Croquignol, Ribouldingue et Filochard

Le billet du commisaire Croquenot…

En vous laissant très démocratiquement le soin de deviner « qui » est « qui » avant ce deuxième tour (chacun aura sa petite idée, moi compris…[1]), on souligne que les pieds nickelés se comptant en fait par légions entières on est en manque de patronymes et on ne peut pas servir tout le monde. Zut alors… Vous déciderez donc aussi du tiercé et de son ordre, c’est ça la souveraineté populaire !

On souligne également que les “médias nickelés” devraient s’appliquer à eux mêmes le « dégagisme » qu’ils plébiscitent pour la classe politique plutôt que de se borner à jouer aux chaises musicales juteuses[2] ou à migrer comme le sinistre Pujadas de la case A2 vers la case C8. On a envie de dire « coulé” le Giquel du XXIème siècle. Merci Delphine !

En plus, ils sont mauvais coucheurs et commencent à ne pas digérer que le Jeunot leur résiste en maitrisant sa communication et en respectant les principes qu’il s’est clairement donnés dès le début. Il a décidé qu’une remise en cause par la presse ne suffisait pas pour conduire un ministre à devoir démissionner, que seule une mise en examen par une juridiction régulière pouvait avoir cet effet[3].

On a envie de dire au jeunot : “Petit, surtout tiens bon !” On se régale de les voir mis au supplice de tantale : pleins de petites phrases, de polémiques, de révélations potentielles, là partout, dans les cabinets, dans les administrations, dans les appareils… et, rien, nada, que tchi,  plus rien de disponible à se mettre sous la rotative de la part de l’exécutif…

Il ne leur donne plus rien Jupiter qu’il n’y ait consenti librement et parce qu’il a pensé que c’était l’intérêt général qui le commandait ou l’intérêt de son gouvernement. Combien de temps cela va t-il durer ? Ils ne le rateront pas à la première occasion ! Mais, l’heure n’est pas à la médiocrité exaspérante des médias. Elle est à se décider sur la conduite à tenir pour ce second tour des législatives.

Depuis le premier tour, les choses se sont bien décantées. A droite et à gauche, ils se sont pris la vague monstrueuse en pleine poire ! Ils sont laminés, défaits, perdus et ruinés. Même les derniers nés de la haine ou de l’insoumission en ressortent à poil, perdant, c’est selon, de la moitié aux trois quarts de leurs électeurs entre le 7 mai et le 11 juin… Du jamais vu, ça non plus.

Alors insoumis et frontistes, ça les rend méchants et bêtes. Donc on va les laisser à leur misère, tous autant qu’ils sont et jouer la carte du Jeunot en lui donnant toutes les chances. Pas par conviction complète, non, juste pour finir le travail, et là sans point d’interrogation[4]. Il s’est passé en effet trop de choses inacceptables à gauche depuis le premier tour des législatives.

Quand j’entends ou lis les discours de ceux qui critiquent le Jeunot, je n’ai plus guère de doute : la droite me fait rire et la gauche me fait pleurer.

Même si certains points du programme “En marche !” ne nous conviennent pas, battons nous pour que le Jeunot les infléchisse ! Mais il est la seule veritable opportunité désormais pour ce pays. La dernière chance avant les “zozos insoumis” ou la haine et la bêtise frontistes, devenus des caricatures de leurs propres excès, comme le crétin amerloque de la World Company chez les Guignols…

La situation est assez simple au fond : à droite, les LR vont continuer à s’enfoncer sans nous et ils ne pèsent plus déjà grand chose comme perspective pour le pays. Le FN est moribond depuis l’entre deux tours de la présidentielle qui a révélé sa vraie nature et on ne mange pas de sa soupe immonde.

A gauche, les choses sont claires et les responsabilités aussi : Mélenchon et les frondeurs du PS ont décidé de tuer en France la social démocratie au profit de la gauche radicale.

L’assassinat est consommé : ils l’auront construit pendant cinq ans en réussissant un des mensonges politiques de ce siècle. Ils auront réussi à faire croire à une grande partie du pays que Hollande avait en 2012 le programme de la gauche radicale et qu’il a trahi en ne le mettant pas en oeuvre. Pour cela, ils ont même travesti le propos du discours du Bourget en en changeant les mots qu’ils jugeaient sans doute insuffisants pour qualifier la trahison[5]. A Moscou on trafiquait les photos, eux maquillent les discours.

Ils ont aussi fait croire aux français que leur pays, quasi champion du monde de la protection sociale, des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires, ce dont on se félicite, était en situation d’austérité ! Ils ont aussi menti sur “le virage” de la politique économique à partir de 2013 faisant croire, avec l’aide des benêts des medias qui gobent toutes les ânneries, qu’on était passé à une politique de droite privilégiant l’offre alors qu‘il s’agit tout au plus d’une légère inflexion de politiques publiques qui restent massivement des politiques de la demande (à plus de 80% des dépenses publiques et sociales) !

Quand on veut tuer son chien on l’accuse de la rage… Ils voulaient tuer la social démocratie, il ne fallait pas lésiner… Ils n’ont pas lésiné. Et les ânes ont gobé le jour, la nuit, debouts ou couchés.

Mais la gauche qu’ils représentent ne pourra jamais, et c’est heureux pour nos libertés, être une gauche de gouvernement. Impossible : franchement qui veut de leur programme de sortie des clous de la liberté qui depuis 1789 ne se saucissone pas (en démocratie non totalitaire, la liberté est aussi économique et pas seulement politique) et de sortie de l’Europe si elle n’est pas de gauche ?

Hamon, le pauvre misérable et pathétique Hamon, a sombré et il lâche aux insoumis, puisqu’il pactise avec eux, tout ce sur quoi il avait tenu bon, à juste titre face à Mélenchon, lors des discussions politiques avant la présidentielle[6].

Ces gens là, ces pieds nickelés de l’idéologie, sacrifient ainsi délibérément les intérêts populaires qui ne sont pas prêts de revoir un gouvernement de gauche de sitôt susceptible de les défendre par une régulation sérieuse de l’économie et de la globalisation. Mais pour eux, ce n’est pas grave, bobo et consort vont s’éclater dans les luttes, n’est-ce pas ?

Mélenchon, notre Chavez du pauvre, n’appelle t-il pas à voter au second tour pour les seuls députés PS qui ont voté la censure du gouvernement Valls ?  Hamon en bon zozo frondeur appelle à Evry, où, battu à Trappes, il n’a rien à faire, à voter “France Insoumise” contre Manuel Valls, dont il a été le ministre…  Pathétiques et pitoyables

Franchement, il y en a marre de la radicalisation généralisée, et pas que chez les islamistes. Je n’en veux plus et c’est fini, terminé. Plus jamais ma voix. Même traitement que pour les frontistes, car, au fond, ce ne sont ni des républicains, ni des démocrates.

Donc, pour nous la ligne est désormais claire, lumineuse même, pour le second tour : on élimine à tout coup quelle que soit la configuration :

– le FN,

– la France insoumise,

– les frondeurs de l’ex PS

– et la droite LR/UDI.

Et comme il ne reste pas grand chose d’autre, une seule solution au second tour : SVP, on vote “La République en marche !”

Partout, quelle que soit la configuration  [7].

 

 

Notes de bas de pages

[1] Cambadélis, Hamon et Mélenchon par exemple pour votre serviteur, mais votre tiercé peut être différent…

[2] Exemple : Demorand va remplacer Cohen au 7-9 de France Inter, lequel avait remplacé Demorand…

[3] Ils sont verts de rage car cela ruine le  pouvoir qu’ils entendent bien s’arroger de faire et défaire y compris les équipes gouvernementales ; il ne manquerait plus que sur seul ragot médiatisé, sur un procès médiatique qui ne respecte aucune procédure, ni droit de la défense, l’on doive maintenant démissionner de postes de responsabilités publiques… déjà que l’imposer aux mis en examen est discutable au regard de la présomption d’innocence, il serait insupportable d’en arriver là (voir à cet égard notre article collectif : http://www.slate.fr/story/105077/medias-proces-equitable)  

[4] A la différence de notre précédent billet qui appelait à voter « blanc » au premier tour

[5] En substituant au mot « adversaire » le mot « ennemi » appliqué à la finance internationale…

[6] La ligne rouge infranchissable de la première exigence démocratique européenne qui veut que nous sommes en Europe, que nous n’en sortons pas et qu’on y accepte démocratiquement le sort des urnes, même s’il est trop libéral à notre goût… « L’Europe on la change ou en sort ! », slogan programmatique de Mélenchon, est la preuve du caractère non démocratique au fond de l’apprenti dictateur puisque cela revient à n’accepter d’être d’une aventure européenne que si elle est de gauche… Amusez vous, faites la transposition à un président de région « insoumis » qui dirait face à une majorité politique libérale dans notre pays « La France, on la change ou on la quitte ! »  

[7] Sauf si, mais ce ne peut être qu’à Lourdes et comme par miracle, on a un candidat socialiste social démocrate (non suspect de pouvoir pactiser avec les insoumis) en lice…

 

Le texte du billet en fichier joint (pdf) Ribouldingue

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