DECODA 40, 10/02/2016

Un numéro 40 king size !

Avec la seconde livraison de Lucas Bodet sur la COP 21 : « La société civile, le Réveil de la Force ! », juste géniale…

Et les superbes contributions de l’ami Bruno, comme d’habitude.

Bref un numéro à déguster en lecture directe du texte intégral ci-après, ou bien à votre choix en une ou deux colonnes ci-dessous en fichiers joints :

DECODA(NA)GES n40-1C

DECODA(NA)GES n40-2C

Pour tous les goûts, alors…

Bonne lecture ! et que la Force soit avec nous !

DECODA(NA)GES n°40 – 10 février 2015

SOMMAIRE

Edito

Actu en folie, actu de folie !

Thème du mois

2ème épisode sur la COP 21

La société civile, Le Réveil de la Force !

« De la culpabilisation à la coopération, comment la société civile est devenue le fer de lance de la riposte à l’urgence climatique ».

par Lucas Bodet

Le papier de l’ami Bruno

Le piège de la limitation des indemnités des salariés devant les juridictions sociales

Dernière(s) minute(s)

Déchéance de nationalité : ne vous laissez pas enfumer !

La gauche tourneboulée et cul par dessus tête

Faut il pénaliser le fondamentalisme religieux ?

Sarko, 20 ans de moins que Chirac, déjà gaga ?

Les nouvelles du front bébête…

Sont toujours des nouvelles d’effroi…

Les médias qui servent la soupe à nos ennemis

Chiffres Clés

62%

Les crétins du mois

Un trio de choc…

La p’tite biblio

Islamophobe of course…

Blogs amis

Le blog de l’ami ABF

Et celui de Robert S.

 

Edito

Actu en folie, actu de folie…

Réforme constitutionnelle, lutte contre le chômage, retour de Sarkozy par le livre, primaires de droite et de gauche, dévoiement laïque des intellectuels et des médias et même du président d’un observatoire aveugle, sans parler de l’actualité internationale voire des exigences en Italie et en France d’un leader chiite iranien dit modéré qui fait voiler les statues des musées sur son passage (alors qu’il est vain, sauf à s’exposer inutilement à des désagréments, de vouloir leur sauter dessus !) et fait retirer des buffets tout pinard en sa présence. Quand Hollande ira chez lui je propose que le pinard soit obligatoire pour tous et toutes les femmes à poil ! Chiite, vous aviez dit mieux que sunnite ? Et soumission, qu’est ce que t’en dis Rohani ? Mais je suis sûrement islamophobe….

Vu d’ici, sur mes ilets, une actualité en folie alors qu’on se croyait tranquilles sous le tropique… Comme un match dantesque où les buts pleuvent, parfois beaux, sublimes même, d’autres lamentables contre son camp, peu de fautes d’arbitrage, un arbitre au diapason… Bref un Brésil–Italie à la coupe du monde de 1970, mieux un France-Brésil en 1986 ou encore le 12 juillet 1998. La France qui gagne… celle de la République et celle de la Nation, qui unit, dans son « lit citoyen », et Passy et Saint-Denis. On se laisse aller à rêver dans l’espace public d’une France de « citoyens » et seulement de cela, même si « black blanc, beur », mais c’est fini.

Les responsabilités sont claires : elles pèsent, énormes, sur tous les identitaires, autochtones ou indigènes comme ils se disent ces crétins, tous communautarisés jusqu’à la moelle, alors qu’en République, la vraie, pas « l’islamique », ni la « franchouillarde », il n’y a d’identité que citoyenne et sur des valeurs à la fois humanistes, sociales, laïques, démocratiques et de tolérance. Une identité absolue et sans réserve, puisque c’est la seule qui permet la liberté de chacun et de vivre ensemble, dans et par le respect des règles de la République.

Tout cela repose sur le principe du primat de l’Homme qui doit être placé au centre de toutes choses dans une absolue égalité entre hommes et femmes. Primat de l’Homme en particulier avant tous les dieux que certains d’entre eux peuvent se donner pour se contraindre, et voire même se punir. Dieu, confession ? A chacun de voir, mais sans pouvoir contraindre ceux qui ne s’y réfèrent pas, oh grand jamais !

Si certains envisagent le primat de la loi religieuse sur la loi de la République, le paradoxe est inouï car alors il faut que tous, croyants et non croyants, respectent tous les dogmes de toutes les religions… et au nom de quoi en privilégier une et l’imposer à tous ? Ou alors, tarte à la crème sans plus aucune crème, que devient le « vivre ensemble » qui prend ainsi toute sa portée éclatée : chacun sa loi dans son coin ! Quand, dans la sphère publique, on ne considère que le citoyen, il n’y a aucun problème de « vivre ensemble », il est assuré par cette intégration citoyenne républicaine !

Une actualité de folie, tout s’emballe, les repères se perdent et gauche et droite semblent perdre des pédales… sur tous les sujets !

Badinter, du grand Robert sur le code du travail après la grande Elisabeth sur la laïcité et dans les deux cas contre la même partie de la gauche, islamo-gauchiste, c’est cohérent. Proposer de rappeler en tête du code du travail ses principes fondamentaux de protection des salariés en 61 articles essentiels, c’est aussi rappeler que l’homme est et doit rester au centre de toutes choses, même dans l’entreprise !

Comment ne pas y souscrire ? Mais, beaucoup l’avaient oublié dilué dans des milliers d’articles. Œuvre salutaire donc que cette réforme. On y reviendra plus en détail dans un autre numéro car quelques points de « détail » seront quand même à revoir !

Et notre pauvre droite républicaine, sur le chômage, qui ne nous ressert, poussée par le patronat et ses intérêts bien compris, que les vieilles potions libérales, idéologie mystifiant les consciences au besoin contre la réalité : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/01/20/la-france-indemnise-t-elle-mieux-les-chomeurs-que-ses-voisins_4850681_4355770.html

Alors ce foutu chômage, réductible par une nouvelle potion libérale ? Toute la presse, tous les médias vous le serinent, contre le chômage on n’a pas tout essayé ! On se borne, en France depuis quarante ans et plus, à faire du traitement social, c’est à dire compenser les effets négatifs, et trop généreusement bien sûr, alors que d’autres pays ont pris le taureau par les cornes et se sont adaptés à la nouvelle donne d’une économie mondialisée et ont remis tous ces fainéants au boulot… Balivernes et billevesées !

D’abord on ne fait pas que du traitement social du chômage en France, même si on a longtemps fait surtout ça, droite et gauche confondues comme pour attendre des jours meilleurs. Depuis deux ans, on agit davantage sur l’offre, et ça nous coûte assez cher, en aidant les entreprises par des exonérations de charges massives, l’aide du CICE et des mesures du Pacte de responsabilité ou, encore récemment, avec les mesures décidées en janvier notamment sur la formation des chômeurs ou de nouvelles exonérations totales de charges jusqu’à 1,3 salaire minimum.

Alors, franchement, que n’a t-on pas fait que d’autres auraient eu la sagesse de faire ? On sait parfaitement ce qu’on a refusé de faire : la précarisation des salariés pour singer dans une lamentable course à l’échalote les pays du moins disant social. Du boulot à trois euros de l’heure quêté chaque matin sur la nouvelle « place de grève » : le Net ? C’est ça qu’on veut?

Bref, tout ça, laïcité, chômage, etc. tout va leur péter à la figure s’ils n’y prennent garde. Cette mise en garde vaut pour tout le monde, droite et gauche comprises, citoyens et soi-disant élites !

Pour bien aller dans le mur en effet, continuons à penser la vie et le problème de l’emploi avec des schémas de pensée des siècles précédents, 20 environ (« tu gagneras, gnagnagna… de ton front », donc pas de vie digne sans labeur, de préférence bien dur pour mieux gagner ici bas son paradis de tout là haut) et des conceptions économiques désormais saugrenues comme celle du plein emploi alors que le chômage est déjà de masse dans une économie qui, depuis la troisième révolution industrielle – celle du numérique -, détruit plus d’emplois qu’elle n’en créée et avant que la quatrième – celle de l’intelligence artificielle – fasse son office encore plus destructeur…

Réveillons nous : acceptons le principe de réalité ! De moins en moins de personnes pourront être employées et tirons en les conséquences, enfin ! Ce n’est pas le verdissement de l’économie qui enrayera ce phénomène, tout juste donnera t-il une respiration, certes nouvelle et à saisir, mais tout aussi temporaire.

Cette intuition se mesure bien, juste en ouvrant simplement les yeux sur à peine deux siècles d’histoire récente, sans même prendre en compte la destruction de la planète que nos belles idéologies philosophique et économique du plein emploi, de droite comme de gauche, s’échinent à organiser et à légitimer comme le rappelle ci-après, le bon Lucas dans une seconde livraison qui décoiffe encore plus que la première. Alors, bien sûr, prenons aussi en compte l’ampleur de la destruction…. Bref, « Que la Force soit avec nous ! ».

Thème du mois

Après « La COP21 sur son 31 ! »….

2ème épisode : La société civile, Le Réveil de la Force !

« De la culpabilisation à la coopération, comment la société civile est devenue le fer de lance de la riposte à l’urgence climatique ».

Par Lucas Bodet[1]

Avant de commencer la lecture de ce second article, vous devez absolument vous mettre dans l’ambiance de ce qui va suivre… Pour cela, cliquez sur le lien ci-dessous, et soyez patients, tant que le petit robot tourne, c’est que ça va arriver ! SURTOUT NE COMMENCEZ PAS LA LECTURE DE L’ARTICLE SANS L’AVOIR VU, C’EST UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT (NDLR : la rédaction confirme !) :

http://brorlandi.github.io/StarWarsIntroCreator/#!/K8doYdPtjF5QqiJ9-Fw

C’est toujours le même scénario : un ou une petite gens mène sa vie tranquillement à l’écart des vicissitudes des luttes et des affrontements politiques, parce que c’est pas la politique qui va rapporter la bouffe à la maison. Et loin, très loin de lui, un COMBAT (oui, oui, un gros comme ça). Un combat entre des idées dans le pire des meilleurs des cas ; un combat entre des idéologies dans le meilleur des pires, pour… pourquoi d’ailleurs ? Pour le contrôle, la puissance, le pouvoir.

Et par hasard, par destin peut-être aussi, mais in fine par choix surtout, le simple anonyme devient le symbole et le révélateur de la lutte entre le Bien et le Mal, la petite histoire percutant alors brutalement la grande Histoire. Il se découvre alors une ressource insoupçonnée, une force intérieure bouillonnante, et disons-le clairement, un Pouvoir inné superpuissant. Le pouvoir de changer les choses, de choisir son avenir et de se battre pour lui.

Se battre pour son propre avenir, mais aussi pour le futur de ceux qui l’entourent, qui le soutiennent, qui l’aiment, et par bonté d’âme (parce que le héros a toujours un cœur pur) de tous les autres anonymes avec qui il se fondait jadis. C’est principalement au cinéma que de telles vocations se créent. Mais dans la vraie vie, ce n’est pas tellement différent. La principale différence réside dans la personnification. Que peut réellement faire un(e) inconnu(e) face au système ? Pour s’imposer et faire entendre sa voix, il devra trouver d’autres inconnu(e)s volontaires partageant ses idéaux. En se rassemblant, ils porteront ainsi une voix plus forte, plus puissante (plus écoutée ? Pas sûr, mais avançons petit à petit…). On verrait ainsi fleurir de multiples groupes aux messages variés, parfois contradictoires, parfois redondants, mais toujours actifs. Comment qualifier alors toute cette ébullition idéique ? Le peuple ? L’opinion ? L’opinion publique ? Les médias ?

Pour mettre fin à ces interrogations, on a tranché en créant la « société civile ». Impossible de lui attribuer une définition claire et précise, si ce n’est par opposition aux représentations étatiques. « On parle alors des « parties prenantes » (stakeholders) ou des acteurs non étatiques ou infra-étatiques. Selon les classifications, tous les acteurs non étatiques ou certains d’entre eux seulement sont visés : citoyens, associations, entreprises, collectivités territoriales, peuples autochtones… »[2].

On est encore très loin de la COP 21, je vous l’accorde, et c’est bien là le cœur du problème.

Il s’agit surtout du sentiment des représentants de la société civile : « on est encore très loin de la COP 21″… Parce qu’il s’agissait avant tout d’une conférence pour les Etats, et parce que c’est le fonctionnement du système international. L’apparition d’acteurs non étatiques est assez récente, et leur pouvoir forcément limité à leur accès aux processus de décision. La société civile doit alors se doter de ses propres moyens de pression : la mobilisation, la communication, la pédagogie, mais surtout l’action. C’est par l’action que la société civile prend son envol, la passivité la réduisant au statut de masse grouillante. Il faut se démarquer en représentant l’ensemble des personnes sensibles à un message. La difficulté réside dans la pluralité des opinions : La Manif pour tous est un représentant de la société civile au même titre que la Fédération LGBT. Dans le domaine de l’environnement, c’est encore plus complexe, puisque des intérêts économiques d’entreprises, ayant une connexion relativement directe au pouvoir, font face à des associations environnementales diversifiées sur une multitude de thématiques, qui se croisent, se répètent ou s’intègrent aux intérêts économiques.

Néanmoins, les crises politiques et économiques qui se sont succédées ont mis en lumière des représentants de la société civile : les mouvements d’Occupy et des Indignés, l’apport indispensable d’ONG dans le traitement des épidémies (Ebola notamment), ou encore les associations environnementales autour de la COP 21.

Ainsi, plus de 780 000 personnes ont participé aux quelques 2300 marches organisées dans le monde, et ce malgré les interdictions de manifester dans certains pays. La pétition « Osons » lancée par la Fondation Nicolas Hulot a recueilli à ce jour 661 800 signatures. Pour rendre hommage à cette conférence, 500 projets étaient labellisés COP 21, et un espace était spécialement dédié à la société civile au Bourget (« Générations Climat », beaucoup d’acteurs, peu de représentants d’Etats).

Dans le précédent épisode décryptant le texte de l’Accord et le rôle de la diplomatie française, j’avais fait preuve d’un élan d’optimisme de bonne foi, mais que je souhaite contrebalancer dans la suite de cet article. Evidemment, ce texte est historique, et la France a été exemplaire. Pourtant, pratiquement deux mois après la déclaration finale de la conférence, on s’interroge sur le devenir de cet accord, et sur l’efficacité de sa portée.

L’ambiance est parfaitement décrite par Georges Monbiot, universitaire, journaliste et militant écologiste britannique : « En comparaison de ce que cela aurait pu être, c’est un miracle. En comparaison de ce que cela aurait dû être, c’est un désastre. Les négociations à Paris ont été les meilleures que l’on ait jamais eues. Et c’est là un bien triste constat »[3]. Cela nous ramène au concept d’urgence climatique. La société civile s’est saisie de la question environnementale en demandant des comptes aux décideurs politiques, avec la volonté de sortir de la logique de culpabilisation dont étaient victimes les individus.

Pendant de nombreuses années, le message était le suivant : « le réchauffement climatique existe par l’activité de l’homme, parce que TU ne tries pas tes déchets, parce que TU as une voiture diesel, parce que TU surchauffes ta maison l’hiver (alors que 18°C c’est très acceptable avec un pull à l’intérieur), parce que TU consommes des produits provenant de l’autre bout du monde, etc etc… ».

La prise de conscience individuelle s’est effectuée, et avec toute réflexion on avance jusqu’à se dire « non mais attends, pourquoi je fais des efforts alors que les entreprises continuent à polluer comme avant, que mes responsables politiques prennent l’avion tout le temps, qu’on sait pas comment gérer les déchets nucléaires…? Je ne suis pas d’accord ! ».

Et bien TU as raison, petit(e) anonyme, TU as le droit de demander des comptes, TU as le droit d’exprimer ton désaccord, et pour cela tu peux devenir VOUS. VOUS pouvez faire, créer, innover, fédérer, et à partir de là VOUS pourrez être entendu et écouté. Nous sommes TOUS responsables, et cela ne dédouane personne de ses responsabilités. Nous sommes responsables, à titre individuel, en modifiant notre manière de vivre à notre échelle et selon nos moyens. Nous sommes responsables aussi à titre collectif, puisque c’est le mode de production et de consommation que nous avons choisi et intégré qui est la cause du problème. Nous sommes donc responsables de ce que nous voulons faire pour l’avenir, et c’est pour cela que nous avons le choix des représentants que nous souhaitons au sein de notre société civile.

Cela commence par le vote et la citoyenneté, et se poursuit par des engagements, des mobilisations, qui doivent aboutir sur des décisions efficaces. C’est tout simple, non ?

(J’ai tiré quatre fois la chasse d’eau depuis le début de cet article, dont une inutile pour me persuader que je suis libre de mes actes).

Ce serait enjoliver les choses de clamer que c’est la société civile qui a mobilisé les Etats afin de parvenir à un accord. Mais son rôle n’a jamais été aussi primordial. En effet, dans un système globalisé et interconnecté, les initiatives locales dépassent largement les frontières et les limites du possible. D’ailleurs, en regardant au-delà du texte, des accords et des engagements ont été pris avant, pendant et après, avec au centre un dénominateur commun : les forces vives de la société civile.

Si l’on dresse un bref récapitulatif des engagements de la société civile à l’approche de la COP 21, on s’aperçoit que de nombreuses entités souhaitent avancer dans le même sens.

Au niveau des entreprises, on assiste selon le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot à une « révolution dans les énergies renouvelables », avec de grands projets : l’Initiative africaine pour l’énergie renouvelable prévoit l’installation de 300 gigawatts d’ici 2030 ; l’Alliance solaire internationale prévoit une coopération entre les pays industrialisés et les pays en développement en terme de technologies et de financements, elle regroupe 120 pays ; l’Initiative RE 100 regroupe 53 entreprises engagées à utiliser 100% d’énergies renouvelables (dont Google, Coca-Cola, BMW, Ikea, Nike…) ; le forum Caring for Climate réunit 450 entreprises, c’est la plus grande coalition d’entreprises engagées sur le climat, avec un objectif de réduction de leur empreinte carbone ; enfin, 1000 investisseurs se sont engagées sur la question du financement pour 30 000 milliards d’actifs et 500 institutions dans le désinvestissement des énergies fossiles[4].

Les collectivités locales se mobilisent également, parce qu’elles sont en première ligne de la connexion entre la société civile et le pouvoir. Tout au long de l’année qui a précédé la COP, les acteurs locaux ont pris à bras le corps la problématique du réchauffement climatique, pour discuter des meilleures manières de le limiter.

Lorsqu’on est occidental, cela peut paraître simple, mais n’oublions pas que les premières victimes du changement climatique sont les pays du Sud. Ce sont également ceux qui disposent de la plus faible propension à mettre en place une stratégie durable, que ce soit pour des raisons financières, techniques, ou politiques. Néanmoins, la société civile du Sud représente un vivier impressionnant d’initiatives et d’actions inspirantes. D’où l’importance d’établir un dialogue réciproque, équilibré et équitable, ce que de nombreuses associations ou collectivités ont mis en lumière cette année. Le Sommet des élus locaux pour le climat, regroupant les représentants d’un millier de villes du monde, a inscrit l’ambition de 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050. D’un point de vue pratique, on rejoint la déclaration de bonnes intentions du Sommet mondial Climat et Territoires organisé à Lyon au mois de juillet, mais ils annoncent néanmoins la prise de conscience collective des collectivités.

Pour finir sur ce thème de la société civile, je vous laisse cette réflexion d’Ophélie Véron, chercheuse et militante :

« Les héros du climat, ce ne sont pas ceux qui ont signé ce traité décevant et qui s’en font une gloriole, mais bien toutes celles et tous ceux qui, activistes, intellectuels, journalistes, blogueurs, manifestants, artistes, ont œuvré ces dernières semaines dans la rue, au sein des divers lieux de débat citoyen, lors du village des alternatives de Montreuil ou du rassemblement des lignes rouges, à placer l’environnement au premier plan »[5].

Pour les représentants de la société civile, le concept de justice climatique est la clé qui doit permettre d’ouvrir la porte des mesures efficaces pour lutter contre le réchauffement climatique. Pourtant, c’est l’une des grandes absentes de l’Accord de Paris.

« Tout n’est pas vert » Il y a encore beaucoup à faire.

Au final, l’accord historique est peut-être le suivant : tout le monde a déclaré à l’unisson qu’il y avait encore beaucoup de travail à mener. Et si tout le monde est d’accord pour dire qu’on est dans la merde, il n’y a aucune raison qu’on s’y complaise tous ensemble…

Après tout, dès que l’on met le pied dedans, la première réaction est de crier « y’a pas de justice! ». Et ce n’est pas totalement faux…

La COP survole la justice climatique : « Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier », Martin Luther King

Que dire alors lorsque le monde entier est le théâtre de l’injustice climatique ? Elle est surtout le terreau de toutes les autres injustices : sociale, économique, sexuelle, politique… Cette forme de justice est ainsi régulièrement définie comme « la justice sociale face aux changements climatiques ». Chercheur en économie, Pierre-Yves Néron présente la problématique de la justice climatique comme les « enjeux de justice distributive liés aux phénomènes des changements climatiques »[6].

Comme d’habitude, le problème est avant tout sémantique. La Justice est un concept très mouvant selon l’endroit de la planète où l’on se trouve. Entre peine de mort, priorité à la réinsertion, cachot, travaux d’intérêt général, lapidation et suivi psychologique, difficile de s’y retrouver. Alors si on lui adjoint l’adjectif climatique, on tombe rapidement dans la surenchère linguistique.

A l’instar d’Ophélie Véron, la justice climatique doit être accompagnée de la refondation d’un modèle de penser le réel, que l’on retrouve également chez la journaliste Naomi Klein (à retrouver en bibliographie). Pour ne pas dévoyer sa réflexion, je vous laisse tels quels les propos d’Ophélie Véron :

« Œuvrer pour le climat ne se fera pas sans une profonde remise en question des rapports de domination capitaliste, raciste, impérialiste, sexiste, militariste et spéciste.

Capitaliste, car les politiques de libéralisation du commerce et d’extension des droits des investisseurs, dont le TAFTA et le CETA sont les parangons, placent la compétitivité au premier plan et rendent nos sociétés dépendantes de modèles énergétiques basés sur les exploitations fossiles insoutenables, entravant ainsi toute ambition de maîtriser le dérèglement climatique.

Raciste, car si les populations du Sud sont les plus vulnérables face au risque climatique, le discours sur le climat est trop souvent monopolisé par des groupes où celles-ci sont exclues, voire invisibilisées.

Impérialiste, car, tandis que le changement climatique est en grande partie la conséquence d’un système néocolonial renforçant les inégalités au niveau global et local, les pays occidentaux poursuivent leur développement économique en s’appuyant sur l’exploitation des populations du Sud et des peuples indigènes.

Sexiste, car les femmes des pays du Sud sont les plus vulnérables face au changement climatique et qu’une véritable politique de maîtrise de celui-ci ne se fera pas sans une refonte du système patriarcal.

Militariste, car si l’armée est parmi les principaux clients des énergies fossiles sur la planète (l’armée américaine étant, à elle seule, le premier usager du pétrole produit dans le monde), elle est pourtant exemptée de tout décompte onusien des émissions nationales de gaz à effet de serre et ce, en raison de la pression exercée par les Etats-Unis en 1997 à Kyoto pour que les activités militaires ne soient pas concernées par les mesures de réduction des émissions.

Spéciste, enfin, car si l’élevage est une cause majeure de réchauffement climatique et que les effets de celui-ci pèsent lourd sur les espèces animales et les écosystèmes, la question de la consommation de produits animaux n’a même pas été soulevée lors de la COP21. » [7]

Les oubliés de la COP 21 : « Mieux vaut ton absence que ton indifférence », Serge Gainsbourg

C’est beau Serge, mais bon, faut pas déconner non plus… Et encore davantage quand l’indifférence est un luxe qu’on ne peut plus se payer ! Malgré la présence de ces concepts dans la première partie du texte, ils n’en restent pas moins oubliés dans l’accord. La question de l’élevage bien sûr, et au-delà toute la réglementation nécessaire sur l’agriculture.

Il s’agit du secteur dans lequel les initiatives sont les plus nombreuses, mais aucune décision globale n’est là pour organiser tout cela. « Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Or, l’agriculture mondiale pourrait nourrir près du double de l’humanité »[8].

En ayant dressé ce constat, Jean Ziegler, premier rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, poursuit sa réflexion en rappelant les huit tragédies de l’humanité présentées dans les Objectifs du Millénaire de l’ONU en 2000 : la faim, l’extrême pauvreté, l’eau polluée, la mortalité infantile, la discrimination des femmes, le sida, les épidémies, et la destruction du climat.

« Pour conjurer ces tragédies, il faudrait mobiliser pendant quinze ans un montant d’investissement annuel d’environ 80 milliards de dollars. Pour y parvenir, il suffirait de prélever un impôt annuel de 2% sur le patrimoine des 1210 milliardaires existant en 2010… »

C’est tellement évident qu’on se dit qu’ils n’y ont peut-être pas pensé… Mais on constate que la COP ni aucun accord international ne prévoit d’outils de taxation, ni sur les transports maritimes ou aériens, ni sur les transactions financières. Pourtant, cela rapporterait davantage que 80 milliards… Sur ce modèle de la taxe Tobin, la neutralité et la tarification carbone ont disparu des négociations, après s’être imposées comme un enjeu central de la lutte contre le réchauffement climatique. On marche sur la tête ! Et encore ça pollue moins…

« Pour stabiliser le système climatique, nous devons nous débarrasser des énergies fossiles entre 2050 et 2100, dans tous les secteurs, alors même que l’énergie consommée dans le monde aujourd’hui est à 80 % du gaz, du charbon et du pétrole, rappelle le climatologue Hervé Le Treut. Il faut donc une forme d’emballement dans la transition, qui nécessite une implication de tous les pays et de tous les secteurs »[9].

La COP met (presque) la main à la poche : « Jour qui nous apporte finance, est un jour de réjouissance »

C’est une des victoires de cette COP 21. L’annonce de la mobilisation de 100 milliards de dollars par an pour les pays en développement a été saluée par tous, moi le premier. Puisque sans le dire, on approche du problème de responsabilité dans les effets du réchauffement climatique. L’accord émet le principe des responsabilités communes mais différenciées, en fonction de leur responsabilité historique dans les différentes sources de pollution. Pour les négociateurs, les efforts doivent être accomplis sur la base de l’équité[10]. L’équité est la suivante : les petits Etats insulaires et les pays les moins avancés ne bénéficient que de 22% des financements mondiaux pour le climat… Vous me direz, en 2050 ils n’existeront plus, on va tout de même pas leur donner de l’argent ! Et puis ils sont au soleil, ils ont des plages de sable blanc et tout ! La misère est moins dure au soleil, mais la connerie est plus facile quand on reste dans le brouillard…

Au fait, à quand le déblocage du fonds Vert ? 2020 ! En politique c’est demain, mais dans un pays en développement, c’est trop tard !

« Le calendrier, c’est la bureaucratie du temps », Quino

Si vous ne le saviez pas, l’Accord de Paris n’existera pas avant quelques mois ! Les principales étapes de mise en œuvre de ses dispositions sont les suivantes : la signature protocolaire ouverte le 22 avril 2016 ; la mise en place d’un comité technique pour la COP 22 à Marrakech ; la ratification de 55 Etats sur les 195 membres, devant représenter 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Si aucune force contraignante ne peut être validée dans ce type d’accord international, des objectifs ont néanmoins été fixés : un mécanisme de transparence par un comité d’experts sur les engagements des Etats ; l’obligation pour les Etats de se revoir en 2018, dans le cadre d’un dialogue de facilitation, qui sera l’occasion de fixer un premier état des lieux ; le premier rendez-vous officiel n’interviendra qu’en 2025 seulement, cinq ans après l’entrée en vigueur de l’accord. Etant donné que pour le moment, les 180 contributions nationales ne permettront pas d’atteindre l’objectif des 2°C, ni même les 1,5°C. l’ambition du texte est alors une révision rapide de ces contributions.

« Même sans espoir, la lutte est encore un espoir », Romain Rolland. Il n’est donc pas question d’abandonner maintenant, puisque tout le monde et chacun peut agir.

Et vous, qu’allez-vous faire ?.[11]

Le papier de l’ami Bruno

« Le piège de la limitation des indemnités des salariés devant les juridictions sociales

Un certain nombre d’organisations patronales viennent de lancer un appel public au chef de l’Etat afin d’instaurer un plafonnement des indemnités que peuvent avoir à payer les employeurs à leurs salariés licenciés sur condamnation prud’homales. Il s’agit d’une idée qui circule depuis plusieurs années dans les sphères politiques, y compris gouvernementales de gauche et qui constitue une mauvaise réponse à un vrai problème.

Les chefs d’entreprise invoquent notamment les conséquences économiques, qui peuvent parfois être désastreuses pour l’entreprise, de condamnations très lourdes, souvent exécutoires par provision, qui peuvent provoquer un état de cessation des paiements et l’ouverture d’une procédure collective. D’autre part, les règles comptables imposent à l’employeur de provisionner une somme correspondant aux réclamations, fussent-elles exorbitantes, du plaideur adverse, pendant toute la durée du litige, ce qui pèse sur la trésorerie disponible et entrave la bonne gestion de l’entreprise.

Certes, il s’agit de cas statistiquement limités mais néanmoins réels et notamment pour de petites entreprises, commerciales et souvent associatives, dont la trésorerie est très fragile et qui peuvent faire face à des revendications « jusqu’au boutistes » d’anciens salariés licenciés, fut-ce pour motif économique, et revanchards.

Ce problème en cache un autre, que ni le MEDEF ni les syndicats de salariés ne veulent voir évoquer, c’est la dérive inquiétante des juridictions prud’homales, fondées sur le paritarisme social. Dans les faits, ces juridictions rendent des décisions extrêmement contestées et sujettes à de multiples recours, qui entraînent une durée de contentieux social considérable et nuisible tant aux salariés qu’aux employeurs.

Ainsi en 2014, le taux d’appel des jugements des conseils de prud’hommes s’est élevé à plus de 60 % des décisions rendues ! Les cours d’appel sont surchargées de contentieux social, qui nécessite deux à trois ans pour obtenir une décision définitive, s’ajoutant aux 18 mois nécessaires en première instance, en moyenne.

Par ailleurs le paritarisme social, issu d’une conception marxiste de la lutte des classes et de l’antagonisme des partenaires sociaux censé garantir l’impartialité des décisions de justice, ne fonctionne pas correctement. En réalité les décisions sont prises par une succession de compromis et parfois sous forme d’une répartition entre des décisions en faveur d’un employeur et des décisions en faveur d’un salarié, au sein d’un bureau de jugement.

La connaissance du droit étant très inégale et l’expérience judiciaire des conseillers prud’homaux limitée, ils sont plus sujets à des manipulations par les avocats des parties et enclins à rendre des décisions très tranchées, où au lieu de la réparation intégrale du dommage subi par un salarié, ils peuvent condamner l’employeur à payer des sommes bien supérieures, qui s’apparentent en réalité à une sanction pécuniaire de son comportement jugé déloyal. Ces décisions peuvent bien sûr faire l’objet d’un appel mais les jugements sont souvent assortis de l’exécution provisoire et exécutés par les salariés bénéficiaires dans de très courts délais, en saisissant notamment les comptes bancaires de l’entreprise, afin de faire pression sur l’employeur, notamment.

Certes l’article 524 du code de procédure civile permet au premier président de la cour d’appel de suspendre l’exécution provisoire en cas de « conséquences manifestement excessives » mais l’exercice de ce recours nécessite un certain délai, qui peut s’avérer fatal à l’entreprise.

Le problème étant ainsi posé, on s’aperçoit que sa solution reposerait plus sur la réforme des juridictions prud’homales, par exemple en y intégrant un juge professionnel permettant d’éclairer en droit les juges élus et le cas échéant de peser sur la décision en délibéré en cas de parité dans un sens qu’on peut espérer impartial, que sur le plafonnement par la loi de l’indemnisation des dommages causés à leurs salariés par les employeurs, qui est ici réclamé politiquement.

Toutefois ni le MEDEF ni les syndicats de salariés ne veulent d’une réforme des conseils de prud’hommes, dont ils tirent ou espèrent tirer chacun divers bénéfices en termes d’influence dans certains litiges ou de postes de permanents ainsi rémunérés. Bien que préconisée récemment encore dans divers rapports, cette réforme a été enterrée.

Certes, l’idée d’une limitation des indemnités versées aux salariés, essentiellement dans le cas de licenciements jugés abusifs car juridiquement injustifiés, préserverait les entreprises du risque de recours judiciaires abusifs dans les montants indemnitaires exigés, leur permettrait de ne provisionner en trésorerie que des sommes raisonnables et éviterait la prise de décisions judiciaires aux conséquences manifestement excessives et hors de proportion avec les dommages réellement subis par les salariés licenciés. Mais, une telle limitation contreviendrait à un principe général du droit qui est celui de la réparation intégrale du préjudice et le conseil constitutionnel a déjà refusé, à l’occasion de la loi Macron 1, cette limitation comme anticonstitutionnelle au regard des critères de mise en oeuvre que la loi avait prévus[12].

Au delà de la constitutionnalité, au nom de quoi un salarié licencié abusivement devrait-il n’être indemnisé que pour partie de son préjudice économique ou personnel issu de cette faute commise par son employeur, ou de façon forfaitaire ? La réparation forfaitaire ou plafonnée de certains préjudices existe déjà mais elle ne concerne que des fonds d’indemnisation de certaines situations, alimenté avec de l’argent public : Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante, par exemple. Et dans ce cas, la victime n’est pas privée du droit d’exercer un recours de droit commun contre une personne qui pourrait avoir commis une faute ayant contribué au dommage, en plus de l’indemnité du Fonds.

En matière d’accident du travail, il existe aussi des barèmes forfaitaires ou plafonnés d’indemnisation des salariés mais il s’agit d’un dispositif d’assurance sociale et certains préjudice personnels, d’ordre moral par exemple, peuvent toujours donner lieu à une action directe contre l’employeur qui aurait commis une faute à l’origine du dommage.

D’autre part limiter par avance le montant des indemnités susceptibles d’être dues par l’employeur à un salarié qu’il veut licencier, romprait l’égalité de droits voulue par le droit du travail et permettrait à cet employeur de calculer et accepter le prix à payer pour se débarrasser d’un salarié encombrant, délégué du personnel ou syndical par exemple. Une telle mesure serait vécue comme profondément injuste par les salariés et ce serait un piège fatal pour un gouvernement de gauche, voire même de droite, que d’y consentir.

Pour répondre à la problématique soulevée, qui est réelle, pourquoi ne pas chercher à limiter seulement les abus de certaines décisions prud’homales en plafonnant non pas l’indemnisation des préjudices des salariés mais le montant de l’exécution provisoire des condamnations prononcées en première instance ? Par exemple en fixant un pourcentage maximum du chiffre d’affaires de l’entreprise condamnée pouvant donner lieu à exécution provisoire, évitant ainsi tout risque sur l’équilibre économique de celle-ci et sur sa pérennité, avec la conservation des emplois que cela entraîne.

Evidemment cette solution n’empêcherait pas une cour d’appel de prononcer des condamnations plus importantes, qui seraient de plein droit exécutoires, mais la pratique judiciaire nous enseigne que ce sont des cas assez rares, suffisamment en tous cas pour garantir un apaisement sur cette question, me semble-t-il. »

Bruno Bertrand, Magistrat

Dernière(s) minute(s)

1) Déchéance de nationalité ou déchéance intellectuelle ? Ne vous laissez pas enfumer [13]!

Je suis obligé d’y revenir juste pour vous dire deux ou trois trucs de base qui désossent ce que disent les opposants à la mesure qui, comme ledit Professeur Beaud ou des collectifs improbables, s’étalent à longueur de colonnes dans le Monde, Libé, l’Obs, ou les médias audio comme visuels, pour récriminer contre l’inscription de cette réforme et celle de l’état d’urgence dans la Constitution.

D’abord, l’inscription d’une règle ou d’un principe dans la Constitution est une garantie et non pas une menace quoi qu’en disent tous les imbéciles, puisque une simple majorité politique (50%) derrière une blonde bleue marine ne peut la changer (il y faudra les 3/5 des députés et sénateurs). La Constitution contient nos règles fondamentales et la nationalité en est une, ainsi que les règles et garanties applicables en état d’exception.

Ensuite (et d’ailleurs), la nationalité est déjà dans la Constitution (article 34) y ajouter les conditions dans lesquelles on peut en être déchu n’est pas une révolution et procède de la même garantie du a) ;

Ensuite (et toujours), le droit du sol n’a rien de l’absolu qu’on vous dit pour protéger nos bi-nationaux, puisque son cher bénéficiaire peut y renoncer et que ses effets peuvent se perdre dans certains cas; les individus auraient-ils ainsi plus de droits que la République elle même ?

Enfin, les plus hautes instances juridictionnelles compétentes sur le fonctionnement de nos institutions (Conseil d’Etat, Conseil constitutionnel) ont jugé que l’état d’urgence et ses modalités de mise en œuvre étaient conformes à la Constitution et au droit.

De même, sur la déchéance de nationalité, le Conseil d’Etat a indiqué au gouvernement comment procéder et le Projet de réforme constitutionnelle qui a été transmis au Parlement, après le Conseil des ministres du 23 décembre, retient la rédaction proposée par le Conseil d’Etat (projet de loi de révision constitutionnelle qui porte d’ailleurs la signature en contreseing ministériel de Christiane Taubira qui n’a découvert sans doute qu’ensuite qu’elle y était opposée, peut être en relisant en janvier les épreuves de son ouvrage en cours d’impression…).
Bref qui sont tous ces « génies » qui, chaque jour dans les médias, s’érigent en censeurs et veulent vous faire croire à une réforme inutile, voire inepte ? Ne vous laissez pas enfumer. Lisez les, écoutez les, si vous en avez envie, mais en vous souvenant en permanence de ce qui est ci-dessus !

2) Une partie de la gauche tourneboulée et cul par dessus tête encore…

La Ligue des droits de l’homme (LDH), soutenue par toute une ribambelle d’organismes dont il faudra bien se souvenir, qui demande au Conseil d’Etat de suspendre la mise en œuvre de l’état d’urgence, comme si le Conseil d’Etat pouvait suspendre l’application d’une loi[14]…

Ils sont entre de bonnes mains les droits de l’Homme !

La Haute juridiction envoie péter la LDH, et l’enfonce dans son ridicule achevé, par une motivation qui sonne comme le correctif cinglant d’une copie nulle d’étudiant de première année, qui a séché tous les cours.

L’épisode illustre bien la confusion des esprits à gauche en cette période de recomposition politique, évoquée dans la note sur « La nouvelle frontière » publiée dans DECODA. Il n’y a plus d’analyse juridique sérieuse, on cherche à invoquer les autorités morales nationales ou internationales pour des simples motifs de désaccords idéologiques et faire pression sur le gouvernement.

Autre exemple : le départ de Christiane Taubira, logique compte tenu des désaccords idéologiques avec le gouvernement Valls et la présidence Hollande, mais au prétexte (car c’en est un[15]) du refus de la déchéance de nationalité pour les terroristes bi-nationaux !

Quel est, en effet, le grand principe des droits de l’Homme (ou socialiste) qui serait atteint par cette mesure, alors que, dans le même temps, le gouvernement s’engage à ratifier (enfin) la convention internationale interdisant de créer des apatrides et prévoit des sanctions équivalentes pour les terroristes n’ayant que la nationalité française, les privant de leurs droits de citoyens français (type indignité nationale ainsi rebaptisée) comme nous l’avons proposé dès le 29 décembre dans une Tribune publiée aussi dans DECODA ?

Concrètement, qui veut-on défendre en refusant cette mesure purement symbolique, qui ne va concerner qu’une dizaine de personnes par an, condamnées par des cours d’assises à des peines de prison très longues, et dont le caractère limité pour l’avenir à l’hypothèse terroriste sera garanti par sa présence dans la Constitution, nécessitant les 3/5° du Parlement pour toute évolution future ?

En réalité ce prétexte est avancé, en pure opportunité, par C. Taubira dont le prochain objectif est de faire perdre Hollande à la présidentielle en 2017 s’il devait se représenter, comme elle a, avec d’autres fait perdre Jospin en 2002. Et comme par hasard, son action au Ministère de la Justice est saluée par Cecile Duflot, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, qui tous souhaitent l’échec de Hollande et de la gauche sociale démocrate en 2017…

En 2002, C. Taubira avait contribué à amener Jean-Marie Le Pen au second tour; en 2017 parions qu’elle va se présenter ou soutenir un candidat de la gauche de la gauche au premier tour qui entraînera l’éviction de Hollande (s’il se présente) au 2ème tour, au risque, cette fois moins négligeable de faire élire Marine Le Pen, dont le parti se gausse encore d’un montage photographique comparant C. Taubira à un singe… Confusion des idées, quand tu nous tiens. Au passage cette haine inadmissible ne relève pas que de l’extrême droite et la droite dite républicaine s’est largement compromise également à l’occasion des débats sur le « mariage pour tous » qui restera un des grands dossiers conduit au succès par la garde des sceaux quoi qu’en pensent tous les réacs de ce pays.

Tout ceci à la fois par rancune (qu’elle a tenace, pour les couleuvres avalées au Ministère de la Justice) et par cette illusion que si les socialistes n’adhèrent pas à l’idéologie qui est celle de l’aile gauche, des écolos-gauchistes et des ex-communistes, eh bien tant pis, ils auront l’extrême-droite au pouvoir, bien fait pour eux ! Et l’espoir qu’une fois au fond du trou, comme le Danemark qui prévoit de confisquer les bijoux des réfugiés, les électeurs vont alors se rallier à leurs thèses utopistes.

Et si ça ne marchait pas et que l’extrême-droite avec sa stratégie des boucs émissaires demeurait majoritaire ? Regardez Béziers, où aux dernières élections, après deux ans de mairie avec Robert Ménard et ses provocations racistes et nationalistes, plus de 50 % des biterrois ont encore voté Front National aux Régionales. Je connais des biterrois qui ne sont pas d’extrême droite, qui trouvent que Ménard est un bon Maire car la ville est plus propre (ordures mieux ramassées) les impôts locaux sont gelés après des années de hausse, la police municipale, armée, est plus visible, etc.. Sous Mussolini, on disait qu’en Italie, enfin, les trains arrivaient à l’heure. Mais à quel prix pour ceux qui ne soutenaient pas le fascisme ?

Le risque est réel quand on voit, comme on vient de le dire, ce qui se passe au Danemark, présenté comme un modèle de société avancée, avec peu de chômage, et une tradition humaniste qui l’avait fait résister à la déportation des juifs sous l’occupation Nazie.

Eclairant aussi : 66 % des gens de gauche jugent mauvais le bilan de Taubira au Ministère de la Justice.

Je n’en fais pas partie, si elle n’a pas vraiment « modernisé » la Justice comme elle le prétend, c’est inexact en effet, je considère qu’elle l’a plutôt bien gérée en faisant des recrutements nécessaires, après les coupes sombres de Sarkozy, en poursuivant l’informatisation des juridictions et la construction de nouveaux établissements pénitentiaires et en tenant un discours courageux face au populisme facile des hommes de droite lors d’un fait divers criminel.

Son action législative a été équilibrée, même si elle a dû renoncer à des approches utopistes en matière pénale grâce (c’est un service qu’il lui a rendu) à Valls.

Rappelons que dans le projet initial de réforme des courtes peines, il était préconisé de supprimer tout emprisonnement délictuel de moins de trois mois pour le remplacer par la contrainte pénale. Ceci aurait donc entraîné l’obligation de remettre en liberté immédiatement tous les petits délinquants arrêtés par la police, avec les conséquences qu’on imagine sur les policiers et l’opinion publique !

Donc la contrainte pénale a été ramenée au simple rang de nouvelle peine de substitution, laissée à l’appréciation des juges, ce qui ne présente aucun intérêt puisqu’il existait déjà une peine équivalente : le sursis avec mise à l’épreuve, largement utilisé en fait.

D’où l’aspect peu compréhensible, si l’on ignore le projet initial, de cette réforme pénale, par ailleurs rejetée, a priori, pour des motifs populistes par la droite, car elle revenait, avec raison pour une fois me semble-t-il, sur les peines planchers instaurées par Sarkozy.

Bruno Bertrand (avec FB)

2) Pénaliser le fondamentalisme ?

Dans notre Tribune paru dans Slate il y a quelques jours et signalée à votre attention sur ce blog, nous nous interrogions avec mes co-auteurs, dans le prolongement de Mohamed Sifaoui qui l’a suggéré, sur la nécessité et les moyens de pénaliser le fondamentalisme islamique pour se débarrasser de ces ennemis de la République et en tuant, en prime, le terreau du terrorisme. L’état de notre droit permet-il une incrimination notamment au regard des textes punissant les discriminations faites aux femmes ?

Faudrait il aller au delà et punir une conviction fondamentaliste dès lors qu’elle attente aux principes républicains ? Cette question est très importante et DECODA la traitera dans un prochain numéro en faisant un point complet avec l’aide d’experts de ces questions pénales (magistrat et universitaire). Cela ne pourrait qu’aider les musulmans qui respectent la République à affermir leur position en éliminant radicalement l’enfermement doctrinal actuel que l’islam peine à dépasser.

http://www.marianne.net/agora-islam-sortir-enfermements-doctrinaux-100232430.html

Peut être alors aussi que la faiblesse et la démagogie d’une partie de la gauche qui a abandonné la laïcité pour ne pas peiner les opprimés ne seraient plus aussi nocives à la République.

http://www.marianne.net/laicite-defaite-obsolete-100239876.html

3) Sarkozy, 20 ans de moins que Chirac, déjà gaga le petit…

Un festival pour benêts que le dernier bouquin de notre ancien président qui veut le redevenir :

http://www.liberation.fr/desintox/2016/01/26/la-france-pour-la-vie-le-livre-riche-en-intox-de-nicolas-sarkozy_1429016

En prime, toujours aussi consternant le Nico dans le genre franchouillard (merci Vovonne):

http://www.huffingtonpost.fr/2016/02/04/video-coup-gueule-michel-cymes-marina-carrere-d-encausse-paquet-neutre-sarkozy_n_9159634.html?utm_hp_ref=france

Et qu’est ce qu’elle en dit la Plincesse de Crèves ? Qu’elle est en train de finir « Vadig et Zoltaire », sans doute prêté par Le Fèvre, encore un Maréchal, une huile grasse mais elle n’est pas d’empire, elle empire…

Les nouvelles du (des) front(s) bébête(s)…

sont toujours des nouvelles d’effroi..

Nos lamentables médias, toujours juste pour faire du fric, qui servent la soupe à nos ennemis

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/25/31003-20160125ARTFIG00288-dpda-le-supplement-de-canal-plus-quand-la-tele-invite-les-ennemis-de-la-republique.php

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/25/31003-20160125ARTFIG00280-un-integriste-sur-le-plateau-de-canal-celine-pina-interpelle-najat-vallaud-belkacem.php?redirect_premium

Chiffres clés

Les chiffres qui tuent….

Les 62 premières fortunes du monde ont augmenté leur richesse individuelle de 50% en dix ans et possèdent autant que le reste de la population mondiale… Ca ruisselle dur, hein les bons libéraux qui veulent toujours davantage réduire les solidarités qui leur coûtent si cher, précariser encore plus les situations de travail et revenir en fait à la « place de grève »…

C’est bien ça leur rêve, la « place de grève » à Paris où les ouvriers tacherons venaient chaque jour tenter de vendre leur force de travail. Aujourd’hui la « place » s’appelle « plateforme » et elle est virtuelle et sur le net… Numérique, réseaux, facilitateurs et complices des exploiteurs quand ils ne nous rendent pas débiles avec la pensée cantonnée à quelques signes ou smileys…

Comparaison n’est pas raison, et « Tristes Topiques »[16] comme disait notre bon Claude parti il y a déjà bientôt un an. Oui, triste….

Les Crétins du mois

Un trio de choc ce mois :

1) J.L. Bianco, cretinus maximus !

Le président d’un observatoire, qui a largement failli, placé sous l’autorité du premier ministre (l’Observatoire de la laïcité) au mépris de toutes les règles de fonctionnement de l’Etat s’en prend dans les médias à son patron Manuel Valls, laissant même croire qu’il le pouvait au motif qu’il serait une autorité administrative indépendante ! Ce qui est faux.

En résumé : Elisabeth Badinter a, sur France Inter, dénoncé l’usage pernicieux du terme «islamophobie» contre la laïcité et s’est faite agresser par tout ce que ce pays compte « d’islamophile » dont ledit Président Bianco. Recadré par le Manu 1er, il s‘est connement rebiffé dans les médias.

Il suffit de rappeler que les lois anti discriminations ne s’appliquent ni à la protection des idées, ni à celle des croyances, mais ne protègent que les individus. Que le racisme se manifeste en France sous des formes diverses et vise des citoyens à raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à des groupes ethniques ou religieux. Qu’il doit être combattu sans faiblesse sans devoir avoir recours à un terme spécifique tel « islamophobie » s’agissant des musulmans car ce terme est instrumentalisé par ceux qui veulent interdire toute critique de l’islam et de comportements antirépublicains qui sont ou se prétendent fondés sur la religion.

Nous sommes tous ainsi « islamophobes », au fond en vrai, avec CHARLIE et avec Elisabeth !

Comme d’habitude le bon, l’excellent, Mohamed Sifaoui a tout bien résumé :

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/28/31003-20160128ARTFIG00270-mohamed-sifaoui-pourquoi-jean-louis-bianco-doit-partir.php [17]

2) La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) qui demande au Conseil d’Etat de suspendre l’Etat d’urgence ! Comme on l’a dit avec Bruno en « Dernières minutes » ci-dessus : comme si le juge administratif pouvait ordonner la suspension de l’application d’une loi[18]… Et avec ça Le Monde daté du 4 février qui tente de nous faire croire, ou croit même peut être, que le Conseil d’Etat valide ou invalide les projets de loi avant qu’ils passent en Conseil des ministres… Désespoir absolu devant tant de décrépitude…

3) Christiane Taubira, qui choisit sa date de démission en fonction de la promotion de la sortie de son livre (imprimé en cachette en Espagne, acheminé sous palette et film opaque ensuite, pour sortir juste après sa démission). Bravo, bien joué !

En plus quand on lit ses bonnes feuilles elle raconte n’importe quoi sur la déchéance de nationalité, le motif soi-disant de son départ, puisque ce qu’elle critique connement est abandonné ! Primaire quand tu les tiens, pathétique…. Pas de doute, elle semble se joindre à la bande des nazes qui veulent rejouer 2002 ! La liste s’allonge…

La p’tite biblio

Quelques rappels utiles par les temps qui courent

Notes de lecture sur quelques publications pour y voir clair en matière de laïcité :

http://www.libre-penseur-adlpf.com/2016/02/notes-de-lecture.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Isabelle Kersimon, journaliste a coécrit, avec Jean-Christophe Moreau, Islamophobie: la contre-enquête (Plein Jour, 288p, 19€, octobre 2014).

A acheter ou à voler. D’urgence car, outre la manipulation que recèle le terme même d’islamophobie (comme l’ont montré des femmes de droite et racistes, telles E Badinter ou C Fourest !), même les statistiques produites par les pourfendeurs de l’islamophobie comitologisés sont truquées et procèdent de la même logique, celle du bâillon.

Dans un très bon article d’Eric Guérin dans Le Monde daté du 23 janvier[19] à propos des évènements de Cologne, toute une série de références d’ouvrages et de film sur les pratiques « culturelles » dans le monde arabo musulman qui montrent que, in fine, les adeptes de la secte ont pour objectif d’expulser par tout moyen la femme de l’espace public (article joint en fichier média Cologne passée au crible cultureCologne passée au crible culture).

Alors, oui, que oui ! Contre cela, et peu m’importe que ce soit religieux ou culturel ou les deux, tant c’est inadmissible et sans l’once d’un compromis possible, je suis, avec Elisabeth Badinter « islamophobe ». Et nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses quoi qu’en disent ceux qui s’évertuent encore pour les évènements de Cologne, par l’amalgame avec d’autres violences sexuelles incontestables dans nos sociétés non islamiques, à nier l’objectif systémique, dans le monde islamique, d’expulsion de la femme de l’espace public [20] ! Sans doute parce qu’il ne les dérange pas trop… sinon je ne vois pas pourquoi ?

Il y a là, comme on dit quand on veut faire savant sur un territoire lointain où les blancs ne se préoccupent normalement que de leur bateau et de leur 4×4, une « différence ontologique » énorme, irréductible et qui, pour le progrès humain notamment dans sa moitié féminine, ne peut se résoudre que par la défaite de l’obscurantisme le plus odieux que la terre puisse encore porter au XXI siècle.

Enfin, comme nous sommes en guerre même si chacun revaque, deux approches intéressantes :

– Celle anthropologique de Scot Atran sur l’islamisme radical et l’EI; même si l’auteur peut sembler parfois séduit par les caractéristiques qu’il identifie fort bien, celles-ci sont là et bien là, c’est ce qui importe même si elles sont déprimantes, car renforçant l’idée de combat total contre une idéologie totalitaire ennemie, comme au siècle précédent et même ceux qui l’ont précédé…

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160129.OBS3681/l-etat-islamique-est-une-revolution-par-scott-atran.html

– Celle statistique d’une étude aux résultats révélateurs de l’étendue du désastre dans le registre « il n’y a pas de problème de laïcité » en France et surtout pas à l’école… Le mal est fait au delà des bouts de tissus et colifichets, le désastre communautariste sur fondement religieux est bien là, et dans les têtes ! Venant d’un hebdo chantre de toutes les ouvertures et faiblesses cela ne manque pas de saveur.

http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20160202.OBS3878/exclusif-l-ecole-defiee-par-la-religion-l-enquete-qui-accuse.html

C’eût été dans Marianne, on aurait dit normal, c’est leur combat, notre combat, mais là…. Y aurait-il un espoir qu’une partie de la gauche ouvre les yeux ? A déguster doublement, donc !

Blogs amis

1) Le blog de l’ami ABF (architecte des bâtiments de France),

Eh oui, on peut être pote avec un ABF…

http://www.alainmarinos.net/

Si vous pensez, ou pressentez, que notre patrimoine ce n’est pas que des « objets » insignes protégés au regard de leur intérêt historique propre, qu’ils soient immobiliers ou mobiliers, mais que notre patrimoine c’est aussi des sites, des espaces, des territoires entiers, urbains ou ruraux – historiques, légendaires ou pittoresques comme disait si joliment la loi de 1930 – expression de la vie des hommes ou de son cadre, et partie donc de l’anthroposcène, alors, mais alors seulement, allez sur ce blog de l’ami Alain, ABF de son Etat, avec qui le hasard nous a fait nous retrouver, un peu chacun de chaque côté du front mais en toute amitié, sur un projet de loi récent qui fait débat.

2) Et, en prime le blog de l’ami Robert S. grand amateur d’horloges de Parquet (outre manifestement le bijou franco italien que fut la Citroën SM), ces autres joyaux de la bonne Comté Franche et du Jura, avec les fromages et le vin jaune :

http://robert.salvat.pagesperso-orange.fr/

Notes de bas de page

[1] Master2, Sciences Politiques-Relations Internationales, Parcours Francophonie et Mondialisation, Spécialité Développement Durable et Economie Sociale et Solidaire; Université Jean Moulin, Lyon 3

[2] http://www.terraeco.net/Mais-au-fait-c-est-quoi-la-societe,63603.html

[3] http://www.theguardian.com/environment/georgemonbiot/2015/dec/12/paris-climate-deal-governments-fossil-fuels

[4] http://www.novethic.fr/empreinte-terre/climat/isr-rse/cop21-le-bilan-de-tout-ce-qui-compte-mais-qui-n-est-pas-dans-l-accord-143777.html

[5] http://www.terraeco.net/La-COP21-est-terminee-pas-notre,63940.html

[6] https://ethiquepublique.revues.org/937

[7] http://www.terraeco.net/La-COP21-est-terminee-pas-notre,63940.html

[8] Jean Ziegler (rapporteur spécial des Nations Unies), « Destruction massive, géopolitique de la faim ».

[9] http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Apres-la-COP-21-tout-est-possible-mais-tout-reste-a-faire-2015-12-13-1392469

[10] http://www.sudouest.fr/2015/12/16/climat-et-cop21-apres-l-accord-historique-de-paris-tout-reste-a-faire-2218277-706.php

[11] Biblio rappel 1ère partie

http://www.terraeco.net/L-Accord-de-Paris-ce-qu-il-y-a-et,63116.html

http://www.courrierinternational.com/article/vu-des-etats-unis-laurent-fabius-ce-gangster-des-negociations-climatiques

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/cop21-et-maintenant/

http://fr.scribd.com/doc/293239842/Accord-de-Paris-COP21

http://www.huffingtonpost.fr/2015/12/12/france-cop21-succes-echec_n_8791448.html

http://www.iris-france.org/68341-cop-21-quel-bilan/

Bibilio 2ème partie :

COP21 : le Bilan, et Maintenant ?

http://www.novethic.fr/empreinte-terre/climat/isr-rse/cop21-le-bilan-de-tout-ce-qui-compte-mais-qui-n-est-pas-dans-l-accord-143777.html

http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/021603837000-cop21-le-dur-retour-a-la-realite-apres-leuphorie-du-bourget-1194332.php

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Apres-la-COP-21-tout-est-possible-mais-tout-reste-a-faire-2015-12-13-1392469

http://www.sudouest.fr/2015/12/16/climat-et-cop21-apres-l-accord-historique-de-paris-tout-reste-a-faire-2218277-706.php

http://www.novethic.fr/empreinte-terre/climat/isr-rse/climat-apres-le-succes-de-la-cop21-tout-reste-a-faire-143781.html

[12] Il a ainsi considéré dans sa décision n° 2015-715 DC du 5 août 2015 relative à la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques : « 152. Considérant toutefois, que, si le législateur pouvait, à ces fins, plafonner l’indemnité due au salarié licencié sans cause réelle et sérieuse, il devait retenir des critères présentant un lien avec le préjudice subi par le salarié ; que, si le critère de l’ancienneté dans l’entreprise est ainsi en adéquation avec l’objet de la loi, tel n’est pas le cas du critère des effectifs de l’entreprise ; que, par suite, la différence de traitement instituée par les dispositions contestées méconnaît le principe d’égalité devant la loi »

[13] Sans même parler des « frondeurs de droite » qui pour la peau de Sarkozy s’opposent désormais à la déchéance…

[14] Il faut rappeler pour les non spécialistes que dans un régime de séparation des pouvoirs, aucun juge, ni administratif, ni judiciaire, ne peut suspendre l’application de la loi, votée par la représentation nationale et expression de la volonté générale, seul le juge constitutionnel peut vérifier la conformité d’une loi à la constitution (avant sa promulgation ou sur QPC ultérieurement) mais, en tout état de cause, jamais en « suspendre l’application » par un référé idiot et porté devant un juge qui n’a pas le pouvoir d’accéder à la demande formulée….

[15] NDLR : comment nier que c’est un prétexte quand on sait que C Taubira a contresigné, en tant que Garde des Sceaux, ministre de la Justice, le projet de loi constitutionnelle arbitré en Conseil des ministres le 23 décembre dernier qui comportait l’inscription dans la Constitution de la mesure de déchéance de nationalité…

[16] En droit, un cas topique est un cas qui sonne juste pour faire une comparaison ; au Conseil d’Etat on parle volontiers de « précédent topique » qui permet de juger identiquement un cas semblable, dans une économie de moyens qu’on ne peut que louer… au regard de la situation des finances publiques

[17] Ami lecteur tu pourras t’étonner de voir fleurir dans ce billet de gauche des liens fréquents avec ce canard de droite qu’est le Figaro ; mais il faut le dire, avec Marianne, dans la grande presse, c’est le seul endroit, hélas où l’on trouve encore parfois l’expression d’une pensée authentiquement laïque ; on n’est pas dupe des convictions laïques réelles de l’électorat du Figaro, et notamment de la droite catholique, mais force est de constater que ce journal donne la parole aux partisans d’une laïcité non dévoyée ; Libé, Médiapart, l’Obs. sont devenus insupportables car ils ont pris le parti délibéré de la gauche bêlante, libertarienne, antisécuritaire et surtout bêtement antigouvernementale, quand ce n’est pas celui de nos ennemis, faisant ainsi consciencieusement le lit de l’extrême droite; Le Monde, quant à lui, est devenu très proche de ces derniers dans sa croisade anti réforme constitutionnelle, même si l’on y trouve encore sous certaines de ses plumes des articles éclairants tels ceux d’Eric Guérin ; qu’on ne nous dise pas qu’il faut tout lire pour être justement éclairé et objectif ; nous sommes en guerre contre un nouveau totalitarisme et on n’est pas obligé de lire sa prose ou celle de ses innombrables idiots utiles !

[18] Sans même passer par une QPC de surcroit, plus con c’est juste impossible, il paraît que Montesquieu en est sorti tout droit de son cercueil ! http://www.conseil-etat.fr/Actualites/Communiques/Etat-d-urgence

[19] Merci à l’amie Monique B. de nous l’avoir signalé !

[20] Telle Nacira Guénif, sociologue et anthropologue, dans Le Monde daté du 31janvier/1er février

Publicités