Brèv’vertes n°13

Comme un p’tit Porte-Bonheur 

 

Les Brèv’vertes n°13

Cette rubrique souhaite apporter de l’eau (ou ce qu’il en reste) au moulin des informations traitées en une ligne dans les bandeaux des chaînes continues. Comprendre les liens entre les mobilisations locales et les actions internationales, entre les idées géniales et les absurdités, entre les phénomènes climatiques isolés et l’avenir de la planète, tel est l’objectif de ces « brèv’vertes ».

  • « Tout le monde veut sauver la planète, mais personne ne veut sortir les poubelles« . Jean Yanne

Les Brèv’vertes reviennent, pour la première fois depuis la campagne présidentielle. Autant dire que nous sommes restés KO (chaos?) debout, groggy, épuisé, après cette élection aussi longue qu’indigne. Et sur le ring de la désillusion, les Brèv’vertes n’ont jamais aussi bien mérité leur nom ! En si peu de temps qu’il faut pour le dire, et encore moins pour l’écrire, nous avons soufflé, heureux d’avoir échappé au pire et au rire de MLP (« ils sont partouuut »….). Et puis nous partîmes, sans sens, mais par un prompt effort, nous nous vîmes trois mille, en arrivant au bord. Multipliez le Cid par 12, retenez 2, et vous avalerez une belle Corneille (ça aurait été beaucoup plus marrant s’il s’appelait Couleuvre, mais l’Histoire ne le retiendra pas) ! On est même prêt à laisser sa chance à Manu, s’il redescend!

Il est fort, il est beau, il a du culot (Hulot quand même!), et puis il a dit « Make Our Planet Great Again », tacle aux oreilles sur Trump aussi propre qu’en District. Jusque-là tout va bien!

Et puis, en s’introspectant (ça n’existe pas) pour tendre de plus en plus vers la bienveillance, vers l’ouverture sur soi et aux autres, vers l’énergie citoyenne, on n’avait plus tellement de choses à dire : l’actualité était tellement dense sur BFM TV, entre la canicule, les législatives, bientôt l’été, Roland Garros, le Tour de France, Simone Veil (merde, ça c’était une vraie info)… Mais que viendraient donc faire les Brèv’vertes dans cette galère ?

Puisqu’on ne nous l’a pas demandé, commentons-donc le Plan Climat présenté par le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire il y a quelques jours : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/2017.07.06%20-%20Plan%20Climat.pdf

1ère impression : c’est pas mal ! Intégrer l’Accord de Paris dans le droit international de l’environnement ; associer chaque ministère dans la mise en œuvre du plan ; 4 milliards d’investissement pour supprimer les « passoires thermiques », ces bâtiments aussi bien isolés qu’un hall de gare ; arrêter les centrales au charbon d’ici 2022 ; arriver à la neutralité carbone en 2050 ; encourager la recherche publique et l’innovation…….

2ème impression : ah oui quand même ! Ca va y aller fort ! Ils vont redistribuer les cartes des négociations internationales ; on va avoir de nouveaux bâtiments dignes d’habitation ; on va en finir avec les voitures diesel, essence et avoir des véhicules propres ; on va produire dans un cycle d’économie circulaire, sans gaspillage et sans déchet ; on va voir revenir nos cerveaux et en découvrir ; on va bouleverser notre système d’agriculture intensive et inconsciente ; on ne consommera plus de produits participant à la déforestation ; on va protéger nos écosystèmes ; on va soutenir les initiatives des pays en développement….

Ils se sont pas foutu de notre gueule on dirait ! « C’est l’objet de ce Plan climat que de contribuer à cette mobilisation qui doit être celle des États, mais aussi de toute la société, des entreprises, des associations, de la recherche, des collectivités territoriales, des partenaires sociaux. » C’est vrai que c’est beau… On tombe donc rapidement d’accord pour dire que le constat est correctement réalisé, et l’urgence prise en compte. La France se dote donc d’un plan ambitieux et à la hauteur des objectifs qu’elle s’est fixée.

3ème impression : mais du coup, ça veut dire qu’on va le faire ? Tous ensemble ? Les entreprises sont partantes ? Même les collectivités ? Même les citoyens ? C’est bizarre alors, parce que l’accord de libre-échange avec le Canada a l’air bien parti… C’est bizarre, l’Europe a assoupli sa définition des perturbateurs endocriniens… C’est bizarre, on a fait des concessions aux Etats-Unis sur le climat… C’est bizarre, les gens sont dans la rue pour le G20… C’est bizarre, les ONG doivent aller voir ailleurs, mais surtout pas à Calais ni en Méditerranée… C’est bizarre, les gens se préparent à être dans la rue pour la réforme du Code du Travail… C’est bizarre, Gattaz a l’air content… Oh putain il sourit!

4ème impression : « La critique est aisée, et le critique dans l’aisance ». Soyons aussi rusé que le Renard, et ne tombons pas dans des tréfonds d’analyse négative. Parce que l’adaptation au changement climatique doit avant tout passer par l’action collective ; parce que le changement des comportements vers l’écocitoyenneté doit être empreinte de bienveillance ; parce que le consommateur doit évoluer de son statut de coupable à celui d’acteur ; parce qu’au-delà des orientations politiques, notre bulletin de vote, ce sont nos choix de consommation ; parce que chaque geste compte ; parce que des solutions existent et sont accessibles ; parce que la solidarité est aussi une question écologique, mais surtout un choix de société ; parce que le vivre-ensemble, c’est un objectif commun ; parce que l’énergie est citoyenne avant d’être fossile!

Ce n’est pas impossible puisqu’on l’observe tous les jours. Cette analyse est très concrète et s’applique à des expériences réelles, malgré les apparences. C’est en étant entouré de personnes, d’initiatives, d’idées, d’énergies simples et simplement exceptionnelles que je vois les choses changer. Elles changent rapidement, parfois lentement, mais chaque avancée est une victoire. Pas une victoire pour sauver la planète, mais une victoire pour vivre mieux.

Ces personnes, ces structures, inspirées et inspirantes, sont partie intégrante des Brèv’vertes, et peuvent en être chaleureusement remerciées (pas trop, faut rester sous les 2°C). Les Brèv’vertes évoluent, s’adaptent, changent mais gardent leur vocation principale : enrichir le débat, présenter des solutions, dénoncer… Parce que le changement est militant et bienveillant.

« L’optimisme est dans l’action ! », fondateur des Brèv’vertes.

Brèv’vertes 13