Et viva Espana !

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15 Commentaires

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15 réponses à “Et viva Espana !

  1. Dominique Ladiray

    Si le sujet est important et même dramatique, la façon pontifiante dont tu le traites me fait immanquablement penser à cette réplique de Robert Dalban dans le film « un idiot à Paris »:
    « Je suis ancien combattant, militant socialiste et bistrot. C’est te dire si, dans ma vie, j’en ai entendu des conneries. Mais des comme ça, jamais ! ».

    C’est donc dit et écrit (et peut être même pensé) : les Catalans (pas tous quand même) « ne comprennent rien à ce qui se passe dans un monde global, aux enjeux pour demain …. », sont « des bandits indépendantistes qui pour parvenir à leur petite fin piétinent l’Etat de droit et la démocratie » etc. etc. Des cons quoi.

    Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne fait pas dans la litote !!!!!

    Sur le fond, je n’ai pas grand chose à dire : je ne connais pas le sujet, je ne suis ni Catalan ni Espagnol, je ne vis pas dans ce pays, et je ne suis pas « spécialiste en tout ».

    Mais je me dis, en idiot que je suis, que toute révolution est par définition illégale (surtout dans un état de droit), que toute constitution peut (et doit) évoluer (d’ailleurs, nous en sommes nous à la numéro combien ?) et que le droit d’expression est quand même quelque chose d’important.

    Et puis, ta logique me semble un peu sommaire. Quel est ton avis sur les Écossais ? Ces idiots/bandits/crétins qui réclament un référendum pour pouvoir rester dans l’Europe ???? Dans ce cas, ne serait-ce pas l’état de droit « qui ne comprendrait rien à ce qui se passe dans un monde global, aux enjeux pour demain …. » ?

    Je ne doute pas que tu puisses m’éclairer ……..

    Bises,
    Dominique

    • Salut à tous !
      Je publie ce point de vue contraire de l’ami Dominique.
      Cela devrait nourrir le débat sur le fond que je laisserai volontiers se développer, s’agissant d’une question difficile comme il le souligne d’emblée, avant de répondre à son invite de l’éclairer, ce que je ne manquerai pas de faire in fine, peut-être éclairé aussi par d’autres avis.
      A ce stade sur la forme, je lui dirai simplement que j’ai dû mal m’exprimer, puisqu’il ne m’a pas bien compris.
      Les seuls bandits dans mon esprit sont les « dirigeants » qui envoient une population, qu’ils enfument, dans le mur en piétinant l’état de droit.
      Je croyais que c’était clair dans ma rédaction mais sans doute que non.
      Pour le reste, sur le fond et à ce stade, je ne change rien.
      Débat à suivre, donc.
      F

      • Salut Dominique,

        Comme ton commentaire semble avoir assommé le débat et qu’aucune autre intervention ne vient je prends le temps, sans attendre, de répondre à ta demande d’éclaircissements puisque ma position t’a surpris.

        Je crois d’abord, comme tu le relèves toi même, que tu as écrit ton commentaire en étant insuffisamment informé.

        L’expression est libre écris tu, ce sur quoi je te rejoints pour pouvoir en user en ayant pris le temps, pour ce qui me concerne, de documenter mon point de vue ce qui me différencie de «l’idiot» cher à Robert Dalban, «qualité» dont tu me pares bien généreusement.

        Alors, d’abord il t’a échappé que les indépendantistes écossais sont restés, eux, dans la légalité d’un droit britannique qui au demeurant permet un referendum : ils ont demandé, après le Brexit, un nouveau referendum, après avoir perdu celui de 2014, mais ne sont pas passés outre au refus opposé par le gouvernement britannique. Différences essentielles qui ruinent ta comparaison trop facile avec le comportement des « hors-la-loi » catalans (pour ne pas dire les bandits, les dirigeants bien sûr, pas les manipulés qui suivent sans réfléchir et sans savoir).

        Je te rappelle, puisque tu ne le sais manifestement pas, que, après que les indépendantistes catalans eussent perdu une précédente consultation sur l’indépendance en 2014, le «Parlement» catalan a voté cette année une loi contraire à la Constitution espagnole, immédiatement suspendue à ce titre par la Cour constitutionnelle du pays. Loi qui prévoyait, outre l’organisation d’un referendum inconstitutionnel, qu’après son résultat positif le gouvernement catalan déclarerait unilatéralement l’indépendance et fermerait les frontières de la Catalogne ! Une sécession institutionnelle unilatérale. Oui, oui rien que ça.

        Comme peut-on croire une nanoseconde si l’on est sérieux qu’un gouvernement espagnol démocratique et légitime puisse laisser faire cela sans barguigner quelle que soit sa couleur politique ? Comment appelles tu cela ? La démocratie ? C’est une blague. Moi j’appelle ça un coup d’Etat. Ou bien alors, en 61, Salan, Massu et consorts, soutenus par un million de pieds-noirs, étaient dans leur bon droit. La provocation politique ainsi réalisée par les dirigeants catalans ne pouvait conduire qu’à une réponse très ferme au nom de l’ordre public et ils le savaient.

        Ensuite, si, comme tu le dis, nous avons eu en France successivement, plusieurs constitutions et régimes politiques et que, donc, les constitutions n’ont rien d’un marbre inaltérable (elles évoluent nécessairement), je te rappelle que la démocratie se caractérise précisément par la manière dont on les fait évoluer. Cette manière suppose le respect des procédures constitutionnelles, l’organisation d’élection ou de référendum réguliers, selon des procédures incontestables, et, pour leurs résultats, l’acceptation du fait majoritaire et la soumission à celui-ci.

        A l’époque moderne, c’est à dire pour ce qui nous concerne depuis 1875, soit trois constitutions (n°III, IV et V) si l’on excepte le régime de Vichy que ni toi ni moi ne prendrons en référence, le temps n’est plus à la violence et à la brutalité en dehors du droit pour provoquer les évolutions constitutionnelles souhaitées mais à des processus démocratiques passant par les urnes. Je n’imagine pas que tu le regrettes. Alors, STP, ne soutiens pas pour les espagnols ce que tu ne voudrais pas que l’on t’inflige, que l’on nous inflige.

        Ta référence à LA révolution comme processus d’évolution des régimes politiques, me ferait sourire si elle n’était pas attristante.

        Tu ne devrais pas, en premier lieu, soutenir une « révolution » catalane fondamentalement droitière, car identitaire et « démutualisante » pour le peuple espagnol puisque les plus riches, les catalans, veulent garder pour eux leurs richesses et ne plus « partager » avec le reste du pays.

        En second lieu, à l’époque moderne et contemporaine, la révolution comme « outil politique » n’est politiquement admissible, sauf pour les factieux attardés, que contre un régime totalitaire, pas contre un Etat démocratique, ce qu’est l’Espagne.

        Les catalans indépendantistes qui conduisent et promeuvent le processus séditieux engagé et ceux qui les soutiennent ne sont pas dans les clous. Ils sont du côté de la barbarie à la différence de leurs prédécesseurs qui pendant des décennies sont restés dans la légalité et ont obtenu la plus large autonomie garantie par le cadre constitutionnel que désormais ils piétinent.

        Et cette « barbarie catalane » risque d’être une maladie contagieuse pour de nombreuses autres régions d’Europe, n’en doutons pas au premier chef chez nous avec tous nos fadas indépendantistes qui n’attendent que ça. La grande déflagration identitaire, l’Europe-Yougoslavie, à 40 ou 50 nationalités au lieu de 28, quel pied ! Je ne peux pas penser que ce soit ton objectif ni affiché, ni masqué.

        Cette barbarie est vieille comme le monde : c’est celle, que l’on ne connaît que trop bien, qui refuse la régulation par le droit du cours des passions et de la folie des hommes, de leur bon ou mauvais plaisir, pour leur bon ou mauvais plaisir individuel ou collectif. La souveraineté du politique sans régulation par le droit n’est qu’un absolutisme de plus.

        En effet, dans un monde civilisé, la seule régulation possible des passions et folies des hommes est par le droit. Il n’y en a pas d’autres et je refuse pour ma part que notre avenir puisse être asservi à des folies individuelles ou collectives non régulées, fussent elles filles d’une soi-disant révolution…

        Quant à la soi-disant révolution catalane elle ne peut qu’être antipathique pour quelqu’un qui se dit de gauche, car, par une alliance des contraires au plan politique (les identitaires catalans d’extrême droite et une partie de l’extrême gauche), elle est nationaliste et à rebours de ce qui est au fond souhaitable : le dépassement par le haut, par le supra national, des nationalismes, fussent-il étatiques ou régionaux au profit de l’Humanité, de l’international et du genre humain. Aurais tu oublié les plus belles paroles qui soient ?

        Oui je sais, ne te fatigue pas, du point de vue que j’adopte c’est par le droit bourgeois que je déborde et que j’enterre la révolution… mais c’est pour défendre la démocratie.

        Voilà en espérant t’avoir éclairé sur mon point de vue puisque tu me le demandais, à défaut sans doute de te convaincre et en te remerciant, au fond, de m’avoir conduit à devoir ainsi préciser plus fondamentalement les choses, ce dont vont pouvoir profiter tous mes lecteurs.

        Ce qui m’a conduit, sans doute vas-tu dire, à encore davantage pontifier… Je te répondrai qu’on ne se refait pas !

        Bises amicales
        François

        PS : Comme je suis favorable à la régulation par le droit, je récuse la violence institutionnelle des catalans indépendantistes mais également les violences policières, même si l’Etat à le monopole de la violence légitime pour faire appliquer la loi. On doit parvenir à confisquer des bulletins ou des urnes sans violenter les personnes.

        • En complément pour ceux que cela intéresse un article très documenté et remarquable de quelqu’un qui connait le sujet et l’Espagne ; article signalé par l’ami André B. qu’il en soit remercié.

          https://www.telos-eu.com/fr/le-derapage-catalan.html

          On aurait aimé qu’un journal comme Le Monde s’en fasse l’écho plutôt que de se complaire comme les autres médias dans la guimauve de l’émotion sympathisante et partisane contribuant ainsi au laminage de l’opinion.

        • Dominique Ladiray

          Bonjour François,

          Ma référence à Michel Audiard et à ses dialogues n’avait pour but que de te faire « grogner » : à employer des mots forts (idiot dans mon commentaire, bandits/crétins dans ton billet) on suscite des réactions de même ordre et des incompréhensions.

          Ma comparaison avec le cas écossais voulait pointer que le Royaume-Uni était sorti de l’Europe (démarche quand même très nationaliste …. Tu dirais : « repli, au rétrécissement sur tous les égoïsmes ») par référendum alors que les écossais ne le souhaitaient pas. En quelque sorte le cas opposé à la Catalogne.

          Comme je le disais, je ne suis pas au fait de la situation espagnole, de son histoire. Je ne parle/lis pas suffisamment bien le Castillan et pas du tout le Catalan. J’écoute des radios, je lis des journaux. Et je ne sais pas qui a raison ou tort en la matière. Ton point de vue sur l’Etat de droit et le respect de la loi est bien entendu très cohérent et logique. C’est peut être aussi le seul possible, bien qu’il soit aussi un peu limité. Merci de l’avoir précisé.

          J’ai du mal avec l’expression « référendum antidémocratique », un bel oxymore n’est-ce pas ? J’ai du mal avec l’autoritarisme, la répression (comme toi), surtout lorsqu’en face on veut simplement dire ce qu’on pense. Je trouve ridicule et dangereuse l’inutile intervention du Roi d’Espagne qui insulte 2 millions de personnes coupables d’avoir voulu s’exprimer. Il n’était pas évident que les Catalans dans leur majorité souhaitaient l’indépendance. En interdisant violemment cette consultation, on a certainement donné une large victoire aux indépendantistes (les moins extrémistes étant restés chez eux). En leur tapant dessus, en les insultant, on a d’une manière bien étrange justifié leur démarche et leurs propos. Les deux camps ont choisi l’affrontement (stupidité ou tactique ?).

          Maintenant, on va assister à un beau « concours de quéquettes ». Les paris sur l’issue finale sont ouverts.

          Dommage de se « titiller » par voie électronique. Sans un bon verre, y-a-t-il de bonne discussion ?

          Bises,
          Dominique

          • Salut, incorrigible Dominique !
            La « dispute » amicale et affectueuse entre De Fontenay et Finkielkraut récemment publiée (« En terrain miné ») guide mon propos : on doit pouvoir tout se dire et l’amitié peut être rugueuse surtout quand on n’est pas d’accord.
            Je me réjouis que tu répondes…
            Ouf ! Je craignais (du fait de ton silence) que les nouveaux échanges de commentaires, nombreux et documentés, t’aient échappé et que mes éléments d’éclairage (suite à ta demande) soient tombés, alors que je me suis cassé le trognon, dans le vide d’une déconnexion de ta part de DECODA, excédé par son ton pontifiant…
            Tu as tout eu mais pourtant rien ne change, ou si peu. Et tu persistes ce qui est ton droit mais le mien est de m’en désespérer et de te le dire. Tu assumes même m’avoir bien traité d’idiot parce que j’avais déclaré que les indépendantistes hors la loi étaient des bandits (outlaw). Faut-il que tu les aimes !
            En effet, tu réponds présent et, diabolicum, tu persévères… Tu rends même maintenant l’Etat espagnol responsable des turpitudes indépendantistes alors que la sécession est de la responsabilité des sécessionnistes surtout quand il s’agit, et en prime hors des clous de la légalité constitutionnelle, d’une région riche qui veut démutualiser et désolidariser et pas d’opprimés ou de colonisés… Que tu le veuilles ou non. Cela t’a échappé ?
            Tu confonds un referendum bidonné et une consultation démocratique et tu prêtes au premier le sens et la portée de la seconde.
            Tu sembles croire, c’est pas possible autrement vu ce que tu lui reproches, que le Roi est un animateur de plateau, ou un GO, ou un médiateur, alors qu’il a, au premier chef, la pleine responsabilité de la continuité de l’Etat et du pays face à ceux qui violent la constitution et la loi commune et piétinent aussi les droits des catalans non indépendantistes (encore majoritaires à ce jour lors de toutes les consultations régulières).
            Réveille toi ! Relis les articles documentés et sérieux donnés en référence (surtout celui republié par la Fondation Jean Jaurès), le commentaire de Bruno Bertrand, amoureux de la Catalogne et de l’Espagne et qui parle, lui, les deux langues, celui de Jean-michel qui, lui, n’a pas qu’une connaissance livresque ou médiatique, mais a du vécu en Nouvelle Calédonie sur une problématique similaire.
            Moi,je crains de ne plus y pouvoir quelque chose face au caractère fondamental de notre désaccord. En fait, tu as pour les indépendantistes les yeux de Chimène et au fond à n’importe quel prix la passe… (pas mal celle- là, non ?).
            Au delà de ton cas amigo (enfin j’espère…), il est clair qu’une partie de la gauche française a maintenant un nouveau dada indépendantiste catalan dans lequel elle peut rejouer ses plus vieilles partitions et les plus éculées. C’est la fête ! Elle ne va plus savoir ou donner de l’indignation…
            Impossible donc de trouver un accord entre nous dans ces conditions, sauf peut être, bourrés, après quelques verres en commun… Mais, quelle valeur aurait-il ?
            Mais ce n’est pas très grave, il faut savoir acter les désaccords. On y est en plein.
            Le tout était d’en parler. On l’a fait.
            Bises
            F

  2. BERTRAND

    Comme voisin des catalans, je réfléchis à la situation dans cette belle province et je pense que sur une base historique complexe, dans le rattachement à l’Espagne et plus dernièrement lors de la guerre civile, les esprits des catalanistes ont été manipulés.
    Car enfin que veulent-ils obtenir, qu’ils n’ont déjà, par l’indépendance ?
    La langue catalane est officielle dans l’administration, l’école, les médias, l’université, la rue, partout. De même que la culture catalane, jadis réprimée (littérature, chansons, cinéma, etc..). Le drapeau catalan flotte librement partout, l’administration locale est élue et dirigée par des catalans et use des impôts locaux et d’une partie des impôts nationaux au profit des habitants de la région.
    Donc, en gros, ce serait, selon des chiffres très approximatifs, 10 milliards d’euros de « trop versé » à l’Etat central, que les catalans indépendants espèrent économiser. Ceci pour 10 millions d’habitants environ, soit dans le meilleur des cas, en moyenne 1.000,00 €/an, soit 80 € par habitant et par mois. Ceci selon une répartition inégale, les plus riches, plus imposés, percevant la plus grande partie de cette somme. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?
    Mais surtout ce calcul est totalement théorique, puisqu’il part du principe, erroné, que les résultats économiques après l’indépendance seraient identiques aux actuels, ce qui ne sera évidemment pas le cas. En premier lieu l’instauration d’une frontière avec l’Espagne et la restauration d’une frontière avec la France vont s’imposer, car la Catalogne indépendante ne sera pas, dans l’immédiat, membre de l’UE et devra acquitter des droits de douanes aux frontières extérieures de celle-ci. Elle devra aussi, temporairement, adopter une monnaie autre que l’Euro, avec un risque de dévaluation important selon le contexte. D’autre part les flux économiques avec l’Espagne, voire avec la France qui n’a pas envie de voir la Catalogne française s’engager sur la même voie, vont être plus que ralentis et les investissements extérieurs très réduits.
    D’autre part ce nouveau pays aurait à assumer seul le coût de sa défense nationale (avions, marine de guerre, troupes militaires, etc..) et de douaniers actuellement pris sur l’Etat central espagnol.
    Il devrait affronter une émigration des non catalans, peu désireux de rester dans ce pays et un retour de catalans moins désirés dans le reste de l’Espagne après une telle sécession, ce qui perturbera aussi la situation sociale, manifestement. Sans parler des questions des régimes de retraites avec les cotisations sociales acquittées en Espagne ou en Catalogne par le passé. Et j’oublie sûrement des aspects problématiques de ce qui est une aventure absurde menée par des grands barons locaux, face à un Mariano Rajoy pas mieux inspiré qu’eux.
    La voie de la raison serait, côté catalan, d’abandonner la velléité d’indépendance contre une nouvelle négociation des conditions de l’autonomie et de la répartition fiscale nationale, et côté espagnol, de proposer d’inclure dans la constitution espagnole la possibilité d’un référendum en cas de velléité future d’indépendance, mais à l’échelle nationale, de tout le pays, et non de chaque province.
    Car se pose aussi la limite géographique de la démocratie, revendiquée par les catalans : si au sein de la Catalogne actuelle, des villes comme Cadaques ou Gérone, votent pour le rattachement à l’Espagne, dans un vrai référendum où tout le monde participe, le nouveau gouvernement respecterait-t-il cette démocratie directe, ou bien considèrera-t-il que l’unité nationale de la Catalogne leur interdit de faire sécession ? Je pense que c’est la seconde solution qu’il adopterait, évidemment, celle qu’il reproche aujourd’hui à l’Espagne d’adopter…
    La boucle de cette absurde affaire est ainsi bouclée, mais je crains que cela ne dégénère gravement bientôt, pour des motifs dérisoires et « romantiques », hors des réalités.
    Bruno Bertrand, de Montpellier

  3. Pingback: Brèv’Vertes n°14 | DECODA(NA)GES . . . . . . . . . . prénom CHARLIE !

  4. Jean-Michel

    On ne refait pas DECODA : il ne fait pas dans la dentelle mais il m’apporte, à chaque publication de précieux éléments propices à m’aider dans mes prises de positions.Je me rappelle ainsi des articles sur la dette (que j’ai imprimé et que je conserve encore précieusement sur mes étagères de bureau) ou les finances publiques en général, ou par exemple celui sur le code du travail qui m’a souvent permis de remettre les choses en place face à la consternante reprise par des amis des inexactitudes sur ce sujet, véhiculées par les médias que vilipende régulièrement DECODA !
    S’agissant de la Catalogne, j’ai apprécié que le point du droit soit précisé, ce que j’avais un peu de mal à comprendre à l’écoute des médias et beaucoup de flemme à chercher, actuellement en vacances en métropole.. Certes, en termes galants ces choses là ne sont pas mises ! Qu’importe le flacon…
    J’ai bien sûr tout de suite pensé au référendum qui m’attend en Nouvelle Calédonie. Le parallèle est édifiant : la revendication canaque revêt en soi une légitimité qui me semble supérieure à celle de nos indépendantistes catalans (ce point de vue peut être naturellement contesté) et pourtant, après s’être un temps fourvoyée dans l’inacceptable au milieu des années 80 (j’en ai été le témoin privilégié ne serait-ce que par les relations que j’ai pu avoir avec Yéwéné Yéwéné le compagnon de route de JM Tjibaou), cette revendication s’est désormais inscrite dans un processus démocratique et légal (Accords de Nouméa de 1998). Finalement, c’est tout le reproche que fait DECODA aux catalans indépendantistes : violer l’état de droit, ce que les indigènes d’une petite île du bout du monde, donnant la leçon à quelques excités égoïstes, ne semblent plus disposés à faire pour retrouver leurs racines !

    • Excellentissime mon cher Jean-Michel !
      Le parallèle, pour mieux mesurer la voyouterie indépendantiste catalane, que tu fais avec notre chère Calédonie est lumineux. Je l’attendais, je l’espérais n’ayant pas ta légitimité pour le dire.
      Mais comme ta modestie t’a muselé, je renvoie au numéro spécial hors série de DECODA que tu as commis en décembre 2014, numéro 25, Hors série :
      https://francoisbraize.wordpress.com/decoda-n25-hors-serie-special-nouvelle-caledonie/

      • J’ajoute pour l’édification de tous que je viens d’apprendre que le parlement catalan a demandé à l’occasion du vote de sa loi récente sur le referendum le rattachement de la catalogne nord (la petite partie française de la catalogne). Vous avez dit « fouteurs de merde » ?

        Quelques données factuelles sur la catalogne :

        Quelques chiffres-clés pour mieux connaître cette région.

        – 7,5 millions d’habitants. L’Espagne comptant 46,4 millions de personnes, cela représente un Espagnol sur six. Ce qui fait de la Catalogne la deuxième région la plus peuplée du pays, devant Madrid (6,3 millions) mais derrière l’Andalousie (8,4).

        – 73% de catalanophones. Dans la province, plus de sept personnes sur dix parlent le catalan en parallèle du castillan.

        — 19% du PIB. La Catalogne était en 2014 la région la plus riche d’Espagne, talonnée par Madrid (18,7%). Son PIB par habitant s’établit à 26 900 euros par an, contre une moyenne nationale à 22 780 euros.

        – 3e dette du pays. La dette de la Catalogne représente 32,8% de son PIB. C’est l’un des points faibles, la Catalogne est la troisième région la plus endettée d’Espagne, derrière Valence et Castille-La Manche. La Catalogne assure en revanche être créditrice de l’Etat (différence entre ce qu’elle apporte en impôts à Madrid et ce qu’elle reçoit en retour), à hauteur de 5,7% de son PIB en 2011. Madrid conteste ce chiffre et évoque le chiffre de 4,35% .

        – 19% de chômage. Un chiffre qui reste élevé maisqui se situe 3 points en dessous du taux de chômage national (22,3%). Le taux de chômage en Catalogne est en baisse depuis plus de six mois.

        – Un demi-million d’entreprises. La région compte plus de 586 000 entreprises, en très grande majorité des PME. Seules 2 150 d’entre elles comptent toutefois plus de 200 salariés. Le géant du textile Mango y a son siège, comme le géant gazier Gas Natural.

        – 17% des investissements étrangers. Soit 2,9 milliards d’euros. Un chiffre en repli de près de 16% par rapport à 2013, mais reparti à la hausse en 2015. Depuis 2011, la région exporte d’ailleurs davantage vers l’étranger qu’elle ne vend au reste de l’Espagne.

        – 14,5% d’étrangers. Dynamisme économique, climat méditerranéen… 14,5% des habitants de la région ne sont pas de nationalité espagnole.

        – Première destination touristique espagnole. Entre Barcelone et la Costa Brava, c’est la région attirant le plus de touristes étrangers sur la péninsule ibérique. Plus de 16,8 millions s’y sont rendus en 2014, soit un quart du total accueilli en Espagne.

  5. Le berceau de ma famille (coté paternel), c’est Rivesaltes, en plein « pays catalan » ; ce patelin est bien connu pour son muscat (AOP) ; malheureusement, il est aussi connu pour son camp d’internement : en effet, c’est à Rivesaltes qu’ont été internés les républicains espagnols qui fuyaient la répression franquiste :
    http://www.memorialcamprivesaltes.eu/2-l-histoire-du-camp-de-rivesaltes.htm

    1-) Le « peuple catalan » ne se limite pas à la population de la seule Catalogne (voir Wikipédia) : il y a également, entre autres, la principauté d’Andorre et 95 % de l’actuel département des Pyrénées orientales (mon père comprenait un peu de catalan).
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_catalans

    2-) Je n’ai pas trop compris l’intérêt des indépendantistes catalans espagnols à vouloir l’indépendance (sans doute ai-je raté un épisode) ; la Catalogne est riche (faut-il craindre qu’elle rechigne à soutenir d’autres régions espagnoles moins favorisées ? ) gageons qu’elle garderait ses sous, sans partager avec les catalans français. En tout cas, l’intérêt économique des européens est de ne pas soutenir un tel mouvement : cela créerait, certainement, un nouveau paradis fiscal, façon « Brexit » (!)

    3-) Il est difficile de convaincre des indépendantistes avec des arguments de droit : « ventre repus n’a pas d’oreilles ».
    Quoi qu’il en soit, à l’argument constitutionnel, on pourrait opposer le principe international du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » (mais son maniement est difficile) :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_des_peuples_%C3%A0_disposer_d'eux-m%C3%AAmes#Les_difficult.C3.A9s_inh.C3.A9rentes_au_principe
    L’exemple le plus récent (je crois) est celui de la déclaration d’indépendance du Kosovo, en 2008 ; signalons un fait amusant : l’Espagne (fine mouche) fait partie des rares pays à ne pas avoir reconnu l’indépendance du Kosovo (voir Wikipédia).

    4-) Il faudrait s’intéresser aux causes de cette vague européenne et mondiale de beauferie (Hongrie, Pologne, Brexiters, trumpistes…) En bon crypto-marxiste (j’ai commis un mémoire en 4ème année de licence), je vois l’une des causes « primordiales » dans la déstabilisation sociale qui résulte du néolibéralisme. J’ai déjà exposé cette thèse dans deux commentaires de novembre 2016, sous un article de DECODA, signé de Bruno Bertrand :
    https://francoisbraize.wordpress.com/2016/11/09/le-billet-dactu-de-lami-bruno/#comments
    Je n’y reviens donc pas. La référence socio-politique sous-jacente aux deux commentaires, précités, c’est évidemment Bourdieu :
    Voir, ainsi, dans « Contre-feux » (fascicule 1er) :
    a-) « La précarité est aujourd’hui partout » p.95 et ss. (petit texte écrit en 1997) ;
    b-) « Le néo-libéralisme, utopie (en voie de réalisation d’une exploitation sans limites » p.108 et ss. (écrit en 1998).
    Bourdieu écrivait, entre autres, « (…) les travailleurs, condamnés à la précarité et à l’insécurité d’un emploi (…) ne peuvent concevoir qu’une image désenchantée et d’eux-mêmes en tant qu’individus et de leur groupe, autrefois objet de fierté (…) est voué à la démoralisation, à la dévalorisation et à la désillusion politique, qui s’exprime dans la crise du militantisme ou, pire, dans le ralliement désespéré aux thèses de l’extrémisme fascistoïde ».

    5-) Je suis complètement d’accord avec François, qui écrit qu’il faut « dépasser les États-nations par le haut, par le supra-national » (européen).
    Ma famille (comme des millions d’autres) a pris en pleine poire les débordements nationalistes du XXème siècle.
    En ces temps de guerre, mon père, Roger, (1911-1987) était colonel. Il avait un cousin, André SALVAT (1920-2017), qui a sa page sur Wikipédia :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Salvat
    Signalons un fait rigolo : André a eu son quart d’heure de gloire médiatique quand un chroniqueur du Monde a comparé ses mérites à ceux de l’employeur de Pénélope, qui avait lui aussi été élevé au grade de Grand officier de la Légion d’honneur :
    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2017/02/13/insigne-de-reconnaissance_5078697_3232.html?xtmc=andre_salvat&xtcr=1
    Quant à moi, je porte le prénom (Robert) d’un oncle du coté paternel, mort en déportation : son nom est gravé sur un monument aux morts, à Rivesaltes.

    Robert SALVAT

    • Respect et merci mon cher Robert, je ne savais pas tout ça.
      J’ai renoncé à m’interroger sur la ou les causes « primordiales ».
      Comme pour le djihadisme et l’islamisme qui nous ensanglantent. On s’en fiche, s’interrogeait-on pour le nazisme ? NON. On les combat.
      Expliquer, expliquer sans cesse, expliquer sans relâche, dans notre culture de gauche, c’est toujours un peu pour excuser qu’on le veuille ou non. Et moi je n’en ai plus à distribuer. Mes excuses sont toutes usées, comme leurs explications sont éculées.
      Amitiés
      F

  6. Je conclus cette séquence de commentaires nourris en donnant la parole à Laurent Joffrin qui a bien aujourd’hui résumé la situation dans sa lettre politique :

    « Toujours les infortunes de ceux qui sont nés quelque part et en font un principe de supériorité. Les nationalistes catalans tentaient d’accréditer la fable d’une Catalogne unie autour de son identité particulière et levée comme un seul homme contre Madrid. Propagande pure et simple : la manifestation de dimanche montre qu’une grande partie du peuple de Catalogne ne veut pas de la Catalogne indépendante. Ces manifestants-là, qui valent bien les autres, se sentent à la fois de leur région, de leur pays et d’Europe. Une triple appartenance nettement plus adaptée au monde d’aujourd’hui que l’exclusivisme monomaniaque des nationalistes de tous poils. »

    Bravo Laurent ! T’as tout compris.

    Les commentaires sont désormais fermés sur cet article. Si vous avez des textes à publier vous me les soumettez et j’aviserai sur le mode de publication.

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