Billets d’actu

Billet d’actu du n°26 (20 janvier 2015) par Wanda Dièbolt

« Pour un aggiornamento de l’Islam ! »

D’abord, en guise d’échauffement, deux remarques : la première, c’est le contraste inouï entre la diffusion confidentielle de Charlie-hebdo en vitesse de croisière, 40 000 exemplaires par semaine, la dimension d’un quartier urbain, et le nombre de Musulmans sur la planète.

Comment des dignitaires religieux assis sur des centaines de millions de fidèles d’une religion en pleine expansion peuvent-ils se sentir piqués par ce microbe, presque invisible à l’œil nu? Le symbole suffit-il à expliquer cette polarisation sur un adversaire minuscule? Quelle fragilité, quelle irrationalité là-dessous ?

Deuxième remarque : nous avions délégué à Charlie le soin d’entretenir la liberté d’expression, l’insolence, l’irrespect, et nous, les Français, nous avions paresseusement renoncé, comme ça a été souligné ces derniers jours, les laissant bien seuls aux avant-postes ; j’ai le sentiment que les autre pays démocratiques ont, de la même façon, délégué à la France cette fonction sur la scène internationale. C’est pourquoi ils nous soutiennent officiellement mais floutent les caricatures, ou ne les publient pas. Nous sommes, en quelque sorte, leurs frondeurs par procuration.

Tout cela ne rend pas optimiste. Alors, que faire ?

Il y a eu dans les médias, et il y a encore, des dizaines de propositions d’action qui ont été formulées, dans le domaine de la sécurité, dans celui de l’éducation, de l’action internationale de la France[1] etc. Mais ce qui nous a, je crois, le plus inquiété, le plus interpellé comme on dit, c’est l’incompréhension, le rejet dans une partie de la jeunesse française d’origine maghrébine à l’égard de ce que nous défendons comme essentiel et qui nous a fait enfin nous mettre debout.

Il faut, bien sûr, expliquer et discuter ; et pour cela, donner aux profs la formation qui leur permet de faire face à « ça », qui est si loin de ce que nous ressentons qu’on en reste interdit et démuni.

Former les enseignants à l’instruction civique, et la mettre réellement en application (et pas seulement sur le papier), dès l’école primaire. Arrêtons d’avoir honte d’enseigner la République et ses valeurs aux enfants. Mettons l’histoire des religions dans les programmes, donnons aux profs les éléments de langage quand la tension monte, ils sont en première ligne. Rappelons au besoin les réservistes : de nombreux retraités de l’éducation nationale seraient certainement volontaires s’ils y étaient dûment préparés. Et tant qu’on y est, déconcentrons enfin la gestion des établissements, donnons aux responsables la possibilité de créer et de fidéliser les équipes éducatives, et payons-les mieux. Le déficit budgétaire, dans ces circonstances, ne doit plus être la priorité.

Mais l’école est loin de pouvoir tout faire, tout rattraper. Il faut aussi mettre beaucoup, beaucoup d’argent public pour recréer en masse des éducateurs, des animateurs pour suivre les jeunes en dehors de l’école et faire le lien avec les familles, aller dans les prisons etc. Il n’y a pas assez d’argent public? On peut toujours arrêter de concevoir des équipements type éléphant blanc pour privilégiés (dans lesquels je me range) : que n’aurait-on pu faire dans les quartiers avec les 400 millions de la Philarmonie ? Ou avec ceux du musée des confluences de Lyon ? Pourquoi ne pas drainer des fonds privés pour financer ce raccomodage vital du tissu social avec des abattements fiscaux très supérieurs à ceux en vigueur actuellement  pour le mécénat d’entreprise? C’est une levée en masse de travailleurs sociaux qu’il faut faire maintenant, ainsi qu’un soutien non moins massif aux associations qui oeuvrent à ce raccomodage.

Mais cela ne suffit toujours pas ; s’il n’y a pas de perspective de boulot, tout le mode le sait et le dit, l’enchaînement chômage-délinquance-radicalisation est probable. Dans une économie de marché, les marges de manœuvre de l’Etat sont limitées, et pourtant, nous l’avons vu encore plus ces derniers jours, il y a le feu.

Alors, j’ose lancer une proposition : quid de quotas pour les jeunes issus des « quartiers », dans l’ensemble des entreprises du territoire national? Je vois déjà le distingué juriste qui .préside aux destinées de DECODA s’évanouir d’horreur. Oui, je sais, il n’y a en France ni critère ethnique ni religieux pour caractériser les individus, c’est illégal ; oui, je sais, c’est contraire à la liberté des entrepreneurs ; mais enfin, il y a bien les quotas de femmes en politique et on s’en est plutôt bien portés. Dans la situation où nous sommes, je crois qu’on devrait au moins essayer de réfléchir à quelque chose comme une préférence, « intégratoire » comme mesure de crise et d’exception, pour une durée limitée.

Mais cela ne suffit toujours pas ! Rien ne changera vraiment si les prescripteurs religieux ne modifient pas leur discours. Et tout ce que nous avons mis en place ou allons instaurer (espérons !) dans les mois qui viennent sera largement inopérant si une lecture terroriste (pour aller vite) du Coran n’est pas contrecarrée par les autorités religieuses ; dénoncer les actes ne suffit pas : c’est la lecture elle-même qu’il faut condamner. Je m’avance avec prudence, car je ne connais rien à la théologie musulmane. Mais je fais le parallèle avec la religion catholique. Pendant des siècles, elle a été dans le camp de l’obscurantisme, du fanatisme, et dans le meilleur des cas, du conservatisme ; elle n’a accepté que bien tardivement la démocratie, et plus tardivement encore les grandes évolutions sociétales : dans les années soixante encore, les curés italiens tonnaient en chaire contre le divorce ; et je ne parle pas de la contraception, du droit à l’avortement ou de la libération progressive de la femme. Seulement, elle a fait son aggiornamento : Vatican2 en a été un jalon essentiel, et peu à peu le catholicisme est devenu ce que devrait être toute religion : une croyance d’ordre privé à laquelle la République garantit la liberté de culte. Je sais bien que la religion musulmane n’a pas le caractère centralisé, avec un chef unique, du catholicisme.

Mais sans doute est-il possible que les responsables religieux de notre pays se concertent et se mettent d‘accord sur un point de doctrine qui serait publié et qui définirait ce qu’est l’islam dans un société démocratique et laïque, et quels droits et devoirs cela entraîne pour la population de confession musulmane de notre pays. Une condamnation explicite et forte de tout acte de violence ne gâcherait pas le tableau. Cela permettrait aussi, si besoin, de clarifier en arabe des concepts qui nous sont propres, et dont j’ignore comment ils sont actuellement traduits : comment dit-on en langue arabe « Athée » ? « Agnostique » ? « Laïc », « Laïcité » ? Comment ces concepts sont-ils expliqués par les imams de France ? Comment devraient-ils l’être? Nous savons depuis Camus que mal nommer les choses ajoute au malheur du monde, mais là, c’est urgent et vital. Parler d’ « athée » ou de « mécréant », ce n’est pas tout à fait la même chose, et on voit bien quelles conséquences funestes peuvent en découler.

Ce travail, qui pourrait être suggéré par l’Etat aux autorités religieuses, ou, mieux encore, qui serait demandé par une partie des fidèles, mobiliserait théologiens, chercheurs, linguistes etc. et comme interprétation autorisée du Coran, fournirait enfin le socle doctrinal pour un islam compatible avec la République. Il en va de notre avenir commun, que nous soyons musulmans ou pas.

Est-ce naïf, est-ce utopique ? Le catholicisme a montré que c’était possible. Le défi qui s’impose à nous, c’est de mener en quelques années cet aggiornamento que l’Eglise a mis plus d’un siècle à accomplir. Raison de plus pour commencer.

Note de bas de page

[1] A ce propos, la plaie purulente du conflit israëlo-palestinien devrait venir en tête : c’est une des causes majeures de ce qui nous arrive.

 

Billet d’actu du 7 novembre 2014 : Observatoire de la laïcité qui fout le camp !

DECODA publie en « billet d’actu » une lettre ouverte de Jean Petrilli, membre du Cercle Maurice Allard, à Jean-Louis Bianco, Président de l’observatoire de la laïcité, suite aux prises de position de ce dernier qui ouvre en grand les portes de l’école aux parents porteurs de signes religieux !

Soyons certains que les prosélytes de tout poil, pas tous barbus, ne vont pas manquer de s’y engager… ils seraient bien bêtes de ne pas en profiter ! Surtout que la ministre compétente, qui avait plutôt brillé sur le droit des femmes, n’est pas non plus en reste sur cette question…

« Lettre ouverte à Messieurs J.L. Bianco et N. Cadène

Président et directeur de l’Observatoire de la laïcité

Dans votre lettre du 5 novembre parue sur le site l’Obs Plus vous écrivez : « La participation des parents d’élèves est la règle. Celle-ci est claire et ne modifie en rien la ligne déjà définie par le Conseil d’État et le droit actuel : l’acceptation de la participation des parents d’élèves est la règle ; le refus de la participation des parents accompagnateurs portant un signe religieux est l’exception. ».

Cette affirmation est l’expression d’un syllogisme parfait qui prêterait à sourire s’il ne s’agissait d’une question fondamentale pour le devenir laïque de notre pays.

En quoi est elle un syllogisme ? A partir d’une règle inscrite dans notre droit positif, « la participation des parents », vous en tirez des conséquences aux antipodes de sa signification et de son objectif !

Rappelons pour cela l’état de notre droit positif : la lecture du code de l’Education Nationale est très instructive et utile à cet égard.

En effet, il pose des principes clairs ne nécessitant aucune interprétation. Son Titre IV affirme « La laïcité de l’enseignement public » et l’article L141-1 dispose que :  » la Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation et à la culture ; l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’Etat « .

L’article L111-3 précise qu’existe, dans nos établissements et à tous les niveaux de scolarité, la communauté éducative qui « rassemble les élèves et tous ceux qui, dans l’établissement scolaire, ou en relation avec lui, participent à l’accomplissement de ses missions.

Elle réunit les personnels des écoles et établissements, les parents d’élèves, les collectivités territoriales ainsi que les acteurs institutionnels, économiques et sociaux, associés au service public de l’éducation. ».

Et, enfin, l’article L111-4 explique le rôle des parents dans cette communauté éducative dont ils sont membres de droit : « Leur participation à la vie scolaire et le dialogue avec les enseignants et les autres personnels sont assurés dans chaque école et dans chaque établissement.

Les parents d’élèves participent, par leurs représentants aux conseils d’école, aux conseils d’administration des établissements scolaires et aux conseils de classe. ».

A ce stade de la démonstration votre syllogisme est « dévoilé ». A partir d’une évidence, la participation des parents, vous en tirez une conclusion totalement erronée qui voudrait que les parents soient dans une sorte d’extra-territorialité ou de « droit personnel » qui les exonéreraient des règles du service public, de la République au final.

En conséquence, les parents sont membres de droit de la communauté éducative et en cette seule qualité ils sont soumis au devoir de neutralité. Peu importe la forme de leur intervention, dès lors qu’ils participent au service public ils y sont tenus. Il n’y a pas d’autre interprétation possible !

Alors sur quelle base juridique affirmez vous que « le refus de la participation des parents accompagnateurs portant un signe religieux est l’exception. » ?

Certainement pas en vous appuyant sur le code de l’Education Nationale ?

Sur un avis du Conseil d’Etat ? Lequel ?

Le dernier avis connu apparaît dans une Etude demandée par le Défenseur des droits le 20/9/2013 et rendue en date du 19/12/2013. Le Conseil d’Etat écrit page 34 : « Dans un même ordre d’idée, les exigences liées au bon fonctionnement de service public de l’éducation peuvent conduire l’autorité compétente, s’agissant des parents d’élèves qui participent à des activités scolaires, à recommander de s’abstenir de manifester leur appartenance ou leurs croyances religieuses ».

Cette expression très diplomatiquement exprimée recommande en fait l’interdiction des signes religieux pour les parents et la circulaire Chatel en avait tiré tous les enseignements qui s’imposaient.

Nous ne vous suivrons pas non plus dans votre argumentation visant à confondre une démarche prosélyte avec les problèmes sociétaux auxquels nous sommes confrontés sinon que nos devrions encore plus préserver notre système scolaire des emprises économiques, financières et religieuses …

Enfin, on peut d’autant plus regretter l’inflexion que vous recommandez à l’heure du développement des activités périscolaires liée à la réforme de l’enseignement et des rythmes scolaires. Quelle erreur stratégique par rapport aux prosélytes de tout poil qui, comme les marchands de tabac, ont bien compris qu’il fallait investir les jeunes.

Enfin vous railliez Maurice Allard, Charles Chabert ou Émile Combes qui avaient posé dès l’origine en 1905 la bonne question, sur les vêtements religieux dans l’espace public, ce qui décrédibilise encore plus votre propos.

En effet dès lors que nous constatons qu’elle se pose encore aujourd’hui en des termes encore plus aigus c’est bien la preuve qu’ils avaient raison et que nous ne pouvons plus persister dans une politique de l’autruche !

Nous n’insisterons pas sur le mauvais procès que vous leur faîtes en les faisant passer pour de sombres machistes au motif qu’ils s’étaient opposés au vote des femmes, outre votre anachronisme, car à l’époque toute la classe politique (masculine) était opposée a à ce droit !

En conclusion nous avons une question à vous adresser et une proposition à faire pour l’observatoire de la laïcité que vous présidez :

Est ce que votre article est le reflet de la position de l’observatoire ou n’engage t-il que ses auteurs ?

Notre proposition est de simplement ajouter l’adjectif « aveugle » à sa dénomination :

« L’observatoire aveugle de la laïcité »…

Jean PETRILLI

Cercle Maurice ALLARD »

 

Billet d’actu du 5 septembre 2014

Manipulations et putasseries, point trop n’en faut !

Dans les circonstances de ces derniers jours, n’ayons pas peur des mots violents. Il faut que les mots soient puissants pour être entendus. Dans ce mois du centenaire de sa mort, au front d’une balle au front, repensons à Péguy qui savait gueuler ses détestations…

Raz le bol de ce pays et de son système de dénigrement qui devient, par la « grâce » des médias, invivable pour qui est attaché à l’honnêteté intellectuelle. On sait depuis le grand Georges qu’elles étaient bien mal embouchées, les trompettes de la renommée… Maintenant les trompettes des réseaux et des médias suintent en permanence le pire et ça pue de plus en plus. Entre ceux qui y défèquent leur haine et leur médiocrité et les autres qui veulent nous y faire boire et manger, nous sommes très mal lotis.

Je l’avais annoncé dans mon dernier numéro de DECODA(NA)GES[1], les coups du « Hollande Basching » allaient redoubler de la part des médias, déchainés qu’ils sont, comme des gamins sans prise sur la réalité (un président qui leur résiste encore en se maintenant en fonction) alors qu’il est, selon eux, déjà depuis longtemps (quasi depuis le début !), au plus bas dans les sondages. Comment donc le faire encore plus plonger ? Tel est semble t-il leur questionnement permanent dans une atmosphère de ricanements misérables des opposants et commentateurs.

Et bien, ça y est, c’est reparti de plus belle en cette rentrée de septembre et ça tire de tous côtés, sur tous les sujets, et avec de bien beaux acteurs et complices.

Frondeurs : alors que les parlementaires frondeurs à la politique économique du gouvernement sont extrêmement minoritaires à gauche (quelques trois ou quatre dizaines sur près de 300 députés), on n’entend qu’eux dans les médias et à tout bout de champ. Qui leur donne la parole de manière irresponsable, mélanchonisant connement ainsi de plus en plus de français, quand ils ne les jettent pas dans les bras de Marine ?

Et les médias font ça, en plus, à l’heure où la BCE rejoint, sur la relance par la demande et l’investissement public, les positions du président français, contre Merkel, l’UMP et les marchés financiers… Qui ose encore dire que les bourrins sont des chevaux ?

Putasseries : Trierweiller viole la vie privée et son venin se répand dans toute la société par un coup d’édition porté au pinacle par les médias qui raffolent, tous, de ces saloperies… Sans rien pouvoir vérifier tous s’emparent du plus croustillant pour faire du scoop au mépris de l’honneur d’un homme, et du leur.

Ah, Valérie, le coup des « Sans-dents », superbe ! Quel magnifique outil de déstabilisation, qui se veut finale pour la presse droitière ou ultra gauchisante, car on s’attaque ainsi au dernier carré de grognards qui soutenaient encore François Hollande.

Qu’en est il véritablement ? Qu’est ce qui a été dit exactement, dans quel contexte ? Etait ce un jeu de mot circonstanciel, « Sans-dent » calqué sur « Sans-culotte», traduisant la réalité du manque de soins dentaires des plus défavorisés, était ce, au contraire, l’expression d’un immonde mépris de caste qui condamnerait pour nous, ici, définitivement le personnage, même si sa politique sociale démocrate nous convient tant celle des autres est navrante ?

Personne n’en sait rien, mais ce n’est pas grave et les médias foncent car, ça, c’est du potentiel déflagratoire énorme et il n’y a que ça qui compte.

Côte du président : bingo, ils ont réussi à le faire descendre encore un peu plus, de 16% à 13% en ce début septembre selon l’inénarrable barème Figaro-Sofrès et tous s’en délectent, y compris le service public radio/TV. Délaissant sciemment l’autre outil de mesure des côtes de popularité (l’institut CSA qui reste lui à 19%), ils prouvent une fois de plus leur extrême mauvaise foi et leurs manipulations incessantes de l’opinion juste pour sacrifier au besoin vital de scoop juteux. Même pas un dessein politique, non, juste faire du fric. Juste médiocres, mais on va en crever.

Dans un article que vous pourrez retrouver dans la rubrique « Archives » de mon blog, je me demandais il y a quelques mois « Mais, où nous mènent les médias ? »[2]. Maintenant je n’ai plus de doute, ils se comportent en lents fossoyeurs, avec quelques autres, de la République et de la démocratie et font le lit de la peste brune.

Connement pour la plupart, sans vraiment le vouloir ni bien sûr même le voir.

Notes

[1] Cf. DECODA numéro 21, note 8 page 7

[2] Voir à cet égard aussi les analyses de Michel Rocard, dans le journal l’Opinion de ce jour 5 septembre

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