Brèv’vertes n°10

Dans notre rubrique « Sauvons la planète ? » que son auteur, désespéré, souhaite rebaptiser en « Dans ton cul, la planète ! », j’hésite toujours…

 

Cette rubrique souhaite apporter de l’eau (ou ce qu’il en reste) au moulin des informations traitées en une ligne dans les bandeaux des chaînes continues. Comprendre les liens entre les mobilisations locales et les actions internationales, entre les idées géniales et les absurdités, entre les phénomènes climatiques isolés et l’avenir de la planète, tel est l’objectif de ces « brèv’vertes ».

« L’optimisme est la foi des révolutions » (Jacques Bainville, académicien)…. Sans transition, et encore moins énergétique, nous voilà en 2017! Oublier si rapidement 2016 serait une magistrale erreur. D’abord parce que vous tireriez une croix sur 9 rubriques des Brèv’vertes, et je dois admettre que ce serait dommage… Et ensuite parce que 2016 n’a pas été l’année de tous les malheurs, mais simplement le terrain d’échauffement et de réchauffement d’une année bien pire. Il faut être Miss France ou militant politique pour croire que tout va changer aux douze coups d’une date prise au hasard sur un calendrier, que ce soit le 31 décembre ou le 7 mai (pardon, c’est méchant pour Miss France…). Pourquoi tout le monde a-t-il détesté cette année 2016 ?

Sûrement parce qu’on le leur a dit. Des gens ont sûrement été heureux cette année ! Quelle drôle d’idée… Être heureux aujourd’hui, c’est comme le Yéti, ou écouter Nadine Morano dire quelque chose d’intelligent : on en a entendu parler, mais on n’est pas sûr que ça existe vraiment. Puisque nous sommes cantonnés à réfléchir en cycles monstrueux de 365 jours, il convient de s’offrir les outils et équipements d’usage à l’attention du petit pessimiste : un grand pot de vaseline chaque jour, au moment d’ouvrir votre poste de télévision, de radio, ou de fonctionnaire ; un assortiment des Haribo du déprimo (Lexomil, Fluvoxamine, Prozac, Séropram, Marsilid, Laroxyl…) ; la collection complète de Marc Lévy et un poster d’Amélie Nothomb ; et surtout une bonne paire d’aveuglement ainsi qu’un ustensile d’inaction. Vous avez tout ça ? Yippee ki yay motherfucker, vous êtes un français moyen ! Plus qu’un peu de chanvre et vous pourrez passer au niveau supérieur : employé chez Orange, infirmière ou agriculteur !

La transition étant la pierre angulaire de cette rubrique à brac (encore cette enfoirée de 2016…), un bon pichet d’optimisme est servi avant le dessert ! En effet, la direction d’Orange a décidé d’offrir à ses salariés des bureaux rez-de-jardin. C’est tellement émouvant la prise de conscience… Pour les infirmières, la primaire de la droite a vu sortir François Fillon, autant dire le Bachar de la fonction publique. Et pour les agriculteurs, Karine Le Marchand reçoit ce cher François sur un canapé dans une émission « politique », et n’a donc plus le temps de s’occuper des célibataires terreux de nos campagnes…

Dans ce cas, vivement les révolutions ! Révolution numérique, révolution sociale, révolution énergétique, révolution politique… Après tout, la révolution n’est que l’achèvement d’un cycle autour d’un axe, pour un peu qu’on soit branché physique quantique. « La révolution optimiste », ça aurait pu être un bouquin de Gandhi, de Stéphane Hessel ou de la nuque de Robespierre, mais vous ne l’aurez que dans les Brèv’vertes ! Pour l’analyse conceptuelle, vous êtes gentiment priés d’attendre que les Brèv’vertes soient hissées au rang de patrimoine immatériel de l’humanité.

Pour ce qui est des solutions, elles sont partout, foisonnantes, innovantes, efficaces, accessibles à tous. L’électrification du continent africain en énergies renouvelables ? A un poil d’être la révolution du siècle (si un jour on m’avait dit que j’aurais les mêmes ambitions que Jean-Louis Borloo…). L’accès à une alimentation saine, durable et locale ? A portée de main grâce à Cédric, ce jeune agriculture qui a fait le pari du bio et du circuit-court. La transition transperce et traverse les sociétés, il faut juste oser s’y piquer pour prendre le virus et s’apercevoir que c’est non seulement agréable pour chacun, mais surtout pour tous. Peut-on donc voir une différence entre transition, révolution et optimisme ? Ou sommes-nous limités par notre propre langue ? Boris Cyrulnik notait en effet que « contrairement aux Etats-Unis, où le terme de « résilience » est d’usage courant, tel un marqueur d’optimisme, en Europe il est plus difficile de l’imposer, comme si nous avions un penchant pour le misérabilisme ». Cette tendance dépressive doit s’effacer au profit d’un postulat positif et créatif, déjà porté aux quatre coins du monde et qui ne demande qu’à exploser.

Pour 2017, nous vous souhaitons donc optimisme, transition, révolution et résilience !

« L’optimisme est dans l’action ! », fondateur des Brèv’vertes.