeant pas les femmes à se voiler ? En lisant exactement le Coran et en le resituant dans son contexte historique, en enseignant les philosophes musulmans progressistes ? en expliquant qu’un musulman sunnite n’est pas obligé d’étriper un musulman chiite au prétexte d’hérésie ?

    Bruno Bertrand

  2. Wanda Diebolt

    j’adhère absolument à l’excellent papier de B Bertrand. Les islamistes n’ont épargné ni la Belgique, ni l’Espagne, ni la Grande-Bretagne, qui, pour les deux premières, ne participent d’aucune coalition occidentale, et qui pour la dernière, a longtemps été très tolérante envers les barbus de son Londonistan, voire complaisante; à ce propos, il paraît qu’il existe en GB des tribunaux religieux appliquant la charia sans être trop inquiétés. Je ne sais comment vérifier cette information…
    Wanda Diebolt

    • La confusion des valeurs.

      Nous sommes plongés dans un univers médiatisé qui nivelle les valeurs comme le sens des mots et des actes. A travers l’écran de notre ordinateur, tablette, smartphone, téléviseur (rayez la mention inutile) nous voyons se dérouler l’actualité, qui deviendra l’Histoire, comme irréelle, comme un film. Tout alors devient possible et ce qui est possible finit par se produire réellement. Ces propos ont bien sûr été tenus depuis longtemps, dès les années 1960 par des chercheurs ou philosophes allemand (Herbert Marcuse dans l’homme unidimensionnel en 1964) ou américain/canadien (Marshall Mac Luhan), qui nous avaient averti des risques d’abolition du sens critique, issu de l’irruption incontrôlée d’informations médiatisées par des moyens rapides et modernes, ne laissant plus le temps de la réflexion à l’individu. Mais jusqu’à présent les récepteurs que nous sommes tous étaient d’une génération de l’écrit, du livre, dont le sens critique avait été éveillé et cultivé par la lecture et la réflexion. Peu à peu de nouvelles générations arrivent, dépourvues de cette expérience et ainsi plus vulnérables à des messages « prêt à penser ». Ce qui est frappant c’est l’absence de recul, d’analyse : tout se vaut, rien n’est objectif donc peu importe la partialité voire mauvaise foi, pour atteindre un but qui paraît souhaitable à l’individu.

      Cette évolution, marquée par l’amalgame, qui remplace la démonstration rigoureuse comparative, est illustrée par deux événements récents qui se rattachent à notre débat sur le blasphème et la liberté d’expression. La déclaration du Pape François, selon laquelle si un homme insultait sa mère, il lui donnerait un coup de poing dans la figure et dont il tire qu’il convient donc d’éviter de critiquer la foi des autres. Extraordinaire justification de la violence physique en réponse à une parole(!) par celui qui préside une Eglise fondée par un certain Jésus, lequel prônait de tendre la joue gauche à celui qui vous frappait sur la joue droite !
      Non moins extraordinaire confusion des valeurs entre l’amour filial et la personne humaine mise en cause sinon en danger dans un cas et l’expression d’une critique idéologique impersonnelle, dans l’autre cas. N’oublions pas que c’est cette même Eglise catholique qui a brûlé pendant des siècles les totems et statues des cultes animistes en Afrique, Asie et Océanie, qualifiés de superstitions diaboliques…
      La suppression du délit de blasphème en Alsace-Moselle est d’autant plus actuelle et urgente, on le voit.

      Deuxième exemple : l’aveuglement des journalistes politiques français qui viennent d’attribuer le prix de l’homme politique de l’année (trombinoscope), dans les salons du président de l’Assemblée Nationale, à Steeve Briois, qui a été élu avec l’étiquette Front National en 2014 maire d’Hénin-Beaumont. Mine ahurie de nos commentateurs médiatiques habituels ce matin, face à la réaction ébahie de beaucoup d’hommes politiques et de confrères. « Nous avons majoritairement désigné un homme qui représentait un événement politique majeur survenu en 2014 : le bon score du Front National aux élections municipales en France ».
      Voilà la justification de leur choix : ce qui a fait le buzz ! Le degré zéro de la réflexion et du sens de l’analyse.
      Non pas que je soutienne par principe l’exclusion de la vie politique de tous les membres du Front National qui ont été régulièrement élus dans un scrutin démocratique. Mais le sens d’une manifestation publique semi-officielle, où les journalistes politiques de tous les médias français désignent « l’élu de l’année » ne devrait-il pas se porter sur une personne dont les actes méritaient l’attention voire l’admiration du public ? Qu’a-t-il fait d’admirable le nouveau maire d’Hénin-Beaumont, à part d’avoir été élu dans une petite commune sinistrée économiquement et ravagée par l’incompétence ou la corruption de ses précédents maires de droite comme de gauche ? La ville se porte-t-elle mieux, une politique innovante a-t-elle été mise en oeuvre ? L’économie redémarre ? le chômage baisse ? La vie démocratique locale a été améliorée ? Non, rien de tout celà, Steeve Briois gère sa mairie comme les autres, avec juste un clin d’oeil vers les thèses d’extrême-droite de temps en temps.
      Voilà illustré clairement le niveau d’analyse des journalistes politiques, censés faire l’opinion publique en France. Comment s’étonner que des jeunes en mal de repères se réfugient dans l’idéologie d’extrême-droite ou dans l’islamisme radical, puisque tout se vaut, apparemment, derrière le petit écran.
      Petite question à ces élites intellectuelles des médias : Qui était l’élu de l’année en Allemagne en 1933 ?

      • Excellent Bruno ! Un régal. J’ajoute que ledit Briois a eu pour première mesure de supprimer la subvention de la ligue des droits de l’homme comme il l’avait d’ailleurs annoncé, mais nos bons français s’en tapent. Quant aux médias, même si on défend ici, becs et ongles, leurs libertés, car ce sont les nôtres, on a aucune illusion ce sont massivement des crétins (Cf. en rubrique « Archives », sous rubrique « documents » l’article « Mais où nous mènent les médias ? »).L’engeance « journaliste politique » vient de démontrer qu’elle en était la crème !

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