DECODA n°16, 25/04/2014.

SOMMAIRE

Edito

Plus que la honte…

Le thème du mois

Le Front national encourt-il, en droit, la dissolution du fait du caractère anti républicain de son programme ?

1ère partie : Le positionnement général du problème (Suite dans le numéro 17 de DECODA)

Droit(s) de suite

Mais où nous mènent les médias ?

Dernière(s) minute(s)

Valls n’a même pas eu quinze jours…

Fiches de synthèse et résumés

La dette publique

Chiffres clés

Courrier(s) des lecteurs

Le(a) crétin(e) du mois

La p’tite Biblio

 

Edito

Plus que la honte…

De la honte et presque plus seulement que de la honte… C’est ce que tend à inspirer ce pays qui semble désormais se donner, s’adonner et s’abonner à tout ce qui présente un caractère lamentable. Ce sera, tristement, le fil rouge de ce numéro.

Au premier chef, la honte de cette extrême droite, nationale et socialiste désormais, et de son programme qui n’entre pas dans les clous du Pacte républicain, que ses zélateurs le veuille ou non. Cela conduira à s’interroger en « Thème du mois » sur la question de l’utilisation par la République, pour se défendre de ce qui la menace, de l’arme de la dissolution de ce mouvement.

La honte ensuite de ces médias qui ne sont plus que de vulgaires cyniques, ou des chansonniers. Rien ne trouve grâce à leurs yeux, tout est sujet à ricanements. Ils nous mènent dans le mur en voulant toujours davantage affirmer leur pouvoir et en affaiblissant chaque jour davantage la classe politique et la démocratie représentative. On a souvent dénoncé les méfaits du pouvoir médiatique et on s’y intéressera en « Droit de suite » pour mieux caractériser ce phénomène qui nous installe dans une caricature de démocratie. Démocratie travestie en une opération de création et de mesure d’une « Opinion artefact », que tout, grâce aux mêmes médias, maintient dans le superficiel. A cet égard, on verra aussi en « P’tite biblio » la présentation du dernier ouvrage de Dominique Schnapper «L’esprit démocratique des lois» qui montre les dangers qui menacent notre démocratie.

La honte également pour le mépris du réel qui caractérise l’opposition politique en France, de droite ou de gauche, par rapport aux efforts qui doivent être accomplis et à la manière dont le gouvernement Valls en a prévu la répartition. Ridicules à droite qui voudraient bien, et très vite en fait, saigner vraiment le peuple par leurs fameuses « réformes de structure » et pour 130 milliards, eux.

Indignes de démagogie, ceux à la gauche des socio démocrates qui croient pouvoir se refaire une cerise avec des recettes aussi éculées qu’impossibles et encore une fois en ne disant pas la vérité aux français. Telle est la triste réalité de tous ceux qui se paient de mots, de slogans idiots et en fait nous enfument avec leurs vieux chevaux de retour qu’ils se nomment Mélanchon ou Lienemann ! Car même la gauche du PS ne se tient plus au bout de quinze jours à peine de gouvernement Valls auquel participent pourtant deux de ses ténors qui en ont approuvé la ligne ! Un pur rêve de bonheur pour l’UMP et le FN, qui n’en demandaient même pas tant.

En « Dernières minutes », on verra comment le Premier ministre n’aura eu en fait qu’à peine quinze jours avant de commencer à se faire cracher à la gueule à jets continus et de tous côtés ! En plus, un vrai tir de barrage d’une partie de son propre camp… Je ne lui donne pas un mois avant que sa côte commence à dégringoler. On dit trop aux français seulement ce qu’ils veulent entendre. Et, aujourd’hui, ça consiste à leur dire que si l’on doit faire les économies de dépenses publiques, nécessaires à la fois à la relance de notre économie et de l’emploi et à l’indispensable ajustement de nos comptes publics, tout ça bien sûr peut se faire sans que quiconque en supporte la moindre conséquence dans son existence concrète…

La honte que l’on peut éprouver face à tout ça conduit à se demander comment peut on espérer s’en sortir coincés entre tous nos démagogues nationaux de droite et de gauche et tous ces libéraux européens aveugles. Ces derniers semblent ne rien vouloir entendre sur leur politique économique et monétaire qui ajoute stupidement à une crise déjà très dure une dose sévère d’austérité avec le soutien de la droite française. Comme s’il fallait punir toujours, et encore davantage, ceux qui ont un modèle social convenable pour leur peuple. Décidément, on a bel et bien perdu la flèche du Progrès…

Le thème du mois

Le Front national encourt-il, en droit, une dissolution du fait du caractère antirépublicain de son programme ?

1ère partie : Le positionnement général du problème

La présentation critique du programme du Front national dans les numéros précédents et la conclusion de son caractère anti républicain conduit légitimement à se poser la question de sa dissolution, que quelques uns de mes lecteurs ont soulevée (Cf. rubrique « Courrier des lecteurs »).

C’est une question quasi éternelle : doit il y avoir une liberté pour les ennemis de la liberté ? Question que tranchait Saint-Just en 1789 par la négative, mais pour tomber dans un régime de terreur qui ne porta plus très vite la liberté ?

Cette question se pose au plan national mais aussi dans les relations internationales Faut-il interdire les mouvements qui veulent abattre la République ou la démocratie ? Faut il soutenir ceux qui se révoltent contre une dictature totalitaire avec le risque, ou le projet, que ceux qui se libèrent décident, démocratiquement, d’instaurer un Etat islamique ?

A la différence de Saint-Just, les démocraties modernes, apparaissent attachées à leur propres principes plus qu‘à leur existence même. On peut penser que c’est à juste titre car c’est ce qui les différencie des régimes non démocratiques. Les démocraties ont donc toujours répondu positivement à cette question mais dans certaines limites à ne pas franchir.

Chacun peut avoir son opinion sur cette question au regard de ses options politiques personnelles ou militantes. Mais, une fois de plus, poser la question sur le terrain de l’opinion n’a que peu d’intérêt, si l’on souhaite une réponse objective qui est indispensable compte tenu du poids politique de la question.

Le Front national n’est pas, ou plus, un simple groupuscule droitier ultra violent, mais un parti qui concourt à l’expression du suffrage universel depuis plusieurs décennies, même si c’est sur des bases extrêmement critiquables et dangereuses.

Même si nous pouvons appliquer au Front national la maxime parfaitement cynique du Cardinal Veuillot « Je vous réclame ma liberté au nom de vos principes et je vous la refuse au nom des miens », que J. P. rappelle très utilement en « Courrier des lecteurs », nous sommes dans un Etat de droit et c’est au regard du droit et non pas des appréciations subjectives que cette question doit être posée.

En conséquence, dans un Etat de droit et sur une question pareille, il faut s’en tenir à la loi et à la jurisprudence. Donc d’abord la loi, rien que la loi, toute la loi sur cette question comme sur toute autre, sans s’interdire bien sûr d’être créatif si l’état du droit n’est pas satisfaisant.

D’ailleurs, le droit n’est jamais durablement figé et il peut évoluer. Il l’a fait en un siècle sur cette question en France et à l’étranger, en Allemagne notamment pour tirer les enseignements nécessaires du désastre subi par la belle mais fragile République de Weimar, désarmée et faible face à la poussée du mouvement national socialiste qui a pu s’emparer du pouvoir.

Longtemps, en France, les partis et les mouvements politiques ont été protégés par les dispositions de la loi de 1901 sur la liberté d’association qui ne prévoit que des cas extrêmement réduits de dissolution dans son article 3 qui dispose que « toute association fondée sur une cause ou en vue d’un objet illicite, contraire aux lois, aux bonnes mœurs, ou qui aurait pour but de porter atteinte à l’intégrité du territoire national et à la forme républicaine de gouvernement est nulle et de nul effet». Dans ce cas, la dissolution est de la compétence juge judiciaire.

Cette loi de liberté s’appliquaient aux partis politiques sans autre disposition permettant de les sanctionner pour protéger la République des visées de mouvements tendant à renverser ses institutions. La liberté d’association appliquée aux parties politiques était aussi absolue que naïve.

On verra dans le prochain numéro de DECODA (n°17) comment l’arsenal législatif s’est au fil du temps complété face à l’émergence de mouvements d’extrême droite menaçant la République dans les années 30 du siècle dernier.

On verra également que si l’on pressent que le dispositif actuellement applicable en France peut sans doute difficilement permettre de prononcer la dissolution du Front national, il serait alors intéressant, pour faire preuve de créativité dans un souci de protection du Pacte Républicain, de regarder les exemples étrangers et notamment allemand pour s’en inspirer (à suivre…).

Droit(s) de suite

Mais où nous mènent les médias ?

Les médias transforment notre démocratie en une simple démocratie de l’Opinion par leurs multiples sondages, par leurs indices de ceci, leurs micros trottoir de cela et autres questionnements débiles pour le « Grand Soir 3 ». Vous l’avez vous aussi remarqué d’ailleurs, le seul grand soir qui nous reste, c’est le « Grand Soir 3 », on est bien malade…

En mettant en scène permanente et continue, le sieur Pecus, de son prénom Vulgum, les médias pervertissent en fait l’idée assez noble d’opinion publique en tant qu’expression démocratique. Les médias, notamment audiovisuels, et leurs complices sondeurs, poussent en effet la démocratie à sa caricature en instaurant, sans aucun mandat, une démocratie directe et permanente, dans laquelle, comme chaque bulletin dans l’urne, toutes les opinions se valent.

Mais, s’il faut l’admettre pour les urnes et pour des échéances électorales bien identifiées, comment le comprendre et l’admettre pour gouverner au quotidien une société de plus en plus complexe. Cela n’est pas possible.

Pourtant c’est bien le cas de cette démocratie « médiatisée » dans laquelle l’opinion de celui qui ne sait rien semble valoir autant que celle de celui qui sait. Voire même certainement beaucoup plus, vu les forces en présence.

En plus, la contemplation de soi, le narcissisme ambiant et le culte de l’image font le travail de légitimation. Le sommet de bon nombre de benêts n’est il pas, sans aucune pudeur, de se voir sur le petit écran, au besoin en déballant tout de son intimité ou celle de ses proches ? Alors vous pensez bien, l’avis du coin de rue, ou du café du commerce, prend alors toute son importance.

Combiné à la superficialité abyssale des chaines d’infos en continu, où des pseudos journalistes, pérorent en faisant mine de savoir tout de sujets dont en fait ils ne savent rien, nous nous enfonçons chaque jour davantage dans la soupe de la bêtise…

Caricature de démocratie que celle de la société de communication et des médias. Et qui dit caricature les amis, dit chansonnier pour le genre oral. C’est bien connu ! De plus en plus de journalistes audiovisuels ont en effet une approche de chansonnier, observez les… Ils ricanent de tout s’agissant de la classe politique, de tout tant rien ne trouve grâce à leurs yeux, tout est approché de manière cynique ou dérisoire. Ils légitiment ainsi leur propre pouvoir comme tous les cyniques qui, ne maîtrisant rien sur le fond des sujets, se bornent à en ricaner en affectant la distance d’une pseudo intelligence.

Le devoir d’informer du 4ème pouvoir ? Ce n’est plus aujourd’hui que celui de dénigrer les trois autres[1]. Ils discréditent tout sans jamais pouvoir être remis en cause autrement que par un tribunal et très longtemps après… avec juste un entrefilet en pages intérieures.

En fait ils veulent régenter le réel sur leurs plateaux, ou dans leurs colonnes, et faire croire que c’est là qu’on y voit clair, que c’est là que ça se passe, se décide, que c’est là que s’arbitre notre avenir et cela selon leurs modes, l’émotion et le scoop qui compte…

Le « bashing », horrible anglicisme témoin d’une époque (pour ne pas dire dénigrement, ce qui est beaucoup moins sexy), avait commencé dans les médias avec Sarkozy en exploitant à outrance ses erreurs, il se poursuit avec Hollande sur un mode démultiplié et avec des attaques personnelles beaucoup plus cruelles. Franchement, comme si Sarkozy était compétent… et Hollande incompétent. Comme si Sarkozy était la volonté faite homme et Hollande l’indécision. Qui peut croire à des crétineries pareilles ?

Et puis, en prime, il y a les « médias voyou » qui, comme Closer violent délibérément la vie privée (et bien d’autres avec lui et tous leurs complices qui reprennent les infos volées sur les vies violées), avec la complicité active de tous les voyeurs qui y prennent plaisir. Ils se font condamner par les tribunaux à répétition comme je vous l’avais annoncé pour Closer et la violation de la vie privée du Président, mais ils continueront, n’en doutez pas ! Impunité politique garantie pour tous, moyennant quelques milliers d’euros d’amendes ou de dommages et intérêts et quelques lignes d’infos, après des pages entières d’immondices….

Et puis, il y a France 2, la TV soi-disant de service public, en fait obligatoire puisqu’elle est financée par une redevance prélevée comme un impôt dès lors que vous avez un récepteur… Le service de la soupe de 20H y est assuré tous les jours ou presque par le sinistre Pujadas qui, en prime, offre à Marine Le Pen, comme si c’était normal avec son air bien content de lui, plus de deux heures de direct… juste après les municipales et pour commencer à bien préparer les européennes, puis la suite…

Ils n’ont eu de cesse, tous ces médias, d’annoncer une victoire du FN aux municipales, puis ensuite de nous dire qu’elle avait eu lieu et qu’elle était sans précédent alors que ce parti de la honte ne fait que reproduire, peu ou prou, ses résultats de 1995 avec un peu plus de mille conseillers municipaux en France. Ah dit donc, quel ras de marée ! 11 communes sur 36000, 1200 conseillers sur 400000 !

Il faut bien qu’ils continuent à banaliser le FN, pour tenir le scoop en haleine, car la Marine, comme le Georges Marchais il y a quarante ans, ça fait bien vendre de la page de pub. On la sent bien, leur envie sue à l’écran, ils aimeraient tant avoir un autre 21 avril 2002 en 2017, c’est tellement plus rigolo et plus juteux ! Leurs sondeurs commencent d’ailleurs à vous prendre le fion pour y trouver Marine, 2ème au premier tour dans trois ans ! C’est y pas beau, Mme Soleil ?

C’est à vomir tout ça car ils participent très activement à la banalisation des idées du Front national et à la montée du populisme Après, ils peuvent commenter, d’un air même plus navré, le dernier sondage où 26% de français désormais admettent leur racisme. Comment s’en étonner, ils ont fait le boulot ces tristes sires ! Alors, que faire ? Se battre contre toute cette bêtise. Dire haut et fort ce que c’est que l’abomination FN et faire honte, de nouveau, à ceux qui la fréquentent.

De plus, ne surtout pas se laisser enfumer par l’idéologie de la liberté absolue de la presse et des médias. Rappeler, avec Montesquieu en son temps pour les trois pouvoirs législatifs, exécutif et judiciaire, que les pouvoirs doivent toujours être séparés et cantonnés les uns par les autres dans leur exercice. Sinon, une Nation n’a pas de Constitution démocratique. Dire ainsi qu’aujourd’hui le quatrième pouvoir, les médias (y compris Internet et son état de non droit), ne sont pas cantonnés dans leur exercice, et génèrent un régime qui n’est plus la démocratie équilibrée telle que l’a conçue le siècle des lumières.

Ce n’est pas non plus un régime républicain car il n’en défend pas les valeurs. Dites moi quel journaliste de l’audiovisuel s’est, à l’antenne, interrogé sur le caractère républicain ou non du Front National ? Lequel d’ailleurs fait la différence entre légal et républicain ?

Le quatrième pouvoir n’a quasiment plus de borne[2]… Animé par le scoop et l’émotion, comme vecteurs de la recherche du profit par les entreprises de presse, et porté majoritairement par des gens peu fréquentables[3], quand ce ne sont pas purement et simplement des bandits du type Closer, ce régime est un despotisme de type nouveau.

Le régime médiatique est un despotisme de la transparence et de la médisance qui broie tout, et notamment les individus qui, au premier motif, ont cessé de plaire. C’est un totalitarisme. En plus, il est stupide car il scie la branche sur laquelle la démocratie, la vraie, l’avait assis.

Mais Narcisse peut continuer tranquillement à s’y contempler… C’est le principal pour lui car il ne se fait même pas peur quand il se voit. Et pourtant…

Dernière(s) minute(s)

Valls n’a même pas eu quinze jours…

Le gouvernement a commencé à détailler son plan de réduction des dépenses publiques à hauteur de 50 milliards en trois ans (2015, 2016 et 2017). On en saura le détail d’ici la fin du mois. Et déjà, ça commence à tirer de tous côtés…

D’abord, de la part de la droite dite républicaine[4] qui voudrait que l’on en fasse beaucoup plus, elle qui a prévu dans son programme UMP publié en février une réduction des dépenses publiques à hauteur de 130 milliards. L’UDI propose, quant à elle, 80 milliards.

La droite critique le quantum donc puisque, à son goût, ce n’est pas assez, mais aussi la méthode utilisée, la technique du rabot sur de nombreuses dépenses, lui préférant les fameuses « réformes de structure » qui permettent de tailler davantage en supprimant des missions de l’Etat, ou des collectivités territoriales, des prestations, des services rendus à nos concitoyens. On voit bien là quelle est sa logique : elle est bêtement tatchérienne.

Ensuite, la gauche de la gauche s’est déchainée, elle qui vit toujours dans ses rêves mélanchoniens de toujours plus de redistribution des richesses que l’on ne créé plus depuis longtemps…

On le redit rapidement, on est arrivé en France au taquet du montant de prélèvements obligatoires (46% du PIB) et du montant des dépenses publiques (56% du PIB). On ne peut pas aller au delà dans une économie ouverte sur le monde, sauf à se battre les flancs de l’économie réelle, de ses équilibres et de nos engagements et en prenant le risque de mettre par terre notre économie. Jeu dangereux auquel tous ceux qui ont pour souci réel de préserver les plus faibles, et pas de se faire plaisir, ne peuvent se résoudre.

Mais tout ça, de droite comme de gauche, est attendu et convenu, chacun étant dans son rôle… Il n’y rien à attendre de mieux. Ce qui est beaucoup plus insidieux, c’est le comportement d’une partie de l’aile gauche du PS qui s’est montrée très virulente et critique contre ce programme de réduction des dépenses publiques. Si honteusement même au regard de l’exigence de cohérence majoritaire qu’on arriverait presque à leur souhaiter une bonne vieille dissolution pour qu’ils débarrassent le plancher. En plus, elle le fait mal tant sa critique est caricaturale.

De quoi s’agit-il [5]?

Selon elle, le programme de réduction des dépenses publiques par le gel, jusqu’en octobre 2015, des retraites, du point d’indice des fonctionnaires[6] et des prestations sociales ferait peser sur les plus modestes la charge principale des efforts nécessaires. Ceci est archifaux !

Faux car d’une part les minimas sociaux et le RSA étant à l’abri de ce gel, les plus modestes seront préservés. Faux, d’autre part, car les mesures en cause représentent un effort raisonnable égal au montant de l’inflation, soit 0,7% par an, et ne rapporteront que quelques 5 milliards jusqu’en octobre 2015.

Il est faux et archi faux en outre de dire que les plus modestes sont durement frappés, d’autres le seront encore plus. En effet, les augmentations d’impôts décidées pour 2012 par le gouvernement Fillon et celles du gouvernement Ayrault en 2013 qui vont produire leurs effets dans les impôts payés en 2014, continueront à frapper la classe moyenne supérieure et les plus aisés (ce qui est très bien). Ces prélèvements continueront à représenter chaque année un montant de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

En réalité donc, tristes contrevérités d’une partie de l’aile gauche du PS qui semble avoir perdu le nord. En fait, les mesures de gel décidées vont toucher, avec d’autres mieux lotis, la classe moyenne inférieure et pas les plus modestes. Ses effets seront réels pour de nombreux foyers mais pas insupportables. C’est le prix à payer par la technique du rabot qui évite que des pans entiers de services publics ou des prestations soient supprimés et, donc y compris, là vraiment pour les plus modestes.

En outre, n’oubliez pas, que pour les plus modestes, des mesures de soutien sont prévues qui vont rétablir un équivalent d’un demi treizième mois par an.

Même si cela conduira à devoir faire un peu plus de réduction des dépenses publiques ce n’est pas un problème que de devoir le financer, c’est aussi ça la gauche et la redistribution.

En définitive ce à quoi on ne se résout pas chez les verts et dans une partie de l’aile gauche du PS, ce qui les rapproche de la gauche de la gauche mélanchonnienne quoi qu’ils en disent, c’est le retour à une certaine orthodoxie de nos comptes publics par la réduction, somme toute raisonnable dans le programme de l’actuel gouvernement, des dépenses publiques pour satisfaire un double objectif : nos engagements européens de stabilisation des déficits et relancer notre économie par la compétitivité des entreprises pour pouvoir créer davantage d’emplois.

Au moins désormais, les choses sont claires. Une partie de l’aile gauche du PS croit fondamentalement, comme la gauche de la gauche, que l’on peut se dispenser de nos engagements et que la relance de l’économie par la relance de la demande grâce à la dépense publique que l’on laisserait filer, et les déficits avec elle, est une solution, la solution à tous nos maux.

Cette solution, on le redit, n’en est pas une dans une économie ouverte et en panne de capacité productive industrielle et ne conduirait qu’à relancer encore davantage les économies des pays qui sont capables de produire les biens que nous importons déjà et que nous importerions encore davantage. Quelle cécité ! Sans doute aveuglée par le résultat désastreux des municipales, elle ne voit même plus la réalité économique en face.

Le seul point sur lequel cette frange du PS a raison tient au risque d’effet ralentisseur sur la croissance de la réduction des dépenses publiques.

Mais, on le sait, à hauteur de 50 milliards en trois ans, cet effet est limité à quelques décilles de point de PIB. En outre, la réponse à la question extrêmement importante de la croissance doit être recherchée au niveau européen pour obtenir un aménagement de notre rythme de stabilisation, l’Europe n’ayant pas intérêt à freiner une croissance déjà plus faible en son sein que dans le reste du Monde.

Pour l’obtenir, il faut donner le gage que l’on va dans la bonne voie et ce n’est pas celle de la relance par l’augmentation de la dépense publique. Sauf pour les illusionnistes, la solution ne peut résider dans l’utilisation d’armes économiques nationales désormais dépourvues de tout effet et contraires, en l’état, à nos engagements. Ce serait un pur suicide.

Il faut aussi pouvoir infléchir la politique économique et monétaire de l’Union européenne qui ajoute de l’austérité à la crise. En fait, pour cela, il faut une majorité sociale démocrate au Parlement européen aux élections de juin prochain et il faut changer la majorité politique libérale qui est aux manettes en Europe.

En effet, elle mène les peuples de l’Union au désastre car elle conduit la politique funeste de l’euro fort. Elle devrait en être punie à chaque élection.

Pour cela aussi, il faut faire confiance aux peuples d’Europe pour, comme les Allemands l’an dernier, savoir faire évoluer les majorités qui les gouvernent.

Il faut aussi absolument éviter que, chez nous, les libéraux tatchériens attardés de l’UMP reviennent aux manettes pour nous infliger leur purge néolibérale car, alors, même ceux qui à gauche critiquent Hollande et Valls aujourd’hui ne manqueraient pas de le regretter.

Mais peut être que c’est ce que souhaitent l’aile gauche du PS : tant il est vrai que les discours simplistes et coupés des réalités, qui leur vont si bien au teint, s’expriment tellement mieux dans l’opposition.

Qu’ils se rassurent, ils n’ont qu’à continuer comme ça… Cela ne va pas tarder et on peut leur prédire même une bonne dissolution s’ils ont le toupet et la bêtise de faire tomber le gouvernement de Manuel Valls. Le président n’aura alors plus d’autre choix.

Fiches de synthèse et résumés

La dette publique (Cf. « Thème du mois » de DECODA n°13, jugé par certains lecteurs trop ardu)

La question de la dette a une réalité technique, politique et idéologique et elle détermine en France, comme ailleurs, la politique de sortie de crise à mettre en œuvre.

1) La dette publique est d’abord une réalité technique

La dette publique est la somme des emprunts souscrits par l’Etat et les collectivités territoriales, ainsi que des intérêts dus à ce titre. Elle s’alimente ainsi des déficits annuels successifs, depuis 1975, du budget de l’Etat[7] et des comptes sociaux[8].

Elle s’élève fin 2013 en France à 1900 milliards d’euros et génère, chaque année, une charge d’environ 50 milliards d’euros d’intérêts.

La dette publique française est composée d’emprunts de diverses durées (court, moyen et long terme[9]) et elle est située à près de 70% chez des prêteurs étrangers.

Les emprunts sont souscrits sur les marchés financiers internationaux[10] et leurs taux dépendent d’une part de la cotation de notre pays par ces marchés (agences de notation) et, d’autre part, de la durée de chaque emprunt.

La dette publique n’obéit pas qu’à une logique statique et comptable, telle celle d’une gestion en bon père de famille, mais à une logique macroéconomique. Cette logique est une dynamique qui prend en compte le taux de croissance, celui de l’inflation et les taux d’intérêts des emprunts souscrits. En effet, pour une année donnée, si la somme de la croissance et de l’inflation est supérieure aux taux des emprunts souscrits mathématiquement la dette publique diminue même si le solde primaire du budget de l’Etat est déficitaire.

En conséquence, sans accroître pour autant la dette, l’Etat peut faire du déficit si l’inflation et la croissance l’autorisent. La difficulté conjoncturelle de la France est de n’avoir ni l’une ni l’autre à une hauteur suffisante pour pouvoir de la permettre.

La dette publique a, en outre, une face cachée : la dette privée des ménages et des entreprises. En effet, on observe que dans les pays à faible dette publique, la dette privée est élevée.

Cette situation est logique car les ménages bénéficient d’une socialisation moins importante en services publics et prestations et, donc, dès lors que les besoins sont équivalents, ils sont plus exposés économiquement et pour y faire face s’endettent davantage.

2) La dette publique est aussi une réalité politique

L’existence de la dette publique est ontologiquement liée à celle des Etats, de tous temps à leurs ambitions civiles ou militaires et aux politiques publiques et investissements collectifs qu’ils conduisent. A l’époque moderne, elle est liée également au niveau de socialisation dont bénéficient leurs ressortissants.

Le montant de la dette publique est ainsi étroitement corrélé à la politique mise en œuvre par les Etats, favorisant ou pas l’apparition de déficits des comptes publics qui viennent l’alimenter puisque l’on couvre le besoin de financement non couvert par des rentrées fiscales ordinaires par de nouveaux emprunts.

Les Etats, hors Union européenne, disposent de leviers, pour contrecarrer les effets négatifs d’une dette élevée et de son accroissement par sédimentation des déficits publics annuels. Ayant la maitrise de leur monnaie, ils peuvent mener une politique d’injection de liquidités dans leur économie pour favoriser la croissance de cette dernière et des ressources publiques qui en résultent, même si c’est au risque d’un dérapage de l’inflation.

Ces deux facteurs viennent, comme on l’a dit plus haut, réduire mathématiquement le montant de leur dette publique et les effets négatifs des déficits publics que leur politique sociale, ou en faveur des entreprises, peut faire naître.

En effet, le montant des prélèvements obligatoires n’est pas extensible à l’infini à défaut de ressources publiques importantes générées par une croissance soutenue.

Les états membres de l’Union européenne n’ont plus cette faculté ayant transféré à l’Union européenne, et à la BCE, ce volet de leur souveraineté. Ils subissent, en conséquence, de plein fouet, comme paralysés et impuissants face aux marchés financiers qui sont leurs prêteurs, les chocs de récession qui sont liés à la crise.

En outre, ils se sont donnés un montant « plafond » de déficit public qui, étant un objectif à atteindre, ajoute à cet étranglement.

Dans cet engrenage, leurs marges de manœuvre sont inexistantes en l’absence de croissance de leur économie. Ils ne peuvent, dès lors, que jouer sur la réduction de leurs dépenses publiques s’ils ne sont pas encore en phase avec leurs engagements de stabilisation de leurs déficits publics à 3% comme le prévoit le pacte de stabilité budgétaire[11].

3) Le propos sur la dette publique est aussi un discours idéologique

Au delà de ces réalités techniques et politiques incontestables, la dette publique est aussi un discours, celui du crédo néolibéral qui entend promouvoir la déconstruction de l’Etat providence jugé aujourd’hui trop coûteux par les prélèvements obligatoires et le caractère soi-disant insupportable de la dette publique qu’il induit. Ce discours a sa logique mais présente aussi des mystifications patentes de nature idéologique. Ces dernières sont de plusieurs ordres.

D’abord, ses promoteurs fondent leur raisonnement sur un ratio discutable : le ratio Dette/PIB. Ce ratio rapporte un stock pluriannuel (la dette publique) à un flux annuel (le PIB) pour en inférer des comparaisons qui ne peuvent être, par définition, que défavorables aux Etats qui présente un niveau de socialisation élevé et, bien sûr, en déduire la nécessité de réduire drastiquement la dette publique.

Les dés sont pipés car, sur la base d’un tel ratio aucune banque n’octroierait de prêts aux ménages ou aux entreprises[12]. En outre, la comparaison ainsi faite laisse de côté la dette privée qui pèse sur les ménages dans les Etats à faible niveau de socialisation.

Ensuite, le crédo néolibéral promeut volontiers l’idée de « dette scandaleuse laissée aux générations futures » sans prendre en compte les actifs qui leur sont légués, en ne considérant que le passif dans ce bilan ce qu’aucun comptable même mafieux n’oserait faire. Discours parfaitement mystificateur puisque dans le premier cas le montant par enfant est négatif et effraie, alors que dans le second il est positif et non inquiétant.

4) Dans ce contexte contraint, techniquement et politiquement, une politique sociale démocrate est seule de nature à dessiner une voie juste et efficace de sortie de crise, tant au plan national que communautaire.

Au regard de l’objectif de sortie de crise dans la justice sociale, on ne peut pas miser sur les remèdes que propose l ‘UMP (130 milliards de réduction des dépenses publiques) qui plongeraient notre pays dans une austérité sans précédent.

On ne peut miser non plus sur les irresponsables, de droite ou de gauche, qui prônent le repli sur soi, la sortie de l’euro et la dégringolade des comptes publics plongeant notre pays dans la marginalisation et la décrépitude financière que ne manqueraient pas alors de précipiter le marché financier mondial qui est notre principal prêteur.

En s’en tenant ici à l’essentiel, on dira que la France ne peut ni méconnaître ses engagements de stabilisation budgétaire en conduisant une politique de relance par la demande qui ferait filer ces déficits à coup sûr (solution des partis frontistes), ni aggraver l’austérité, qui résulte de la faible croissance de notre économie, par des réductions excessives de ses dépenses publiques (solution des 130 milliards de réduction proposée par l’UMP).

La voie est étroite mais elle existe et c’est celle, keynésienne, d’une politique de relance économique notamment par le développement de la compétitivité des entreprises. Bref quatre mois, après le lancement de l’orientation, le Pacte de responsabilité n’a toujours pas pris une ride. Si on lui a récemment adjoint un volet solidarité pour les plus modestes, c’est encore mieux et ce même si cela conduit à devoir faire un peu plus d’économies sur les dépenses publiques pour le financer. C’est aussi ça la gauche et la redistribution.

Chiffre(s) clé(s)

Soixante sept personnes dans le monde possèdent le tiers des richesses privées mondiales.

Sept milliards cent quatre vingt dix neuf millions neuf cent quatre vingt dix neuf mille neuf cent soixante trois personnes possèdent le reste…

Cherchez l’erreur !

Courrier(s) des lecteurs

De J. P. à Lyon,

« François,

A chaque élection nous voyons surgir la problématique du « Front républicain » pour faire barrage au FN. Ton texte en est le parfait reflet. La bagarre et l’hypocrisie partagée des deux camps, sur quelle attitude face à ce que nous reconnaissons implicitement comme une menace pour notre régime démocratique et républicain, sont révélatrices de ce danger réel.

Pour essayer d’être simple et direct : est-on un parti démocratique, républicain lorsque le cœur de son programme c’est la préférence nationale ? Cet objectif étant ni plus ni moins que le projet d’instaurer une société sur un irrationnel qui serait une société de discrimination, d’apartheid. Certes comme tu l’écris il est un parti légal (pour l’instant) et donc pas interdit par la loi. Cependant au regard du pacte républicain il en est aux antipodes. Son arrière boutique est pleine de nostalgiques de régimes anti-démocratiques dont le point commun est la haine de la République porteuse de toutes leurs frustrations. Malheureusement le FN (nom usurpé aux résistants) a pris une telle importance que politiquement il paraît difficile de l’interdire (n’oublions pas les causes qui ont conduit à son « expansion »).

Jeu dangereux de l’UMP qui conduit au final à l’intégration du FN dans la vie politique française. Cependant nous ne pouvons toujours pas rester éternellement dans cet entre-deux qui un jour peut nous faire basculer du mauvais côté. Nous devons tirer les enseignements de ce dramatique XXème siècle. Nous avons tous en mémoire que les régimes démocratiques ont été assassinés par les voies légales, démocratiques. Nous ne pouvons plus faire semblant…Les crises sociales ont été le terreau de ces mouvements liberticides. Il faudrait peut-être réfléchir à redéfinir les conditions qui devraient permettre à un groupement de citoyens d’apporter des solutions nouvelles qui s’inscrivent dans les idéaux républicains. J’imagine que la 1ère condition serait la signature d’un pacte républicain qui engagerait aux respects des grandes règles qui définissent un régime démocratique et républicain. Un cadre qui favoriserait des initiatives positives de liberté, de progrès et de solidarité. Peut-être est ce déjà le cas ? Corollairement pourrait se poser la question de ceux qui prétendent instaurer la dictature du prolétariat.

La 2ème condition pour que toute loi ait de la force, les sanctions. Dès lors que cet engagement ne serait pas respecté des peines civiles et pénales à l’égard des dirigeants. La sanction suprême: la dissolution du mouvement incriminée.

Bien entendu une telle législation reposerait au final sur une volonté politique de faire respecter la loi. Peut-être que notre code électoral est déjà pourvu d’un tel arsenal ? Il est évident que la réflexion est particulièrement délicate mais nous ne pouvons rester passifs et voir le train de l’histoire nous rouler dessus.

Souvenons nous de cette déclaration : « Je vous réclame la liberté au nom de vos principes et je vous la refuse au nom des miens ! » Cardinal Veuillot. Voilà, c’est ma pierre à un débat qui j’espère sera créatif et constructif … ».

Le(a) crétin(e) du mois

On a eu très, très envie de décerner le titre à Aquilino Morelle pour son art incomparable de mettre en difficulté le président qu’il sert en tant que haut fonctionnaire, mais c’eût été ajouter ces colonnes à toutes celles qui, déjà, jettent, chaque jour, l’honneur des hommes aux chiens, juste pour faire du scoop et du fric… Aussi on attendra, pour ce qui le concerne, qu’il ait pu se défendre dans un procès équitable et qu’il soit jugé autrement qu’en forme de lynchage dans les médias.

Marine l’aurait aussi mérité une nouvelle fois pour sa manière de traiter en femme irresponsable la question des jeunes qui partent au Djihad… N’a t-elle pas proposé, comme David Cameron pour la nationalité britannique, de les déchoir de la nationalité française…

Ils racontent, tout deux, des âneries puisque la déchéance de nationalité n’est possible en droit que si les individus en cause ont une double nationalité. Le droit international interdit depuis belle lurette, en effet, de fabriquer des personnes sans nationalité, les apatrides… Mais Marine et David ne le savent pas, ou pire s’en contrefichent quand il s’agit de racoler encore plus. Trop odieux, tous les deux, décidément pour bénéficier d’un quelconque titre… même celui de « Crétin du mois ».

Donc, en forme d’hommage silencieux à tous les innocents bafoués par les médias, et notamment à feu D. Baudis, qui fut victime de l’abomination médiatique, le titre ne sera pas, ce mois-ci, décerné.

La p’tite biblio

De Dominique Schnapper, « L’esprit démocratique des lois » -Collection NRF Essais, Gallimard (2014)

Il y a un malaise dans la démocratie. Jamais cependant les sociétés n’ont été aussi libres, aussi tolérantes et aussi riches, n’ont assuré plus de libertés, plus de bien-être matériel à leurs membres et n’ont été moins inégalitaires.

Dominique Schnapper, poursuivant sa réflexion sur la dynamique démocratique et ses vertus dont nous profitons sans en prendre toujours conscience tant elles nous paraissent naturelles, analyse ses dévoiements possibles, susceptibles de remettre en question les grands principes qui la fondent – des dévoiements portés par l’ambition de dépasser toutes les limites, nés de l’intérieur de la vie sociale et dans son prolongement.

 

 

[1] Selon la grande distinction due à Montesquieu : pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire qui doivent demeurer séparés et limités dans leurs prérogatives les uns par les autres, pour qu’une Nation ait une Constitution démocratique

[2] Voir DECODA n° 15 sur les violations du secret de l’instruction et le lynchage par la presse notamment des personnages publics avant tout jugement et sans autre enquête que celle du journaliste protégé par le secret des sources et donc sans les garanties minimales d’un procès équitable ; le cas récent de A. Morelle lynché en place publique pour des godasses dont on a rien à braire et un conflit d’intérêt qui n’est pas encore prouvé est révélateur quelques jours après qu’on a enterré Dominique Baudis, victime il y a quelques années d’immondes attaques, relayées par la presse qui l’avait mis plus bas que terre ; le journaliste du Monde qui avait mené l’hallali ayant pu lui être ensuite tranquillement candidat écolo aux élections suivantes…

[3] Je ne sais pas si vous avez réalisé mais ces ânes ont réussi à présenter comme un scoop le fait que Hollande ait dit que s’il échouait sur le chômage il ne se représenterait pas… Comment peuvent ils être aussi bêtes ?

[4] On ne parlera même pas ici des positions du FN sur ce sujet tant son programme économique est indigent et démagogique (Cf. DECODA n°13)

[5] Attention : les critiques qui suivent ne s’adressent pas à ces députés qui acceptent le plan de réduction des dépenses publiques de 50 milliards et qui ont proposé d’autres scénarios de répartition pour y parvenir en épargnant davantage l’électorat de gauche ( fonctionnaires et retraités) et en différant les abaissements de charges des grandes entreprises ; c’est en effet un choix politique possible ; ce qui est critiquable dans leur démarche est le désordre que ces députés introduisent en déballant dans les médias leurs propositions avant même leur présentation officielle au gouvernement et très en amont de la discussion parlementaire, à l’Assemblée, d’éventuels amendements au le projet du gouvernement… cela témoigne d’un désordre et d’un certain mépris du fonctionnement normal des institutions au profit des mayonnaises médiatiques, véritables arbitres modernes de l’Opinion (Cf. supra « Droit de suite »)

[6] Mais le maintien des promotions d’échelon et de grade (GVT) fait qu’en moyenne les fonctionnaires seront quand même augmentés sur la période…

[7] Entre 2007 et 2012, par l’effet de déficits annuels sans précédent, notamment de 2009 à 2011 la dette publique s’est accrue de 600 milliards passant de 60% du PIB à 90 du PIB. En revanche, à la différence des collectivités territoriales qui ont l’obligation de présenter leurs comptes en équilibre, l’Etat peut afficher un déficit mais ne peut rester en déficit sauf à cesser certains paiements, et en fait il couvre ses déficits annuels par de nouveaux emprunts

[8] Les déficits des caisses des quatre régimes d’assurances sociales (retraite, chômage, santé, famille) sont pris en compte par le budget de l’Etat

[9] La durée moyenne de l’encourt de la dette publique française est de sept ans

[10] Depuis que, par les réformes de 1973 puis 1993, le rôle de la banque de France a été réduit puis supprimé et que la banque européenne n’a pas repris le rôle des banques nationales auxquelles elle s’est substituée, les Etats sont en quelque sorte placés sous la coupe des marchés financiers

[11] C’est la différence actuelle par exemple entre les politiques que mènent les gouvernements français et italien ; la France n’a pas encore tenu ses engagements de stabilisation de son déficit public (elle en est à 4,1% de déficit au lieu de 3%) alors que l’Italie est déjà descendue en dessous de 3% ; elle peut donc envisager de mener, sans renier ses engagements communautaires, à l’initiative de son nouveau premier ministre une politique vigoureuse de relance par la demande grâce à l’injection de près de 100 milliards d’euros dans l ‘économie italienne

[12] En effet, , sur la base d’un ratio du même acabit que le ratio « dette/PIB », il faudrait, pour mesurer le taux d’endettement du candidat à l’emprunt avant de décider de lui octroyer ou non le prêt, rapporter la totalité des capitaux empruntés et la totalité des intérêts dus aux ressources annuelles du candidat !

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