Brèv’vertes – mars 2016

Les premières « Brèv’vertes », la rubrique animée par Lucas[1], mars 2016

Cette rubrique souhaite apporter de l’eau (ou ce qu’il en reste) au moulin des informations traitées en une ligne dans les bandeaux des chaînes d’info en continu. Comprendre les liens entre les mobilisations, entre les idées, entre les phénomènes climatiques isolés afin d’en dégager une réflexion globale, tel est l’objectif de ces premières « brèv’vertes ».

Un sourire avant le désastre : le 12 février dernier, les îles Fidji, situées dans l’océan Pacifique sud, sont devenues le premier signataire à ratifier l’accord de Paris ! Hourra dirions-nous, au moins une ratification ! Et qui plus est à l’unanimité ! Cette ratification parlementaire sera validée avec toutes les autres le 22 avril 2016, mais elle est doublement symbolique. D’abord parce qu’il s’agit du premier Etat, mais aussi et surtout parce que l’archipel est en première ligne des effets du changement climatique.

Cela renforce d’autant plus le sentiment d’urgence qui se dégage de cette ratification, et valorise l’engagement des Fidji de produire 100% de son électricité grâce à des énergies renouvelables d’ici 2030 et de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 30%.

Dans la nuit du 20 au 21 février, Winston a décidé de fêter cette ratification en s’abattant sur les îles Fidji sous la forme d’un cyclone de catégorie 5 (plus haute classification sur l’échelle de Saffir-Simpson), devenant ainsi le plus puissant de l’histoire de l’archipel. En écho aux 195 pays restants, les vents se sont défoulés jusqu’à 325 km/h (soit presque deux fois plus vite qu’un service de Roger Federer), réalisant le grand chelem : 44 morts (bilan provisoire), 32000 personnes sans abri, pour une population de 900 000 habitants, 4,3 millions de dollars d’aide en provenance d’Australie et de Nouvelle-Zélande, et 2 avions militaires français.

Peu d’eau, peu d’eau : « Toutes les 5 secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Dans son état actuel pourtant, l’agriculture mondiale pourrait nourrir sans problèmes 12 milliards d’êtres humains. Or, pour conjurer les 8 tragédies du siècle[2], il faudrait mobiliser pendant 15 ans un montant d’investissement annuel d’environ 80 milliards de dollars. Pour y parvenir, il suffirait d’un impôt annuel de 2% sur le patrimoine des 1210 milliardaires existant en 2010. » Voilà, merci, bonsoir !

Puisque ce n’est pas assez, la période climatique fin 2015-début 2016 a libéré El Niño, un des pires méchants depuis Dr No. Comme dans les films, il peut éradiquer toute une partie de la population de la planète. Seule différence, il ne le fait pas exprès et il n’y a (pour l’instant) pas de gentil pour sauver le monde.

El Niño est un phénomène climatique à l’origine du réchauffement de plus de 2 degrés des eaux du Pacifique central équatorial. Pour être plus scientifique, « le phénomène El Niño/Oscillation australe (ENSO) résulte de l’interaction de l’océan et de l’atmosphère dans le centre-est du Pacifique équatorial. Il apparaît à une fréquence irrégulière allant de deux à sept ans. En général, le phénomène atteint son intensité maximale vers la fin de l’année, d’où son nom (qui signifie «enfant Jésus» en espagnol). Il provoque des sécheresses et des précipitations supérieures à la normale dans certaines régions. »

La sècheresse, comme en Afrique australe : El Niño affecte 40 millions de personnes en milieu rural et 9 millions en centres urbains au Zimbabwe, au Mozambique, en Afrique du Sud, au Lesotho, en Zambie, au Malawi et au Swaziland. C’est la pire sécheresse dans cette région depuis un siècle, puisque 14 millions de personnes vont manquer de nourriture à cause de la destruction des récoltes. Pour faire face à cette crise, 38 millions de dollars seraient nécessaires pour mettre en œuvre un plan d’aide efficace.

Précipitations anormales comme en Amérique du Sud : l’état d’urgence est déclaré dans le Nord du Pérou après des précipitations exceptionnelles, propices à la propagation du virus Zika, et 2,8 millions de personnes au Guatemala et au Honduras vont manquer de nourriture.

Zika et El Niño, c’est un duo qui fait froid dans le dos ! La fréquence de ce phénomène pourrait même doubler d’ici à 2050…

« L’optimisme est dans l’action! », fondateur des Brèv’vertes.

 

Notes de bas de page

[1] Master2, Sciences Politiques-Relations Internationales, Parcours Francophonie et Mondialisation, Spécialité Développement Durable et Economie Sociale et Solidaire; Université Jean Moulin, Lyon 3

[2] Faim, extrême pauvreté, eau polluée, mortalité infantile, discrimination des femmes, sida, épidémies, destruction du climat.

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