Billet d’Actu du 14 décembre

Billet d’Actu en fichier joint : Billet d’Actu14-12

ou en texte intégral direct ci-dessous :

Un beau week-end ?

2ème tour des régionales : une belle victoire des valeurs républicaines !

Le Front national a perdu : il n’a gagné aucun des exécutifs régionaux qu’il souhaitait conquérir et que lui prédisaient médias et sondeurs. Bravo et merci à toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés pour faire barrage.

Echec parce que le FN n’a pas de réserve de voix significative pour un second tour, ne dispose d’aucun allié susceptible de s’associer avec lui pour passer la barre des 50% dans un duel, ni même pour arriver en tête en cas de triangulaire.

Le « plafond de verre » qu’affectionnent tant nos médias existe donc bien encore lorsque les électeurs se donnent la peine de manifester leur attachement à la République. Pour deux tiers des français, la « préférence nationale », le piétinement délibéré du droit d’asile, la xénophobie haineuse et le racisme ne sont pas la République qui est fraternité pour tous ceux présents dans notre pays[1]. Quant à ceux qui se fourvoient, voire se vautrent, dans les thèmes rances du FN, on est désolé mais qu’on ne demande pas aux républicains, qu’ils soient simples citoyens ou politiques, de savoir les entendre ou de les rejoindre, il est déjà pénible d’avoir seulement à les écouter.

Une majorité de français ne veut toujours pas du FN. Il suffit qu’elle le dise à chaque fois que nécessaire ! Pour cela, on l’a vu le 13, une mobilisation républicaine de quelques points supplémentaires a suffi (8%). Nul besoin d’un ras de marée : entre le premier et le second tour, l’abstention n’a reculé que de 50% à 42%.

Cela a été suffisant, même si le FN a progressé de 6,1 millions de voix au premier tour à 6 ,8 millions de voix au second. Grâce au scrutin proportionnel, il disposera d’une représentation dans les conseils régionaux strictement conforme à son poids réel. Qu’ils arrêtent donc de se présenter en victime du système dans lequel ils vont pouvoir jouer un rôle et faire des propositions qui, si elles sont républicaines, pourront être débattues. Sinon, ils trouveront toujours des républicains, et en nombre suffisant pour les écrabouiller, sur leur chemin.

Pour construire cette victoire des valeurs républicaines, certains ont été plus vertueux que d’autres et la victoire est due, incontestablement, aux électeurs de gauche. En revanche, les électeurs de la droite républicaine n’ont rien, ou peu montré de ce point de vue tout à leur « ni-ni » funeste qu’ils doivent à leur mauvais tout petit génie. Au passage, on observe que cette connivence produit quelques effets : certaines victoires de la droite dans des duels gauche/droite classiques ont été acquises, comme en Ile de France, grâce aux reports sur la droite des voix Front national au second tour[2].

Mais gauche et droite classique ont un problème majeur à résoudre du fait de la nouvelle situation de tripartisme. Il faudra, pour l’un et l’autre camp qui récusent tout deux toute alliance avec le FN, faire revenir les électeurs du front national et, de ce point de vue, la droite et la gauche sont dans un piège. Pour chacune d’elle, le piège de la ligne politique à choisir.

A droite, la ligne de Sarkozy, à droite toute, identitaire, comme une copie dégradée du FN, ou celle de Juppé et de quelques autres, plus ouverte vers le centre et les fondamentaux du gaullisme ? A gauche, sur l’économie et le social, la ligne de l’actuel président, sociale démocrate, ou bien celle de la gauche de la gauche et de tous les groupuscules de ses affidés ?

La droite, si elle suit Sarkozy, se croit obligée de singer le FN sur les valeurs identitaires et xénophobes et la gauche, si elle écoute son aile gauche (Ecologistes, Front de gauche, Communistes, frondeurs…), singe le FN sur des propositions économiques et sociales démagogiques. Quand on disait piège…[3]

Il ne semble pas qu’avec la potion libérale « tatchérienne » qu’elle propose, la droite puisse espérer le retour dans ses soutiens des électeurs des classes populaires partis au front national. Il ne semble pas non plus qu’en enfumant le peuple avec les illusions de propositions économiquement intenables du style de celles du FN ou de l’ultra gauche, la gauche puisse escompter un meilleur résultat. En effet, le sujet pour l’électeur type du FN est l’islam et l’immigration et pas forcément le chômage et la situation économique sinon ces gens là voteraient pour l’ultra gauche et pas pour le FN, comme les espagnols pour « Podemos » ou les grecs pour « Syriza ». Il semble bien y avoir une particularité française et elle s’appelle islam prosélyte.

Contrairement à ce qu’assènent les médias, qui le souhaitent pour pouvoir en jouir, il n’y a pas matière à recomposer notre paysage politique car droite et gauche ne sont fondamentalement et grosso modo d’accord sur rien, ni sur les valeurs ni sur l’économique et le social. Il est donc d’intérêt général que chaque camp assume son projet, un projet clair qui assume ses choix politiques et qui dise la vérité aux français. Et, bien entendu, dans un cadre institutionnel renouvelé du fait de l’épuisement de nos système et classe politiques (voir Rubrique « Pour la VI République » sur mon blog DECODA).

Il n’y a qu’un sujet sur lequel droite et gauche républicaines devraient pouvoir pourtant trouver un consensus : c’est celui des valeurs laïques et du retour à une certaine intransigeance, pour ne pas dire une intransigeance certaine, dans la lutte contre le communautarisme notamment religieux, contre le prosélytisme d’une religion conquérante qui, outre l’Afrique et le Moyen-Orient, entend avancer ses pions dans le « ventre mou » qu’est devenue l’Europe, comme disent les « théoriciens » de l’Etat islamique.

Il y aurait là la garantie d’un potentiel de sympathie non négligeable du côté des électeurs encore fréquentables du Front national sans se renier en quoi que ce soit sur nos valeurs, bien au contraire. Car une majorité des électeurs du FN (beaucoup de ceux qui ont grossi ses rangs depuis 2002 notamment chez les jeunes) se disent non racistes.

En fait, comme nous, même si c’est autrement puisqu’ils rejoignent l’extrême droite, ils ne supportent pas le communautarisme qui s’étale et l’islamisation affichée de territoires et d’individus au mépris de ce que sont la France et sa République. La France et sa République, pas la Grande Bretagne, pas les Etats-Unis, ces auberges espagnoles de tous les communautarismes religieux ou culturels désintégrateurs.

Pour la droite républicaine, cela suppose qu’elle prenne le risque de s’aliéner une partie de son électorat catholique, notamment traditionnaliste, à moins que celui-ci ait l’intelligence de supporter ce retour à une laïcité un peu plus ferme, malgré ses points de connivence rétrograde avec le monde musulman sur certaines questions de société (droits des femmes – contraception et IVG- droit des homosexuels – mariage pour tous théorie du genre, etc.).

Il faudra que la gauche, quant à elle, fasse son aggiornamento sur sa propension suicidaire depuis plusieurs décennies, à être faible (pour acheter un peu de paix sociale) ou démagogique (pour des raisons électoralistes) par rapport au prosélytisme musulman. Ne cherchons pas ailleurs la fuite de son électorat populaire vers l’extrême droite. Cet électorat là, comme beaucoup d’entre nous, n’en peut plus de l’incurie idéologique qui semble avoir frappé à gauche comme une hémiplégie. Ajouté à la faiblesse des résultats sur le terrain économique et de l’emploi, la gauche risque de na pas être au second tour à la présidentielle de 2017, compte tenu des forces électorales désormais en présence.

Bref et d’urgence, plus aucun cadeau pour les religions, la loi, toute la loi et dans toute sa rigueur. Pas que des mots abstraits sur un soi-disant rétablissement laïque, des actes : liberté de conscience, liberté des cultes certes, mais espace privé et rien d’autre, surtout pas d’épandage et d’expansion dans l’espace public. Par exemple, plus aucun signe religieux ostensible à l’école pour enfants, enseignants et parents ou à l’université ! Et vite, avant qu’il ne soit trop tard et que quelques millions d’électeurs supplémentaires ne rejoignent le FN.

COP21, une victoire française !

A la victoire républicaine du 13 décembre contre le Front national, il faut ajouter au crédit de ce week-end la belle conclusion de la COP21, cette superbe victoire de la diplomatie française.

Et on y reviendra en détail dans le prochain numéro de DECODA en « Thème du mois » sous la signature d’un de mes plus fidèles lecteurs. Messieurs les déclininologues patentés allez vous rhabiller ! Déjà, disons le sans crainte, un succès tel que celui-ci n’est pas donné à un petit pays ! D’ailleurs, on ne les entend plus ces crétins… Un vrai grand bonheur de plus en prime !

Alors, oui, un beau week-end. Vraiment.

 

Notes de bas de pages

[1] D’ailleurs, la « dédiabolisation » engagée par Marine le Pen, largement relayée par les médias avec leur posture d’ethnologue, s’est un tantinet désagrégée ce soir de défaite du 13 décembre : une haine, même pas souriante, suait des propos des deux blondes battues dimanche soir. A cet égard, il est risible d’entendre que la diabolisation ne « marcherait » pas contre le FN, la preuve avec ce 2ème tour

[2] Outre parfois de mauvais reports de voix des électeurs de la gauche de la gauche

[3] En effet, le clivage sur la ligne à droite se fait sur les valeurs républicaines que le FN foule au pied, pas sur l’économie et le social puisque tous, peu ou prou, proposent le même programme libéral de réduction des dépenses publiques et sociales ; à l’inverse, le clivage sur la ligne à gauche se fait sur l’économie et le social et pas sur les valeurs républicaines par rapport au FN, car il y a un consensus à gauche sur ce plan

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