Ca part en brioche…

En cette fin d’année 2017, propice plutôt aux bûches, tout semble partir en brioche… Et avec le Jeunot en tête de gondole.

En effet, notre président s’égare en cantonnant la laïcité à la République pour, dans son esprit, en épargner la société selon des propos rapportés par le Figaro et Marianne. Comme si une société constitutionnellement organisée en République laïque pouvait être maintenue à l’écart de l’exigence laïque et être naturellement baignée, en quelque sorte, par l’emprise des cultes. Que deviennent nos valeurs fondamentales d’émancipation sans la laïcité qui les porte et qui ne se limite pas à la séparation des églises et de l’Etat ? Le Monde, en bon journal « bigot libéral », quant à lui se félicite, avec les cultes, du climat de confiance entre cultes et Président[1]. Les cultes eussent pu même être très heureux à moins…

L’honnêteté intellectuelle, lorsque l’on en a le souci, conduit à se méfier de propos rapportés, et on souhaite, ici, que le Président saisisse très vite la première occasion de préciser sa conception sans laisser le soin aux responsables des cultes, ou aux médias, de le faire à sa place. Mais, on observe que son expression, si elle venait à être confirmée, laisse le champ libre aux cultes sur l’espace sociétal. Et il se serait engagé aussi publiquement à les consulter et à les écouter. Où est donc passé, dans son esprit pourtant si complexe, le principe de non reconnaissance des cultes ? Peut-être qu’un peu de simplicité….

Il aurait osé aussi (pourquoi lésiner ?) s’inquiéter d’une « radicalisation de la laïcité », alors que nous sommes en guerre contre un radicalisme religieux exécrable[2]. Renversant. Va-t-il bientôt, avec Gérard Collomb[3], nous proposer des centres de déradicalisation pour les laïques ?

Comment a-t-il pu proférer une ânerie pareille devant les représentants des cultes qui le rapportent avec gourmandise, représentants qu’il recevait une fois de plus en leur donnant ainsi une reconnaissance à laquelle ils ne peuvent normalement prétendre en application de l’article 2 de la loi de 1905 ?

Il va falloir qu’il s’explique car cela commence à faire beaucoup. Comment, avec nos centaines de morts dus à la barbarie religieuse contemporaine, peut-on ainsi servir la soupe à ceux qui restent fondamentalement, quand ils ne sont pas nos ennemis, des adversaires du progrès et de l’émancipation des hommes et des femmes, notamment dans l’égalité entre des sexes disposant de leur corps ?

En même temps sur la Catalogne et ses dernières élections, tout comme sur la Corse auparavant, les médias s’enfoncent dans une bêtise rare en jouant le jeu des indépendantistes qu’ils présentent comme les grands vainqueurs alors qu’ils sont en fait toujours minoritaires en voix en Catalogne et emportent même deux sièges de moins qu’aux élections précédentes.

N’empêche, ils entonnent les trompettes de la soi-disant victoire des indépendantistes, quels que soient les risques et la bonne appréciation des enjeux. Bonjour les ânes.

D’urgence il nous faudrait des remèdes à ces imbécilités…

En effet, prenons un autre exemple, la guerre contre le terrorisme et la barbarie islamistes. En cette fin d’année de guerre, une de plus ne l’oubliez pas, en voie d’être gagnée par nos armes et nos soldats sur quelques uns des terrains de nos ennemis, il ne faut pas se tromper dans l’analyse.

En effet, la victoire militaire contre l’Etat islamique au Levant ou ses diverticules, déjà acquise au Mali, en Irak et en voie de l’être sous peu en Syrie ne vide pas le litige qui est comme un abcès au plus profond des chairs du monde contemporain… Cet abcès se dénomme « islam radical » qui veut éliminer ce qui lui est contraire : le pluralisme, la tolérance, la régulation par le droit, l’égalité des hommes et des femmes, etc. Comme l’a jugé la Cour Européenne des Droits de l’Homme, ne l’oublions pas, l’islam radical est contraire à nos valeurs démocratiques et à nos principes fondamentaux et ne peut donc revendiquer leur protection… Alors, nous sommes dans notre bon droit à mener ce combat idéologique et aucune mansuétude n’est à attendre de véritables républicains.

Mais l’abcès islam radical perdure et poursuit son entreprise avec d’autant plus de facilité qu’on ignore celle-ci ou qu’on fait semblant pour beaucoup de ne pas la voir, voire à l’excuser, quand ce n’est pas pour d’autres à l’aimer dès lors qu’elle est portée par des opprimés.

Engoncés dans les schémas idéologiques d’un XXème siècle qui a eu, outre les horreurs idéologiques qu’il a portées, la stupidité d’annoncer que son successeur serait religieux ou ne serait pas, les médias, les milieux intellectuels, l’université, les clubs, « Think tank » et autres syndicats, sans même parler des salons bobo où l’on cause doctement, à Paris ou en Province, ne comprennent pas grand chose aux tenants et aboutissants de ce qui se joue… ou bien ne veulent pas voir. Parfois même, l’horreur islamique devient chez certains exclusivement un objet de science sociale, pour s’interroger à n’en plus finir sur ses causes. Eût-on consenti cet avantage à l’ennemi nazi et à ses zélateurs dans nos rangs ? Non.

Une autre partie du pays pendant ce temps, tout à ses haines des arabes et des immigrés, bref de tous ceux qui « ne sont pas comme nous », se complait dans le repli, dans des solutions honteuses au regard de nos valeurs démocratiques et de nos principes fondamentaux. Pour écarter ceux qui veulent abattre nos valeurs, ils y renoncent eux mêmes… comme de vulgaires islamistes au fond.

Islamistes et xénophobes, les deux mâchoires d’une tenaille imbécile… Aidés par tous leurs idiots utiles, de Médiapart ou d’ailleurs.

Face à ces imbécilités, seule l’intelligence peut être salvatrice. Mais, quelle peut être encore sa place dans un monde qui n’est plus fait que de « COM » pour les médias faiseurs d’opinion, et d’idéologie pour les militants de toutes les causes qui colonisent espaces de communication et réseaux sociaux…

Alors dans tout ça, face à tout ça, que faire ? Un seul salut : faire le pari de l’intelligence et aller la traquer partout où  l’on peut la trouver, et puis la faire connaître, la diffuser large.

Il est un blog, MEZETULLE de Catherine Kintzler,  qui s’emploie à nous livrer ces tenants et ces aboutissants, sans relâche, sans concession, dans l’intelligence et la lucidité. Avec toute la complexité que cela requiert, sans prendre ses lecteurs pour des crétins incapables d’un empan de plus de trois mots. Bref, en faisant le pari fou de l’intelligence. C’est cela que DECODA, avant même les premières lueurs de l’aube de 2018, entend ici saluer par son apostrophe amicale.

Pour vous en convaincre s’il en est encore besoin, allez voir les dossiers de MEZETULLE, et, même, vautrez vous-y, vous n’en sortirez que meilleurs :

http://www.mezetulle.fr/religion-violence-dossier/

http://www.mezetulle.fr/identite-liberte-non-appartenance/

y compris appliqué à un domaine qui nous est cher, le sport :

http://www.mezetulle.fr/comment-lislamisme-a-perverti-lolympisme-lu-par-fewzi-benhabib/

En mettant en exergue, pour conclure, un passage emprunté au texte de Jean-Pierre Castel dans le dossier « Religion-violence » (sur le blog Mezetulle) qui dénonce la mystification « number one » sur l’islamisme :

« Le terrorisme islamiste : guerre de religion ?

Du pape aux imams et à nombre d’auteurs politiques, le terrorisme islamiste actuel n’aurait rien à voir avec la religion, mais tout avec la politique, le pétrole, le chômage,  la détresse des banlieues :

  • Pape François : « Il ne s’agit pas d’une guerre de religion [car] toutes les religions veulent la paix, […] mais d’intérêt, d’argent, d’accès aux ressources naturelles, de domination des peuples ».
  • Tareq Oubrou, imam de Bordeaux « Ce radicalisme est le résultat d’un échec d’intégration par le scolaire et le travail, d’une démission des parents et d’un manque d’affection à cause de l’effritement des liens familiaux. […] Aujourd’hui, c’est l’organisation État islamique, demain ces jeunes pourraient adhérer à une autre fausse cause tant qu’elle s’inscrit contre leur société ».
  • Norbert Trenkle : « L’islamisme ne peut pas être expliqué à partir de la religion ».
  • Georges Corm : « Les actions terroristes n’ont pas d’idéologie, sinon un nihilisme mortifère […] Parler de “jihad” dans le cas des opérations terroristes est une aberration ».
  • Albert Henni : « Que ce soit en Serbie, en Israël ou en Syrie, les textes religieux ne servent que de caution à la liquidation des indésirables. Ils n’expliquent rien. »

80% des victimes du terrorisme islamiste sont pourtant des musulmans ; c’est l’ensemble du monde musulman, du Maroc à l’Indonésie, qui est pris dans cette violence, toujours revendiquée au nom de telle ou telle interprétation de l’islam ; l’Occident n’est qu’une cible seconde. L’intégrisme islamiste n’est d’ailleurs pas un phénomène récent, mais s’inscrit dans une longue tradition initiée au IXe siècle par Ibn Hanbal (780-855) et au XIVe siècle Ibn Taymiyya1 (1263 – 1328).

Al-Qaïda, Daech, Boko Haram, etc., ne veulent pas seulement venger les humiliations de la colonisation, récupérer la Palestine, contrôler des puits de pétrole, dominer et exploiter un territoire : ils veulent surtout installer leur théocratie sur un espace le plus vaste possible. « Dieu est notre but, le Messager est notre chef, le Coran est notre constitution, le Jihad est notre méthode. Mourir pour Dieu est notre désir le plus cher », rappelle la charte du Hamas.

Il s’agit d’un totalitarisme religieux, qui entend imposer la souveraineté d’Allah, faire régner la sharia, « rendre à la religion sa place de fondement de l’organisation collective », où le sujet ne sera plus un individu engagé par un contrat social avec la société, mais un élément pris dans une appartenance à une communauté religieuse, où les lois ne sont plus élaborées par les hommes, mais dictées par Allah. Les islamistes veulent éradiquer toute forme de « mécréance » : d’abord les conceptions plus ouvertes de l’islam, puis toutes les valeurs occidentales, comme la laïcité, la démocratie, l’égalité des sexes, la liberté de mœurs, etc.

Postuler que c’est la misère sociale ou psychologique qui crée les djihadistes, c’est confondre les conditions qui créent les mercenaires avec la cause qui les enrôle. Il est vrai que pour nombre de djihadistes, le terrorisme vient satisfaire une frustration ou une pulsion de violence qui n’avait à l’origine rien de religieux. Ces djihadistes n’en sont pas moins engagés dans une guerre de religion, au même titre qu’un mercenaire participe de fait à la guerre de l’armée qui l’a enrôlé. La cause des islamistes, c’est le rétablissement de « la vraie religion »… »

On ajoutera que l’expansion de l’islam ne s’opère pas que par les armes et la violence. Elle emprunte toutes les voies qui s’ouvrent, même pacifiques ou simplement prosélytes, comme d’autres confessions. Ce qui est particulier cependant à l’islam radical est la confusion du religieux et du politique comme projet idéologique global et son expression totalitaire achevée la charria, la loi islamique[4], qui doit s’étendre progressivement mais résolument sur le monde. On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas que ce qui s’étale sous nos yeux est le résultat d’une stratégie islamique délibérée à l’échelle de la planète.

Que MEZETULLE soit donc loué.e pour ses apports à l’intelligence collective ….

Et que vive 2018 ! Avec mes meilleurs voeux.

 

Notes de bas de page

Le texte du billet en document média joint : Ca part en briocheVD

[1] https://www.marianne.net/politique/face-aux-representants-des-religions-emmanuel-macron-s-inquiete-d-une-radicalisation-de-la

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/12/21/97001-20171221FILWWW00309-macron-vigilant-face-au-risque-de-radicalisation-de-la-laicite-cultes-religieux.php

http://www.lemonde.fr/religions/article/2017/12/22/climat-de-confiance-entre-macron-et-les-representants-religieux_5233273_1653130.html

A noter que le Monde, en bon journal « bigot libéral » ne dit pas un mot de la radicalisation de la laïcité dont aurait parlé le Président alors que les deux autres organes de presse la souligne

[2] Sans pour autant désigner les racistes du FN qui s’habillent en laïques mais en visant des républicains sincères comme Manuel Valls, entre autres

[3] Si l’on souhaite connaître les positions de Collomb sur la laïcité, c’est la soumission aux cultes et une laïcité dévoyée qu’il représente, voir notre article dans SLATE à cet égard : http://www.slate.fr/tribune/80729/laicite-lyon

[4] Voir à cet égard le sort réservé aux athées en pays musulman, même Le Monde semble s’en émouvoir (Document média joint : L_athéismeenpaysmusulman)

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