DECODA 52, 7/01/2017

Premier numéro de l’année 2017, daté du 7 janvier bien sûr en l’honneur des CHARLIE…

Le génial Tonton Bernard, le grand Wolinski, le doux Cabu, le bon Charb et tous les autres, massacrés au nom d’une  confession barbare et pas par des nihilistes, de gentils révoltés ou de pauvres chômeurs ostracisés.

Non, massacrés au nom d’une religion qui s’appelle l’islam et sa charia, la loi islamique. La religion qui voile la moitié féminine de l’humanité, la religion qui s’oppose à notre modèle humaniste issu des Lumières, la religion qui veut réduire au néant tout ce qui s’oppose à elle, comme toute idéologie totalitaire. Franchement si ce n’est pas elle, c’est qui ? La religion dont 28% des fidèles en France en 2016 considèrent que la loi de Dieu est au dessus de celle de la République ! Ailleurs, en terre d’islam, ça doit aller bien au delà et approcher parfois les 100%, mais ça ne nous rassure pas.

Outre le combat par les armes sur les sols où il doit être conduit, en ce début d’année, celui des bonnes résolutions, n’oublions pas que le combat est aussi idéologique et doit être mené sur notre sol par le droit pour faire respecter nos principes fondamentaux. Ici on y croit davantage qu’aux méthodes de gentils GO du « Club Med » qu’affectionnent certains.

Un numéro 52 bien nourri aussi pour l’ouverture d’une année lourde pour notre devenir collectif.

Avec son « Edito » sur « Les primaires d’un bout de la gauche et pas du centre… Y aller ou pas ? »

Avec, en « Thème du mois », le dernier épisode de notre saga sur « Islam radical et Etat de droit » qui termine le travail entrepris avec les amis Jean et Bruno en 2016 sur les moyens qu’offre notre Etat de droit pour lutter contre cette idéologie totalitaire. Si vous en doutiez nous ne sommes pas démunis.  Sans rien abandonner de nos principes démocratiques, sans renoncer à nos valeurs républicaines, et d’accueil notamment des réfugiés, nous pouvons lutter et nous donner les armes nécessaires. Il suffit de le vouloir et d’en avoir le courage. Nous le pouvons en droit!

Dans cette dernière livraison, nous proposons de tirer toutes les conséquences de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH)  sur l’islam politique et la charia. Nous proposons ainsi de faire mieux respecter nos principes fondamentaux quant à la protection des esprits, notamment les plus jeunes, ou l’égalité homme/femme, vis-à-vis d’une idéologie clairement totalitaire et qualifiée comme telle par la CEDH.

Nous y disons en conséquence, ce qui est possible en droit et comment il faut le faire dans une démocratie qui se respecte mais veut se protéger, s’agissant de l’interdiction des signes religieux prosélytes en crèches et maternelles, à l’école, à l’université, dans les entreprises et associations, dans les locaux des services publics, dans l’espace public…  Ensuite, à chacun son opinion et aux décideurs de décider, mais que l’on ne nous raconte plus d’histoires sur ce qui ne serait soi-disant pas possible dans nos Etats de droit. Le choix de la lâcheté, ou de la démagogie, est toujours possible, hélas, mais ce sera désormais sans alibi, ni paravent !

Bonne lecture en une ou deux colonnes à votre choix :

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ou bien en accès direct au texte ci-après :

Texte du numéro 52

 

SOMMAIRE

Edito  

La primaire d’un bout des gauches (et pas du centre…) Y aller ou pas ?

Thème du mois 

Islam radical :

Quatre questions concrètes pour notre Etat de droit

Suite et fin (Dernier épisode de la saga)

Les Brèv’vertes n°10 de Lucas 

Dernière(s) minute(s) 

Les pseudos racines de la France

France Inter, radio de service public, religions et laïcité

Affaire Sauvage

Emploi, chômage, bêtise sans limite des opposants

Les nouvelles des fronts bébêtes 

Sont toujours des nouvelles d’effroi

Le Monde, le canard qui se fout de notre gueule

Chiffres clés  

In fine, 2,7 millions…

Le crétin du mois                                               

L’héritier d’une grande famille française de gauche :

Le ci-devant, Laurent Joffrin de la Boboïtude Libérée

La p’tite Biblio                                            

A propos de « Dieu et moi » par l’ami Jean-Michel

Denis Lacorne

Joseph E. Stiglitz

 

Edito

La primaire d’un bout des gauches et pas du centre…. Y aller ou pas ?

Mendès et Camus jusqu’au bout des ongles de chaque main, quitte à devoir choisir le premier pour ma gauche et le second pour ma droite, il faut dire les choses haut et clair face à une gauche devenue pathétique en France. Au delà des personnes, qui ont leurs qualités et leurs défauts, se profilent des lignes politiques et certaines sont suicidaires, outre les dysfonctionnements du parti socialiste.

Minoritaires au sein de la majorité qui gouvernait et qu’ils n’ont eu de cesse de flinguer, certains ont imposé, il y a un an à peu près, l’idée de la primaire de la gauche surtout pour empêcher Hollande de se représenter. Et ça a marché. Il faut dire que le grand consortium des ânes avait installé la primaire dans les statuts du PS sans se préoccuper d’un éventuel président sortant socialiste susceptible d’être candidat à un second mandat. C’est dire s’ils y croyaient…

Comme si le président de la République en exercice sous la Vème, Président de tous les français, pouvait, en même temps que le cours de son mandat, venir jouer devant ses concitoyens au petit jeu des chiffonniers d’un camp politique, se bagarrer avec ceux qu’il commande encore. Faut être sacrément con pour le croire ou n’avoir rien à battre des institutions et de la République qui ne seraient au fond que des instruments. Mais les instruments de quoi au juste pour ces gens-là ?

Il ne s’est agi en fait que d’une question d’ambitions personnelles et pas de politique au sens noble, ni encore moins d’intérêt général[1]. D’ailleurs, l’un des chantres initiaux de cette idée de primaire contre un président sortant, le GDP[2] Montebourg, a même été tenté un temps d’y aller hors primaire… Les autres candidats sont des figurants, ou des momies sorties de la naphtaline[3] juste pour empêcher Valls d’écrabouiller le résultat et le « courant » Montebourg/Hamon d’un seul coup.

Bref, la grande pantomime continue, et au lieu de se faire un p’tit Congrès du PS ils font des p’tites primaires. D’autant, qu’une autre partie de la gauche, encore plus pathétique que les frondeurs, fait déjà la route en free lance derrière Mélenchon 1er, futur empereur des francs insoumis et de Cuba réunis… Une 3ème fraction de la gauche enfin, plutôt proche du centre elle, avec Macron fait aussi la route de son côté, hors circuit des partis et en direct avec Dieu le peuple… Pardi !

Non mais ! Où va t-on franchement ainsi, sinon droit dans le mur bleu marine qui nous pend au nez ou son succédané, celui bleu horizon des rillettes avariées de la Sarthe ? Comment arrêter ce bazar. Je ne vois qu’une façon en dehors de la démission et de la canne à pêche, à laquelle on ne peut se résoudre.

Il faut y aller à ces primaires et voter les 22 et 29 janvier prochain. Et en masse ! Il faut y aller d’abord pour punir tous ceux qui ont sans cesse savonné la planche d’un gouvernement de gauche, social démocrate, sans avoir le courage de rejoindre Mélenchon pour autant et tout en votant comme un seul homme, il y a peu encore, la confiance au Premier ministre Cazeneuve pour poursuive la politique sur laquelle ils crachaient.

On en a plein le dos et on appelle à sanctionner les Montebourg, Hamon et consorts. On n’en veut plus de tous ces fantoches qui ne roulent que pour empêcher quand ce n’est pas pour leur seule pomme. En fait pour le suicide collectif comme dans une vulgaire secte de demeurés…[4]

Soyons cohérents avec la seule ligne politique qui tienne. Celle d’une gauche moderne, qui en économie sait marier les objectifs de gauche et le réalisme cédédiste[5]. Celle d’une gauche qui sur les valeurs républicaines sait être ferme, très ferme même et ne fricote pas avec les islamistes et leurs alliés. Aucune faiblesse à avoir, même si les musulmans sont nombreux parmi les populations défavorisées et constituent des électeurs potentiels de la gauche. Plutôt perdre ces électeurs s’ils ne comprennent rien, ou sont insupportables, que d’abandonner ces valeurs. C’est à eux de bouger et, si ce n’est encore fait, de passer au mode « France des Lumières » pas à nous d’y renoncer au motif que pour certains le XXIème siècle doit être religieux !

Il n’y a à gauche, dans la primaire et hors de la primaire, qu’un seul candidat qui réponde clairement à cette double exigence : il s’appelle Manuel Valls. En conséquence, si vous êtes en cohérence avec cette ligne, allez-y à ces foutues primaires et votez Valls. Vincent Peillon ne présente pas toutes les garanties sur la ligne républicaine et il ne semble être là que pour plomber le succès de Manuel Valls.

Ejectons donc les candidats de cette gauche de la gauche qui mène la gauche du gouvernement dans le mur, la seule pourtant qui protège le peuple des visées destructrices des droites. Ces gens soit disant de gauche n’ont rien à faire en fait du sort réel des « vrais gens », des risques qu’ils courent avec la droite et des malheurs qu’elle porte, et, au fond, ils les font passer après leurs idées. Insupportable.

Un succès de Manuel Valls aux primaires de janvier est la seule chance d’être au second tour et d’éviter une des droites au pouvoir. En effet, lui seul pourrait ensuite porter un rassemblement vers le centre avec Macron, ce que ne pourra faire aucun autre candidat à la primaire. Quant à un rassemblement Montebourg/Mélenchon (ainsi que Poutou et consorts tant qu’on y est…), on n’y pense même pas, même en mode cauchemar.

En fait pour ceux qui ne se résolvent pas à voir revenir une droite revancharde au pouvoir, ou voir l’extrême y parvenir, c’est ça l’alternative très claire : Valls ou prendre le risque de faire de la France une Grèce bis. Je serai de droite ou du centre droit, j’y mettrai même mon grain de sel et j’irai voter à ces primaires pour ne pas laisser faire n’importe quoi…

Et si Emmanuel Macron se maintient ensuite face à un Valls ayant bien gagné la primaire, c’est qu’il aura décidé de laisser gagner la droite, juste pour préparer 2022 pour sa pomme… Rien que l’hypothèse écœure déjà et plaide aussi pour le choix de Valls… Là de suite et en force !

 

Thème du mois

Islam radical : quatre questions concrètes pour notre Etat de droit – Dernier épisode[6]

(Avec la supervision amicale de Bruno Bertrand, magistrat, et de Jean Petrilli, avocat)

Résumé des trois épisodes[7]

Selon la Cour européenne des droits de l’Homme, l’islam politique radical et la charia sont contraires aux droits fondamentaux et aux valeurs démocratiques[8]. Leur ambition prosélyte doit être, en conséquence, le plus strictement bornée dans ses expressions et actions notamment dans l’espace public[9]. Dans le respect de notre Etat de droit, nous pouvons combattre efficacement ces tentatives grâce à l’arsenal dont nous disposons déjà, mais nous devons l’améliorer encore sur certains points. En effet, si le combat est par les armes au delà de nos frontières, il doit être également idéologique et se conduire par le droit sur notre propre sol.

I – Nous sommes armés pénalement pour réprimer les djihadistes sur le retour[10], au besoin au titre de crimes contre l’humanité, ce qui constitue le crime le plus grave et le plus sévèrement réprimé qui soit et crime en outre, imprescriptible. Cette situation de droit ouvre notamment la possibilité de répression de l’expression de l’idéologie islamiste par signes, emblèmes ou uniformes en application de notre code pénal.

II – Nous pouvons mettre hors d’état de nuire des fichés « S » jugés dangereux en les privant de leur liberté pourvu que le juge judiciaire intervienne pour décider de la privation de liberté. En période d’état d’urgence cependant, l’exigence d’intervention du juge judiciaire pour une privation de liberté n’est pas requise et ces mesures peuvent ainsi être prises par l’autorité administrative[11]. Toute autre proposition visant à instaurer une « rétention administrative » des fichés « S » sans garantie judiciaire hors période d’état d’urgence[12] est contraire à nos valeurs fondamentales résultant de la Déclaration des droits de 1789[13].

III – Le principe de liberté de pensée (DDHC 1789) fait obstacle à ce qu’une idéologie, même totalitaire, puisse être interdite. Nous ne l’avons pas fait pour l’idéologie nazie, pourtant déjà portée aux sommets de la répression.  En revanche, outre la répression des crimes et délits terroristes, les expressions publiques d’une idéologie totalitaire tel l’islam radical appelant à la haine ou à la discrimination, le port de ses signes, emblèmes ou uniformes ou la négation de ses crimes contre l’humanité, peuvent être réprimés pénalement dans l’état de notre droit. Faisons le donc avec fermeté et courage plutôt que de promettre, de manière démagogique, ce qui est impossible.

IV – Notre Etat de droit (DDHC 1789 et CEDH) nous interdit, du fait de la liberté de conscience et de la liberté individuelle, d’instaurer une prohibition générale des signes religieux dans l’espace public, ou de ne les interdire que pour certaines confessions, et pas pour d’autres, du fait des principes d’égalité et de non discrimination. Une démarche nationale par la loi qui y procèderait nous ferait entrer de plein pied dans un régime totalitaire. En revanche, notre Etat de droit nous autorise à étendre, en défense de nos principes fondamentaux, les interdictions qui existent déjà (aujourd’hui, dans les services publics et à l’école) à d’autres domaines pourvu que ces nouvelles interdictions soient nécessaires et proportionnées aux objectifs et enjeux (art.9-2, CEDH). De telles extensions pourront être envisagées d’autant mieux qu’on aura renforcés nos principes et valeurs fondamentaux en codifiant dans la Convention européenne des droits de l’homme la jurisprudence de la Cour de Strasbourg sur l’islam radical et la charia, ou, à défaut, en le faisant dans la loi française.

*

Après avoir vu dans l’épisode précédent qu’une interdiction générale des signes religieux dans l’espace public serait contraire à nos principes fondamentaux, il reste à examiner à quelles conditions et selon quelles modalités une démarche pragmatique d’interdictions qu’on souhaiterait ajouter à celles qui existent déjà, peut être conduite en conformité avec notre Etat de droit. Nous interrogerons ici la faisabilité de cette démarche pragmatique au regard de nos principes fondamentaux et non pas sur leur opportunité qui relève de l’opinion de chacun ou de la responsabilité des décideurs. Ce qui ne nous empêchera pas d’avoir notre propre point de vue citoyen.

IV-3-2. Une démarche pragmatique d’interdictions supplémentaires des signes religieux ostensibles ou prosélytes peut être conforme à notre Etat de droit

Une démarche pragmatique d’interdictions supplémentaires des signes religieux ostensibles et prosélytes, notamment dans l’espace public, est possible, hypothèse par hypothèse, en tenant compte, comme cela a déjà été fait, des circonstances, des lieux et des problématiques en assurant le respect de nos principes et valeurs fondamentaux. Il faut cerner précisément les conditions générales qui s’imposeraient à de nouvelles interdictions (IV-3-2-1), avant d’en examiner la mise en œuvre possible domaine par domaine (IV-2-2-2).

IV-3-2-1. Les conditions de conformité pour de nouvelles interdictions

Le cadre de toute interdiction des signes religieux ostensibles ou prosélytes est actuellement fixé par nos textes fondamentaux : l’article 10 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789[14] et l’article 9 de la convention européenne des droits de l’Homme[15] à laquelle la France est partie.

Ces deux articles fondamentaux pour notre Etat de droit assurent une conciliation entre des exigences opposées. D’un côté la liberté d’opinion, de conscience et de religion qu’ils réaffirment de manière puissante et en consacrant la liberté de les exprimer[16]. De l’autre la possibilité pour les Etats de limiter l’expression des convictions dès lors que celle-ci viendrait attenter à la protection de l’ordre public, de la sécurité publique, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.

C’est à l’aune de ce double principe que des interdictions supplémentaires du port de signes religieux ostensibles ou prosélytes par la loi[17] seraient appréciées par les juridictions compétentes (Conseil constitutionnel et Cour européenne des droits de l’Homme) étant entendu, on le redit, que celles déjà instaurées en France ont été jugées à chaque fois conformes.

Mais si nos principes fondamentaux peuvent permettre de réglementer les manifestations des convictions individuelles jugées inacceptables ou excessives, un autre fondement peut aider à cette entreprise.

Objectif : codifier dans notre droit la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme

La question se pose pour nous des conséquences à tirer de la décision de la Cour européenne des droits de l’Homme qui a déclaré l’islam politique radical et sa charia hors du champ de la protection de la CEDH du fait de son caractère antidémocratique et attentatoire à nos valeurs fondamentales (Cf. supra note 3). Cette décision protectrice des droits de l’Homme ne doit pas rester sans conséquence, au delà du parti turc qui était plaignant. On devrait pouvoir en tirer argument pour pouvoir interdire certaines des manifestations de l’idéologie totalitaire qui a ainsi été clairement désignée et sanctionnée par la Cour européenne, sauf à vouloir laisser sans suite cette décision de la CEDH. Cela devrait être possible de deux manières.

D’une part, et c’est un minimum, à chaque fois qu’un type de signe, ostensible ou prosélyte, ou un comportement, pourra être, sans ambiguïté, considéré comme l’expression de l’idéologie totalitaire islamique, la décision de la Cour européenne pourrait constituer un appui très fort au soutien de l’interdiction que déciderait notre loi nationale[18].

D’autre part, la France serait parfaitement fondée à faire deux choses :

1° Soit proposer que le texte de la Convention européenne soit complété pour codifier les conséquences de la décision de la Cour européenne des droits de l’Homme ; ce qui pourrait être fait dans l’article 9 lui même, ce qui aurait notre préférence, ou bien dans un protocole additionnel.

Il faudra, dans la rédaction proposée, coller aux critères retenus par la Cour européenne pour refuser aux idéologies totalitaires, et notamment à l’islam politique radical et à sa charia (loi islamique) la protection de la convention européenne des droits de l’Homme. Car, ne l’oublions pas, c’est ce qu’a décidé sans ambiguïté la Cour européenne des droits de l’homme. Allons nous encore longtemps continuer de faire comme si cela n’existait pas ?

On pourrait ainsi utilement négocier l’ajout à l’article 9-2 de la CEDH d’un second alinéa qui pourrait être ainsi rédigé :

« La liberté de manifester des convictions prévue au 1 ne peut être invoquée par les personnes physiques ou morales adeptes de convictions ou d’idéologies totalitaires et qui, récusant les valeurs démocratiques et les principes fondamentaux protégés par la présente convention, appellent à la violence ou à la haine contre ces valeurs et principes. Les Etats parties sont fondés à restreindre la liberté de manifester de telles convictions en tant que contraires notamment à l’ordre public et aux droits d’autrui.».    

2° Soit codifier dans la loi française, à défaut que cela soit fait dans la convention européenne, la jurisprudence de la Cour européenne.

On pourrait, dans cette hypothèse alternative, créer en droit français, par la loi[19], une disposition prévoyant que :

« Les personnes physiques ou morales qui récusent les valeurs démocratiques et les droits fondamentaux fixés ou rappelés par la Constitution et son Préambule, et qui appellent à la violence ou à la haine contre ces valeurs et ces droits, ne peuvent se prévaloir de la protection résultant de nos droits fondamentaux pour pouvoir manifester, de quelque manière que ce soit, leurs convictions. »

De la sorte, les choses seraient très claires sur ce qu’accepte, ou pas, l’Europe des droits de l’Homme et la France. Le combat, par le droit et la Loi, contre les expressions du totalitarisme islamique en serait incontestablement facilité pour les Etats qui entendent le mener. Collant aux critères et exigences posés par la Cour européenne, nous ne serions pas critiquables aisément sur un tel terrain. Ainsi, les islamistes, comme d’autres fondamentalistes religieux ou adeptes d’idéologies totalitaires, ne pourraient plus se prévaloir de la protection de la liberté… pour appeler à la détruire.

IV-3-2-2. La mise en œuvre opérationnelle de nouvelles interdictions[20]

Cette mise en œuvre consistera  à tirer, dans différents domaines, les conséquences des principes posés par l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme et qui auront été codifiés comme on l’a proposé ci-dessus.

Pour traiter le champ de possibles interdictions supplémentaires des signes religieux ostensibles ou prosélytes, nous procèderons par un examen par secteur : la petite enfance, l’enseignement scolaire, l’université, les locaux des services publics fréquentés par les usagers, l’entreprise et le monde associatif et, enfin, l’espace public, ou civil, non organisé. Nous n’exclurons de cet examen, par définition, que la sphère privée au sens de celle de l’intimité familiale et personnelle ainsi que celle des lieux et activités de culte.

Notre objectif est de dire en matière d’interdictions supplémentaires de signes religieux prosélytes ce qui nous semble possible au regard des principes d’un Etat de droit. Nous nous appuierons pour cela sur les principes fondamentaux dont il convient d’assurer la protection sans discriminer les confessions à chaque fois qu’un principe de portée universelle doit s’imposer à toutes.

En revanche, pour certaines situations, les confessions pourront être discriminées selon la gravité et la menace du projet qu’elles portent pour la démocratie et nos valeurs fondamentales protégées par notre droit, national ou européen.

IV-3-2-2-1. Renverser la vapeur pour la protection de la petite enfance

Aujourd’hui, en France, la protection de l’enfant, et notamment du petit enfant, contre le prosélytisme confessionnel et ses signes ostensibles n’est pas totalement assurée. Bien au contraire, le plus grand laisser faire semble régner hors des crèches et maternelles publiques, comme si nous faisions tout pour que les projets religieux, y compris totalitaires, puissent s’installer dans les jeunes consciences dans des sphères que nous lui avons délaissées.

Seules les crèches publiques, ou chargées d’une mission de service public, sont assujetties à une obligation de neutralité, notamment pour les tenues de leurs collaborateurs. De même, en matière d’enseignement maternel privé, on fait scandaleusement passer les choix et intérêts confessionnels des parents avant l’intérêt de la protection de l’enfant, acceptant ainsi que la soumission s’installe doucement et tranquillement.

Nous proposons donc d’inverser purement et simplement cette situation et de placer la protection de l’enfance au dessus de toute autre considération et notamment au dessus des choix des adultes dont les enfants, dans un pays démocratique et d’émancipation, ne sont plus simplement la « chose privée » des parents.

Cela nous conduit à proposer l’interdiction par la loi des signes religieux ostensibles dans toutes les crèches et établissements d’enseignement maternel, public ou privé, confessionnel ou non confessionnel, subventionné ou non. Cela s’appliquerait aux personnels de ces établissements, au contenu des enseignements, ainsi qu’aux enfants eux-mêmes. La sanction, pour les établissements qui ne s’y soumettraient pas, serait l’interdiction d’exercice. Cela suppose l’instauration par la loi d’une autorisation publique d‘exercice pour ces établissements.

Fondée sur l’objectif fondamental de protection de la petite enfance dans le cadre pré-scolaire, intérêt supérieur s’il en est, cette restriction à la liberté de manifestation des convictions religieuses par l’enseignement ne peut être conçue que transversalement pour toutes les confessions compte tenu de l’intérêt supérieur à protéger[21]. Elle ne serait pas considérée, selon nous, contraire aux principes fondamentaux de notre Etat de droit.

IV-3-2-2-2. Compléter le dispositif pour l’enseignement secondaire

A l’heure actuelle, en France, les confessions, bien que boutées hors de l’école publique en application du principe de neutralité des services publics qui s’applique aux agents et au contenu de l’enseignement, bénéficient de la mansuétude des pouvoirs publics sur un point particulier : les signes religieux ostensibles ou prosélytes portés par les parents lorsqu’ils participent aux activités de la communauté éducative comme collaborateurs occasionnels du service public.

Il y a là un hiatus et une incohérence par rapport aux élèves qui voient ainsi deux traitements différents pour ceux qui les encadrent ou les accompagnent dans leurs activités scolaires. Nous ne pouvons que maintenir notre analyse déjà explicitée dans une Tribune précédente[22] : la communauté éducative, à laquelle les parents appartiennent dès lors qu’ils jouent un rôle au sein de l’école, est toute entière soumise au principe de laïcité en application du code de l’éducation. Si telle n’est pas la portée de ce code en droit, nous proposons que la loi clarifie ce point définitivement.

Par ailleurs, les écoles secondaires privées ou confessionnelles soulèvent un double questionnement : quelles sont leurs obligations en contrepartie d’un financement public et, pour celles non financées, quel est le niveau d’exigence laïque que la société doit avoir s’agissant d’enfants mineurs.

Nous considérons que la contrepartie du financement public d’un enseignement privé ou confessionnel doit permettre d’exercer un véritable contrôle du respect des principes et valeurs auxquels notre société est attachée tant dans le contenu des enseignements délivrés que dans les comportements proposés ou imposés aux enfants. Il ne saurait être question de financer des enseignements qui ne soient pas irréprochables de ce point de vue.

De même notre société ne saurait tolérer des établissements d’enseignement privé, ou confessionnel, même non subventionnés, qui ne respectent pas ces mêmes valeurs et permettre à des visées rétrogrades de prospérer et de s’installer dans l’esprit des plus jeunes.

La réponse sur ces deux plans ne peut passer que la mise en place par la loi de l’autorisation préalable et du contrôle publics, dans ce but exclusif d’intérêt général, de tous les établissements d’enseignement privés ou confessionnels secondaires.

C’est en effet tous les établissements ou aucun car il ne peut être question de discriminer les établissements d’enseignement privé ou confessionnel selon qu’ils seraient suspectés, ou non, d’être hostiles aux valeurs démocratiques et à nos principes fondamentaux, telle par exemple l’égalité entre les hommes et les femmes.

Fondée sur un but d’intérêt général incontestable ayant trait à la protection de l’ordre public et à la protection des droits d’autrui (auxquels se rattachent la protection des valeurs démocratiques, de nos droits fondamentaux et de l’intérêt de l’enfant) au sens de la Convention européenne des droits de l’Homme, un tel dispositif d’autorisation et de contrôle serait conforme à notre Etat de droit. On peut même espérer que certains établissements d’enseignement confessionnel qui ne font pas grand cas des ces valeurs, principes et intérêt, et qui saisiraient la Cour européenne d’un refus d’ouverture ou d’une décision de fermeture pourraient ne pas être admis à s’en plaindre selon le même raisonnement que celui retenu par la Cour européenne pour le parti turc qui se plaignait devant elle de sa dissolution.

IV-3-2-2-3. Faire preuve d’imagination pour les universités

A l’heure actuelle, les universités, publiques ou privées, ne sont pas soumises aux mêmes règles que l’enseignement secondaire s’agissant de leurs étudiants. Ces derniers peuvent y arborer les signes ostensibles ou prosélytes qui leur conviennent et l’université, en l’état de notre droit, n’y peut rien. S’agissant d’adultes, l’argument de la protection de l’enfance ne tient pas.

Aussi, il paraît difficile d’envisager une interdiction générale par la loi des signes religieux ostensibles ou prosélytes à l’université pour leurs étudiants. La seule piste sérieuse consistera à donner aux universités la possibilité de faire le choix, par leur règlement intérieur, de la neutralité à l’égard de la manifestation des convictions, religieuses ou autres, en leur sein. Pour cela une disposition législative sera nécessaire et c’est ce que nous proposons à l’instar de ce qui a été fait par la loi travail pour les entreprises[23].

Nous y apporterons un aménagement notable tiré de l’ordre public qui s’attache à ce que l’expression des convictions présentant un caractère totalitaire par la négation des valeurs démocratiques et de nos principes fondamentaux puisse être proscrite dans les universités à l’instar de ce qu’a jugé la CEDH. Cela nous conduira à proposer un complément à la rédaction retenue par la loi travail que nous présenterons plus loin à l’occasion de l’examen du point relatif à la situation des entreprises et associations sujettes à une problématique similaire, sinon identique (Cf. IV-3-2-2-5).

IV-3-2-2-4. Etre plus ferme vis-à-vis des usagers des services publics dans certains de leurs locaux

A l’heure actuelle, dans les locaux des services publics (hôpital, palais de justice, préfecture, etc.) la manifestation par les usagers de leurs convictions est libre y compris par tout accoutrement vestimentaire de leur choix à l’exception, comme dans tout autre espace public, d’une tenue masquant le visage et faisant ainsi obstacle aux contrôle de l’identité et, donc, à l’ordre public qui s’y attache.

Il apparaît difficile, quelle que soit l’aversion que l’on puisse éprouver pour le prosélytisme, d’aller au delà, pour les usagers qui fréquentent les locaux des services publics, de ce qui est proposé ci-dessus pour les universités ou ci-après pour les entreprises et associations (IV-3-2-2-5).

En conséquence, on proposera, dans une vision décentralisée, que le règlement intérieur de ces services publics, acte réglementaire opposable aux usagers, ou, dans une vision plus jacobine si une solution uniforme est préférable, qu’un acte réglementaire national de l’autorité compétente (le ministre), puisse régir les manifestations des convictions dans ces locaux avec des restrictions qui pourront être fondées sur les mêmes principes que pour les universités, entreprises et associations.

Ces restrictions à la liberté de manifester ses convictions, notamment religieuses, seront fondées sur un principe que ni le Conseil constitutionnel, ni la Cour européenne des droits de l’homme ne pourront, selon nous, remettre en cause : la préservation de la neutralité qui s’attache à ces services publics vis-à-vis de tout prosélytisme religieux, politique ou autre.

IV-3-2-2-5. Donner aux entreprises et associations les moyens de faire barrage à la prolifération des manifestations des convictions notamment religieuses[24]

Un pas a été accompli en 2016 pour donner aux entreprises, en conformité avec la convention européenne des droits de l’Homme, les moyens juridiques de statuer sur les manifestations des convictions notamment religieuses en leur sein (Cf. l’article L1321-2-1 introduit au code du travail par la loi du 8 août 2016, dite loi travail). Elles peuvent désormais réglementer ce sujet par leur règlement intérieur.

Mais cette avancée, tout intéressante qu’elle est, n’apparaît pas suffisante car elle ne prend pas en compte les préceptes de la Cour européenne des droits de l’Homme concernant les convictions qui récusent les valeurs démocratiques et nos principes fondamentaux protégés et appellent à la violence ou à la haine contre ces principes et valeurs.

Dès lors, la rédaction de l’article L1321-2-1 pourrait être modifiée comme suit (la seconde phrase est notre ajout au texte existant):

« Art. L. 1321-2-1. – Le règlement intérieur peut contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés si ces restrictions sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. En outre, le règlement intérieur peut prohiber la manifestation, quelle qu’en soit la forme, des convictions qui récusent les valeurs démocratiques et les droits fondamentaux protégés par la Constitution et son Préambule et appellent à la violence ou à la haine contre ces valeurs et principes.[25] ».

Mutatis mutandis, nous proposons qu’une disposition similaire soit introduite :

– dans la loi de 1901 sur les associations[26],

– dans le code de l’éducation pour les universités[27] (Cf. supra, IV-3-2-2-3),

– ainsi que dans le code de l’administration pour certains des locaux des services publics (Cf. supra IV-3-2-2-4)[28].

IV-3-2-2-6. Libérer davantage l’espace public de l’emprise du prosélytisme religieux

Appelons un chat, un chat. Même paré de l’alibi commode d’une liberté individuelle désormais sans limite, le prosélytisme confessionnel gagne du terrain partout sur le terrain et dans les esprits. Toutes les confessions entendent bien en profiter et se soutiennent, dans cette fin au fond mercantile qui consiste à vouloir pouvoir faire son petit marché confessionnel en toute liberté.

Et qui marché, dit segments bien sûr ! Les jeunes esprits en les colonisant le plus tôt possible, les ados en jouant sur leur volonté de liberté vestimentaire, les grandes écoles de la bêtise bourgeoise dont il faut se faire des complices, la mode qu’il faut intelligemment utiliser jusque sur les plages, les quartiers et cités populaires, conquis ou à conquérir…

Il faut le dire, de ce point de vue, certaines parties du territoire de la République sont devenues des territoires de « non droits humains », où la pire visée totalitaire contemporaine, par notamment d’exclusion des femmes de l’espace public, a désormais libre cours et bafoue les valeurs démocratiques et nos principes fondamentaux. Il faut y mettre un terme et empêcher que cette chose exécrable se développe encore davantage, n’en déplaise aux communautaristes et aux adeptes d’un relativisme culturel masochiste.

Dans tous les sujets traités dans les points qui précèdent nous n’avons pas pris de risque juridique au regard de l’Etat de droit et fait des propositions parfaitement raisonnables de ce point de vue. Sur la question de l’espace public, si l’on ne prend pas de risque nous serons obligés de nous borner à constater que la loi ne peut prohiber de manière générale les manifestations des convictions notamment confessionnelles dans l’espace public. Nous ne disposons pas en effet de fondement nous permettant de prévoir une interdiction de toutes les manifestations de convictions et ce serait parfaitement regrettable de l’envisager tant il existe des convictions qui sont respectables[29]. Pas davantage, nous ne pouvons proscrire seulement les manifestations des convictions confessionnelles.

Sauf à s’avouer impuissant, la seule porte de sortie de cette difficulté est de discriminer entre les convictions, comme la Cour européenne a discriminé les partis politiques en ne les admettant pas tous, naïvement, à la protection de la convention européenne.

En conséquence, la seule solution plaidable est, comme cette haute Cour, de ne frapper d’interdiction que les manifestations de convictions correspondant à une idéologie totalitaire récusant les valeurs démocratiques et nos principes fondamentaux et appelant à la violence ou la haine contre ces valeurs et principes. Ceci conduirait à interdire les signes religieux prosélytes traduisant de manière incontestable une telle idéologie. Tel est bien le cas, quelque soit le paravent de liberté individuelle utilisé par nombre de ses thuriféraires, de certains des signes de l’idéologie islamiste, tel les divers types de voilage intégral du corps des femmes[30].

Il faudrait donc interdire ce type d’accoutrement par la loi dans l’espace public. C’est la seule voie. Si une telle mesure venait à être prise cela ne manquerait pas de rétroagir sur le contenu de nos autres propositions qui devraient logiquement tenir compte de cette interdiction d’un type particulier de tenue vestimentaire.

Quel que soit pour nous le bien fondé d’une telle interdiction tant l’oppression de la moitié féminine de l’humanité est exécrable et tant le sens du voile islamique, uniforme et sans formes, est le signe du gommage pur et simple de la femme par des hommes incapables de s’assumer sans violence mentale ou physique, une telle mesure mérite réflexion, débat et approfondissement sur sa faisabilité et son caractère opérationnel.

Néanmoins, la politique qui ne mise que sur le travail culturel d’explication et de conviction est d’une faiblesse insigne et ne donne plus aucun résultat face à un mouvement d’une grande puissance, car il ne rencontre que peu de résistance d’une société essentiellement individualiste et consumériste dans laquelle le citoyen n’existe plus qu’aux échéances électorales.

Faudrait-il, vraiment, pour autant se résoudre à devoir admettre sans barguigner de telles manifestations évidentes d’une idéologie religieuse barbare ? Non, sûrement pas. Mais il faut ne jouer que des coups sûrs. N’offrir aucune victoire, même juridique. Tel doit être l’objectif.

Même si nous pensons que cela est jouable, il faudra en conséquence dans cet objectif d’un « zéro défaite juridique » face aux islamistes vérifier, en particulier avec les instances compétentes[31], la possibilité d’une telle interdiction dans l’espace public au regard de nos principes fondamentaux, constitutionnels ou conventionnels. On conseillera donc au gouvernement qui aura le courage d’une telle mesure de procéder en premier lieu de la sorte.

 

Les Brèv’vertes n°10 de Lucas[32]

Dans notre rubrique « Sauvons la planète ? » que son auteur, désespéré, souhaite rebaptiser en « Dans ton cul, la planète ! », j’hésite toujours…

Cette rubrique souhaite apporter de l’eau (ou ce qu’il en reste) au moulin des informations traitées en une ligne dans les bandeaux des chaînes continues. Comprendre les liens entre les mobilisations locales et les actions internationales, entre les idées géniales et les absurdités, entre les phénomènes climatiques isolés et l’avenir de la planète, tel est l’objectif de ces « brèv’vertes ».

« L’optimisme est la foi des révolutions » (Jacques Bainville, académicien)…. Sans transition, et encore moins énergétique, nous voilà en 2017! Oublier si rapidement 2016 serait une magistrale erreur. D’abord parce que vous tireriez une croix sur 9 rubriques des Brèv’vertes, et je dois admettre que ce serait dommage… Et ensuite parce que 2016 n’a pas été l’année de tous les malheurs, mais simplement le terrain d’échauffement et de réchauffement d’une année bien pire. Il faut être Miss France ou militant politique pour croire que tout va changer aux douze coups d’une date prise au hasard sur un calendrier, que ce soit le 31 décembre ou le 7 mai (pardon, c’est méchant pour Miss France…). Pourquoi tout le monde a-t-il détesté cette année 2016 ?

Sûrement parce qu’on le leur a dit. Des gens ont sûrement été heureux cette année ! Quelle drôle d’idée… Être heureux aujourd’hui, c’est comme le Yéti, ou écouter Nadine Morano dire quelque chose d’intelligent : on en a entendu parler, mais on n’est pas sûr que ça existe vraiment. Puisque nous sommes cantonnés à réfléchir en cycles monstrueux de 365 jours, il convient de s’offrir les outils et équipements d’usage à l’attention du petit pessimiste : un grand pot de vaseline chaque jour, au moment d’ouvrir votre poste de télévision, de radio, ou de fonctionnaire ; un assortiment des Haribo du déprimo (Lexomil, Fluvoxamine, Prozac, Séropram, Marsilid, Laroxyl…) ; la collection complète de Marc Lévy et un poster d’Amélie Nothomb ; et surtout une bonne paire d’aveuglement ainsi qu’un ustensile d’inaction. Vous avez tout ça ? Yippee ki yay motherfucker, vous êtes un français moyen ! Plus qu’un peu de chanvre et vous pourrez passer au niveau supérieur : employé chez Orange, infirmière ou agriculteur !

La transition étant la pierre angulaire de cette rubrique à brac (encore cette enfoirée de 2016…), un bon pichet d’optimisme est servi avant le dessert ! En effet, la direction d’Orange a décidé d’offrir à ses salariés des bureaux rez-de-jardin. C’est tellement émouvant la prise de conscience… Pour les infirmières, la primaire de la droite a vu sortir François Fillon, autant dire le Bachar de la fonction publique. Et pour les agriculteurs, Karine Le Marchand reçoit ce cher François sur un canapé dans une émission « politique », et n’a donc plus le temps de s’occuper des célibataires terreux de nos campagnes…

Dans ce cas, vivement les révolutions ! Révolution numérique, révolution sociale, révolution énergétique, révolution politique… Après tout, la révolution n’est que l’achèvement d’un cycle autour d’un axe, pour un peu qu’on soit branché physique quantique. « La révolution optimiste », ça aurait pu être un bouquin de Gandhi, de Stéphane Hessel ou de la nuque de Robespierre, mais vous ne l’aurez que dans les Brèv’vertes ! Pour l’analyse conceptuelle, vous êtes gentiment priés d’attendre que les Brèv’vertes soient hissées au rang de patrimoine immatériel de l’humanité.

Pour ce qui est des solutions, elles sont partout, foisonnantes, innovantes, efficaces, accessibles à tous. L’électrification du continent africain en énergies renouvelables ? A un poil d’être la révolution du siècle (si un jour on m’avait dit que j’aurais les mêmes ambitions que Jean-Louis Borloo…). L’accès à une alimentation saine, durable et locale ? A portée de main grâce à Cédric, ce jeune agriculture qui a fait le pari du bio et du circuit-court. La transition transperce et traverse les sociétés, il faut juste oser s’y piquer pour prendre le virus et s’apercevoir que c’est non seulement agréable pour chacun, mais surtout pour tous. Peut-on donc voir une différence entre transition, révolution et optimisme ? Ou sommes-nous limités par notre propre langue ? Boris Cyrulnik notait en effet que « contrairement aux Etats-Unis, où le terme de « résilience » est d’usage courant, tel un marqueur d’optimisme, en Europe il est plus difficile de l’imposer, comme si nous avions un penchant pour le misérabilisme ». Cette tendance dépressive doit s’effacer au profit d’un postulat positif et créatif, déjà porté aux quatre coins du monde et qui ne demande qu’à exploser. 

Pour 2017, nous vous souhaitons donc optimisme, transition, révolution et résilience !

« L’optimisme est dans l’action ! », fondateur des Brèv’vertes.

 

Dernières minutes…

1) Les pseudos racines de la France

On y reviendra en détail dans un prochain numéro, mais en ce début d’année on veut marquer un « BIG STOP » à la stupidité crasse qui se répand dans les esprits sur les racines « chrétiennes », « judéo-chrétiennes », « gauloises » ou « franques » de la France. Il ne faut pas répéter bêtement des slogans pour demeurés, c’est dangereux pour l’intelligence…

Il faudra que l’on me dise les éléments de notre système politique, juridique, économique ou social qui découlent directement de ces fameuses identités révélées. La messe le dimanche ? La Tora le lundi, à moins que ce soit ravioli ? Le poisson le vendredi ? Ah non merde c’est pas possible le vendredi, là c’est shabbat… Et les gaulois, y sont où ? Cachés derrière les francs et les celtes et leurs monceaux d’apports, peut être ?

En revanche, avec quelques autres, j’offre à la disposition de tous une petite lueur : ce que doit en réalité notre France au monde grec et au monde romain sur la démocratie, le politique, le droit et bien d’autres choses. Sur ce qu’elle doit au siècle des Lumières qui s’est construit contre l’église, sur ce qu’elle doit au plan social aux solidarités organisées collectivement, construites sur autre chose que la seule charité individuelle pour gagner son paradis ou les vierges d’Allah. Même au plan économique, on doit plus au capitalisme rhénan puis anglo-saxon, qu’au protestantisme ou au judaïsme.

On doit en revanche concéder qu’en matière culturelle un patrimoine architectural et iconographique religieux important nous a été légué, mais c’est un stock qu’aucun flux ne renouvelle religieux et il y a bien longtemps que toute la création s’est dégagée et de l’influence et de l’objet religieux. Et on s’en félicite chaque jour. On y reviendra promis !

2) France Inter, les religions et la laïcité…

Confiée à un journal confessionnel, La Croix, en la personne de la journaliste Isabelle de Gaulmyn, la rubrique « Faut-il y croire [33]» (sans point d’interrogation…) de France Inter, radio de service public soumise au principe de neutralité, nous délivre chaque samedi vers 7h45 une chronique censée nous parler des sujets d’actualité concernant les religions… et déjà, compte tenu de la nana, on y parle, of course, plus souvent du pape que du pope…

Et souvent aussi cela dérape en leçon de droit car dans un régime de séparation le droit compte beaucoup en matière de religion, n’est ce pas ? Ne serait-ce que pour bien savoir comment le père Dupanloup peut s’asseoir dessus… Comme ce samedi 17 décembre où notre bonne journaliste est venue nous expliquer, sans aucun recul critique, en quoi et combien il était normal, en droit, non seulement en Alsace-Moselle mais sur tout le territoire, qu’un prêtre puisse devenir président d’Université. Pourquoi pas un imam ou un rabbin, tant qu’on y est ? Ou le gourou de la secte du Grand solarium[34] ?

Allez France Inter, encore un effort, autant faire les sorties de prison pour s’interroger sur le vol en tant que salaire social…

3) Affaire Sauvage

Le Président de la République, sous la pression de l’opinion et des médias, approuvé pour une fois par toute la classe politique, a finalement dû gracier Mme Sauvage du reliquat de sa peine et le débat se trouve relancé sur cette affaire qu’on croyait close et laissée au cours normal de la justice. Une telle décision, même approuvée par tous, n’honore pas son auteur car Mme Sauvage n’a pas fait un seul pas dans la direction du bon sens qui commandait qu’elle reconnaisse son crime, puisqu’elle a tué son mari en lui tirant dans le dos alors qu’elle n’était pas menacée sur l’instant de son geste.

Il ne peut s’agir, au sens de notre droit, de légitime défense sauf dans la conception de l’épicier qui pour défendre ses bonbons au miel se sent habilité à abattre un cambrioleur qui n’est pas armé et qui lui tourne le dos. Si Mme Sauvage, bêtement défendue par des avocates idéologues du droit de tuer pour les femmes battues, avait admis sa faute elle eût obtenu de très larges circonstances atténuantes qui depuis longtemps l’auraient déjà sortie de prison.

Mais non, ce fut un combat idéologique. L’intelligence, ainsi qu’une société apaisée et régulée sans droit de tuer pour qui que ce soit, l’ont perdu. Encore une défaite pour l’esprit et une victoire de l’émotion. On avance bien vers la barbarie, nickel ! Continuons. Pour nous, si on en arrive là aujourd’hui, cela condamne l’idée de grâce présidentielle, vestige d’un autre temps[35] .

4) Emploi, chômage, la bêtise des opposants est sans limite

Même les médias en conviennent (les résultats sont là pour Hollande et la politique économique conduite sur l’emploi, même si c’est tard[36]). Eux, tous ses opposants de génie, continuent à prétendre le contraire qu’ils soient de droite ou de gauche, fillonistes ou frondeurs, ou d’extrême droite.

Juste pour nous vendre leur soupe, « demain avec nous on rase gratis » ou leur purge « vous allez voir ce qu’on va vous mettre » pour faire payer encore plus au peuple le prix de la crise. Et ça marche tant la crédulité de leurs ouailles est sans limite…

 

Les nouvelles des fronts bébêtes        

Sont toujours des nouvelles d’effroi…

Le Monde, le canard qui se paie n(v)otre tête, en toute impunité[37] ? Que non DECODA veille, à vous d’en tirer les conséquences…

Incroyable en effet ce qu’a fait le Monde, dans son supplément « Idées » du 15 décembre dernier, dans une forme de servilité aux chantres de l’islam qui veulent faire taire toute critique de cette religion grâce à la tarte à la crème de l’islamophobie.

Présentant un point de vue virulent de Marwan Muhammed contre ceux qui luttent pour la laïcité (Caroline Fourest, Gilles Keppel notamment), Le Monde présente celui à qui il donne complaisamment la parole comme un « chercheur », alors que le type en question est surtout connu comme responsable du Collectif Contre l‘Islamophobie en France (CCIF).

Pourquoi le cacher ? Pourquoi ne pas le dire ? Pourquoi objectiver son point de vue en le présentant seulement comme « chercheur » ? J’ai ma petite idée… Pas vous ?

 

Chiffres clés                                            

Les chiffres qui tuent…

In fine, 2,7 millions…

Le nombre de voix par lequel H. Clinton a dépassé D. Trump aux dernières élections américaines et le crétin de chez les buses intégrales a gagné quand même…

Quand il y a plus de cons que de gens normaux et que la majorité gagne, on peut se résigner mais là qu’est ce qu’on fait ? Merveilleux système politique datant du temps des diligences… Et si on jouait aux cow-boys et aux indiens ? Le grand chef sioux a déjà une grosse plume jaune sur le crane, il ne lui en manque plus qu’une dans le fion !

 

Le crétin du mois                                          

Ce coup-ci, l’héritier d’une grande famille française qui fut républicaine et de gauche…

Le ci-devant, Joffrin de la Boboïtude Libérée qui, sur France Inter un vilain matin, trouve que c’est très bien la laïcité largement ouverte, la construction citoyenne réduite à une neutralité bienveillante face à toutes les confessions. Faites donc votre marché Messieurs les curés, les rabbins et les imans, servez vous, jeunes esprits, terrains publics de construction, élus locaux complices, faut pas se priver, Joffrin couvre…

On n’en revient pas. Pas lui, il avait dû fumer un truc pas propre…

 

La p’tite Biblio                  

1) Un p’tit « Pan sur le goulot », à propos de l’ouvrage de Jean Soler (« Dieu et moi ») mentionné dans une précédente P’tite Biblio…

L’ami Jean-Michel du Boutdumonde (oui, oui, très vieille famille niçoise) nous fait parvenir la fiche de lecture ci-après qui nous évitera de donner quelques euros à un escroc narcissique.

« Alléché par la lumineuse interview donnée au Point par l’auteur (aujourd’hui non disponible aux non-abonnés, snif !), j’ai couru acheter le livre (enfin sur la façon dont je me le suis procuré vous ne saurez rien), dont le titre « Dieu et moi » aurait dû m’alerter sur la dévotion que l’auteur a envers lui-même, la conjonction « et » le plaçant d’emblée sur un pied d’égalité avec un dieu…dont il nie l’existence par ailleurs.

Vous l’aurez compris je sors de cette lecture profondément déçu et même en colère. Ce livre n’est qu’un hymne à la gloire de l’auteur par l’auteur : un titre plus approprié aurait été : « Et moi, et moi et moi » (sans lien avec cet iconoclaste de Dutronc !).

En effet, Soler nous rappelle à longueur de page qu’il était un brillant élève tout au long de sa scolarité , ne devant un échec à sa première agrégation de Lettes Classiques qu’au conformisme de ses examinateurs, échec vite corrigé en se mettant à leur portée…

Ambassadeur – en fait Conseiller Culturel – de la culture française principalement en Pologne et en Israël, il n’a de cesse de vanter ses prouesses, allant de conférences en conférences, s’aliénant un auditoire subjugué par ses connaissances et la profondeur de ses analyses, en particulier sur la religion juive (naturellement il lit la Bible dans le texte, lui !). Il ne nous épargne rien y compris son côté Dom Juan, séducteur à l’esprit brillant.

Toutefois, Jean Soler est un incompris, mis en quarantaine tant par les éditeurs qui refusent tous ses écrits que par les médias qui l’ignorent superbement. Qu’à cela ne tienne il est dans le vrai !

Précisément, il faut attendre la page 65 pour trouver une première trace d’un argument niant l’existence d’un dieu unique – car c’est là son combat, le monothéisme – argument qu’il eût fallu développer davantage ! C’est en effet dans la relativité de l’Art que sa prise de conscience s’est faite : la notion de Beau a sans cesse évolué au fil des époques, rendant vaine la quête d’un Beau universel. Et donc s’il n’y a pas de Beau universel pourquoi y aurait-il un Bien universel ? En fait, le Bien est tout aussi relatif que le Beau : cela dépend du moment. S’il n’y a pas de Beau ou de Bien universel, pourquoi y aurait-il un Vrai universel ? Là aussi tout est question de conjoncture et de pensée dominante. Si l’on résume : pas de Beau, de Bien, de Vrai universels alors pourquoi y aurait-il un Être universel, auteur et garant de ce qui n’existe pas ? CQFD.

Sa connaissance approfondie de la Grèce antique lui permet alors quelques parallèles pertinents dans les quelques pages qui suivent.

Il faut ensuite attendre les pages 270 et s. (sur un livre de 340 pages environ) pour revenir à l’objet qui nous intéresse. Ce ne sont toutefois que de brefs passages de ses précédents livres sur ce qu’il appelle « l’invention du monothéisme », où l’on perçoit une analyse fine et astucieuse sur l’apparition des dieux, Dieu y compris, qui ne sont que des personnages historiques, apparaissant à un moment donné et finissant par disparaître. Athées de tous les pays, y a de l’espoir, on devrait – étant donnée l’espérance de vie des divinités qui n’excède pas quelques millénaires en général – être débarrassé de ces folies d’ici un petit millénaire ! Ça au moins c’était réconfortant !

Le bref résumé sur la religion des Hébreux incite à se procurer le premier tome du titre générique « Aux origines du Dieu unique », dans lequel Jean Soler montre ou comme il le dit modestement a « la témérité de dire qu[‘il ] y démontre » que les lois prétendument dictées par Dieu à Moïse n’ont pas de visée universelle, mais s’adresse au peuple juif qu’il convenait alors de souder pour assurer sa survie.

Bien sûr ces écrits n’ont pas eu la faveur des juifs du monde entier et notre auteur semble en avoir souffert, mais c’est une autre histoire (qu’il nous raconte par le détail, y compris l’AVC de son épouse !).

Au final, pas grand chose à se mettre sous la dent, si ce n’est la vie d’un grand intellectuel français. Il faudra lire (et j’en attend beaucoup) ses écrits précédents pour savoir si, le soir avant de dormir, il serait plus prudent de faire sa prière… Voilà mon avis, mais je sais mes faiblesses !

Bises du Pacifique sud et bonne année à tous !

JM »

2) De Denis Lacorne « Les limites de la tolérance » chez Gallimard, ça à l’air très bien et on va l’acheter (ainsi que Jean-Michel peut être…)

3) Déjà en soute, grâce au Père Noël, de Joseph E. Stiglitz « L’euro, comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe » aux éditions « Les Liens qui libèrent».

Lecture conseillée aux eurosceptiques de droite et de gauche qui ont cru y voir un soutien à leurs thèses funestes !

Le bon Joseph, comme nous ici, avec quelques autres, se bat pour plus d’Europe sur tous les plans, pour l’économie, le social, le fiscal, les migrations, sur tout et surtout.

Bravo Joseph, un vrai Nobel, de gauche, avec de la hauteur de vue et pas avec des œillères de frontistes bas de plafond.

Merci au père Noël !

 

Notes de bas de pages

[1] Quand on veut bien se souvenir de ce qui séparait Montebourg et Valls au moment du départ du premier du gouvernement et quoi qu’il en dise maintenant : 12 milliards à affecter à la consommation sur les 40 du pacte de responsabilité et pas du tout la remise en cause de celui-ci… Relisez les notes de Montebourg à Hollande sur la portée de sa divergence (documents médias joints :Note4_30_mars_2014_MontebourgNote3_31_janv_2014montebourgNote2_29_avr_2013_MontebourgNote1_11_sept_2012_Montebourg), c’est édifiant et terrible pour le premier…

[2] GDP : Grand Désinvolte Permanent

[3] Tel Peillon qui abandonne même ses convictions laïques pour mieux jouer le rôle de l’impromptu de la dernière minute : http://www.marianne.net/agora-primaire-gauche-atteindre-valls-c-est-laicite-que-peillon-attaque-100248724.html

[4] http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/presidentielle-2017-primaire-gauche/20161214.OBS2649/le-suicide-des-baleines-du-ps.html

[5] Comme l’incarnait si bien François Chérèque disparu en ce début d’année et à qui on veut ici rendre hommage

[6] Suite du « Thème du mois » paru dans les n°49 et n°51 de DECODA disponible en rubrique « Archives » sous rubrique « Numéros antérieurs » sur ce blog (https://francoisbraize.wordpress.com)  

[7] Résumé des trois épisodes publiés dans les n°49 , 51 et 52 de DECODA

[8] Voir Cour européenne des droits de l’Homme: cedh-charia-n003-697689-705588 et cedh-arr_c3_aat_20refah_20partisi_20c_3a_20turquie_20_28grande_20chambre_29_20du_20_3a2003 ; :http://hudoc.echr.coe.int/eng#{« dmdocnumber »:[« 702044″], »itemid »:[« 001-64174« ]} ;http://www.blog.sami-aldeeb.com/2011/01/18/la-loi-islamique-est-incompatible-avec-la-democratie-et-les-droits-de-lhomme/

[9] Idée sur laquelle surfe l’extrême droite et la droite la plus dure certes, mais que nous ne supportons pas non plus car nous ne souhaitons pas, après que notre société a pu échapper aux griffes des curés et de leur pape, la voir soumise, ne serait ce que par l’image et la visibilité, à celles, encore plus répugnantes, des imams

[10] Un millier de personnes (Cf. notamment http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/11/30/le-retour-des-djihadistes-un-lourd-defi-pour-la-france_5040608_3224.html; en regrettant, profondément qu’ayant écarté la déchéance de nationalité contre les citoyens français djihadistes, nous restions leurs obligés durablement et que, donc, nous dussions supporter leur retour et leur maintien ad vitam sur notre sol

[11] Nous le vivons sans drame pour l’honnête citoyen depuis plus d’un an maintenant

[12] Et hors du cas de l’assignation à résidence qui peut être décidée dans un certain nombre de cas par le Parquet, sans intervention du juge judiciaire, hors même période d’état d’urgence, depuis la loi du 3 juin 2016

[13] Voir article 7 de la DDHC de 1789 qui proscrit la détention arbitraire et l’article 5 de la convention européenne des droits de l’homme qui poursuit les mêmes objectifs

[14] DDHC de 1789 : Art. 10. « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi » et Art. 11. « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »

[15] CEDH, « Art. 9 : Liberté de pensée, de conscience et de religion

  1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites
  2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. »

[16] S’agissant de la manifestation des convictions religieuses, l’article 9-2 de la CEDH consacre ainsi la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. Comme la liberté individuelle protégée par la DDHC de 1789 comprend la liberté de se vêtir comme bon nous semble, la liberté de manifestation des convictions religieuses de la CEDH recouvre aussi la liberté vestimentaire

[17] Seul le législateur semble pouvoir ainsi prendre des mesures d’interdiction générales et abstraites, les élus locaux étant cantonnés à prendre des mesures ponctuelles pour parer aux menaces de trouble à l’ordre public

[18] En France ou dans tout autre Etat partie à la convention européenne

[19] Une telle disposition apparaît possible par la loi et ne nécessiterait pas une disposition constitutionnelle pour deux motifs. D’une part, comme on l’a vu, la DDHC de 1789 renvoie à la Loi pour restreindre les manifestations des convictions jugées contraires à l’ordre public. D’autre part, la convention européenne fait de même. En outre, la disposition en cause ne fait que reprendre les critères posées par la Cour européenne pour récuser la protection des droits fondamentaux à l’islam politique radical et à sa charia alors que cette convention, ratifiée, est entrée dans l’ordre juridique français ; la loi française ne ferait ainsi qu’en tirer les conséquences utiles    

[20] Le travail n’est pas réalisé dans ce document de manière complète sur la question des sanctions et pourra fera l’objet de compléments ultérieurs

[21] L’alternative consistant à faire un tri et à identifier les confessions, obédiences ou chapelles, qui, présentant un caractère totalitaire, seraient seules soumises à une telle obligation n’aurait aucun sens puisque soit l’intérêt de l’enfant s’impose à la liberté des parents, soit ce n’est pas le cas, mais dans l’une et l’autre hypothèse, c’est tout le monde ou personne. D’ailleurs faut il trier parmi les confessions, franchement ? (Voir à cet égard, http://www.marianne.net/surtout-pas-femme-cote-lui-compagnie-aerienne-cede-demande-juif-ultra-orthodoxe-100240683.html »). Soulignons, enfin, que celles et ceux à qui ce choix ne conviendrait pas, conserveraient la liberté totale de rejoindre les nombreux Etats théocratiques qui leur assureront le paradis sur terre de leurs convictions au prix d’un enfer immédiat pour les enfants

[22] Voir http://www.slate.fr/story/95391/laicite-ecole-parents-signes-religieux

[23] Loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels qui a introduit au code du travail un article L1321-2-1 ainsi rédigé: « Art. L. 1321-2-1. – Le règlement intérieur peut contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés si ces restrictions sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. »

[24] En prévoyant une telle faculté par le règlement intérieur des entreprises et des associations, on couvre le cas de tous les clubs sportifs qui entendent protéger, sur les terrains et enceintes sportives, leur activité et le spectacle qu’elle peut générer, de l’emprise du religieux par signes, prières d’avant match et gris-gris ostensibles, lesquels relèvent d’une foi de charbonnier et d’un prosélytisme insupportable, et à tout coup du ridicule…

[25] Il va de soi qu’une telle disposition permettrait au règlement intérieur de prohiber la manifestation de convictions totalitaires par signes notamment vestimentaire dès lors qu’un vêtement pourrait être associé indiscutablement à un tel type de conviction ; tel serait le cas de vêtements traduisant l’oppression et l’exclusion de la femme

[26] Pour les associations, la rédaction pourrait être la suivante :

« Le règlement intérieur de l’association peut contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions de ses adhérents si ces restrictions sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’association et si elles sont proportionnées au but recherché. En outre, le règlement intérieur peut prohiber la manifestation, quelle qu’en soit la forme, des convictions qui récusent les valeurs démocratiques et les droits fondamentaux protégés par la Constitution et son Préambule et appellent à la violence ou à la haine contre ces valeurs et principes. »

[27] Pour les universités, la rédaction pourrait être la suivante :

« Le règlement intérieur de l’université peut contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des étudiants si ces restrictions sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’université et si elles sont proportionnées au but recherché. En outre, le règlement intérieur peut prohiber la manifestation, quelle qu’en soit la forme, des convictions qui récusent les valeurs démocratiques et les droits fondamentaux protégés par la Constitution et son Préambule et appellent à la violence ou à la haine contre ces valeurs et principes. »

[28] Pour les restrictions concernant les usagers de certains locaux des services publics, la rédaction pourrait être la suivante :

« Le ministre compétent ou le responsable du service ou de l’établissement peut fixer par acte réglementaire le principe de neutralité applicable à certains locaux du service public et restreignant la manifestation des convictions des usagers si ces restrictions sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement du service et si elles sont proportionnées au but recherché. En outre, il est fondé à prohiber la manifestation, quelle qu’en soit la forme, des convictions qui récusent les valeurs démocratiques et les droits fondamentaux protégés par la Constitution et son Préambule et appellent au combat, à la violence ou à la haine contre ces valeurs et principes. »

[29] La gravité et l’ampleur de cette question nous interdit d’admettre qu’elle soit traitée localement par des édiles locaux dont plus rien ne garantit, dans le climat de développement actuel des populismes et d’effacement du contrôle de légalité, qu’ils soient républicains ; si mesure d’interdit il doit y avoir, elle ne peut être que nationale sauf cas classique des pouvoirs de police du maire en cas de risques locaux de troubles à l’ordre public

[30] Au delà de cette approche très générale, il faudrait définir les types de vêtements pouvant être raisonnablement considérés comme vecteurs d’une idéologie de soumission et d’effacement de la femme contraire à nos valeurs d’égalité entre les hommes et les femmes et qu’un texte d’interdiction les nomme par leur nom pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté si l’on n’était pas capable de les désigner d’une définition générique; d’ores et déjà, pour nous, le seul port d’un foulard sur la tête ne réunit pas ces conditions

 [31] Notamment sur le niveau du texte nécessaire pour procéder à une telle interdiction (la Constitution ou la loi ?). Mais des contacts officieux peuvent être pris aussi avec certaines institutions (Conseil constitutionnel, Cour européenne des droits de l’Homme) qui ne sont pas chargées d’une fonction d’avis ou de conseil préalable du gouvernement français ; en revanche, le Conseil d’Etat peut être officiellement consulté par le gouvernement sur toute question

[32] N’oubliez pas : http://www.recupetgamelles.fr et son projet de « Récup Mobile » qui attend un soutien maximal de tous dans sa sympathique opération de financement par « crownfounding » sur https://bluebees.fr/fr/project/291-recup-mobile    

[33] Emission, d’après le site de FI, «  FAUT-IL Y CROIRE »

Un prêtre à la tête de l’université de Strasbourg

Par Isabelle de Gaulmyn, samedi 16 décembre 2016

[34] Sur le fond du problème, voir http://www.ufal.org/laicite/election-dun-professeur-de-theologie-catholique-a-la-presidence-dune-universite-publique-on-nous-ecrit-dalsace-moselle

 [35]http://www.huyette.net/2016/12/la-grace-les-violences-conjugales-et-la-legitime-defense.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail http://www.huyette.net/article-a-propos-de-la-grace-presidentielle-

85884756.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

[36]http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20161227.OBS3106/chomage-hollande-pourrait-bien-sortir-victorieux-de-son-improbable-defi-admet-la-presse.html#xtor=EPR-1-%5BObsActu8h%5D-20161227

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/election-presidentielle-2017/20161227.OBS3111/francois-hollande-et-la-courbe-du-chomage-le-rendez-vous-rate.html#xtor=EPR-2-%5BObsActu17h%5D-20161227

[37] Une honte : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/12/15/en-france-la-lutte-contre-l-islamophobie-souffre-d-un-manque-de-legitimite_5049636_3232.html