Archives de Catégorie: Edito

Edito

Edito du numéro 53 (10 février 2017)

Ma ligne… Qu’est ce qu’elle a ma ligne ?

La ligne politique que l’on défend ici, depuis le début, est la même, strictement la même. Il faut la rappeler dans ces temps de choix d’un avenir qui va tenir à nos bulletins de vote.

Une ligne progressiste qui passe tous les jours, sans faute, par « République », s’arrête à « Nation » et y musarde certes un peu, mais file dès qu’elle peut vers « Europe », notre horizon commun[1].

Car comment ne pas voir que la mondialisation est un fait déjà là, sous nos yeux, que les frontières n’arrêtent plus rien ou presque, si tant est qu’elles l’eussent jamais fait[2]. L’avenir humain est à l’échelle de la planète et non pas dans des confettis de pseudo puissances locales, au demeurant le plus souvent belliqueuses et à coup sûr seulement égoïstes. Pourquoi pas aussi, par nostalgie, revenir au tribalisme, ou aux féodalités ?

Non, que non, les protections pour l’homme et sa planète doivent s’élaborer et s’imposer au niveau universel et pas seulement dans un cadre national[3]. Pour que nos idées pèsent à un tel niveau, il nous faut une construction européenne intégrée. Soyons aussi intelligents que les intérêts financiers, que les marchés, que le monde numérique. Pensons à la bonne échelle. Les réponses ne doivent pas se situer derrière des barbelés, ou des lignes Maginot grotesques, dont la finance mondiale, les acteurs numérisés, comme les candidats à l’émigration contrainte, ou de convenance, ricanent « à qui mieux mieux ». Pauvres hères frontistes derrière vos barbelés et vos murs… regardez bien, ça passe de partout… Les capitaux, les services, les personnes et vous n’y pouvez rien !

Ma ligne politique ? Celle d’une France forte et juste qui montre à un monde encore dérégulé ce que sont la dignité sociale, les solidarités à préserver, ainsi que les principes et droits nouveaux à reconnaître à l’Homme et à la préservation du milieu dans lequel il vit[4]. A l’opposé, une France trumpisée, brexitée, lepénisée ou mélenchonisée, se replie et ne montre plus rien. Elle ne peut être la nôtre. On la laisse aux politiques neuneus qui affectionnent la France ainsi, mais au fond ne l’aiment pas.

Une ligne politique qui, sur le plan économique et social, passe par une économie de marché. Que ce soit bien clair car il n’y a pas de liberté politique sans liberté économique et sociale, mais une économie de marché régulée par un droit protecteur car elle ne doit pas être une jungle. Une ligne qui donne certes une place importante à la loi mais qui est aussi intelligemment décentralisée. Une ligne qui, en effet, donne toute leur place aux acteurs sociaux pour négocier eux mêmes, au plus près, sur certains sujets leur vie en entreprise : une ligne cédétiste, pas celle de la CGT, de FO ou de Hamon, les attardés scolaires, qui récusent toujours la loi du 8 août 2016 et ses droits nouveaux pour les travailleurs, droits individuels et collectifs[5].

Une ligne qui, sur les valeurs, ne participe pas à la béatification automatique de l’Autre, pour le plus grand profit de tous les prosélytismes culturel et religieux et alors même qu’on en sait certains de salement barbares, notamment pour la moitié féminine de l’Humanité. Au contraire, une ligne qui fait le choix fort et ferme de nos valeurs démocratiques et de nos principes fondamentaux et qui, les considérant comme les meilleurs pour le genre humain (ce qu’ils sont objectivement), les proposent, et au besoin les imposent, à ceux que nous accueillons. Condition de l’accueil : la loi de la République est au dessus de la loi religieuse qui est une affaire privée et les signes d’idéologies barbares ne sont pas admis en France. C’est simple, non ? Ce n’est même pas dit, tant beaucoup en doute ou n’osent pas le revendiquer par peur d’être taxés de racisme[6].

Générosité, ouverture et accueil conformément à nos engagements républicains et internationaux sur l’asile par exemple, mais dans une démarche d’intégration et pas de simple juxtaposition sans précepte, comme s’il n’y avait pas de valeurs locales autres que culpabilisantes. Foin du relativisme culturel vis-à-vis de ceux que nous accueillons. Relativisme à vomir, tant il est porteur de ce que la République exècre : le communautarisme qui, en quelque sorte de plein droit puisqu’on ne lui dit rien, peut ainsi défier nos valeurs et nos principes si l’envie lui en prend.

Il s’agit bien, soyons clair, de siffler la fermeture de l’auberge espagnole qui transforme les bistrots des quartiers en bistrot du bled, où les femmes sont interdites de séjour. C’est la condition pour que le peuple, qui sent bien les faiblesses et les rejette sans ménagement en s’engageant dans la marine, revienne par bataillons entiers de nouveau à la gauche. Une gauche non pas de bobos protégés, idiots utiles de l’islamisme, mais de républicains sincères, épris d’égalité et de toutes les solidarités les plus larges et universelles. Anti racistes, mais sans complaisance, ni faiblesse pour autant.

Cette ligne, personne ne la porte plus parmi les candidats, soyons lucide, depuis l’élimination de Manuel Valls. Même si tout ne collait pas dans son programme comme dans son action passée depuis 2012, il en était le plus proche. Mais les bobos de gauche aidés par les altermondialistes et les souverainistes mélenchoniens en ont décidé autrement en portant Hamon au pinacle primaire. Grand bien leur fasse. Déculottée prévisible pour Hamon après un grand écart (qui va lui déchiqueter le caleçon), vers les autres candidats éliminés à la primaire et Mélenchon…

Quant aux autres candidats aucun n’incarne cette ligne. La droite destructrice des solidarités et perchée sur ses valeurs chrétiennes ? N’en parlons même pas. Sur le programme économique et social Macron n’est qu’un libéral qui se veut progressiste. Une sorte de moindre mal ? Peut être, on verra avec son programme[7]. En outre, sur les valeurs républicaines, il lui reste à faire ses preuves et à se muscler même s’il semble en bonne voie[8]. On subodore pour l’instant un gentil bobo de plus, pas mieux. Il n’a qu’à nous lire, il comprendra sans doute. Tout lui a été passé, comme à Valls antérieurement[9].

On n’adhère, à ce stade donc, à aucun candidat dans cette campagne présidentielle, car notre ligne est orpheline d’un leader. On observera donc ce qui va se passer et, le moment venu, on avisera et on dira ce qu’on fait et pourquoi.

 

Notes de bas de page

[1] Comme ce n’est pas, sauf à faire du parisianisme, une évidence, ce sont des noms de station de métro ! Sur le fond, voir notre Tribune dans Marianne : http://www.marianne.net/agora-republique-europe-100246629.html

[2] Même au temps de la gestapo, les résistants se jouaient des frontières et faisaient les navettes qu’ils souhaitaient avec Londres et avec l’Espagne malgré un régime espagnol allié de Hitler…

[3] Voir notre Tribune dans Slate : http://www.slate.fr/story/95099/sixieme-republique

[4] Cf. article mentionné en note ci-dessus

[5] Un syndicalisme fort ne pourra se développer en France sur les bases qui sont celles défendues par la CGT,  FO et la gauche de la gauche car ce sont les bases qui ont marginalisé le syndicalisme français, tout en préservant la puissance de certains bastions syndicaux et de leurs apparatchiks au niveau des branches… Tout est dit

[6] Il y en a encore quelques uns à gauche qui y voient clair, telle Elisabeth Badinter : voir http://www.marianne.net/elisabeth-badinter-partie-gauche-considere-que-laicite-est-quasiment-du-racisme-100249746.html

[7] A voir, on attend le programme plus précis pour mars et à ce stade on est encore dans le flou… http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170205.OBS4864/ce-que-contient-pour-l-instant-le-programme-assez-vague-de-macron.html

[8] http://www.marianne.net/macron-s-engueule-salafisme-habitant-quartier-sensible-100247176.html

[9] Et notamment notre dossier sur les questions que pose l’islam radical à notre Etat de droit : http://www.marianne.net/agora-les-4-principales-questions-que-pose-islam-radical-notre-etat-droit-100249137.html

 

 

Poster un commentaire

Classé dans Edito