Ca se décante !

La droite est en train de foncer dans le mur en faisant toujours son caprice pro Fillon, ne voyant même pas le caractère intenable moralement d’un soutien à un forcené du cacheton juteux détourné sur fonds publics. Forcené au demeurant devenu comme fou après sa convocation par les juges d’instruction et ajoutant pour sa défense les mensonges à l’ignominie[1]. Incroyable mais vrai. Pourtant, la droite avait élection gagnée d’avance selon tous les médias… A droite, ils auraient dû se méfier davantage du seul fait de cette prédiction qui nous disait qu’en allant aux primaires de la droite on choisissait le futur président de la République ! Quelle rigolade… Y a pas quatre mois.

La gauche fait pareil : tout faux. Droit dans le mur et en klaxonnant encore. Tut, tut, tut ! Dans la guimbarde bringuebalante de multiples passagers, tous sur la banquette avant se disputant le volant. Comme des crétins de gamins puérils et incapables. C’est plié. A gauche, il y aura deux candidats au premier tour et, cadeau, un insoumis et un frondeur, Mélenchon et Hamon ! On est beau…

Comme si c’était là que les français souhaitaient majoritairement être gouvernés. Eliminés les deux c’est sûr, dès le premier tour. Bien fait, du balai ! Qu’ils aillent faire mumuse à gérer le pays ex place de la République, avec « Nuit Debout ». Non mais, vous vous rendez compte ? Alors que ce courant gauchisant délirant n’est même pas majoritaire au sein du PS et encore moins au sein de l’électorat de gauche. A pleurer et en plus dans un gros concours de démagogie, même si de bonnes questions sont parfois posées[2].

Au fond, tout compte fait, les primaires sont une machine à radicaliser alors qu’en social démocratie, ce qu’est notre régime, et ce qu’ils sont tous mis à part les bas de plafond frontistes ou les gauchos à la gomme, ce qu’il faut rechercher c’est le rassemblement et le compromis d’abord de son camp politique, puis au delà.

Comment croire qu’un candidat de la droite républicaine peut rassembler plus de 15 millions d’électeurs pour gagner la présidentielle sur un programme qui ne plait au fond qu’à moins de 3 millions de vieux rassis au sein de son propre camp ? Comment croire pouvoir gagner à gauche sur un programme de zozo qui ne fait pas un million de voix aux primaires dites de la belle alliance (no comment, il serait méchant…) ? Je le dis comme je le pense : les primaires sont une machine à diviser et à perdre qui n’engraisse que les médias. Une parodie démagogique de démocratie sondago-médiatique où Pujadas est roi.

Alors, qu’est ce qu’on fait ? Et ben on y est, en plein dedans, dans la mouise. Je ne vois pas comment un des deux candidats de la gauche (de la gauche) pourrait être au second tour si tant est que l’on puisse envisager d’en soutenir un des deux et si tant est au fond qu’ils veuillent vraiment gouverner.

D’autant qu’ils ont passé leur temps avant de décider de ne pas se marier à jouer à celui qui est le plus à gauche et à faire leurs mijaurées, j‘te prends, j’te prends pas au téléphone, j’t’ouvre la porte, j’te l’ouvre pas… Juste consternants !

Alors, je vous le dis franchement, il va falloir les punir pour leur stupidité crasse. D’abord, le Chavez du pauvre, le Mélenchon[3], apprenti dictateur, qui a tout planté en jouant en solo depuis plus d’un an, tout entier à sa seule haine de la social démocratie.

Ensuite, Hamon, triste faux cul intégral qui a consciencieusement savonné la planche de la gauche de gouvernement à laquelle il participait. Appelant même à voter la censure du gouvernement Valls avec la droite, il a choisi au fond la CGT bien obtuse avec sa béquille FO, contre la CFDT et il persiste. Il n’arrive même pas à faire l’union du PS sur lui et voilà t’y pas qu’il se prend maintenant ses propres frondeurs grolandais et valseurs. Chacun son tour, il doit mieux mesurer sa propre avanie. Comment se ranger derrière un type pareil ? Impossible.

Quant aux buses antirépublicaines (les neuneus frontistes), ça pue la haine et le repli et on n’en veut pas, même comme cauchemar. Que les juges s’en occupent et fassent leur boulot avec ces bandits, soi-disant, rappelez-vous, « Tête haute et mains propres ! ». Dans le pot de confiture, les mains, oui, oui et bien plongées et pour plus d’un million d’euros grugés à l’Europe sur fonds publics. La Marine va y avoir droit et faut pas qu’elle pleurniche au complot, elle ne peut s’en prendre qu’à elle même. Quand il y a recel d’un délit par quelqu’un, comme cela vient d’être retenu contre sa chef de cabinet pour son emploi fictif escroqué au Parlement européen, cela veut dire qu’il y a eu quelqu’un d’autre qui a commis ledit délit. Et là c’est la Marine qui s’y colle. Ce n’est pas un complot, c’est du droit pénal de base.

Mais neuneu, y pige que dalle, comme chez Trump au fond ! Donc y gobe le complot contre sa bienaimée[4]. Et la Marine, si elle croit que parce que ça marche avec neuneu d’expliquer qu’elle fait la guerre à l’Europe (donc qu’elle lui pique du pognon autant qu’elle peut), je lui conseille devant les juges une autre stratégie de défense. Déjà qu’elle a avoué… Elle va y avoir droit. Comme on ne veut pas faire deux poids deux mesures entre Fillon et elle et qu’on ne veut pas de gibier de potence comme candidats, que les juges les sortent du jeu. Comme Cahuzac en son temps, dégagez les escrocs !

Mais, quoi qu’il en soit, le FN, on va se le niquer une fois de plus et bien comme il faut. Oui, oui « niquer », car ici on ne dédiabolise pas. Et c’est en plus un jeunot, un quasi novice, qui va s’en charger avec l’aide d’un vieux palois, le Bayrou, le vieil humaniste catho mais avec la vertu et la probité républicaines en prime. En cinq minutes, le Bayrou, il plie Fillon et MLP[5]. Trop fort papy.

Indécrottables donc, tous à droite et à gauche ! Oh que oui. Mais c’est nous qui avons la merde aux semelles. Leurs querelles d’égo ou de chapelles partisanes on s’en fiche.

Nous on se soucie ici du pays et de ses habitants, de leur avenir, qu’il ne faut laisser ni aux dépeceurs forcenés des systèmes sociaux, ni aux bas de plafond du repli. Impératif catégorique : pas question que le peuple crève pendant que chez bobo et consorts on campe dans les beaux quartiers sur de belles idées d’ultra gauche. Pas question une seconde, pas question une seule nanoseconde !

Alors ? Eh ben on va prendre Macron, car c’est clair maintenant, très clair même.  Il n’y aura rien d’autre à jouer pour éviter une droite très conne ou l’infamie de son extrême. Et, on va même prendre dès le premier tour pour ne prendre aucun risque. On ne restera pas à la maison, on ne votera même pas blanc alors même, on l’a déjà dit dans un Edito récent, que notre ligne politique, républicaine, laïque et sociale, est orpheline d’un candidat qui la porte. Donc, même sans conviction, on va choisir Macron et on appelle à suivre cet exemple*. Et en masse !

Oui, c’est ça, on va le faire. Et ça va le faire si vous faites pareil, c’est sûr !

 

 

Texte de l’Edito en fichier joint : edito-2mars

*D’ailleurs sur le programme du candidat Macron publié le même jour que cet Edito, vu les premières critiques sur les dépenses non chiffrées ou non financées, on peut penser à un bon vieux programme social démocrate (voir à cet égard : http://www.huffingtonpost.fr/2017/03/02/sur-les-60-milliards-deconomies-annoncees-par-emmanuel-macron/?utm_hp_ref=fr-homepage).

 

Notes de bas de pages

[1] Il s’en prend à l’institution judiciaire sur la base de mensonges grossiers : http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/03/01/une-defense-en-cinq-mensonges_1552647?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot Il nous fait ainsi regretter d’avoir dans un billet précédent acté certains points de ses critiques car on a l’impression d’avoir défendu le diable… L’appel à la manif littéralement anti juges de dimanche prochain est une ignominie sans nom ; il n’y a qu’un seul voyou dans cette affaire, il s’appelle Fillon ; souhaitons que le droite républicaine se reprenne très vite et éjecte ce type de notre paysage politique…  

Voir aussi l’article signalé par l’ami Bruno :http://blogs.mediapart.fr/francois-saint-pierre/blog/010317/denoncer-un-gouvernement-des-juges-c-est-un-contresens-historique-0?utm_source=global&utm_medium=social&utm_campaign=SharingApp&xtor=CS3-5

et aussi http://www.lemonde.fr/affaire-penelope-fillon/article/2017/03/02/pierre-rosanvallon-les-propos-de-francois-fillon-marquent-un-tournant-populiste-dans-la-campagne-presidentielle_5088104_5070021.html

[2] Revenu universel, stratégie de réorientation de l’Europe, etc. puisque la vocation de la gauche sociale démocrate n’est pas que de gérer le pays et son économie, elle se doit aussi d’offrir des perspectives et des ambitions de réussite sociale et de préservation des valeurs de la République

[3] Mélenchon joue sciemment, contre la réalité des rapports de force politiques, une rupture suicidaire sur l’Europe et sur l’économie ; il nous rejoue le « Tsipras » d’il y a quatre ans alors que le vrai, même lui, a compris… un seul mot nous vient à l’esprit la bêtise et la dégueulasserie puisqu’il privilégie ses idées, au demeurant idiotes et dangereuses, sur l’intérêt général du pays et de l’immense majorité de son peuple qui appelle à parer aux dangers que représentent la purge fillonesque ou l’infamie Front National

[4] Il y a quelques années, la cheffe de file frontiste fustigeait en termes définitifs la condamnation d’Alain Juppé pour emplois fictifs à la mairie de Paris, ainsi que les affaires qui touchaient la droite classique. Elle s’insurgeait contre l’idée que ces mises en cause puissent perturber le débat électoral. « C’est l’argent des Français », disait-elle, on doit en parler, même pendant une élection. Aujourd’hui, elle voue les juges aux gémonies parce qu’ils osent accuser le FN en pleine campagne électorale

[5] Un vrai homme d’Etat quand il annonce, quoi qu’il lui en coûte, qu’il n’ira pas pour ne pas ajouter de la division à la division et qu’il s’allie avec Macron