Chaud devant !

Quelques news d’été et par grande canicule !

Non, ne cherchez pas, ce n’est pas nécessairement une contrepèterie…

Juste quelques brèves pour agrémenter votre été de belles ou vilaines joyeusetés :  le sinistre Benalla, l’architecture sacrifiée par E Macron sur l’autel de la loi « Elan », Habermas qui fait la nique à Merkel… l’été sera chaud !

 

1 – D’abord, un point qui se veut sérieux  sur l’affaire Benalla

En matière de libertés publiques, en démocratie, le sérieux se construit sur des bases juridiques solides et pas sur des arguties politicardes ou des billevesées journalistiques.

Ce n’est pas une affaire d’Etat, n’en déplaise. Même pour permettre aux LR à la FI et au RN (les prophètes de nos malheurs futurs) de se refaire à bon compte leur cerise destroy après la rouste de mai 2017 infligée par un quasi puceau en politique. Après aussi une belle équipe de France championne du mode qui a remis du baume au coeur du pays.

Les voilà t-y pas qu’ils votent les motions de censure les uns avec les autres. Grand guignol des vierges effarouchées dénommées Jacob, Le Pen ou Mélenchon. Parodie de démocratie pour décérébré. La sainte alliance de 2005 contre la Constitution européenne, le retour !

Commission d’enquête parlementaires pathétiques qui s’enlisent soit dans le ridicule jusqu’à s’auto-suicider, soit dans les sables en annonçant de nombreux mois de travail et d’auditions… Et, en plus, les plus crétins, constitutionnellement invertébrés, voudraient auditionner le Président de la République. Il est vrai que chez leurs amis Chavez, ou autres bolívars d’opérette, quand ce ne sont pas Pinochet ou Salan, les amis du papa à la Marine, on s’en tamponne de la séparation des pouvoirs. Ah les ânes ! Imagine t-on, une seule nano-seconde, l’exécutif se mêler par exemple des turpitudes des députés en matière d’assistants parlementaires bidonnés ?

Mais revenons à nos couillons et associés. Ils en font des tonnes, poussent des cris d’orfraie alors qu’il s’agit d’un vulgaire dérapage individuel, sans nul doute pas assez sanctionné dans un premier temps. Bennalla a fait n’importe quoi avec ses amis de la Préfecture de Police qui lui ont offert un safari dans les rues de Paris le 1er mai pour se faire bien voir de quelqu’un qu’ils imaginaient important à l’Elysée. On connait ce genre de logique servile, on l’a rencontrée en fonction.

Et maintenant, le Benalla  il raconte n’importe quoi sur l’article 73 du CPP qui l’aurait autorisé à interpeller des manifestants…. Aussi couillon tu dois pouvoir te faire élire par des hordes de neuneus ! Sans dec.

Collomb ne vaut pas guère mieux lui qui soutient que ce n’était pas au ministre de porter les faits à la connaissance du Procureur, s’il y avait lieu de le faire, mais au préfet de police….

Lisez ces deux articles du CPP, DECODA vous les offre !

Article 40 et 73 CPP

Vous y verrez que l’article 40 vise aussi les ministres, pas les seuls fonctionnaires au sens strict puisqu’il vise les « autorités constituées ».

Vous y verrez aussi que l’alibi de Benalla (son intervention sur la base de l’article 73 du CPP) s’effondre à la première lecture de cet article. En effet, le sens même de cet article exige, pour qu’un simple citoyen puisse procéder à une interpellation en cas de crime ou délit flagrant, qu’il n’y ait pas d’agent ou d’office de police judiciaire susceptible de le faire lui même à proximité, ce qui justifie son intervention citoyenne… Benalla était entouré de centaines de flics qui n’avaient pas besoin de lui pour faire leur boulot. Que ce soit à la Contrescarpe ou au Jardin des plantes. Alors ?

Alors, c’est une petite frappe qui est venu prendre son pied comme un gros richard bien dégueulasse se paie une chasse au lion ou à l’éléphant, chacun son truc merdique, et maintenant il se fout de notre gueule. Qu’il dégage et on lui souhaite de s’en prendre plein la tronche judiciairement.

Car, au fait Messieurs les parlementaires, dans une démocratie ce sont des juges indépendants qui jugent, pas les hommes politiques même en commission. Et ça vaut pour Benalla, ses amis de la PP et ses chefs. Pour le reste, politiquement,  ce sera le moment venu à l’électeur de juger. Et en attendant, circulez on vous a assez vus et entendus avec vos salades immondes. Laissez les juges faire leur boulot.

Quant à Collomb on serait assez tenté de lui conseiller la greffe de cerveau, il ne lui reste plus que du mou de veau ou de la cervelle de canut dans le citron. C’est clair.

 

2- Quelques uns de nos plus grands architectes, dont l’ami Francis Soler(1) frappent dur sur le projet de loi Elan dans une Tribune publiée par Le Monde.

Que du beau linge, des grands prix d’architecture en veux tu en voilà, tout autour du ventre ! Ça devrait alerter Macron que parmi nos meilleurs premiers de cordée de l’archi, du lourd s’insurge… Eh ben non, manifestement…

On vous l’offre aussi cette belle Tribune car il faut la lire pour mieux mesurer le détricotage en cours : une honte pour l’esprit. Donc lisez, c’est de salut public !

tribune loi ELAN Def

Nous, ici, on est partisan depuis longtemps de donner « une nouvelle utilité sociale à l’architecture » et pas de la passer par  « pertes et profits ». Sacrifiée sur l’autel d’une pseudo modernité qui, il y a plus de cinquante ans, a déjà voulu tout mettre par terre avant que Malraux ne sauve les centres anciens puis que Michel Guy, et Michel Dornano enfin, nous révèlent, par une loi qui faisait le pari de l’intelligence pour notre cadre de vie (la loi du 3 janvier 1977 sur l’architecture), l’intérêt général qui s’attache à l’architecture, à la conception, bref à l’esprit et à la culture face aux promoteurs et bâtisseurs et aux ingénieurs qui les servent.

Voir ou revoir à cet égard, notre Rapport commis notamment avec Thierry Tuot, conseiller d’Etat, sur ce sujet (https://francoisbraize.wordpress.com/rapport-pour-une-nouvelle-utilite-publique-de-larchitecture-juillet-2009/) il y a déjà bientôt dix ans et dont les pouvoirs publics, comme on dit, n’ont rien fait de significatif depuis.

Le déshonneur collectif de nos politiques qui se couchent face aux lobbys est bien là. Et maintenant Macron finit le travail et détricote (outre certaines protections patrimoniales tenant aux prérogatives des architectes des bâtiments de France que la loi habilite à résister aux élus et aux promoteurs si l’intérêt général le commande) la loi MOP relative à la maîtrise d’ouvrage publique. Nos amis Grands prix expliquent cela fort bien dans leur Tribune.

Faites le savoir. Macron, là aussi, comme sur la laïcité, tu te déshonores.

 

3- Habermas enfin, le grand Habermas, prend parti sur le populisme et l’Europe dans un discours  prononcé à Berlin à la réception du Grand prix des Médias dont il a été le lauréat 2018; voir Le Monde,  édition des 29/30 juillet, qui  rapporte de larges extraits de son discours.

Habermas soutient les initiatives de E. Macron sur l’Europe et fustige la petitesse allemande qui nous envoie dans le mur. Macron quand ça ne va pas, faut le dire et on le dit, mais quand ça va faut le dire aussi. Et là, ça va. Cela va bien même. Donc on le dit avec Habermas.

Au milieu des océans de médiocrité intellectuelle qu’abritent tous les nationalismes brunâtres ou rougeâtres, un plaisir pour l’esprit que ce discours qui identifie bien la seule voie possible et valable pour un avenir pour nos vieux pays réunis, associés, fédérés, peu importe l’étiquette, et donc plus forts dans un monde ouvert. Hors d’Europe tous les replis frileux !

Ne nous privons pas de telles lectures. On vous y invite aussi pour des jours d’été qui incitent à l’optimisme.

Voir : http://parisberlinmag.com/grand-prix-franco-allemand-des-medias-2018-attribue-a-jürgen-habermas/

Et on vous offre le texte du discours de J Habermas

Habermas Les populismes de droite proviennent de l_absence de volonté politique en Europe

Chaud devant, chaud bouillant même, les lectures de l’été 2018 !

 

 

Note de bas de page

(1) L’ami Francis que l’on remercie vivement de nous avoir passé, pour publication dans DECODA, le texte de cette Tribune