A yellow subMarine ?

Tout part en vrille grave du côté de nos bons Yellow jacket.

Des représentants qui n’en sont pas, d’autres qui sont récusés ou se récusent, d’autres menacés physiquement par leurs petits camarades parce qu’ils envisagent d’entrer en discussion  avec les pouvoirs publics…

D’autres qui filment en cachette leur entretien avec un ministre ou qui sont contraints de rendre visite en douce au Premier d’entre eux pour se protéger des menaces… Des gilets jaunes sur les ronds points ou sorties d’autoroute qui bloquent les véhicules ou les mettent à contribution soi-disant volontaire et solidaire… On n’a jamais vu un tel amateurisme dans un mouvement social et une telle division sur les objectifs et les moyens de son action politique. Un seul mot, vient à l’esprit : zozos.

En plus, quand ils ne sont pas enragés et détruisent tout comme encore aujourd’hui sur les Champs-Elysées… Champs qu’on leur avait pourtant en quelque sorte réservés comme beau terrain de jeu pour le défilé pacifique qu’ils revendiquaient, là et nulle part ailleurs dans la folie sans limite de leurs exigences délirantes… Et tout ça sur fond d’idées anti impôts, anti Etat, anti élites, héritées de Poujade et de ses rejetons modernes.

On croit à un mauvais film de tant de bêtises ânonnées et de telles violences sous l’oeil des caméras et l’oreille des micros des médias. Médias insupportables qui nourrissent le mouvement et ses incendies de leur parti pris favorable, ou de leur incompétence, juste pour le scoop.

Ne matraquent-ils pas, tous en chœur, depuis quelques jours que plus de 80% des français soutiennent le mouvement ? En fait, nos médias ont pour ce mouvement les yeux de Chimène et ils mentent.  Effrontément. Si on lit bien les sondages de 70 à 80%, selon les instituts, des personnes interrogées trouvent les revendications justifiées (lesquelles on ne sait pas…). En quoi cela serait-il un soutien au mouvement ou une approbation de ses actions ? Personne ne le dit et encore moins ne le démontre…

En revanche, lorsque la question est posée clairement par l’IFOP pour le journal Le Monde, seulement 42% de l’ensemble des français soutient le mouvement et l’action des gilets jaunes, ce qui n’est pas la même chose. Mais on ne nous en dit rien. Comme si on avait un grand et immense mouvement national… En fait, aujourd’hui, grosso modo quelques dizaines de milliers de personnes encore mobilisées dont 5 000 à Paris ce jour. La grenouille qui se faisait plus grosse que le boeuf était une plaisante plaisantine…

Mais, le neuneu haineux des élites est content du spectacle devant son BFM favori. BFM et consorts d’ailleurs car parmi nos chaines TV il n’y en a pas une, même de service public, pour racheter les autres. Des chaines TV et leurs plateaux ininterrompus de soi-disant experts (ne parlons même pas des réseaux dits sociaux), qui se pavanent savamment, alors que, comme tout le monde, ils n’avaient rien vu venir.

Rien vu venir, mais y avait-il quelque chose au juste ? Seule au fond la misère pour certains et des difficultés réelles pour beaucoup. Sinon, en permanence, le vide sidéral de toute pensée documentée, structurée et sérieuse qui s’étale là sous nos yeux. Les revendications en témoignent encore aujourd’hui même si elles se sont affinées[1]. Disons le comme c’est : elles sont surréalistes et ne relèvent que du « Yaka » et du « Fokon », ou de la lettre au Père Noël, outre une méconnaissance absolue de ce qui est déjà en train de se faire.

Plus gravement parfois même chez certains, c’est fondamentalement une mise en cause de la démocratie représentative par une insurrection qui mure les centres des impôts, entend tout bloquer dans le pays et préconise la gouvernance de la cinquième puissance économique mondiale par une assemblée citoyenne, de gilets jaunes bien sûr ! De la pensée et de l’action pacifiques des gentils gilets jaunes que tout cela ? De la roupie de sansonnet pour crétin du FN ou ultra gauche bas de plafond, oui.

Et le président récemment élu par 60% des votants il n’y a pas 18 mois, pour eux il devrait bien sûr dégager. Ce que nous promettent certains c’est une dictature bien popu, digne du pire de notre histoire. Comment soutenir cela lorsque l’on se veut sensé ?

En fait, on est en présence en quelque sorte de l’accouplement idéologique de Mélenchon et de Marine Le Pen sur une plate-forme de revendications irréalistes, bâties en plus par des zozos.

Ne proposent ils pas d’introduire dans la Constitution le référendum d’initiative populaire, alors qu’il y est déjà depuis la réforme constitutionnelle de 2008 ! Notons que le seuil de parlementaires requis par notre constitution pour lancer un tel référendum  soit un cinquième des députés et sénateurs, soit 184 aujourd’hui, (outre un dixième du corps électoral comme signataires de la demande de référendum) va mécaniquement baisser par l’effet de la réduction du nombre des parlementaires voulue par E. Macron.  L’a t-il vu ? Pas sûr.

Bref, si les gilets jaunes n’étaient pas des zozos,  ils proposeraient de réduire le seuil du dixième du corps électoral qui est effectivement trop important, pas d’introduire ce type de référendum dans la Constitution puisqu’il y est déjà… Ne proposent-ils pas aussi de faire du plafond des retraites Sécu (1 200 euros), le plancher pour tout un chacun ? Tout est à volo…

Et des tas de couillons et de salauds se plaisent de plus en plus à compatir désormais sur ce mouvement et à pousser les pouvoirs publics à céder.  Alors qu’il n’y a pas trois semaines tous s’en tapaient comme de l’an 40 des difficultés sociales et économiques qui, elles, sont bien réelles dans une partie de la population. Les opposants politiques au président actuel sont en outre lamentables en mettant sans cesse de l’huile sur le feu. Ils portent, par pur opportunisme et démagogie, une responsabilité écrasante devant l’histoire en soutenant un mouvement vis-à-vis duquel ils devraient prendre leurs distances, ce qui n’empêche pas le soutien  aux revendications intelligentes et légitimes.

Alors moi je vous le dis et j’assume : ras le bol de ces salades et de tous ces ânes qui au fond veulent rouler au diesel (et à la vitesse de leur choix), et tant qu’à faire à être de nouveau subventionnés pour nous empoisonner même s’ils envoient la planète dans le mur. Ils ne voient pas plus loin au fond que le bouchon de leur réservoir. Leur discours anti impôt est fondamentalement droitier et dans une incohérence totale puisqu’ils réclament plus de service public.

En conséquence, le Yellow SubMarine et ses alliés objectifs d’ultra gauche on n’a qu’une envie : que la police de la République et nos tribunaux leur apprenne à vivre avec toute la sévérité qu’appelle leur comportement.

Mais on peut souhaiter aussi que, de son côté, cet autre âne qu’est à sa manière E. Macron, se retrouve enfin une jambe gauche. Qu’il prenne les mesures qui s’imposent pour le pouvoir d’achat et les vraies difficultés des gens encore attachés à notre République, et qui vont la délaisser si ça continue.

Depuis le temps qu’on le lui dit…

 

 

 

 

Notes de bas de pages

[1]Voir à ce sujet : https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/zero-sdf-retraites-superieures-a-1-200-euros-salaire-maximum-a-15-000-euros-decouvrez-la-longue-liste-des-revendications-des-gilets-jaunes_3077265.html