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Ne comptons que sur nous…

Notre article récent commis avec les amis Jean et Bruno sur les propos étonnants de notre Président de la République, dont DECODA a eu la primeur ici même (https://francoisbraize.wordpress.com), a été repris sur de nombreux médias et sites :

Faites le vous aussi connaître !
En effet, nous apprenons que E. Macron aurait différé « sine die » son discours attendu sur la laïcité…. preuve qu’il y a un souci avec lui sur ce sujet.
Après le président des riches, encore à démentir, le président des curés…
On est beau en ce début 2018. Et le Jeunot a du boulot.
Il va donc falloir en 2018 redoubler d’énergie et ne pas lâcher le morceau, ni même rester bêtement l’arme au pied, en laissant le champ libre, sans même parler des xénophobes et autres racistes, au lobby des confessions, aux bobos communautarisés en forme de laïcité béante…
et autres engeances médiatiques qui font le lit du FN tout en se plaignant de sa progression et en redoutant, ou faisant semblant de redouter, son accès au pouvoir…
Ne comptons que sur nous !
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Laïcité, République et société… Il y aurait une intruse ?

 

Monsieur le Président, et si c’était parce que notre société a fait le choix d’être laïque que la République l’est ?

Par François Braize, Jean Petrilli et Bruno Bertrand

Article publié par Marianne : https://www.marianne.net/debattons/forum/republique-societe-laicite-il-y-aurait-une-intruse

 

Les médias et réseaux sociaux se sont fait largement l’écho des propos du Président de la République qui aurait parlé de risque de radicalisation de la laïcité ainsi que de notre société (et de sa population) qui ne serait pas laïque, au contraire de notre République. Propos obligeamment rapportés par les représentants des cultes à la suite d’une réunion qu’il a tenue avec ceux-ci et, dernièrement, suite à ses vœux aux cultes le 4 janvier.

Il est pour le moins étonnant, à l’heure où des innocents sont menacés et tués par des barbares religieux islamistes, de parler, de risque de « radicalisation de la laïcité » à propos de républicains sincères qui eux n’ont tué personne. Puisque le président ne visait pas les racistes ou les xénophobes qui instrumentalisent la laïcité, les mots peuvent légitimement révolter.

Il faut dire que notre président n’en est pas à son coup d’essai. Lors de la commémoration des 500 ans de la Fédération protestante de France n’a-t-il pas dénié au politique et à une décision législative du corps social toute supériorité sur le religieux,  dès lors qu’un débat ne serait pas mûr[1]? Qui va juger du mûrissement suffisant ? Les cultes qui persisteront à s’y opposer comme pour le mariage pour tous ? Aurait-il eu le courage de Christiane Taubira et de François Hollande pour passer outre à leur hostilité de fait toujours aussi résolue ?[2] Lors de ses vœux aux cultes, il a redit être à leur écoute… Curieuse et dangereuse conception de la laïcité qui se dessine ainsi…

En fait, nous voyons bien mieux désormais le risque : les propos présidentiels commencent à dessiner une cohérence qui fait peur. Il faut que le président clarifie lui même les choses sans s’en remettre à des tiers et notre papier est d’abord une invite à son attention dans la perspective du discours toujours annoncé, et attendu, sur la laïcité. Il ne peut pas méconnaître la nature et la philosophie laïques de sa charge quelles que soient ses options philosophiques personnelles. Sinon pourquoi au fond ne pas avoir béni du goupillon proposé le cercueil de Jean-Philippe Smet lors de ses obsèques[3] et pourquoi s’être simplement incliné devant celui-ci ?

Mais notre papier entend aussi apporter une clarification des termes du débat. En effet, tel un déluge, approximations et contre-vérités se sont amoncelées opportunément au service de beaucoup d’arrières pensées et contre la raison. Les uns soutenant que, dans notre République, le degré d’exigence laïque à laquelle l’Etat est soumis s’étend, ou doit s’étendre, jusqu’à la société civile ; les autres déniant tout bonnement à cette dernière la qualité d’être laïque, à l’instar des propos prêtés à notre Président.

Tout cela est caricature inexacte. Il faut donc préciser ce qu’EST notre République[4] et, ce, jusque dans ses interactions indiscutables, dans la récursivité, avec la société civile.

D’abord, il faut le dire, ceux qui au motif de leur hostilité aux croyances religieuses[5] entendent appliquer à la société civile un régime de laïcité se rapprochant de celui imposé notamment à l’Etat (séparation, neutralité, etc.) pour brider les religions dans leur expression, ceux-là nous feraient sortir de notre système républicain qui est un régime de liberté de conscience et de liberté des cultes, ainsi que de liberté d’expression des opinions.

En effet, notre République laïque ne reconnaît pas les cultes, mais elle garantit leur libre exercice. Elle garantit aussi la libre expression de toutes les opinions, y compris les opinions religieuses[6]. Le degré très fort d’exigence laïque qui s’applique à l’Etat et aux autres personnes publiques ne s’applique donc pas à la société civile, ni aux personnes qui la composent. Il faut que cela soit très clair.

Mais, pour autant, il est tout aussi absurde de prétendre que la société n’est pas laïque. La société civile qui fait le choix d’une République laïque et de séparer le politique du religieux ne peut pas être « hors sol » au regard de la laïcité. Cette dernière est l’expression de son choix le plus fondamental par sa Constitution et constitue le terreau fertile de nos libertés, y compris celle de croire ou de ne pas croire. Les institutions politiques et toutes les législations et réglementations d’une telle société sont marquées par l’exigence laïque qui tient les cultes à distance du fonctionnement des premières et de la production des secondes[7].

Rappelons-nous l’article 2 de notre Constitution « La République est laïque, démocratique et sociale » et cela parce que notre société, notre corps social, a fait ce choix. Si la République est laïque, la société l’est donc aussi, et qui imaginerait soutenir que notre société pourrait être non démocratique alors que notre République l’est… Absurdité et sophisme, si ce n’est billevesées, que tout cela.

En outre, l’objectif d’émancipation citoyenne qui s’attache à une République laïque ne peut non plus manquer de produire sa marque sur une société civile qui n’est pas seulement le pré carré des intérêts privés, ni le champ de prospection des confessions pour y faire leur marché en toute liberté. Elles doivent aussi y rencontrer la laïcité comme garde-fou à leurs prétentions, notamment prosélytes. La société civile dans une République laïque porte donc la marque, l’empreinte de la laïcité. Sauf à vouloir prendre le risque de la livrer à nouveau aux appétits des cultes.

Si notre président a voulu dire que le degré d’exigence laïque qui s’applique à l’Etat et aux autres personnes publiques ne s’applique pas à la société civile, ce qui est une évidence, il ne lui fallait pas alors dire que la société n’EST pas laïque car ce n’est pas la même chose. Serait-ce un faux problème lié à une expression défaillante ?

Comme on a affaire à quelqu’un d’intelligent, qu’il y a désormais répétition et une forme d’entêtement, on ne peut que redouter que le faux problème masque une véritable difficulté… en attendant que vienne une vraie clarification satisfaisant aux principes de la laïcité à la française et non pas à l’anglo-saxonne, de type par exemple canadien.

Au final, réfléchissez-y bien Monsieur le Président, ne serait-ce pas pourtant au fond parce que notre société libre a fait le choix d’être laïque notamment en séparant le politique du religieux[8], que notre République l’est aussi et qu’elle s’est dotée d’un Etat qui l’est exemplairement par sa séparation d’avec les cultes et les options religieuses ?

Bref, comment pourrait-on encore maintenir sérieusement que « si la République est laïque, la société ne l’est pas »[9] ? Comme le rappelait Emile Littré, et ça vaut pour un corps social comme pour un individu, « Etre laïque c’est dénier aux religions qui passent le droit de gouverner l’Humanité qui dure ! ». La société qui se dote d’une République laïque ne peut donc que vouloir satisfaire à cette exigence et elle est bien, à son plus profond, laïque.

En effet, la République laïque n’est ni tombée du ciel, ni de ses cultes, notre société l’a choisie… Une société, comme un individu, EST, ainsi et avant tout, ce qu’elle choisit d’être[10]. Et c’est cela qui doit être défendu, en ne commençant pas par le nier.

 

Notes de bas de page

[1] Certaines de ses déclarations (non rapportées cette fois, mais extraites de son allocution aux responsables religieux réunis par la Fédération protestante de France pour les 500 ans de la Réforme), ont de quoi inquiéter en effet : « La manière que j’aurai de trancher ces débats ne sera pas de vous dire que la politique a une prééminence sur vous et qu’une loi pourrait trancher ou fermer un débat qui n’est pas mûr » a-t-il dit. Formulation très alambiquée, mais qui dit néanmoins que le politique (laïque), et le législateur lorsqu’il tranche (que peut-il faire d’autre de toute façon ?), ne sauraient avoir de prééminence sur l’opinion de nature religieuse.. Ce qui est stupéfiant s’agissant du chef de l’Etat, président d’une République laïque

[2] Que se passerait-il sur l’IVG s’il fallait légiférer ? Que va t-il se passer sur la bioéthique ?

[3] Ce qu’ont fait d’autres hommes et femmes politiques notamment de droite lors de ces obsèques, telle Valérie Pécresse présidente de région en fonction…

[4] Au point de vue philosophique, politique et juridique

[5] Hostilité qui peut apparaître légitime et juste à proportion de l’obscurantisme de ces dernières qui fait obstacle à l’émancipation des femmes et des hommes

[6] Avec l’exigence du respect de l’ordre public, défini par la loi, et des libertés d’autrui comme le rappelle la DDHC de 1789 dans son article 10

[7] Dans une République laïque, le droit religieux ne peut être l’outil de règlement des conflits sociaux individuels ou collectifs que ce soit par le droit canonique, la charia ou tout autre source religieuse et les tribunaux français rejettent cette option catégoriquement ; par exemple, le droit de la famille est celui de la République

[8] Comme le montre admirablement Elisabeth Badinter dans une interview récente donnée à Marianne : https://www.marianne.net/societe/elisabeth-badinter-en-france-dieu-ne-gouverne-pas-la-cite

[9] On peut dire avec Mezetulle que « la société n’est pas tenue de l’être » (laïque) au sens où elle peut faire le choix de ne plus l’être comme elle pourrait, selon nous, aussi faire le choix de ne plus être démocratique ; en attendant elle l’est (laïque et démocratique) ; voir à ce sujet :

http://www.mezetulle.fr/les-propos-sur-la-laicite-attribues-au-president-macron-sont-mal-ficeles/#comment-11237

[10] Comment pourrait-il en être autrement : si une telle société n’est pas laïque, que peut-elle être ? Un espace vide, neutre, un champ ouvert à tous les vents, même les plus mauvais ? Compte tenu des choix qu’elle a fait, elle ne peut être que ce qu’elle a choisi et le point de vue inverse est suspect a minima de vouloir dans l’intérêt des confessions borner la laïcité aux personnes publiques pour mieux leur ouvrir le champ sociétal

 

Retrouver l’article en format PDF en document média joint :Laïcité, République et société-6 janvier2018

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Ca part en brioche…

 

En cette fin d’année 2017, propice plutôt aux bûches, tout semble partir en brioche… Et avec le Jeunot en tête de gondole.

En effet, notre président s’égare en cantonnant la laïcité à la République pour, dans son esprit, en épargner la société selon des propos rapportés par le Figaro et Marianne. Comme si une société constitutionnellement organisée en République laïque pouvait être maintenue à l’écart de l’exigence laïque et être naturellement baignée, en quelque sorte, par l’emprise des cultes. Que deviennent nos valeurs fondamentales d’émancipation sans la laïcité qui les porte et qui ne se limite pas à la séparation des églises et de l’Etat ? Le Monde, en bon journal « bigot libéral », quant à lui se félicite, avec les cultes, du climat de confiance entre cultes et Président[1]. Les cultes eussent pu même être très heureux à moins…

L’honnêteté intellectuelle, lorsque l’on en a le souci, conduit à se méfier de propos rapportés, et on souhaite, ici, que le Président saisisse très vite la première occasion de préciser sa conception sans laisser le soin aux responsables des cultes, ou aux médias, de le faire à sa place. Mais, on observe que son expression, si elle venait à être confirmée, laisse le champ libre aux cultes sur l’espace sociétal. Et il se serait engagé aussi publiquement à les consulter et à les écouter. Où est donc passé, dans son esprit pourtant si complexe, le principe de non reconnaissance des cultes ? Peut-être qu’un peu de simplicité….

Il aurait osé aussi (pourquoi lésiner ?) s’inquiéter d’une « radicalisation de la laïcité », alors que nous sommes en guerre contre un radicalisme religieux exécrable[2]. Renversant. Va-t-il bientôt, avec Gérard Collomb[3], nous proposer des centres de déradicalisation pour les laïques ?

Comment a-t-il pu proférer une ânerie pareille devant les représentants des cultes qui le rapportent avec gourmandise, représentants qu’il recevait une fois de plus en leur donnant ainsi une reconnaissance à laquelle ils ne peuvent normalement prétendre en application de l’article 2 de la loi de 1905 ?

Il va falloir qu’il s’explique car cela commence à faire beaucoup. Comment, avec nos centaines de morts dus à la barbarie religieuse contemporaine, peut-on ainsi servir la soupe à ceux qui restent fondamentalement, quand ils ne sont pas nos ennemis, des adversaires du progrès et de l’émancipation des hommes et des femmes, notamment dans l’égalité entre des sexes disposant de leur corps ?

En même temps sur la Catalogne et ses dernières élections, tout comme sur la Corse auparavant, les médias s’enfoncent dans une bêtise rare en jouant le jeu des indépendantistes qu’ils présentent comme les grands vainqueurs alors qu’ils sont en fait toujours minoritaires en voix en Catalogne et emportent même deux sièges de moins qu’aux élections précédentes.

N’empêche, ils entonnent les trompettes de la soi-disant victoire des indépendantistes, quels que soient les risques et la bonne appréciation des enjeux. Bonjour les ânes.

D’urgence il nous faudrait des remèdes à ces imbécilités…

En effet, prenons un autre exemple, la guerre contre le terrorisme et la barbarie islamistes. En cette fin d’année de guerre, une de plus ne l’oubliez pas, en voie d’être gagnée par nos armes et nos soldats sur quelques uns des terrains de nos ennemis, il ne faut pas se tromper dans l’analyse.

En effet, la victoire militaire contre l’Etat islamique au Levant ou ses diverticules, déjà acquise au Mali, en Irak et en voie de l’être sous peu en Syrie ne vide pas le litige qui est comme un abcès au plus profond des chairs du monde contemporain… Cet abcès se dénomme « islam radical » qui veut éliminer ce qui lui est contraire : le pluralisme, la tolérance, la régulation par le droit, l’égalité des hommes et des femmes, etc. Comme l’a jugé la Cour Européenne des Droits de l’Homme, ne l’oublions pas, l’islam radical est contraire à nos valeurs démocratiques et à nos principes fondamentaux et ne peut donc revendiquer leur protection… Alors, nous sommes dans notre bon droit à mener ce combat idéologique et aucune mansuétude n’est à attendre de véritables républicains.

Mais l’abcès islam radical perdure et poursuit son entreprise avec d’autant plus de facilité qu’on ignore celle-ci ou qu’on fait semblant pour beaucoup de ne pas la voir, voire à l’excuser, quand ce n’est pas pour d’autres à l’aimer dès lors qu’elle est portée par des opprimés.

Engoncés dans les schémas idéologiques d’un XXème siècle qui a eu, outre les horreurs idéologiques qu’il a portées, la stupidité d’annoncer que son successeur serait religieux ou ne serait pas, les médias, les milieux intellectuels, l’université, les clubs, « Think tank » et autres syndicats, sans même parler des salons bobo où l’on cause doctement, à Paris ou en Province, ne comprennent pas grand chose aux tenants et aboutissants de ce qui se joue… ou bien ne veulent pas voir. Parfois même, l’horreur islamique devient chez certains exclusivement un objet de science sociale, pour s’interroger à n’en plus finir sur ses causes. Eût-on consenti cet avantage à l’ennemi nazi et à ses zélateurs dans nos rangs ? Non.

Une autre partie du pays pendant ce temps, tout à ses haines des arabes et des immigrés, bref de tous ceux qui « ne sont pas comme nous », se complait dans le repli, dans des solutions honteuses au regard de nos valeurs démocratiques et de nos principes fondamentaux. Pour écarter ceux qui veulent abattre nos valeurs, ils y renoncent eux mêmes… comme de vulgaires islamistes au fond.

Islamistes et xénophobes, les deux mâchoires d’une tenaille imbécile… Aidés par tous leurs idiots utiles, de Médiapart ou d’ailleurs.

Face à ces imbécilités, seule l’intelligence peut être salvatrice. Mais, quelle peut être encore sa place dans un monde qui n’est plus fait que de « COM » pour les médias faiseurs d’opinion, et d’idéologie pour les militants de toutes les causes qui colonisent espaces de communication et réseaux sociaux…

Alors dans tout ça, face à tout ça, que faire ? Un seul salut : faire le pari de l’intelligence et aller la traquer partout où  l’on peut la trouver, et puis la faire connaître, la diffuser large.

Il est un blog, MEZETULLE de Catherine Kintzler,  qui s’emploie à nous livrer ces tenants et ces aboutissants, sans relâche, sans concession, dans l’intelligence et la lucidité. Avec toute la complexité que cela requiert, sans prendre ses lecteurs pour des crétins incapables d’un empan de plus de trois mots. Bref, en faisant le pari fou de l’intelligence. C’est cela que DECODA, avant même les premières lueurs de l’aube de 2018, entend ici saluer par son apostrophe amicale.

Pour vous en convaincre s’il en est encore besoin, allez voir les dossiers de MEZETULLE, et, même, vautrez vous-y, vous n’en sortirez que meilleurs :

http://www.mezetulle.fr/religion-violence-dossier/

http://www.mezetulle.fr/identite-liberte-non-appartenance/

y compris appliqué à un domaine qui nous est cher, le sport :

http://www.mezetulle.fr/comment-lislamisme-a-perverti-lolympisme-lu-par-fewzi-benhabib/

En mettant en exergue, pour conclure, un passage emprunté au texte de Jean-Pierre Castel dans le dossier « Religion-violence » (sur le blog Mezetulle) qui dénonce la mystification « number one » sur l’islamisme :

« Le terrorisme islamiste : guerre de religion ?

Du pape aux imams et à nombre d’auteurs politiques, le terrorisme islamiste actuel n’aurait rien à voir avec la religion, mais tout avec la politique, le pétrole, le chômage,  la détresse des banlieues :

  • Pape François : « Il ne s’agit pas d’une guerre de religion [car] toutes les religions veulent la paix, […] mais d’intérêt, d’argent, d’accès aux ressources naturelles, de domination des peuples ».
  • Tareq Oubrou, imam de Bordeaux « Ce radicalisme est le résultat d’un échec d’intégration par le scolaire et le travail, d’une démission des parents et d’un manque d’affection à cause de l’effritement des liens familiaux. […] Aujourd’hui, c’est l’organisation État islamique, demain ces jeunes pourraient adhérer à une autre fausse cause tant qu’elle s’inscrit contre leur société ».
  • Norbert Trenkle : « L’islamisme ne peut pas être expliqué à partir de la religion ».
  • Georges Corm : « Les actions terroristes n’ont pas d’idéologie, sinon un nihilisme mortifère […] Parler de “jihad” dans le cas des opérations terroristes est une aberration ».
  • Albert Henni : « Que ce soit en Serbie, en Israël ou en Syrie, les textes religieux ne servent que de caution à la liquidation des indésirables. Ils n’expliquent rien. »

80% des victimes du terrorisme islamiste sont pourtant des musulmans ; c’est l’ensemble du monde musulman, du Maroc à l’Indonésie, qui est pris dans cette violence, toujours revendiquée au nom de telle ou telle interprétation de l’islam ; l’Occident n’est qu’une cible seconde. L’intégrisme islamiste n’est d’ailleurs pas un phénomène récent, mais s’inscrit dans une longue tradition initiée au IXe siècle par Ibn Hanbal (780-855) et au XIVe siècle Ibn Taymiyya1 (1263 – 1328).

Al-Qaïda, Daech, Boko Haram, etc., ne veulent pas seulement venger les humiliations de la colonisation, récupérer la Palestine, contrôler des puits de pétrole, dominer et exploiter un territoire : ils veulent surtout installer leur théocratie sur un espace le plus vaste possible. « Dieu est notre but, le Messager est notre chef, le Coran est notre constitution, le Jihad est notre méthode. Mourir pour Dieu est notre désir le plus cher », rappelle la charte du Hamas.

Il s’agit d’un totalitarisme religieux, qui entend imposer la souveraineté d’Allah, faire régner la sharia, « rendre à la religion sa place de fondement de l’organisation collective », où le sujet ne sera plus un individu engagé par un contrat social avec la société, mais un élément pris dans une appartenance à une communauté religieuse, où les lois ne sont plus élaborées par les hommes, mais dictées par Allah. Les islamistes veulent éradiquer toute forme de « mécréance » : d’abord les conceptions plus ouvertes de l’islam, puis toutes les valeurs occidentales, comme la laïcité, la démocratie, l’égalité des sexes, la liberté de mœurs, etc.

Postuler que c’est la misère sociale ou psychologique qui crée les djihadistes, c’est confondre les conditions qui créent les mercenaires avec la cause qui les enrôle. Il est vrai que pour nombre de djihadistes, le terrorisme vient satisfaire une frustration ou une pulsion de violence qui n’avait à l’origine rien de religieux. Ces djihadistes n’en sont pas moins engagés dans une guerre de religion, au même titre qu’un mercenaire participe de fait à la guerre de l’armée qui l’a enrôlé. La cause des islamistes, c’est le rétablissement de « la vraie religion »… »

On ajoutera que l’expansion de l’islam ne s’opère pas que par les armes et la violence. Elle emprunte toutes les voies qui s’ouvrent, même pacifiques ou simplement prosélytes, comme d’autres confessions. Ce qui est particulier cependant à l’islam radical est la confusion du religieux et du politique comme projet idéologique global et son expression totalitaire achevée la charria, la loi islamique[4], qui doit s’étendre progressivement mais résolument sur le monde. On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas que ce qui s’étale sous nos yeux est le résultat d’une stratégie islamique délibérée à l’échelle de la planète.

Que MEZETULLE soit donc loué.e pour ses apports à l’intelligence collective ….

Et que vive 2018 ! Avec mes meilleurs voeux.

 

Notes de bas de page

Le texte du billet en document média joint : Ca part en briocheVD

[1] https://www.marianne.net/politique/face-aux-representants-des-religions-emmanuel-macron-s-inquiete-d-une-radicalisation-de-la

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/12/21/97001-20171221FILWWW00309-macron-vigilant-face-au-risque-de-radicalisation-de-la-laicite-cultes-religieux.php

http://www.lemonde.fr/religions/article/2017/12/22/climat-de-confiance-entre-macron-et-les-representants-religieux_5233273_1653130.html

A noter que le Monde, en bon journal « bigot libéral » ne dit pas un mot de la radicalisation de la laïcité dont aurait parlé le Président alors que les deux autres organes de presse la souligne

[2] Sans pour autant désigner les racistes du FN qui s’habillent en laïques mais en visant des républicains sincères comme Manuel Valls, entre autres

[3] Si l’on souhaite connaître les positions de Collomb sur la laïcité, c’est la soumission aux cultes et une laïcité dévoyée qu’il représente, voir notre article dans SLATE à cet égard : http://www.slate.fr/tribune/80729/laicite-lyon

[4] Voir à cet égard le sort réservé aux athées en pays musulman, même Le Monde semble s’en émouvoir (Document média joint : L_athéismeenpaysmusulman)

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DECODA(NA)GES n°60 – 15 décembre 2017

JOYEUX NOEL ET MES MEILLEURS VOEUX POUR 2018 !!!

 

Et voilà un beau clap de fin, et non pas un clip de fan, avec ce n°60 en cinq ans.

Il fallait bien que ça arrive et j’explique pourquoi dans l’Edito de ce dernier numéro du billet mensuel de DECODA.

Mais le blog va continuer, pas d’inquiétude. Sans billet mensuel, c’est tout.

Voilà profitez bien, c’est le dernier ! Belle lecture,

En un ou deux colonnes :

DECODA(NA)GES n°60 – 1C

DECODA(NA)GES n°60 – 2C

 

ou en texte d’accès direct ci-après :

SOMMAIRE du n°60 et dernier

Edito                                                                          

Un beau matin fatigué…

Thème du mois                                                

MEDIAPART contre CHARLIE

Dernière(s) minute(s)                                          

  • DAECH au tapis, le califat éradiqué, mais… chut
  • Gilles Clavreul, prix de la laïcité 2017
  • Une approche territoriale renouvelée
  • La Cour de cassation se fiche le voile dans l’œil

Les nouvelles des fronts bébêtes                 

La Corse en bonne voie ?

Chiffres clés                                                   

Les chiffres qui tuent…

266

Le crétin du mois                                              

Gégé Filochard

La P’tite Biblio                                                                        

Giacomo Todeschini

 

Texte intégral du n°60

Edito

Un beau matin fatigué…[1]

Il fallait que cela arrive : je suspends après ce numéro 60 et cinq années pleines – putain, cinq ans – la publication du billet mensuel de DECODA. J’arrête, parce que plus envie. C’est dit.

Ca me pesait grave, vous ne pouvez même pas imaginer. Malgré le succès qui ne se dément pas avec ses 250 abonnés, ses dizaines de milliers de vues sur le Net dans près de 40 pays (eh oui !) et plus d’un millier de pages noircies depuis 2012… Grosse fatigue…

N’essayez pas une grève, surtout pas de la faim et encore moins de la soif, vous perdriez votre temps. N’adhérez pas à la « FI », hein ? Ca ne changerait rien… Même à « En marche »… Rien n’y fera !

Vous ne pouvez pas savoir la corvée qu’est devenu le devoir de sortir dix pages (ou plus, ou moins) à date convenue et de remplir mes huit ou dix rubriques obligées et, ça, chaque mois…[2] J’ai l’impression d’aller au bureau et ça ce n’est pas possible ! Pas ça, Stop !

En plus, l’indignation, les coups de gueule, les coups de cœur, s’articulent mal avec une périodicité à date fixe et peinent à se ranger en huit ou dix rubriques, de « l’Edito » à la « P’tite Biblio » en passant par le bonheur du « Crétin du mois », même entouré de toute l’affection de sa centaine de lauréat.e.s sur cinq ans.

Les pains, les parpaings, je veux pouvoir les distribuer par tous temps, dès qu’il le faut, à la minute où il le faut, sans attendre le 10 ou le 15 du mois. Dans ce monde, il n’y a plus que l’immédiat qui peut peser et je ne veux pas seulement pisser dans un violon…

Donc exit DECODA mensuel, on fait une pause, on arrête la publication rythmée comme la lune. On reverra ça plus tard, qui sait ? Peut être qu’on y reviendra lorsque la matière le justifiera pour de grands sujets de fond, un numéro de temps en temps comme un cadeau, mais plus selon une périodicité fixe. Sinon, ça devient la marguerite effeuillée dans le pot au feu du bon Brassens.

Du même coup je libère de sa besogne mensuelle mon admirable Comité de publication qui fut héroïque à relire sans faiblir mes élucubrations. Mais ne vous réjouissez-vous pas trop mes cher(e)s[3], y aura encore les billets à se coltiner ! Et souvent dans des délais encore plus brefs, mais en plus succinct que les numéros mensuels, ça c’est sûr. Promis.

Chers abonnés, de votre côté non plus, pas d’affolement pour l’heure, ou de joie excessive à cette mise en extinction du mensuel, les « Billets » impromptus vont fleurir et ils ne seront pas doux. Ils vont fleurir sans contrainte comme au printemps les mille fleurs ! On continuera aussi, bien sûr, les Brèv’vertes du bon Lucas. L’enjeu « Planète » est là et bien là, il ne faut donc pas mollir. Vous allez pouvoir continuer à vous en régaler. Tous ces futurs Billets sortiront du bois comme les « bourre-pif » du Lino des Tontons Flingueurs pour les cons lorsqu’ils ouvrent leur porte ou leur gueule, comme Blier, sans s’y attendre.

Et puis, après tout, les billets impromptus constituent les plus beaux succès d’audience de ce blog avec le record du millier de vues sur le Net au printemps dernier pour « La Blonde, la brute et le truand ». D’autant, en même temps dirait notre Jeunot, que l’audience du billet mensuel devient un peu poussive. Comme si vous vous emmerdiez vous aussi. On jurerait que, comme moi, vous fatiguez. Alors, qu’est ce qu’on attend pour être heureux ?

Un tout petit peu triste certes, mais quand même : enfin libre, bordel !

Joyeux Noël !

 

Thème du mois

MEDIAPART contre CHARLIE

Il n’y a pas d’entre deux !

Un combat dantesque oppose deux canards et leurs rédacteurs en chef : CHARLIE/MEDIAPART, RISS/PLENEL. Tout le monde s’en mêle, chacun avec ses petites ou grandes arrières pensées, ses options idéologiques et personne ne peut prétendre arbitrer ou décider entre les deux, ni même appeler les combattants à cesser le combat au nom, par exemple, d’une appartenance commune à la gauche. Pourtant beaucoup le font. Risibles.

En effet, ce combat est essentiel et tout ce que l’on peut suggérer ici c’est que ce n’est surtout pas d’un compromis dont on a besoin, mais d’un beau combat idéologique, bien mené, argument contre argument. Pour cela nul besoin d’injures, mais pourquoi pas des caricatures même cruelles et injustes. Pourquoi devrait-on mieux traiter MEDIAPART et Plénel en caricatures que Mahomet ? Surtout quand on est CHARLIE. CHARLIE déconne et il est drôle, MEDIAPART est sérieux et il est triste, et assez con au fond.

DECODA fera donc comme les autres avec ses idées mais sans prétendre à une objectivité fondant une capacité d’arbitrage qui ne serait qu’une mystification. Juste dans la clarté et l’honnêteté intellectuelle en disant les faits, ses choix et les valeurs sur lesquelles il se fonde.

Un combat où tous les coups sont permis et qui est né, allahu akbar, par la bite de notre bon frère Tariq. Résumé des épisodes précédents. Frère Tariq se fait prendre la main dans quelques petites culottes  qui s’en sont plaintes et CHARLIE, notre cher CHARLIE, se régale en mettant l’oiseau en « UNE » le pantalon déformé par le soi-disant VIème pilier de l’islam, la quéquette du susnommé. Excellent, non ?

Au lieu de se marrer derrière sa moustache et de fermer sa gueule compte tenu du soutien quasi indéfectible apporté à Ramadan qu’il a sans cesse légitimé sans jamais chercher à savoir la vérité alors que le monde médiatique bruissait de rumeurs, Plénel/MEDIAPART enfourche sa vaillante monture prénommée « Indignation » et monte au créneau pour fustiger ceux qui, ainsi s’attaquent comme toujours, aux pauvres opprimés musulmans contre lesquels CHARLIE et quelques autres (Valls par exemple) mèneraient une guerre.

Non mais vous vous rendez compte de l’ineptie et de l’horreur ? Un quasi appel au meurtre, pour des tas de fadas qui s’en sont régalés sur les réseaux sociaux, contre les gens de CHARLIE qui ont été il n’y a pas trois ans encore massacrés.

Les pauvres musulmans que notre République maltraite tous autant qu’ils sont, n’est-ce pas ? Demandez donc à des musulmans laïques, à des Bidar, Sifaoui, Guirouz et quelques autres, ce qu’ils en pensent, eux menacés de mort, lâchés par nos fameux sociologues de l’oppression amis de MEDIAPART et d’une confession rétrograde.

Ces idiots utiles de l’islamisme se sentent obligés de ne pas laisser quelqu’un s’attaquer à frère Tariq. Tellement il est « aimable » le Tariq. Comme si les musulmans devaient assumer les déviances de ce malade et se sentir solidaires des errements de sa libido détraquée, boostée par son mépris des femmes et son idéologie totalitaire de frère musulman.

CHARLIE donc ne se démonte pas et publie une « UNE » rigolarde qui cloue MEDIAPART dont le rédac chef et ses moustaches légendaires sont caricaturés selon l’iconographie chinoise du fameux « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire », ses bacchantes faisant office de mains des trois singes du proverbe devant les yeux, sur les oreilles et sur la bouche…

Bref, CHARLIE laisse entendre que MEDIAPART n’a pas voulu voir, ni entendre, et encore moins dire, ce qu’il aurait pu savoir s’il n’avait été « autiste ». Qu’au fond il privilégie frère Tariq et les musulmans aux victimes de celui-ci, les femmes abusées par ce triste salaud. Lui si prompt, dans d’autres domaines, à enquêter tous azimuts sur toutes les injustices avec quelques roquets, tel le bon Arfi, qui ne lâchent jamais les basques qu’ils empoignent[4]. Quelle étrange mansuétude !

Dans ce combat qui oppose ainsi CHARLIE à MEDIAPART certains à gauche prétendent jouer aux petits Ponce Pilate en invitant tout le monde au calme et à la raison. En vrac : Laurent Neneu Joffrin de Libé[5],  l’éditorialiste lambda de service du Monde, quelques ouailles de Macron et de la REM et tutti quanti… Tous aussi laïquement vertébrés que des mollusques.

Sur ce sujet en effet, Médiapart n’a pas le monopole de la tartufferie comme le montre si bien Caroline Fourest dans Marianne. Lisez la, elle est lumineuse dans son analyse (Voir document média joint « Tartufferies médiatiques » – Tartuferies médiatiques-).

Il n’y a guère que des républicains sincères comme elle, E. Badinter, Valls et quelques musulmans laïques indéfectibles qui soutiennent CHARLIE dans ce combat. On a vite fait le tour…

En effet, pour ne pas risquer de vomir, je laisse évidemment de côté tous les ânes et salauds estampillés FN qui habillent leur haine des arabes d’une conviction laïque bien commode mais de pure opportunité. Et je laisse à sa mouise la droite dure, parée du label « LR » désormais derrière l’anorak rouge venu du Puy et de la Manifpourtous, qui a la laïcité sélective puisqu’elle ne s’étend surtout pas jusqu’à l’exclusion des crèches des locaux des services publics.

Les deux aujourd’hui, FN et LR, lorsqu’ils ne sont pas racistes, défendent en fait par une laïcité instrumentalisée, l’occident chrétien, la chrétienté. Au fond, leur combat ne vaut pas mieux ontologiquement que celui d’un intégriste salafiste, il est même tout pareil.

Nous ici, avec CHARLIE, on défend les valeurs de la République qui sont en effet occidentales mais on n’a pas besoin du petit Jésus pour ça ni de sa clique ecclésiale qui ont toujours été un obstacle à l’émancipation des femmes et des hommes. L’islam aujourd’hui essaie de le faire à son tour et dans le mode régressif. On ne laissera pas faire.

Et puis sur quel « entre deux » au juste conviendrait-on d’un cessez-le-feu entre CHARLIE et MEDIAPART ? Quelle position médiane imaginer qui ne soit pas une nouvelle abdication… On a l’impression d’avoir déjà beaucoup lâché sur les principes dans ce pays afin de ne pas désespérer les nouveaux opprimés[6]. Donc pas de cessez-le-feu, mais « Allumer le feu », au contraire, comme aurait pu le crier notre bon Johnny. Le feu idéologique et sans faiblesse !

Donc rien. Rien de rien. Que la guerre ait lieu et jusqu’au bout : on a à combattre un totalitarisme idéologique exécrable qui ne doit bénéficier d’aucun ménagement et, ce, qui que ce soit que l’on peine. Comme il eût fallu combattre le nazisme en son temps avant qu’il ne fût trop tard. Pensons au cortège des millions de morts que la lâcheté munichoise (avec le soutien actif d’une bonne partie de la gauche) a coûté….

Evidemment, il ne s’agit pas que du terrorisme contre lequel tout le monde s’accordera à la nécessité de la lutte. Là n’est pas au fond le sujet. Le vrai sujet, le seul, est une confession, l’islam politique et sa doxa intégriste qui portent une barbarie antidémocratique et qui doivent être combattus et éradiqués. Pour l’heure, cet islam avance ses pions partout où il le peut dans certains quartiers comme dans un ventre mou et certains, non contents de lui faciliter la tâche, crient à l’islamophobie dès qu’un républicain sincère se dresse contre cette entreprise immonde qu’on n’aurait admise, à gauche, d’aucune autre confession.

Soyons clair. Il ne s’agit pas des musulmans, individus libres qui comme les autres citoyens par chez nous peuvent croire, ou ne pas croire, et, en même temps, être républicains. Il s’agit d’une religion qui est éminemment critiquable compte tenu de sa nature ou de celle que lui donnent certains de ses fidèles[7].

Il n’y a donc pas, et en rien, à se ranger avec « Moustaches » derrière les musulmans et interdire que l’on critique leur confession pour les ménager au motif qu’ils sont les nouveaux opprimés. Dans ce combat on est « Pour » ou « Contre » cet islam exécrable. Sans milieu possible.

Plénel et toute une partie de la gauche se trompent donc aussi dans l’intelligence basique de la situation car, selon que l’on est « Pour » ou « Contre » cet islam contraire à nos valeurs et principes démocratiques, on n’est pas pour autant « Pour «  ou « Contre » les musulmans.

Trop facile et trop con à la fois : que fait-il ce triste sire des musulmans qui sont « Contre » cet islam et le critiquent aussi vertement que CHARLIE et au risque de leur vie, eux, en combattant tous les Ramadan qui profitent des indulgences de tous les « Plénel » du monde. Ils sont eux aussi « islamophobes » ?

MEDIAPART contre CHARLIE : il ne peut donc y avoir d’entre deux…

Le combat idéologique est à mort et MEDIAPART a choisi son camp, celui de l’obscurantisme et toute une partie de la gauche avec lui. Nous aussi on a choisi.

On est avec CHARLIE et avec la République (lisez à cet égard le beau credo de Laurent Bouvet sur la République, ça fait du bien[8]) et on est contre tous ceux qui s’égarent avec leurs misérables convictions, ou leurs tristes postures électoralement ou médiatiquement opportunistes. Définitivement et résolument !

 

Dernières minutes…

1) DAECH au tapis, le califat éradiqué au Levant, mais chut… l’Irak a reconquis l’intégralité de son territoire

Promesse tenue ! Un seul regret, que trop aient pu s’échapper pour aller semer leur haine ailleurs ou bien puissent revenir chez nous faute que nous ayons pu les déchoir de la nationalité française ni même avoir pu leur appliquer une quelconque indignité nationale. Chez les crétins mous du bulbe que nous sommes collectivement devenus on peut prendre les armes contre son pays et ses soldats, comme on choisit sa tablette à l’Apple store, sans plus de conséquences.

On a niqué DAECH, mais chut faut pas trop le dire on va encore peiner MEDIAPART et tous ses amis !

Vous avez noté la facilité avec laquelle les médias ont peu fait de cas de cette victoire militaire éclatante contre la barbarie?

 

2) Gilles Clavreul, ancien délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, un haut fonctionnaire sans peur et sans reproche distingué du prix de la laïcité 2017

Plénel devrait lire son discours plein d’enseignements[9]. Et si on le lisait dans les écoles ? Cela ferait peut-être même pas de mal à certains profs et instits qui ont tout oublié vu l’état dans lequel ils mettent les jeunes consciences….

Mais, ça m’étonnerait, la Macronie vient de le débarquer, alors que JL Bianco[10] est resté lui…

 

3) Nos cadres mentaux sont dépassés sur l’approche des territoires

Comme le montre une équipe de géographes nos visions sont trop figées par des bornes et des frontières, comme d’un ancien monde, et il faudrait savoir penser la fluidité du réel et des échanges que favorisent les mobilités locales ou plus larges et, bien sûr, le numérique. A défaut de quoi on passe à côté des dynamiques[11].

Pour une excellente synthèse de cette nouvelle approche vivifiante voir :

http://www.lemonde.fr/smart-cities/article/2017/11/16/une-nouvelle-lecture-des-dynamiques-territoriales_5215709_4811534.html

 

4) La Cour de cassation, dans la foulée de la CJUE, se fiche le voile dans l’œil…[12]

Comme il fallait le craindre la multiplication des compétences juridictionnelles traitant d’un même sujet ne produit que du désordre. On en a parlé dans un billet précédent (voir notre Billet d’Actu qui pressentait le pire : https://francoisbraize.wordpress.com/messieurs-les-barbus-la-cour/).

L’arrêt de la CJUE, saisie par notre Cour de cassation pour interpréter la portée d’une directive européenne de 2000 tendant à promouvoir l’égalité en matière de travail, conduit cette dernière à prendre une décision à la gomme d’un point de vue laïque. Elle n’avait qu’à pas poser la question à la CJUE, direz-vous à juste raison ? Rien ne l’y obligeait en effet. Mais dès lors qu’elle l’a fait, elle avait malgré tout le droit d’être courageuse et de ne pas se comporter en toutou bien servile de la CJUE. Surtout qu’elle aurait pu s’appuyer pour ce faire sur la convention européenne sur les droits fondamentaux et son article 9.2.

En effet, la Cour de cassation, tout en prenant bonne note de l’arrêt de la CJUE, aurait pu prendre une décision plus proche des positions de la CEDH plus ferme manifestement que la CJUE sur les signes religieux ostensibles (Voir la décision récente CEDH, Dakir contre Belgique commentée dans un récent numéro de DECODA).

Que nenni ! Notre juridiction suprême de l’ordre judiciaire emboite le pas de la CJUE et donne une lecture restrictive des dispositions du code du travail applicables à un litige né en 2008 qui autorisait déjà les entreprises à réglementer par leur règlement intérieur le port de signes religieux, philosophiques, politiques ou autres, en leur sein.

Aux termes de cette décision récente de cassation, seules les personnes en contact avec le public ou la clientèle peuvent se voir interdire le port de signes religieux ostensibles tel le voile islamique… La Cour de cassation semble ainsi, en dépassant le jugement du cas d’espèce par un considérant de principe sur lequel elle communique, avoir une lecture du droit plus étroite que celle formulée par la CEDH. Bref, un désastre.

Manifestement, elle se tape comme de la guigne de la disposition du code du travail introduite par la loi du 8 août 2016, dite loi El Khomri. Cette disposition ouvre une possibilité d’interdire les signes ostensibles en entreprise au delà du seul cas des salariés en relation avec public et clients. Aujourd’hui cette nouvelle loi autorise des interdictions plus larges dans l’entreprise dès lors que de telles restrictions sont conformes à l’article 9.2 de la Convention européenne des droits de l’Homme. L’arrêt de la cour de cassation ne serait donc que le vestige d’interprétation de dispositions qui n’existent plus, celles applicables à un litige né en 2008. Mais les commentateurs n’en disent rien et font comme si c’était désormais le droit applicable, erga omnes.

En conséquence, l’arrêt de la Cour de cassation est soit un arrêt dépassé par les évolutions législatives récentes et ne juge qu’une situation de droit passée, soit, il a une durabilité au delà des dispositions qu’il a interprétées et que vient traduire le principe posé par la Cour.

Il est alors un scandale qui doit être dénoncé et combattu pour obtenir un revirement ou complément à cette jurisprudence à la première occasion. Dans les deux cas, il n’introduit que de la confusion et conduit les commentateurs à se fourvoyer. J’espère bien que Saint Yves nous en a gardé !

 

Les nouvelles des fronts bébêtes        

Sont toujours des nouvelles d’effroi…

La Corse en bonne voie de « catalanisation » ?

Environ un quart des électeurs corses[13] se sont prononcés pour l’autonomie ou l’indépendance et J.G. Talamoni, le Puigdemont du pauvre (c’est dire), s’emballe et parle de raz-de-marée nationaliste.

Tous les médias continentaux lui emboitent le pas, après avoir servi la soupe aux mystificateurs catalans et finalement avoir dû manger leur chapeau en quelques jours une fois les conneries pliées par une droite espagnole qui en a dans le calcif.

« Raz-de-marée », « triomphe » (à un quart des suffrages…), et on en passe. Sans arrêt les mêmes sornettes, l’avide de sensationnel, même sur France Inter ou sur France Culture. C’est dire où l’on en est rendu.

Alors qu’il ne s’agit que ce soit en Espagne, en France ou ailleurs, que de nationalisme et de déconstruction des Etats vers le bas, vers les roitelets locaux et une sorte de tribalisme moderne. Alors également que c’est par le haut, le supra national et la régulation mondiale qu’il faut dépasser les limites des Etats[14]. Les intérêts économiques mondialisés et financiarisés peuvent sabrer le champagne, le poil à gratter catalan ou corse les fait doucement rigoler. Mieux ils en redemandent. Les peuples sont assez cons au fond doivent-ils se dire… Peut-on vraiment les détrumper ?

Là, pour la Corse, je vous le dis il ne s’agit pas de l’opérette catalane et il pourra y avoir des morts. Ils ont déjà tué un préfet de la République de sang froid et dans le dos. Les Corses, c’est comme ça depuis toujours à ce que l’on dit. Alors oui, améliorons encore l’autonomie, mais la voie de l’indépendance pour permettre à des Talamachin ou des Siméonchose de jouer au roitelet, au chef d’Etat ? C’est non.

 

Chiffres clés

Les chiffres qui tuent… 

266

Le nombre de concerts de Johnny à l’Olympia, respect.

 

Le crétin du mois….

Filochard, Gégé de son p’tit nom… autrement dit Gérard Filoche.

Incroyable dérapage, il va en prendre plein la musette le Filochard pour son dérapage antisémite sur tweeter.

http://www.huffingtonpost.fr/2017/11/21/gerard-filoche-exclu-du-ps-apres-son-tweet-antisemite_a_23284533/?utm_hp_ref=fr-homepage

Filochard viré du PS pour ce retweet antisémite… Il va pouvoir rejoindre les Obono et autres racialisés de la France Insoumise dont il partageait déjà les idées de vrais marxistes attardés…

Mais en même temps il nous rend service par une belle leçon de droit sans le faire exprès :

https://brunodondero.com/2017/11/23/apprendre-le-droit-avec-gerard-filoche-le-retweet/

Eh oui, quand ce n’est pas humoristique, comme ici dans ces colonnes, le droit de l’injure et de la diffamation de la loi sur la presse, qui date de 1881 et qui a connu d‘autres évolutions technologiques, s’appliquent sur le Net qui n’est pas un espace de non droit…

Au fond, merci Gérard !

 

La P’tite Biblio

 De Giacomo Todeschini,

« Les Marchands et le Temple », chez Albin Michel, collection « L’évolution de l’humanité », sous la préface enthousiaste de Thomas Piketty. Enfin traduit en français 15 ans après sa sortie en Italie, ce grand ouvrage tord le cou à toutes les idées convenues en histoire économique selon lesquelles les 10 siècles du Moyen-âge chrétien, ennemi de l’argent, n’auraient pas connu de pensée économique car celle-ci ne pouvait éclore que dans le monde sécularisé que permit la Réforme. Ben voyons.

Il démontre au contraire que les processus économiques ont été au cœur de la pensée médiévale et que des liens étroits unirent, dans les sociétés médiévales, religion et économie, richesse matérielle et spiritualité. Mais comment a-t-on pu croire qu’il en fut autrement ? Seule un pensée mystifiée par la paresse intellectuelle a pu produire chez la plupart des intellectuels et universitaires, aveuglés par les atours de nouveauté de la Réforme, un tel résultat.

Vous verrez ils nous referont le coup dans l’autre sens, cette fois avec l‘islam anticapitaliste… Je vous le disais, les religions pervertissent tout.

 

Notes de bas de pages

[1] D’après le bon Souchon :

« Tu verras bien qu’un beau matin fatigué

J’irai m’asseoir sur le trottoir d’à côté,

Tu verras bien qu’il n’y aura pas que moi

Assis par terre comme ça… »

[2] Sortir un papier argumenté et qui se veut de qualité prend du temps ! Ce travail devrait être fait par des gens dont c’est le métier, à temps plein et avc des moyens autres que ceux d’une personnes seule. Le billet mensuel de DECODA a existé parce que ce type de publication n’existe que très peu dans l’ensemble du paysage médiatique

[3] A., A., M., J.M. et L. en vous remerciant par vos seules initiales pour préserver votre anonymat et votre sécurité d’avoir mensuellement ainsi lié votre sort à mon billet !

[4] D’ailleurs c’est bien Arfi et Médiapart qui ne lâchant rien viennent de flinguer un journaliste de France Inter, Patrice Bertin, pour harcèlement sexuel, au terme d’une longue enquête sans concession… allez Edwy même effort pour Ramadan ou un de ses condisciples, ce serait bien le diable si vous n’arriviez pas à un dégoter un pour faire vos preuves …

[5] Joffrin qui dans un de ses billets récents vient d’affirmer que le voile ne pouvait être interdit aux accompagnatrices de sorties scolaires, contrairement à ce que veut faire Blanquer, car il n’est pas interdit dans l’espace public… Et à l’école il faut peut être aussi le rétablir ? On ne peut pas être plus stupide…

[6] Voir notre article dans le magazine SLATE, indépassable, http://www.slate.fr/tribune/80101/laicite-loi-1905-peau-de-chagrin

[7] Relisez donc à cet égard les analyses de Gildas Richard sur la nature de l’islam et de sa violence intrinsèque comme si la dernière née des trois religions monothéistes avait, comme dans une sorte de paroxysme indépassable, parachevé le travail des deux précédentes, passablement violentes aussi dans certains des passages de leur Livre mais ayant su à l’époque moderne sauf exception minoritaire dépasser cette nature (voir Document média joint –  Gildas Richard – L_esprit de l_islam et la violence– qu’on ne se lasse pas de lire et de découvrir progressivement toute la richesse d’un texte difficile)

[8] Vous savez sans doute pour quels motifs puisque vous connaissez votre petit DECODA sur le bout des doigts, mais si vous voulez récapituler ces motifs, lisez la récente profession de foi de Laurent Bouvet dans laquelle on se retrouve complètement (Voir en Document Média joint – La République aujourd_hui) et que l’on pourra même publier en billet spécial en début d’année 2018 avec nos vœux tant il y dit tout ce qu’il faudrait que la partie de la gauche qui trahit la République se souvienne…

[9] https://medium.com/@printempsrepublicain/discours-gilles-clavreul-prixlaicite2017740dae72994a

[10] Le légendaire président de l’Observatoire aveugle de la laïcité qui est plus souvent avec le CCIF qu’avec les laïques exigeants

[11] Un exemple, mais il y en aurait mille autres, le cas du Nord Isère oublié par Grenoble et qui se tournerait vers d’autres métropoles (Lyon ou même la Savoie), ce que l’organisation administrative territoriale ne facilite absolument pas bien au contraire

[12]Le blog de Miche Huyette, qu’on aime pourtant bien, en rend compte objectivement de manière correcte mais sans aucun esprit critique : http://www.huyette.net/2017/11/le-port-d-un-voile-islamique-en-entreprise-et-ses-limites-le-mode-d-emploi-de-la-cour-de-cassation.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

[13] Un électeur corse sur deux a voté, tant au premier qu’au second tour des élections pour la Collectivité territoriale unique, et sur ces 50% les autonomistes alliés aux indépendantistes comme la carpe se marie avec le lapin ont représentés 56% des voix au second tour, donc moins d’un quart des électeurs, soit en divisant bestialement par deux un huitième chacun pour les indépendantistes d’un côté et les autonomistes de l’autre… un raz-de-marée ? Où ça ?

[14] Même si, conformément au point précédent (point 3), il faut aussi tenir compte des dynamiques de développement local 

 

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Brèv’vertes de Lucas, n°15

Brèv’vertes

Cette rubrique souhaite apporter de l’eau (ou ce qu’il en reste) au moulin des informations traitées en une ligne dans les bandeaux des chaînes continues. Comprendre les liens entre les mobilisations locales et les actions internationales, entre les idées géniales et les absurdités, entre les phénomènes climatiques isolés et l’avenir de la planète, tel est l’objectif de ces « brèv’vertes ».

  • Panser l’avenir, ou comment organiser notre survie.

Quinzième numéro des Brèv’vertes, et quinzième article à essayer de décomplexifier une intuition persistante depuis quelques années… En regardant un peu en arrière, a-t-on pris le temps d’expliquer le titre de la rubrique des Brèv’vertes que vous retrouvez sur Décoda ? Après d’intenses réflexions, nous avions opté pour « Sauvons la planète ? » : question laissée en suspens pour qui choisirait de lire ou de ne pas lire. Un point d’interrogation comme symbole de liberté, on n’y avait pas pensé mais ça aurait de la gueule ! Cette question englobait toutes les interrogations que l’on pouvait se poser sur notre potentialité et notre capacité d’action. Pouvons-nous sauver la planète ? Comment la sauver ? Est-ce à nous de la sauver ? La planète a-t-elle besoin d’être sauvée ? Pourquoi devons-nous sauver la planète ? Depuis maintenant un peu moins de deux ans, peu de réponses ont pu être apportées, si ce n’est des réponses appelant encore davantage d’interrogations… Et pourtant, une littérature abondante, une actualité débordante et une activité stupéfiante nous ont permis de continuer à écrire, à tenter de décortiquer et de présenter des faits, et de les intégrer dans une réflexion pertinente, à partir de cette intuition indicible et peut-être imbécile.

Mais tandis que l’actualité aurait amené à parler d’insignifiance, d’une COP23 invisible, d’une remise en cause des Accords de Paris sur le climat par les Etats-Unis, des phénomènes climatiques extrêmes et j’en passe, peut-être avons nous récemment réussi à verbaliser cette intuition, à l’appuyer, à la légitimer. De vifs échanges professionnels et la lecture d’un ouvrage pourraient-ils réussir cette prouesse ? C’est en tout cas une des (nombreuses) émotions qui m’ont traversé en lisant l’étude de Pablo Servigne et de Raphaël Stevens, publié sous le titre suivant : « Comment tout peut s’effondrer » (sans point d’interrogation donc…) ; et sous-titré « petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes« . Sans avoir la prétention de synthétiser leur travail, fruit de centaines de collaborations, de dizaines d’années de recherche et d’une restitution aussi fluide qu’un revers de Federer, on peut aisément dire qu’il s’agit d’un tournant, qui nous amène à reposer nos constats.

La « science » de l’effondrement qu’ils développent, ou plus justement nommé « collapsologie », consiste selon eux en « l’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle, et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition, et sur des travaux scientifiques reconnus« . Avant de courir se calfeutrer et préparer nos rations de survie, il faut avant tout aborder leurs hypothèses dans un processus scientifique, dans lequel les mots ont un sens qui n’est pas forcément en lien avec leur usage commun. Effondrement, catastrophe, crise sont des notions forcément négatives dans une discussion classique. Mais en reprenant leur étymologie, il s’agit seulement et surtout de la fin d’un cycle ou d’un système ! Nos systèmes (industriels, financiers, environnementaux) sont en effet à bout de souffle, et la prouesse de ces « collapsologues » est d’identifier un faisceau d’indices pouvant laisser penser à un évènement similaire approchant. La spécificité de nos systèmes nous oblige à anticiper leur fin, mais surtout notre responsabilité, notre rôle et notre impact dans l’accompagnement de cette fin et la reconstruction du système qui lui succédera. Difficile de ne pas tomber dans le pessimisme après ça ! Et pourtant, ce qu’ils avancent n’a rien d’utopique, au contraire, puisqu’ils permettent de nous représenter les différents chemins que nous empruntons ou voulons emprunter.

Nous savons que nous ne maintiendrons pas le réchauffement climatique en-dessous des 2°C (voire même des 4°C). Nous savons que les ressources sur lesquels reposent nos systèmes énergétiques vont s’épuiser. Nous savons que l’activité humaine (nos modes de production, de consommation, de transport…) détruit et appauvrit la biodiversité. Nous savons que nous ne pourrons pas revenir en arrière dans ces systèmes interdépendants et interconnectés. Mais nous ne savons pas vers quoi nous allons, et nous ne savons pas comment nous représenter cet effondrement : ni quand il arrivera, ni sa violence, ni sa durée, ni son point de départ (s’il n’a pas déjà commencé…). Et si cette intuition c’était cela ? A ce stade, il est difficile de se faire un avis définitif, je suis d’ailleurs moi-même en pleine réflexion sur cette représentation, à qui j’accorde le mérite d’être véritablement crédible, mais surtout indispensable dans la démarche d’action que nous devons construire collectivement. Prendre conscience de l’effondrement, c’est prendre conscience de notre pouvoir d’action ! Un pouvoir d’action pour tendre vers des systèmes résilients, locaux, autonomes contre la poursuite d’un aveuglement de recherche systématique de progrès, de croissance, d’innovation. Des initiatives fleurissent localement partout dans le monde dans un esprit de « transition », tandis que les systèmes dominants restent enfermés dans une boucle autodestructrice (CETA, glyphosate, dette publique…).

Il n’est pas convenable d’avoir la prétention de vouloir sauver la planète, et il en est de même pour son contrôle. Mais nous pouvons opter pour des gestes insignifiants individuellement, mais terriblement puissants à l’échelle collective, en redonnant du sens à ce que nous mangeons, à ce que nous produisons, à la manière dont nous travaillons, dont nous nous déplaçons, dont nous échangeons avec les personnes autour de nous. Le monde ne s’est pas fait en un jour, ni en sept, mais en combien de temps notre monde peut-il s’effondrer ?

 

« L’optimisme est dans l’action ! », fondateur des Brèv’vertes.

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Le Maire de Ploërmel a les lobes qui pendent…

Après une fausse manoeuvre qui m’a fait publier hier un brouillon non terminé… quelle honte !

Voici donc, avec mille excuses, le bébé fin prêt à être dégusté.

 

Le Maire de Ploërmel aurait donc les lobes qui pendent…

Et évidemment, non pas sur l’air des lampions, mais sur celui du curé de Camaret….

Souvenez vous, DECODA n°59 « Des nouvelles du Front bébête » et cette affaire inénarrable de la statue de JP2 sur la place de Ploërmel.

Souvenez vous du maire de la commune de Ploërmel qui au JT du service public s’insurge contre le récent arrêt du Conseil d’Etat qui lui enjoint d’enlever la croix qui trône sur cette foutue statue et annonce, chafouin, qu’il va faire passer au domaine privé de la commune la dite place pour être peinard avec la laïcité et maintenir là où elle est sa statue adorée…

Souvenez vous de l’émotion qui s’empare de l’ami J.M. Dubout Dumonde face à cette ignominie manifeste et sa question,  sous forme de commentaire  adressée à DECODA,  que je reproduis ci-dessous car vous ne l’avez peut-être pas vue :

« Conseil d’état et Loi de 1905, suite : Stupeur ce soir au 20h de FR2 (…) ! Le maire de Ploërmel nous annonce sans vergogne et avec un sourire entendu qu’il envisage de privatiser la place en question ! C’est un pur détournement de la loi non ? DECODA peut-il nous donner son avis sur la faisabilité ? J’avoue ne pas disposer de la compétence pour le savoir ni même pour le chercher.
Merci. »

Pour répondre à la question de l’ami JMDD, il faut se remémorer quelques points du droit de la domanialité publique. Juste ça.

Ce couillon de bonnet rouge de bénitier a donc soutenu devant les caméras et micros du service public qu’il allait transférer la place du village de Ploërmel où se dresse son étron papal au domaine privé de la commune, ce qui pour cet âne lui permettrait, de jure, de ne pas être soumis aux principes de la laïcité.

Outre que les micros et caméras du SP sont des connes puisqu’elles (1)  n’ont, bien sûr, rien trouvé à redire à cette stupidité crasse, le maire en question est un double crétin, ce qui en fait – oh miracle de la multiplication des « pains » selon Saint DECODA (2) –  une triple buse qui n’a pu être élue que par des ânes de première : démonstration en deux couches.

1) Première couche

L’appartenance d’un bien au domaine public ou au domaine privé d’une personne publique, fut-elle une commune bretonne, ne dépend pas seulement du bon plaisir de son édile débile.

L’appartenance au domaine public résulte soit de l’affectation du bien à l’usage du public, soit de son affectation à une activité de service public.

Deux exemples : d’un côté une place publique à Ploërmel, comme ailleurs, est affectée à l’usage du public qui y circule librement à pied, à cheval ou en voiture, de l’autre le bâtiment d’une école primaire publique à Ploërmel, comme ailleurs, est affecté au service public scolaire municipal.

La première, la place publique, ne dépend pas seulement, pour son affectation, d’une décision du maire mais au premier chef de l’usage du public (comme un état de fait), le second, le bâtiment de l’école primaire, en revanche dépend de la décision de la commune d’y situer l’activité de service public que constitue l’école primaire.

En conséquence, s’il suffit par décision de la commune de déménager l’école dans un autre local pour pouvoir déclasser l’ancien bâtiment de l’école du domaine public au domaine privé de la commune (et par exemple pouvoir ainsi aliéner le bâtiment), cela ne marche pas comme ça pour une place publique affectée à l’usage du public et à sa circulation libre.

Sur une telle place le maire peut exercer ses pouvoirs de police, ceux de la voirie routière si ladite place relève de la voirie municipale, mais certainement pas de décider de la transférer du domaine public au domaine privé de la commune, quel que soit son objectif, en décidant, sans tenir compte de l’usage réel du public, qu’elle n’est plus l’affectée à l’usage du public.

En effet, la règle est que lorsqu’un bien n’est plus affecté à un service public ou à l’usage direct du public, il ne relève plus du domaine public à compter de l’intervention de l’acte administratif constatant son déclassement (article L. 2141-1 du CG3P). Ainsi, la sortie d’un bien du domaine public communal est conditionnée, d’une part, par une désaffection matérielle du bien et, d’autre part, par une délibération de la commune constatant cette désaffectation et portant déclassement du bien. Le maire et son conseil municipal n’ont qu’un pouvoir de constatation pas de création de la désaffectation matérielle, c’est à dire de l’usage effectif du public.

Si la commune de Ploërmel venait à violer ces règles, il appartiendrait au préfet de s’y opposer devant le juge au titre de son pouvoir de contrôle de la légalité des actes  de la commune  et à tout citoyen de saisir le juge si le préfet s’avérait défaillant, ce qu’on n’ose imaginer…

Un premier lobe cervical de notre pauvre maire semble, donc, pendre lamentablement… (3)

2) Deuxième couche 

Même en admettant, par impossible, que la commune de Ploëmel puisse désaffecter la place publique, lieu de l’érection de JP2, du domaine public communal, où son maire a-t-il vu que les principes de la loi de 1905 ne s’appliquent pas au domaine privé de la commune ? A moins qu’il veuille vendre la place du village ?

Drôle de conception, pas très immaculée celle-là !

La loi de 1905, ni aucun autre texte de notre système juridique depuis notre Constitution qui, tout en haut, qualifie toute notre République de laïque, jusqu’au, tout en bas, plus simple arrêté ministériel, ne dispense le domaine privé des personnes publiques du respect des principes de la laïcité.

Mais peut-être que le grand Neuneu 1er de Ploërmel ignore, dans sa splendeur, tout cela ? Peut-être aussi a-t-il déjà mis des crucifix aux intérieurs des bâtiments qui relèvent du domaine privé de la commune, qui sait ? Peut-être même dans son bureau de maire…

Si vous cherchiez encore la preuve de la crétinerie, vous l’avez.

Le second lobe cervical de notre pauvre homme pend donc tout aussi lamentablement que le premier…(4)

 

 

Petite Note qui n’a rien à voir me dit CHARLIE…

En ce 13 novembre qui attriste mais décuple les convictions, à propos du sixième pilier de l’islam, notre bon frère Tariq, écoutez donc notre Caroline nationale et admirez donc son courage face aux barbares :

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/tariq-ramadan-charlie-hebdo-est-dans-son-role-caroline-fourest-1000721.html

 

 

Note de bas de page

(1) Eh oui, DECODA, applique ici, en matière d’accords grammaticaux, la règle de la proximité, comme Racine avant lui, et non pas celle, qui depuis le XIXème siècle, fait primer le masculin sur le féminin…

(2) Des « pains » comme les bourre-pifs de Lino Ventura dans les Tontons Flingueurs

(3) Comme une vieille burne me souffle DECODA, en bon adepte du gros dégueulasse de Reiser…

(4) CHARLIE ta gueule ! Là ce serait du réchauffé…

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DECODA(NA)GES n°59 – 5 novembre 2017

Numéro archivé  (rubrique « Archives », sous rubrique « numéros antérieurs »)

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Stop au voilement des fillettes !

Stop ou encore ?

Si ce n’est pas déjà fait, signez et diffusez largement autour de vous la pétition de Michèle Vianès, présidente de « Regards de Femmes », contre le voilement des fillettes.

https://www.change.org/p/10345766/u/21820477?utm_medium=email&utm_source=petition_update&utm_campaign=170156&sfmc_tk=wlG0PJzi1QHzMkMJFHzdwumyM7Qhq72Z%2fL4tlV3rZ4bN7HR8%2fP6iTOsVtFQnPqWA&j=170156&sfmc_sub=145390987&l=32_HTML&u=31779104&mid=7259882&jb=2

 

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Voile islamique : la CEDH enfonce les clous !

Article archivé en rubrique « Billets d’Actu »

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Brèv’Vertes n°14

Brèv’vertes n°14 archivées en rubrique « Sauvons la planète ? »

 

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