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« Mezetulle » passe la deuxième couche !

 

« MEZETULLE »,

le blog de Catherine Kintzler, philosophe de son état, publie mon article de démystification idéologique sur dépenses publiques/dépenses privées et PIB.

Qu’elle soit remerciée de donner ainsi à ce papier une bien plus grande audience, même si cela me vaudra peut-être quelques lecteurs critiques, voire très critiques, mais c’est normal c’est le débat !

 

Dépenses publiques, dépenses privées, PIB : sortir de la confusion

 

 

Et une pensée pour Nicole et Alvaro, deux amis partis au coeur de l’été…

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Dépenses publiques et dépenses privées sont dans un bateau…

Et c’est le P.I.B. !

Le débat fait rage entre économistes libéraux et  « économistes atterrés » sur la question du montant  de nos dépenses publiques  et de la part du PIB que cela représente[1].

Quelques définitions préalables s’imposent pour bien appréhender les termes de ce débat

 Définitions : 

a) Pour une excellente définition du PIB et très ludique dans sa présentation  voir : https://www.insee.fr/fr/information/2549709

Le Produit intérieur brut ou P.I.B. est défini comme étant la somme des valeurs ajoutées réalisées à l’intérieur d’un pays par l’ensemble des branches d’activité (auxquelles on ajoute la TVA et les droits de douane), pour une période donnée, indépendamment de la nationalité des entreprises qui s’y trouvent. L’utilisation de la valeur ajoutée permet d’éviter que la même production ne soit prise en compte plus d’une fois, puisque dans son calcul on retire la valeur des biens consommés pour la production. Le Produit intérieur brut est constitué du Produit intérieur marchand (biens et services échangés) et du Produit intérieur brut non marchand (services fournis par les administrations publiques et privées à titre gratuit ou quasi gratuit). Ce dernier est, par convention, évalué à son coût de production. Le PIB est calculé à partir des valeurs ajoutées fournies par les entreprises et des comptes des administrations. 

Le produit intérieur brut recense donc à la fois la production marchande et la production non marchande, composée exclusivement de services. En France, le PIB non marchand est presque exclusivement le fait des administrations publiques (sécurité, justice, santé, enseignement, etc.). La part de la valeur ajoutée non marchande en France s’établit selon l’INSEE à 22,8 % en 2013 plaçant le pays en deuxième position derrière le Danemark et plus de 5 points plus haut que les autres grands pays européens Italie, Espagne, Allemagne avec respectivement 17,7 %, 17,6 % et 17,5 %. Sur une longue période, il apparaît que la ventilation entre les deux a été relativement stable, avec une légère augmentation de la part de la valeur ajoutée marchande.

b) La notion de « dépenses publiques » fait l’objet de discussions idéologiques sur son champ exact selon que les uns ou les autres y incluent ou pas les prestations, aides et allocations sociales (santé, vieillesse et chômage) ce qui est le cœur du débat et de notre sujet  ; en revanche la notion de « dépenses privées » est clairement définie, sans discussion idéologique, comme recouvrant les dépenses de consommation, de fonctionnement et d’investissement des acteurs privés ; elle peut se définir aussi par la négative, c’est à dire la part du PIB qui ne relève pas des dépenses publiques ; rappelons que le PIB c’est toute la valeur créée par une économie (marchande et non marchande) et donc tous les revenus qu’elle génère mais aussi toutes les dépenses ; il n’est donc pas absurde d’effectuer une telle déduction

Notre Président, qui n’en manque pas une, choisit une fois de plus sa jambe droite… On le cite, lors de ses derniers vœux le 31 décembre dernier :

« Nous dépensons en fonctionnement et en investissements pour notre sphère publique plus que la moitié de ce que nous produisons chaque année. » 

Appréciation inexacte, on le verra. E. Macron fait ainsi référence au montant de nos dépenses publiques rapporté au PIB, soit un ratio habituel avancé de 56,5 %.

Est ce à dire que le PIB  ayant vocation a retracer sur une année toutes les richesses créées par les services marchands et non marchands d’un pays donné, en l’occurrence la France, les « dépenses privées » n’en représenteraient plus que 43,5%  puisque les dépenses publiques s’élèveraient, elles, à 56 ,5 % ?

Paris aurait pris la suite de Moscou sans que l’on s’en aperçoive…

Les « économistes atterrés » ajoutent une couche au désordre ambiant en  soutenant, en réaction, que les dépenses privées  s’élèveraient, quant à elles, à    260 % du PIB tout à leur souhait sans doute de relativiser l’importance des dépenses publiques dans notre pays.

Comment se faire une opinion sérieuse  face à un bazar pareil où seule l’idéologie semble désormais servir de boussole ?  Une seule solution : ne faire confiance qu’à la logique et refuser tout enfumage.

On a déjà expérimenté la méthode sur des sujets proches de celui qui nous préoccupe aujourd’hui. Dans un article publié par le magazine SLATE il y a  déjà cinq ans (http://www.slate.fr/tribune/86431/dette-publique), article qui n’a pas pris une ride, j’avais montré comment l’idéologie libérale procède à l’enfumage des esprits sur la question de la dette publique[2]. Passons au nouveau front qui s’ouvre en employant les mêmes méthodes d’analyse…

D’un côté, les économistes libéraux nous disent que nos dépenses publiques (56,5 % du PIB, soit parmi les plus élevées au monde) sont trop lourdes, sous-entendant qu’il ne reste plus que     43,5 % de dépenses privées; qu’elles grèvent donc notre PIB au delà du raisonnable et socialisent à l’excès notre économie. Qu’il faut donc les réduire. Et de la sorte le fardeau fiscal (des entreprises et des plus aisés) pourra être allégé… CQFD.

On précisera donc d’abord le montant réel de dépenses publiques à prendre en compte pour sérieusement pouvoir le rapporter au PIB et identifier la part réelle de celui–ci « captée » ainsi en dépenses publiques.

D’un autre côté (les économistes atterrés), on nous dit que le calcul en part de PIB  pour les dépenses publiques (56,5 %) est idiot et que la méthode transposée aux dépenses privées aboutit à un montant représentant plus 260 % du PIB, ce qui est absurde nous disent les intéressés eux mêmes. Au total, nous dépenserions chaque année en dépenses publiques et privées plus de 316 % des richesses que nous créons…  Seraient-ils tous devenus fous ?

Pour contester l’approche des dépenses publiques en part de PIB nos amis atterrés prétendent appliquer la même méthode idiote aux dépenses privées.[3]  En quoi est-ce satisfaisant intellectuellement  d’appliquer une recette si elle est idiote ? Il faut donc tout reconsidérer dans une telle situation.

On regardera donc le montant réel des dépenses publiques et celui des dépenses privées à prendre en compte ou,  tout du moins, la méthode à utiliser pour être honnête intellectuellement lors d’une telle approche. Ce qui constituera déjà  un progrès…

Mais, avant, il faut effectuer un premier point de méthode.

De deux choses l’une :

  • ou bien « tout » n’est pas dans le PIB et alors le total dépenses publiques + dépenses privées peut lui être supérieur, voire même l’une des deux prise isolément[4];  la porte est dès lors ouverte à tous les délires idéologiques ;
  • ou bien, moins confortable car plus sérieux, il faut considérer que « tout » est nécessairement dans le PIB puisque ce dernier recouvre par définition toutes les richesses créées y compris non marchandes[5] ; dans cette hypothèse dépenses publiques et dépenses privées font nécessairement 100 % du PIB et pas un euro de plus et si ce n’est pas le cas, c’est que l’on s’est trompé dans leur calcul en  en prenant en compte certaines deux fois.

Pour ma part,  je considère que la somme des dépenses publiques et des dépenses privées sur une année ne peut être, par définition, supérieure au PIB. Comment pourrait-il en être autrement si le PIB, sans redondance de prises en compte des valeurs récapitule néanmoins tout le flux de richesse créée?  Flux annuel et flux annuel seulement que le PIB, mais tout le flux des richesses égal en outre, par définition selon les canons de l’économie la plus classique, à l’ensemble des revenus et à l’ensemble des dépenses des acteurs publics et privés, secteur marchand et non marchand compris.

Le calcul du PIB ne retient aucune redondance dans la prise en compte des montants de valeurs créées, notamment en ne prenant que la valeur ajoutée à chaque étape sans reprendre les consommations intermédiaires. Pour rapporter le PIB dans un ratio avec les dépenses (publiques ou privées),  il faut donc que l’appréciation du montant des dépenses  ne présente non plus aucune redondance de quelque nature que ce soit au sein des dépenses publiques ou des dépenses privées, ni entre elles. Sinon on fait un ratio avec des valeurs construites sans cohérence et au premier euro redondant, le plafond de 100 % sera dépassé … et l’idiotie patente atteinte.

Aucun euro de richesse créée et aucun euro de dépense publique ou privée ne doit donc être pris en compte deux fois. C’est bien  l’exigence intellectuelle requise et l’on comprend qu’elle ne satisfasse pas les idéologues et leurs petites manip. Hors de cette exigence de rigueur aucune honnêteté intellectuelle n’est garantie. On s’en gardera donc comme du diable pour échapper aux enfumages des uns et des autres ou à la bouillie de beaucoup d’autres.

Vous avez dit « Dépenses publiques » ?

Selon les économistes libéraux,  ces dépenses s’élèveraient en 2018 à presque 1 300 milliards d’euros annuels pour un PIB de 2 300 milliards d’euros. Qu’en est-il au juste ? Au plus juste même. Il faut entrer dans le détail de deux grandes masses de nature radicalement différente pour répondre à cette question.

1) Première masse :  il s’agit des dépenses annuelles des divers types de collectivités publiques (Etat et collectivités territoriales, communes, départements et régions) dont il suffit de prendre les budgets qui fixent le montant annuel des dépenses autorisées.

Soit, pour l’Etat, 340 milliards d’euros, et, pour les collectivités territoriales (CT), 214 milliards d’euros, soit au total 554 milliards d’euros.

Mais si l’on veut être sérieux dans l’analyse il faut sortir de ce chiffre de dépenses le montant des transferts entre ces collectivités, sinon on les compte deux fois : l’une, celle qui le verse, l’ayant inclus en dépenses dans son budget  et l’autre, celle qui le reçoit, le dépensant en dépense réelle ensuite et l’inscrivant donc aussi à son budget.   Il s’agira des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales qui apparaissent en dépenses au budget de l’Etat et ensuite, consommées par celles-ci, elles apparaissent de nouveau au budget de ces collectivités dans leurs dépenses.

Le montant des transferts de l’Etat aux CT  s’élève chaque année à 104 milliards d’euros. Il convient de déduire ces 104 milliards de transfert du montant des dépenses identifié ci-dessus, 554 milliards d’euros. On aboutit donc  à un montant total de 450 milliards d’euros pour ce premier chapitre des dépenses publiques.

2) Deuxième masse : il s’agit ensuite des dépenses des régimes sociaux qui s’élèvent annuellement à près de 750 milliards d’euros de prestations ou allocations servies ou payées aux personnes physiques tous régimes confondues (vieillesse, santé et chômage) et qui sont financées non pas par l’impôt mais par les cotisations des personnes physiques et morales.

L’approche libérale range ces dépenses dans les dépenses publiques au motif que ce sont des régimes à cotisations obligatoires (participant au montant des prélèvements dits obligatoires[6]) et un indicateur du degré de « socialisation » du pays.  C’est le seul motif de ce placement dans les dépenses publiques car pour le reste ces régimes sont soumis au droit privé et gérés par les partenaires sociaux, personnes privées. De surcroit, équivalent des prestations qui seraient versées par des assurances privées pour des prestations du même type contre d’autres cotisations, ces dépenses ne devraient pas figurer dans les dépenses publiques, ce qu’elles ne sont pas[7].

Si les prestations des régimes sociaux ne sont donc pas des dépenses publiques à proprement parler, ne les comptons pas comme telles lorsque nous cherchons à identifier la part de PIB consacrée aux dépenses publiques. Et ce n’est pas parce qu’elles sont effectivement un indicateur du  degré de socialisation que cela change quelque chose sur leur nature étrangère aux dépenses publiques. D’ailleurs, les sommes versées ou allouées sont prises en compte dans les dépenses privées de leurs bénéficiaires qui les dépensent plutôt qu’ils les épargnent  et sont donc déjà prises en compte par le PIB à ce titre.  Il ne faudrait pas qu’il y ait aussi des redondances entre dépenses publiques et dépenses privées ! Ce n’est donc que par un glissement regrettable qu’on a pu compter les dépenses des régimes sociaux  dans les dépenses publiques[8].

De la sorte,  seuls les 450 milliards de dépenses des personnes publiques financées pour cela par l’impôt sont de véritables dépenses publiques et pas les prestations et allocations des régimes sociaux. Soit ainsi environ 20 % du PIB et non pas 56,5 %.

Nous retrouvons avec cette méthode d‘analyse le montant identifié par l’INSEE pour le secteur non marchand des administrations publiques, soit une part d’environ 20 % du PIB, ce qui, assez sérieusement au regard des importances respectives des secteurs marchand et non marchand dans notre pays, semble mieux correspondre à la réalité de notre économie qui, chacun le sent bien, n’est pas une économie publique, ou socialisée, à hauteur de 56,5 % des richesses créées.

Vous avez dit « Dépenses privées » ?

Comme les  libéraux évaluent les dépenses publiques d’une manière que les économistes atterrés critiquent à juste titre, ces derniers déclarent en retour que les dépenses privées s’élèveraient ainsi à 260 % du PIB, soit 6 000 milliards d’euros[9] ! Il faut bien admettre, après vérifications approfondies, que les économistes atterrés ont  évalué les dépenses privées sans tenir compte de l’interdiction de redondance ce qui discrédite toute tentative de les rapporter au PIB par un ratio.  Une telle surenchère ne produit rien de sensé.

En réalité avec notre méthode, même sans être capable, du fait de la complexité des calculs, de faire le compte détaillé et fin de la réalité des dépenses privées sans redondance de prises en compte, nous pouvons trouver, en déduisant du PIB le montant des dépenses publiques évaluées sérieusement (454 milliards d’euros), le montant à peu près incontestable des dépenses privées.  On s’en tient ainsi, ajouté au montant des dépenses publiques, à 100% du PIB. Pas un euro de plus.  La logique intellectuelle est sauve.

Et le résultat semble tout a fait pertinent puisque l’on arrive à un montant annuel de dépenses privées de 1 846 milliards d’euros, soit à peu près 80 % de notre PIB ce qui intuitivement reflète mieux la réalité de notre économie qui, comme on l’a dit, n’est pas une économie publique à hauteur de 56 ,5 % de la richesse qu’elle crée. Quoi qu’en disent certains très intéressés par l’assertion contraire.

Cohérence en montants donc, mais cohérence dans le ratio aussi puisque on aboutit grosso modo à un rapport de 1 à 5 entre dépenses publiques et dépenses privées,  en cohérence avec les appréciations de l’INSEE sur la part en France de la valeur non marchande.  Comment pourrait-on avoir une part de valeur non marchande quantifiée en France autour de 20 % pour un montant de dépenses publiques de 56,5 % ?

*

Bref, il faut arrêter l’enfumage et les délires idéologiques sur « dépenses publiques » « dépenses privées »  et leur mise en rapport avec le PIB et tout ira mieux. Y  compris à l’Elysée. Non ?

 

 

 

 

 

Bibliographie et sources

A l’attention de tous mais aussi de notre président et de ses conseillers… qui croient, puisqu’ils le disent, que 56,5 % de la richesse nationale crée part « pour financer la sphère publique »…

https://www.insee.fr/fr/information/2549709

https://www.senat.fr/rap/r07-441/r07-441138.htmlhttps://www.oecd-ilibrary.org/docserver/factbook-2014-90-fr.pdf?expires=1565671381&id=id&accname=guest&checksum=3A697CC9E6E679B47484E3C2C4739617 

https://alaingrandjean.fr/2019/03/05/depenses-publiques/

https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-chez-les-economistes-atterres/20140507.RUE0109/calculee-comme-la-depense-publique-la-depense-privee-depasserait-200-du-pib.html 

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/infographie-cps.pdf

https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/finances-publiques/financement-collectivites-territoriales/essentiel/s-informer/depenses-collectivites-territoriales-0#.XVJqSy3pMb0

https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/actualites/2019/direction-budget-a-publie-edition-2019-budget-etat-vote-en-quelques-chiffres#.XVJqvy3pMb0https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/finances-publiques/financement-collectivites-territoriales/essentiel/fondamentaux/transferts-financiers-etat-en-faveur-collectivites-territoriales#.XVJrey3pMb0 

https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/finances-publiques/financement-collectivites-territoriales/essentiel/s-informer/impots-dotations-etat-emprunt-ressources-collectivites-territoriales-0#.XVJuIC3pMb0 

https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/theories-economiques/pib/

https://www.vie-publique.fr/focus/decrypter-actualite/produit-interieur-brut-pib.html

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/12/il-faut-se-mefier-des-discours-visant-a-reduire-la-depense-publique_5422255_3232.htmlhttp://reflexionsdactualite.unblog.fr/2019/01/14/ledito-eco-de-lud-le-scribouillard-021-les-depenses-publiques-de-macron/

http://ces.univ-paris1.fr/membre/ramaux/Pdf/1405D%E9pensePubPriv%E9eRue89.pdfhttps://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2019/01/06/macron-recale-a-l-epreuve-d-economie-du-bac-parler-de-la-part-des-depenses-dans-le-pib-est-une-ineptie

Et l’article très discutable de l’UFAL  qui a tout déclenché de mon envie de travailler sérieusement ce sujet  dans le prolongement de mes commentaires sur ce site :

https://www.ufal.org/billet-du-president/edito-crepuscule-de-la-democratie-la-laicite-lumiere-dans-la-nuit/

 

 

Texte du billet en format PDF : Dépenses publiques et dépenses privées sont dans un bateauVD

 

Notes de bas de pages

[1] Les analyses des uns et des autres figurent en rubrique « Bibliographie et sources » en fin de billet pour alléger un texte ardu 

[2] Enfumage libéral par les ratios employés pour la dette publique qui mettent en rapport, au mépris de l’honnêteté intellectuelle, du stock (la dette) et du flux (le PIB), et, de surcroit, du stock pluriannuel sur du flux annuel ! Enfumage aussi par la lamentation sur le sort des générations futures à cause du passif (la dette), sans prendre en compte les actifs publics laissés aux générations futures. Enfumage également par l’oubli soigneusement organisé dans les analyses du montant de la dette privée dans les pays à dette publique faible… Tout cela ressemble à un festival d’arnaques intellectuelles. Désolant… Tout a donc été dit sur la question de la dette et qui veut se mettre au clair honnêtement le peut

[3] En réalité ils n’appliquent pas la même méthode pour évaluer les dépenses privées que celle utilisée pour évaluer les dépenses publiques mais prennent en compte plusieurs fois les mêmes valeurs et incorporent ainsi au calcul des dépenses privées des dépenses que le calcul du PIB ne prend pas telles les consommations intermédiaires…

[4] Comme le soutiennent les économistes atterrés qui évaluent nos « dépenses privées » à 260 % du PIB… Si on admet la possibilité surprenante  pour les dépenses privées d’être plus importantes que le PIB en toute logique il faut en admettre la possibilité pour les dépenses publiques et, donc, admettre qu’un Etat puisse prélever plus de richesses que sa société n’en crée ! On mesure mieux ainsi le ridicule de l’assertion et la tare logique indépassable qui la frappe…

[5] Puisqu’aussi il est égal au revenu national (RN)

[6] Un régime obligatoire dont la cotisation l’est aussi ne constitue pas nécessairement une dépense publique, tel est le cas de l’assurance obligatoire automobile…

[7] La question est davantage discutable pour ce qu’on appelle les dépenses sociales non contributives financées par l’impôt et non pas par des cotisations (les aides sociales pour lesquelles d’ailleurs  on ne dépense pas un pognon de dingue), mais la question est marginale par rapport aux grandes masses financières dont il est question ici (quelques milliards sur des milliers). Inutile de polluer l’analyse dans le cadre d’un tel billet qui n’a pas vocation à l’exactitude et la complétude des chiffres.  La question a bien été vue mais laissée de côté délibérément   

[8] Au demeurant en redondance puisque ces dépenses sont prises par ailleurs en compte dans les dépenses privées ; cette redondance interdite pour le PIB rend faux tout ratio établi sur de telles bases pour les dépenses publiques

[9] Le montant des dépenses privées que  nous mettent les économistes atterrés sous les yeux n’est que le produit, on le redit, de la prise en compte de nombreuses redondances des mêmes valeurs dans les calculs jusqu’à y faire entrer, entre autres, les consommations intermédiaires qui ne sont pas dans le PIB lequel ne prend en compte comme on l’a dit que les valeurs ajoutées, ce que chaque économiste (même atterré) sait pertinemment… Les « économistes atterrés » se sont moqués comme d’une guigne de l’interdiction de prises en compte de valeurs redondantes qui doit s’attacher à tout ratio avec le PIB et ont donc pu, en prenant en compte plusieurs fois les mêmes valeurs, gonfler à satiété les dépenses privées ; tout  comme les économistes libéraux gonflent les dépenses publiques, en y mettant ce qui n’en relève pas telles certaines dépenses dites « contributives » puisque financées par des cotisations des acteurs privés et non par l’impôt 

Cette gonflette généralisée est une catastrophe intellectuelle industrielle et témoigne d’un monde du n’importe quoi qui n’a plus rien à voir, pour la « science » économique ainsi pratiquée, avec le registre scientifique…        

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