Le Billet d’Actu de l’ami Bruno

Brexit, Trump… où va ce monde ?

Et le Conseil d’Etat qui valide (contra legem ? On va vérifier ça de très près)  le même jour les crèches dans les lieux publics…

DECODA, circonstances exceptionnelles obligent, ouvre sa rubrique « Billet d’Actu » à ses lecteurs qui ont envie d’exprimer leurs analyses. Ne vous en privez pas ! Emboitez le pas de l’ami Bruno.

« Les Trump(ettes) de Jericho » par Bruno Bertrand

Billet archivé en rubrique « Billet d’Actu »

 

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4 Commentaires

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4 réponses à “Le Billet d’Actu de l’ami Bruno

  1. Diebolt Wanda

    Complètement en phase avec l’édito de BB, je rajouterai ceci: cette catastrophe pourrait être une chance pour la gauche française de gouvernement, si elle savait la saisir. En effet, cette gauche-là pourrait montrer facilement comment la dérive libérale et mondialiste sans garde-fous conduit inexorablement à l’élection d’un Trump ou d’une Le Pen; elle pourrait démontrer que contrairement à la perception générale et au déchaînement médiatique, depuis 2010 les inégalités ont reculé légèrement en France, laquelle reste l’un des pays les moins inégalitaires, et même celui où les dépenses sociales sont les plus élevées, devant les pays nordiques (source: rapport France stratégie repris dans Le Monde du 13 octobre). Elle pourrait en conséquence demander aux électeurs d’y réfléchir à deux fois avant de voter en mai pour la droite, qui affiche sans complexe un programme mettant à bas ce modèle de démocratie sociale qui reste le nôtre; et tôt ou tard Juppé/Sarko mèneront à Le Pen. Mais l’argument socio-économique ne suffit pas, et là ça devient encore plus compliqué. Il faudrait que la gauche de gouvernement soit enfin capable de construire la vision de la société dans laquelle elle veut nous emmener; cela suppose, sur l’immigration, sur l’islam, sur la délinquance, de sortir du déni de ce que les gens des quartiers populaires vivent au quotidien, et d’avancer des propositions équilibrées et réalistes. Cela suppose aussi de mettre la laïcité telle que Décoda la conçoit au coeur du projet de société, en en définissant soigneusement le contenu, et comme seul moyen d’apaiser les tensions et de permettre le fameux « vivre-ensemble ». Et de mettre le paquet (que de temps perdu depuis l’attentat contre Charlie!) sur les travailleurs sociaux, les éducateurs de rue, les médiateurs en tout genre, le recrutement massif d’aumôniers musulmans dûment formés dans les prisons…Enfin, d’oser proposer l’Union européenne profondément réformée comme notre seule chance et notre destin inéluctable. On peut rêver! Wanda

  2. Robert SALVAT

    Les populismes montent en Europe, au Royaume-Uni et aux Etats-unis d’Amérique.
    Le résultat a été que (entre autres) :
    – en Pologne, une majorité de droite, « racines chrétiennes », veut museler sa Cour constitutionnelle ;
    – en Hongrie (ni mieux, ni pire qu’en Pologne), le pays risque une sanction de Bruxelles (mais cela est théorique, en effet, une sanction se vote à l’unanimité : la Pologne mettrait un veto, comme, d’ailleurs, la Hongrie le ferait pour la Pologne);
    – hors d’Europe : voilà donc le Brexit et voilà l’élection d’un Donald (qui est un Mickey).

    1. Pour ma part, je verrais une explication qui trouverait une cause ultime à ces multiples séismes politiques, éparpillés sur plusieurs continents (et une île).
    Ce n’est pas la mondialisation.
    Je crois qu’il faudrait plutôt s’intéresser aux conséquences du néo-libéralisme sur le « Vivre-ensemble », sur le comportement des individus (alias « les gens »), des entreprises et des collectivités publiques.

    a-) On voit de plus en plus que :
    – il n’y a plus de citoyens, il y a des « homo oeconomicus » en concurrence;
    – il n’y a plus de vision à long terme, ni de notion d’intérêt général;
    – il n’y a plus de code moral, un « sur-moi » : l’idée est « Nous sommes sur un marché concurrentiel ; faisons le, tant qu’on n’est pas rattrapé par la patrouille » ; c’est la généralisation de l’adage « Trompe qui peut »;

    b-) Cela a une influence grandissante sur « les gens », en tant que :
    – Ils n’arrivent plus à se définir par leur métier ; il y a trente ans, on pouvait encore se présenter en déclinant son nom, son adresse et sa profession ; ainsi la profession était un élément de l’identité (quand bien même aurait-on été au chômage) ; il est remarquable, par exemple, que dans une interview de journaliste, des jeunes anglais (post-thatchériens) se sont spontanément définis comme des « supporters d’un club de football » au lieu de dire : « je suis métallo, je suis mécanicien »;
    – la notion de « travail bien fait », élément de fierté ouvrière et donc d’estime de soi, a été noyée dans les notions de rentabilité et de productivité (il faut atteindre les objectifs chiffrés);
    – il n’y a plus de havre de stabilité, donnant des repères apaisants, en tant que la notion de « service public » est en perdition (les méthodes de management du secteur privé sont en œuvre dans le public ; les collectivités publiques ont des stratégies de communication qui diffèrent peu de celles des entreprises privées);
    – la politique adopte des stratégies commerciales apprises dans le secteur privé (on segmente les réunions électorales, comme l’on segmenterait un marché et l’on fait entendre à son auditoire du jour ce qu’il aimera entendre), un gaulliste peut alors devenir un libéral-atlantiste (il faudra aussi que l’on m’explique, un jour, la différence entre « droite-extrème » et « extrème-droite », car enfin, c’est « bonnet-blanc et blanc-bonnet », comme disait Duclos);

    c-) « l’ascenseur social » est en panne, du fait même que la fonction publique ne recrute plus, pour cause de néo-libéralisme (un fils d’ouvrier pouvait passer des concours jusqu’à celui de l’ENA).

    2-) Les gens ne voient pas de fin à une spirale baissière de la qualité de vie, générée par des efforts de compétitivité, c’est-à-dire, graduellement et successivement :
    – par une meilleure organisation interne de l’entreprise;
    – par une délocalisation industrielle;
    – par une déréglementation (alors que c’est la loi qui protège);
    – par des « réformes structurelles » (alias « une baisse de la protection sociale »);

    3-) Les gens, qui sont atteints dans leur estime de soi, qui vivent dans la précarité, ont donc cherché :
    – des boucs émissaires (les émigrés, les « élites »);
    – des refuges (dans la religion, le communautarisme) ; à cet égard, par exemple, il est certain que si l’on diminue le nombre de fonctionnaires dans le secteur public de l’éducation, on augmente d’autant l’importance du secteur privé confessionnel ; le moins d’Etat conduit au retour du religieux, « under god ».

    Pour moi, le néo-libéralisme porte donc atteinte au « Vivre-ensemble ».

    4-) Enfin, pour donner dans l’humour noir, je soulignerais que, si la « peste brune » revenait sur le continent.. Où sont nos alliés historiques ?
    – les héros de Stalingrad, c’est maintenant la Russie de Poutine;
    – les héros de la « Bataille d’Angleterre » filent à l’anglaise;
    – la cavalerie américaine s’est empâtée et porte une moumoute.

    Robert SALVAT

  3. Robert SALVAT

    Pour ajouter une couche à mon commentaire précédent (qui pourrait être résumé par la formule : « Le néo-libéralisme porte atteinte au « Vivre-ensemble ») :

    1-) Je noterais que l’économiste Thomas Piketty a publié une chronique dans Le Monde, daté du 12 novembre 2016, intitulée « Pour une autre mondialisation » ; on trouvera, aussi, cette chronique sur son blog :
    http://piketty.blog.lemonde.fr/2016/11/15/pour-une-autre-mondialisation/

    Cette chronique recoupe certaines des idées qui ont été émises dans mon commentaire précédent.
    Bon alors, les amis, soyons clairs : puisque mon commentaire est daté du 9 novembre et celui de Piketty du 12 novembre, il s’ensuit que c’est bien Piketty qui est d’accord avec moi et non pas moi qui suit d’accord avec lui (il faudrait, ici, appliquer la règle du « premier arrivé », que les néo-libéraux ont en commun avec les gamins d’une cour de récréation, quand le maître a le dos tourné).

    2-) La Gauche a accepté « l’économie de marché » ; ainsi, il y a donc un « secteur public » et un « secteur privé ».
    Mais, le néo-libéralisme (alias, « maladie de l’économie de marché ») dérégule « jusqu’à l’os ».
    In fine, cela conduirait à un « moins d’État » ; ce qui renforcerait :
    – la « marchandisation » des besoins sociaux ;
    – les religions, en tant qu’elles joueraient le rôle social que l’État n’assumerait plus.
    – « l’insécurité sociale ».

    3-) On peut aussi penser que le néo-libéralisme a échoué économiquement (comme l’on disait, pareillement, du communisme).
    En effet, dans les pays qui ont dérégulé leur économie, les premiers, dans les années 80, le moteur de la croissance était l’avantage concurrentiel qu’ils se procuraient sur les autres pays. Mais, dès lors que tout le monde vient à déréguler (années 2000), l’avantage concurrentiel s’estompe et la croissance diminue. On en revient alors, très vite, aux années de faible croissance ; à la différence près que l’Etat-providence, en voie de démantèlement, ne pourra plus amortir les chocs sociaux à venir des crises cycliques de l’économie de marché.

    3-) Le problème politique est que ce n’est pas la Gauche, mais bien le « populisme » qui tire un avantage électoral des dégâts occasionnés par le néo-libéralisme.
    Au demeurant,comme Thomas Piketty l’écrivait dans sa chronique, précitée, le président populiste Donald Trump aggravera davantage les inégalités sociales qui sapent la société américaine.

    4-) Pour sortir du néo-libéralisme, sans doute, conviendrait-il de trouver « l’effet papillon » qui engagerait un cercle vertueux, venant contrecarrer le « cercle spécialement vicieux » (« scélérat », comme l’on disait dans les années 70), mis en place par les tenants du néo-libéralisme.
    Une piste possible, parmi d’autres, pourrait être de considérer, au niveau de l’Union européenne, que la concurrence économique sur le « marché unique » est loyale quand il n’y a (entre autres) ni dumping fiscal ni dumping social ; c’est-à-dire de considérer, fermement, que ces deux dumpings sont des « aides d’État » (interdites).

    Robert SALVAT

    • Excellent mon bon Robert !
      Remarquable analyse qui veut prendre le libéralisme à son propre jeu d’une concurrence un peu plus parfaite qu’elle n’est, avec son cortège sinistre de dumpings social et fiscal dévastateurs de l’emploi et de la protection sociale.
      Dumpings qui ne sont au demeurant, et sans conteste possible, que le produit de stratégies nationales compétitives jusqu’à l’égoïsme le plus écoeurant…
      Bref, des Trumps et des Trumpettes partout de par le monde, re-bref la multiplication des gros dégueulasses… un cauchemars.
      Ce que ne comprennent même pas nos pauvres souverainistes de bazar qui, en fait, ne font, qu’ils le veuillent ou non peu importe, que jouer que le jeu du capitalisme le plus vil et attardé et non pas d’une économie de marché mondiale bien régulée !
      C’est ce que nous avons plaidé avec Wanda et Bruno dans notre papier publié par Marianne il y a quelques semaines :

      http://www.marianne.net/agora-republique-europe-100246629.html

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