DECODA 58, 20/09/2017

C’est la rentrée !

En exergue de ce numéro, en ce week-end des Journées européennes du patrimoine chères à mon coeur, comme un cri de douleur infinie :

« Louis –Philippe avait choisi Prosper Mérimée, Emmanuel Macron a, lui, choisi Spéhane Bern, les temps changent… »

Quelle misère…

Comment notre jeunot n’a t-il  pas vu le ridicule qui s’attachait à confier, même à plus d’un siècle de distance, à un animateur TV  une mission identique à celle qui fut dévolue à Mérimée ? A un caniche mondain ami des rois.

Pour Mérimée, si vous le souhaitez, voyez le petit résumé en document média joint :  Mérimée. Pour Bern, j’ai jeté tous nos « Voici » et « Gala », désolé je n’ai rien.

 

Après quelques semaines de repos, on reprend le collier avec un numéro qui s’interroge.

Sur lui même en « Edito », sur les ordonnances en « Thème du mois »… mais un numéro qui identifie quelques ilots de plaisir et de bonheur dans l’océan de bêtise qui semble submerger ce monde.

Il faut profiter, ne rien manquer. On ne sait jamais avec tous les cinglés que les peuples portent au pouvoir ou soutiennent, malgré l’horreur et la folie qu’ils représentent, et qui, comme des enfants immatures dans une cour de récré, ne rêvent que d’en découdre et provoquent à tout crin à cette fin qu’ils s’appellent Donald, Vladimir, Nicolàs ou Kim…

Qu’ils aient le pouvoir pour certains comme les prénommés ci-dessus. Ou qu’ils aspirent à l’avoir comme d’autres pour des folies similaires. Au risque, tous, de tout faire péter…

Chacun à sa manière : guerre totale, pour certains thermonucléaire de préférence, ou civile pour une guéguerre de rues et de cités pour quelques autres, ou encore guerre sociale et de classe selon des scénarios déjà joués et dont on a déjà vu les résultats consternants tout  du long du siècle précédent…

Allez, haut les coeurs et bonne lecture, en une ou deux colonnes !

DECODA(NA)GES n°58-1C

DECODA(NA)GES n°58-2C

 

ou en lecture directe ci-dessous :

SOMMAIRE

 Edito                                                          

Deviendrais-je fou ?

Thème du mois                                                                

Réforme du marché du travail : bien joué ?

Dernière(s) minute(s)                           

Excuses en vrac

Protection de l’enfance : un apport décisif du Conseil d’Etat

Organisation juridictionnelle française, suite

Les canons oubliés du libéralisme économique

Vigilance Macron 

Les nouvelles des fronts bébêtes 

La gauche radicale…

Les deux crétins du mois                        

Joffrin

Dupont Moretti

La P’tite Biblio                                                

Mohamed Sifaoui

Elisabeth de Fontenay/Alain Finkielkraut

 

Texte intégral du numéro 58 

Edito

Deviendrais-je fou ?

Quand on édite un billet qui a deux cent cinquante abonnés, il faut s’interroger sur ce qu’on fait, pour soi et pour les autres. Régulièrement. Très régulièrement. Le plus souvent possible.

L’été et sa parenthèse ont été propices à une telle réflexion nourrie des observations de celles et ceux, nombreux, qu’on a pu voir et avec qui DECODA fut un sujet de conversation. Les remarques les plus nombreuses ont porté sur le ton et la forme du billet. Nombreux ont été ceux qui trouvent que je dérape vers une forme d’acrimonie monomaniaque dirigée contre les médias et que l’insulte semble parfois l’emporter sur l’argument…

Que se passe t-il ? La bien-pensance, le « politiquement correct », ces vermines modernes qui rongent les cerveaux, auraient-elles gagné parents et amis ? Jusqu’à m’attraire aux pieds du juge de l’opinion devant lequel j’entends déjà mon avocat…

« Il faut dire, à décharge Monsieur le juge, que les occasions sont si nombreuses et tentantes pour mon client face à un monde où même les meilleurs sombrent dans la médiocrité médiatique, qu’on pourrait presque ne pas lui en vouloir, que dis-je, qu’on devrait même l’en remercier ! »…

Mais voilà que la même folie acrimonieuse gagne mon avocat… Je le fais donc taire et vais me défendre tout seul.

L’erreur serait d’abord de croire que DECODA est un billet convenable, au sens des convenances bourgeoises qui ne dérangent surtout rien, y compris chez ses lecteurs bien-aimés. DECODA est CHARLIE ! Qu’on ne l’oublie pas. Pas un billet pour sortie de messes ou de prières accroupis et nu-pieds, surtout pas elles.

Donc il ravage, comme s’il était…. Comment dire ? Voilà, c’est ça, « Bête et méchant »[1]. Il dénonce les travers de ce monde et pour ça ses mots ne sont pas doux, ils peuvent même être violents s’il le faut. Il traque la bêtise, surtout lorsqu’elle devient insondable. C’est son objet social annoncé d’entrée de jeu, dès sa création[2] et ce n’est pas le care de Martine Aubry ni la bienveillance macronienne qui vont y changer quelque chose.

Pourquoi au fond, ensuite, devrait-on être indulgent, même dans la forme et l’expression, avec ceux qui nous enfoncent tous les jours ? A part si l’on aime ça, je ne vois aucun motif de rester silencieux et de ne pas gueuler si on a mal. Et j’ai mal. Ca me noue, ça me troue. Il suffit d’ouvrir un journal, la radio ou la TV… la bêtise est là étalée sous nos yeux et à nos oreilles.

Prenons un exemple, Trump. Quinze jours après qu’un « hurricane » ait dévasté le sud de son pays, il prend encore des mesures climato-sceptiques. Comment ne pas dire qu’il est complètement con ? Et, donc, aussi, les millions d’américains qui ont délibérément choisi son programme en l’élisant et qui persistent et qui resignent.

Autre exemple, plus près de chez nous, nos fameux frondeurs et autres insoumis qui nous ont saoulé des mois avec l’inversion des normes résultant de la loi El Khomri… Souvenez vous, il n’y a pas un an !

Là, ils nous saoulent de nouveau, maintenant avec l’inversion « Penicaud ». Mais si c’était déjà inversé et qu’on inverse à nouveau, on rétablit non ?

Et les médias face à tout ça. Quant ils ne sont pas militants, ils ne comprennent rien et amplifient, voire se limitent aux micros trottoir. Vous verrez bientôt les journalistes feront des selfies avec leurs benêts de service…

C’est clair, comme pour beaucoup d’entre vous j’en suis certain, tant de bêtise accumulée[3] me rend malade. Elle devient la chose au monde la mieux partagée, au point qu’on en est presque au communisme intégral sur ce plan.

Je me soigne donc en gueulant dans DECODA[4]. Vous savez bien que c’est comme ça que font les fous, ils gueulent ! Bon sang, qu’est ce que c’est bon. En plus je sais que, au fond, vous me comprenez. Donc je ferai des efforts sur la forme, promis, mais, ici, on restera CHARLIE, promis aussi. Ou bien alors, on ferme. Vous me direz.

 

Thème du mois

Droit du travail – Les ordonnances du docteur Macron : bien joué ?

Dans un billet publié pendant la campagne, on avait présenté le projet de réforme du candidat Macron en matière de droit du travail et, à cette occasion, commencé par rétablir la vérité des faits et du droit concernant la loi El Khomri, au delà des balivernes et sornettes auxquelles, bien entendu, chacun est libre de croire. On se reportera utilement à ce billet [5] pour un rafraîchissement de mémoire sur un sujet difficile pour aborder dans de bonnes conditions l’épisode de l’adoption des ordonnances en cette fin septembre.

On commentera le texte de ces ordonnances dès qu’elles seront rendues publiques à l’occasion de leur adoption en Conseil des ministres à la fin du mois. Pour l’instant ce que la presse et les lobbys commentent doctement[6], ce ne sont que les avant-projets issus de la concertation et ces textes sont encore soumis à l’examen préalable du Conseil d’Etat. Le gouvernement peut encore d’ailleurs retoucher ces projets d’ordonnances qu’il n’a pas encore adoptés.

Donc, pour l’heure et à ce stade, on se limitera à quelques observations pour tenter de répondre à la question qu’on s’est soi-même posée (« Bien joué ? »).

D’abord, il faut admettre que la concertation a bien fonctionné et que seuls les opposants syndicaux les plus radicaux déclarent in fine ne pas s’y retrouver (CGT et Sud).

Dans cet exercice difficile, le Gouvernement (et sa ministre du travail, malgré les tentatives de déstabilisation dont elle a fait l’objet et très bien relayées par la presse,) a su se rallier des syndicats, comme FO, qui à l’occasion de la réforme El Khomri avaient été, ou s’étaient, maintenus dans les rangs des opposants radicaux et irréductibles. Comment a t-il fait ?

C’est simple, ce résultat a été obtenu moyennant une concertation lors de laquelle des gages sérieux ont été donnés sur le rôle des branches qui voient les domaines ou sujets sur lesquels elles seront décisionnaires s’accroître significativement (un nombre de domaines qui passe de 5 à 11, entre la loi El Khomri et les ordonnances Macron). C’est que voulaient les syndicats. Ils l’ont eu. Certains ont l’honnêteté de l’admettre.

En rétablissant le rôle des branches, niveau auquel les syndicats comme la CGT et FO sont puissants et forts, Macron inverse donc encore moins la hiérarchie des normes que la loi El Khomri qui ne le faisait déjà que très peu… Qu’on le dise aux neuneus qui ânonnent depuis des semaines les mêmes âneries !

L’inversion de la hiérarchie des normes n’est donc plus le chiffon rouge que les syndicats de salariés (hors CFDT) avaient pu voir lors de l’étape précédente (El Khomri).

Ceci déplait d’ailleurs à la CFDT qui milite pour le développement du dialogue social dans l’entreprise, mais pas au point de la voir se retirer de son adhésion globale à cette réforme. Donc tout bénef, le front syndical est encore plus divisé et la CGT isolée.

La friction est désormais ailleurs et il y a plusieurs points ; le principal, qui fait l’unanimité syndicale contre lui est la barémisation des indemnités réparatrices du licenciement abusif (un montant forfaitaire connu à l’avance, au lieu du pouvoir d’appréciation du juge en fonction du préjudice subi par le salarié licencié abusivement).

Malgré la hausse non négligeable des indemnités légales de licenciement de 25%[7], la mesure de barémisation de la réparation des licenciements abusifs passe mal. Elle est analysée comme un permis de licencier à bon compte moyennant un mois de salaire par année d’ancienneté pour un licenciement sans cause réelle, ni sérieuse. Pas cher le bon plaisir… Comme si, puisqu’après tout il s’agit de licenciement abusif sans cause réelle ni sérieuse, les chauffards pouvaient s’acheter moyennant un prix connu à l’avance le droit d’écraser les piétons dans les clous (même pas en dehors) et n’étaient plus soumis à l’appréciation par le juge quant à la quotité du préjudice de la victime. C’est dire…

En plus, sans garantie que cela soit favorable au développement de l’emploi. Pouvoir virer plus facilement pour recruter davantage ? Il est vrai que c’est difficile à faire admettre comme une évidence. Certes, cela a pu marcher ailleurs (Danemark, Allemagne), mais au prix d’une précarisation accrue et d’un nombre de travailleurs pauvres plus élevé (9% en Allemagne contre 7% en France selon l’OFCE).

Sur cette réforme du marché du travail pour quelqu’un de gauche (social-démocrate) les questions se posent dans un certain ordre.

D’abord, au niveau des principes politiques et sociaux. Faut-il libéraliser encore plus le marché du travail que nous ne l’avons fait depuis trente ans, afin de,  sur le modèle des pays de l’Europe du nord, substituer peu ou prou la flexibilité du marché du travail au duo infernal actuel qui couple sécurité des uns (les CDI publics et privés)/insécurité et dégradation sociale pour les autres (les exclus de l’emploi et notamment, ce qui est le plus grave, les jeunes).

L’égalité serait ainsi, dans cette optique, mieux assurée par une flexibilité plus générale des relations du travail. Mais, limitée à cela ce serait inacceptable.

Il faut donc que cette « précarisation plus égalitaire » soit compensée par la sécurisation des parcours individuels par des droits sociaux plus réels que ceux que produit le système actuel qui semble massivement fabriquer des exclus du travail par millions. C’est ce que l’on appelle la flexisécurité.

Ensuite, et seulement ensuite, si on a répondu oui à cette question de principe, pour quelqu’un de gauche se pose la question de l’efficacité économique et sociale de cette inflexion. Et là, force est d’admettre que c’est une sorte de pari. Que ce qui a fonctionné ailleurs, marchera chez nous et que le chômage redescendra à un étiage acceptable, car incompressible aux alentours de quelques pour cent.

Comme tout le reste a été tenté dans la lutte contre le chômage, à l’exclusion du modèle soviétisant de l’économie administrée, nous faisons avec quelques autres le pari de la flexisécurité ayant répondu favorablement à la question de principe.

Alors, maintenant pour le succès de cette réforme bien atténuée par rapport aux ambitions cédétistes de décentralisation du dialogue social, tout dépendra de la mobilisation que des syndicats (profondément divisés) et des partis politiques (marginaux) sauront provoquer. Vu les troupes que Mélenchon à Marseille invite à « déferler » sur Paris lors de sa rentrée politique (quelques centaines de personnes), Macron et son gouvernement peuvent être à peu près tranquilles[8]. Sans jurer cependant de rien, on peut donc déjà dire plutôt « Bien joué ! » sur ce coup au pouvoir en place qui a su rallier, par des gages significatifs[9] donnés sur le rôle des branches, des syndicats qui avaient été très radicaux contre la loi El Khomri.

On reviendra plus en détail sur ces ordonnances dans un autre numéro, mais outre notre critique de la barémisation des indemnités de licenciement abusif, la déception empreint notre appréciation sur d’autres domaines de la réforme notamment sur la représentation des salariés aux organes de direction des entreprises.

On reste loin, très loin, du modèle de l’Europe du Nord (Allemagne et Suède) qui privilégie lui la codétermination entre capital et travail au sein des entreprises. De « bien joué » on pourrait passer vraiment, si rien ne changeait, à un véritable « Rendez vous manqué ». Juste parce que l’on a le patronat le plus bête du monde et, pour la plupart, les syndicats de salariés qui vont avec.

On a envie de dire, non, pas ça, pas Macron, pas lui engagé sur l’idée « en même temps, de droite et de gauche » ! N’oublions pas, lui le premier, qu’il risque d’être la dernière station avant une sinistre autoroute, brune ou rouge sang. Il doit donc réunir sur son action au moins six français sur dix. Clairement, on attend maintenant les mesures de gauche ayant vu celles bien libérales de droite qu’il s’agisse du droit du travail ou de la fiscalité. Il faudra que la belle récré offerte aux Philippe, Lemaire et Darmanin et à leurs électeurs, ainsi qu’au Medef, se termine un de ces quatre. Sinon on ne suivra plus.

 

Dernières minutes…

1) Excuses en vrac

Il est de bon ton aujourd’hui d’excuser, au nom de causalités explicatives qui occultent les responsabilités individuelles et d’autres facteurs explicatifs qui gênent. Une vraie culture du pardon…. Comme qui dirait un héritage judéo-chrétien. On se noie à gauche dans cette culture de l’excuse. A l’opposé, on ne voit rien à droite quand on ne regarde que par le petit bout de la lorgnette individuelle et qu’on méconnait les effets des causalités globales.

Alors, excuser ? Y compris le pauvre électeur FN, pas raciste et homophobe pour un sou, juste égaré chez la Marine pour des causes économiques et sociales, n’est ce pas ? On se demande pourquoi ils ne sont pas chez Mélenchon. Poser la question c’est y répondre. C’est simple, Mélenchon ne hait pas les arabes. Ils ne peuvent se rallier à son panache rouge.

Excuser ? Y compris les tarés de l’islam, pas vraiment responsables eux non plus, les pauvres, puisque c’est la faute de la colonisation, de l’impérialisme américain, du sionisme, de la détresse économique et sociale des banlieues et que sais-je encore. Il y en a tellement de ces causes fumeuses qu’on s’y perd dans les excuses surtout lorsqu’ils les déguisent en explications sociologiques. Ils ne voient même pas que leurs si belles causalités n’expliquent pas pourquoi un musulman devrait en tuer d’autres qui n’ont jamais été colons, ni impérialistes, encore moins sionistes ou exploiteurs d’opprimés, alors que c’est ce que font massivement et au premier chef les tarés de l’islam politique.

Mais tout n’est pas perdu, on est en train de se réveiller certains travaux remettant les pendules à l’heure sur les motivations des djihadistes[10]. C’est trop bête on aurait pu le savoir depuis longtemps : il suffisait au fond de les écouter et d’entendre ce qu’ils disent. Mais ce n’était pas si simple pour des consciences mystifiées par la doctrine sociologisante ou psychologisante dominante…

2) Le Conseil d’Etat pour un apport décisif pour la protection des enfants

Face aux dérives inquiétantes d’écoles privées hors contrat, un récent arrêt du Conseil d’Etat remet les pendules à l’heure[11]. Le socle commun, qui définit les savoirs fondamentaux que les élèves doivent acquérir, s’applique bien à l’enseignement hors contrat : dans un arrêt rendu le 19 juillet, le Conseil d’Etat a validé le décret du 28 octobre 2016 pris par N. Vallaud-Belkacem instituant un contrôle du respect du socle commun par les écoles hors contrat.

Cette mesure facilite le contrôle exercé par les inspecteurs de l’éducation nationale sur ces établissements et même sur la scolarisation à domicile.

Félicitons-nous en. On a les outils pour contrer tous ceux qui veulent modeler les enfants à leur triste image, qu’ils soient barbus, évangélistes créationnistes ou même catho rétro…

3) Organisation juridictionnelle française

Un nouvel élément au débat, la lettre de l’USM (Union syndicale des magistrats) au président de la République sur une malfaçon de notre dispositif juridictionnel (voir document média joint ).

A suivre…

4) Economie

Les canons oubliés du libéralisme économique

Tout n’est que mode chez les « cretinus médiaticus » qui nous entourent, que dis-je qui nous cernent…

Tout à la mode idéologique néolibérale qui s’est étendue sur le monde pour mieux favoriser la marchandisation généralisée, ils en oublient les fondamentaux que le libéralisme et sa théorie économique contiennent pourtant. En effet dans la théorie économique classique, en économie de marché libre, la main invisible ne peut tout régler et permettre d’atteindre l’optimum économique dans tous les cas[12].

Rappelons le donc aux pauvres éditorialistes, chroniqueurs, pseudo-experts et autres journalistes, et à leurs millions de victimes, l’idéologie économique libérale admet dans deux hypothèses fondamentales que le marché libre (et sa main invisible) ne sont pas efficients. Il s’agit de ce que l’on appelle la théorie des « effets externes » et la théorie des « biens collectifs » qui justifient, du point de vue de la recherche de l’optimum économique, une intervention publique selon sa logique et ses règles propres.

On y reviendra dans un numéro ultérieur car c’est très important par ces temps d’ignorance et de manipulations généralisées. Mais déjà on vous livre un remarquable papier/vidéo de Philippe Gattet publié sur ce sujet par Xerfi Canal (voir Document média joint Gattet, Comprendre les externalités). Il y a déjà tout ce que l’on doit savoir pour ne pas être victime des idéologues libéraux et de leurs potions idiotes sauf pour ceux qui y gagnent !

5) « Vigilance Macron »

Pour y voir un peu plus clair sur le « dérapage » verbal de E. Macron en Roumanie, au delà des enfumeurs qui racontent n’importe quoi, on se reportera à un excellent article publié par le site « The conversation »[13].

Au fond, E. Macron n’a pas fini de payer d’avoir mis à l’écart les médias les premiers mois de son mandat. Il a eu tort de changer de stratégie, poussé sans doute par ses grands communicants.

Il aurait dû tenir bon et continuer à leur dire le mot de Cambronne lorsque ça lui chante. Il les méprise et il a raison. Il aurait dû continuer à les snober. Il ne tirera rien de son revirement stratégique car ils l’ont déjà lâché et vont finir de lui faire la peau[14]. Tout comme ils ont laminé Hollande et avant lui Sarkozy. Qui peut trouver grâce à leurs yeux désormais ? Un des leurs ? Une tache de première comme Marine Le Pen, un fou dangereux comme Mélenchon ? On ne sait plus… Sans doute personne.

 

Les nouvelles des fronts bébêtes        

Sont toujours des nouvelles d’effroi…

En exergue de cette rubrique, l’aphorisme du mois :

« Que les météorologues donnent donc à chaque ouragan qui ravage les belles Antilles le nom d’un crétin de climato-sceptique plutôt que de faire de la poésie ! »

1) Spécial Journées (européennes) du patrimoine

Certains monuments historiques sont encore en péril mais lorsque en 1834 Louis-Philippe nommait Prosper Mérimée inspecteur général des monuments historiques pour identifier les monuments en danger (voir document média joint Mérimée) et donner naissance à l’administration qui a su, grâce aux efforts de la Nation, sauver le patrimoine national, Emmanuel Macron désigne Stéphane Bern…

Le gentil caniche ami des rois. Les temps changent. Mérimée en sursautant a dû se mettre un sacré coup de boule dans sa pierre tombale…

2) Ce mois-ci, grâce à Caroline Fourest, des nouvelles de notre bon « Front bébête de gauche », un régal ; elle dit tout très bien, Caroline, rien à ajouter, allez-y voir :

https://carolinefourest.wordpress.com/2017/08/03/venezuela-le-retour-de-la-fascination-infantile/

Une remarque toutefois sur ce qui ressemble à un dérapage quand, au détour d’une phrase de son papier lumineux, elle parle de la « périlleuse politique libérale » de notre président… Attention de ne pas sombrer elle-même dans le simplisme chaviste ambiant sur l’action d’un président qui au fond met en oeuvre son programme après que nous, citoyens, l’eussions élu il y a quatre mois. « Périlleuse politique libérale », nous dit Caroline ? Que ne l’avoir pas dit avant puisqu’il était connu ce programme ?
En réalité, c’est inexact, sauf peut-être pour des chavistes de pacotille.

C’est juste que dans un programme, choisi par 65% des électeurs qui se voulaient « de droite » et « de gauche », on cherche encore les mesures « de gauche ». Et si elles venaient ces mesures (formation, école, plus grande universalité des droits sociaux, etc.), outre des premiers résultats en forme de réussite.
 Et s’il suffisait d’être un peu patient, sans préjugé…

 

Les crétins du mois                                           

Ce mois, deux pour le prix d’un !

1) Laurent Joffrin

Pour sa « Lettre politique » du 5 septembre « Obsession Islam », dans Libé[15]

Eh oui, une nouvelle fois, l’ami Joffrin se bâte lamentablement au mat de l’islam pour ne pas effaroucher les pauvres opprimés et tant pis s’il faut pactiser avec la confession rétrograde « number one ».

Pour cela, en bon « islamolâtre » idiotement utile pour les mollahs, il confond la critique de l’islam (légitime chez tous les républicains tels Juillard, Fourest, Finkielkraut et bien d’autres) et le « racisme » anti musulman des fascistes et autres tarés d’extrême droite. Une honte pour l’esprit.

Il doit vouloir avec son misérable canard s’attacher des lecteurs de ce côté là, c’est pas possible autrement, comme un pauvre élu local qui pactise pour gagner des voix… Lecteur, Electeur, une seule lettre de différence, c’est peu au fond et c’est du pareil au même pour le bradage des valeurs de la République. Donc Libé, c’est fini, plus un centime d’euro venant de mon porte-monnaie.

2) Dupont Moretti

Pour son pseudo réquisitoire dans les médias contre l’Ecole nationale de la magistrature.

Cet avocat, certes talentueux, attaque l’ENM comme beaucoup d’hommes politiques de droite l’ont fait depuis des années. Il s’agit d’un combat corporatiste, les avocats proposant de se réserver l’accès à la magistrature au bout de 10 ans de fonctions mais aussi une lutte d’influence.

Dupont Moretti est adepte de la stratégie de rupture (comme Vergès jadis) dans les cours d’assises. Il se plait à provoquer le président de la cour d’assises pour ensuite se plaindre de sa partialité envers son client, quand celui-ci est condamné. En réservant l’accès à la magistrature à d’anciens avocats, il doit escompter avoir la partie plus facile et les impressionner.

Cette sortie lui a valu une réponse publique cinglante et très juste du directeur de cette école que l’on reproduit ici en document média joint (lettre dir ENM à Dupont Moretti-2017-09-12). Un régal face à la vacuité insupportable de cet avocat.

 

La P’tite Biblio

Deux bouquins signalés ce mois-ci :

1) Même s’il s’est planté en témoignant contre Bensoussan pour les propos hasardeux de ce dernier sur l’antisémitisme supposé comme quasi congénital chez les musulmans, ce que l’on a ici critiqué, on salue la publication de « Une seule voie : l’insoumission » de Mohamed Sifaoui, chez Plon.

Et avec Caroline Fourest[16] on se plait à dire : « Alors bien sûr, sur les plateaux de télé, Mohamed n’est pas toujours calme comme l’eau qui dort. Il lui arrive de ne plus supporter les évitements, les lâchetés ou les âneries maintes fois entendues. Pour rester fidèle à ce qu’il croit être juste, il peut rompre avec ses amis ou ses alliés, comme en vouloir à Marianne à propos de l’affaire Bensoussan. Il nous arrive de nous engueuler pour un propos tenu en plateau ou une divergence. L’essentiel, les attentats et la bêtise féroce de nos adversaires nous réconcilient toujours. Je me demande souvent comment il fait pour tenir. On en rit autour d’une bonne table. Quand il ne trouve plus la force de rire, il écrit… Ce livre, où il regrette pudiquement de parler de lui. Alors qu’il nous parle de nous, et de ce qui nous arrive. »

2) Le plaisir de Valladolid

« En terrain miné » de Alain Finkielkraut et Elisabeth de Fontenay, chez Stock

Dans l’océan bête et niais qu’est devenu notre monde, il est des ilots d’intelligence sur lesquels on peut sans hésiter se laisser échouer. Et on dirait presque avec l’envie d’y rester.

Tel est le cas de cet ouvrage dans lequel les deux philosophes débattent comme ils auraient pu le faire à Valladolid il y a quelques siècles.

Le changement, et il est radical, est que dans un monde dit « communicant » le dialogue ne leur a semblé plus possible qu’épistolairement compte tenu de l’horreur « du tac au tac » médiatique, « twitté » ou « facebouqué », qui peut tout emporter dans sa violence, comme dans un dîner où l’on a trop bu.

Même eux ont dû s’y résoudre. C’est dire. C’est ce qui les distingue de tous les autres philosophes de plateau TV, de droite ou de gauche. Ils pensent et disent leur pensée, les autres se bornent à éructer.

 

Notes de bas de pages

[1] Pour les plus jeunes, du sous-titre de « Hara-Kiri » ancêtre de « Charlie »

[2] Voir à cet égard : https://francoisbraize.wordpress.com/lauteur-du-blog-qui-suis-je/ et pour la cause je me cite : « Avec une orientation philosophique humaniste et laïque qui ne s’accommodera jamais d’une quelconque forme de résignation, je fais ainsi partager et mes coups de gueule et mes coups de coeur… au besoin, et sans retenue, par l’humour, la caricature et la dérision… »

[3] Maladie pour laquelle d’autres jouent leur vie :

https://carolinefourest.wordpress.com/2017/09/01/mohamed-sifaoui-linsoumis/

[4] Puisque écrire c’est aussi se soigner selon Kamel Daoud qui vient de publier « Zabor ou les psaumes » chez Stock

[5] Voir sur DECODA le texte de ce billet :

https://francoisbraize.wordpress.com/droit-du-travail-lordonnance-du-docteur-macron/

[6] Voir notamment : http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/08/31/ces-ordonnances-ne-constituent-pas-la-revolution-annoncee-par-emmanuel-macron_5179192_823448.html

http://www.liberation.fr/france/2017/08/31/ce-que-contiennent-les-cinq-ordonnances_1593394

http://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/des-ordonnances-du-bon-mais-pas-encore-un-big-bang-au-service-de

http://www.liberation.fr/france/2017/09/10/il-etait-une-fois-le-salarie-du-futur_1595425

Voir cependant pour une approche intéressante de la problématique « décentralisation sociale »  ou « jacobinisme social », l’article de Ariane Chemin dans le supplément « Idées » du journal Le Monde en date du 16 septembre dernier  

[7] Ce sont les indemnités légales versées automatiquement pour tout licenciement en fonction de l’ancienneté, fautif ou non

[8] D’ailleurs la mobilisation du 12 septembre 2017 est en baisse par rapport à celle réussie contre la loi El Khomri, même selon les chiffres des syndicats (450 000 dans toute la France pour la première manif en 2016, 400 000 en 2017 soit, pour 180 défilés le 12 septembre, 2222 manifestants en moyenne par défilé…) ; voir à cet égard http://www.leparisien.fr/economie/loi-travail-la-mobilisation-dans-la-rue-sera-t-elle-superieure-a-celle-de-2016-11-09-2017-7251702.php

[9] Significatifs à défaut d’être forcément intelligents car en tant que cédétiste de cœur et de raison on ne peut que souscrire à l’idée de développer le dialogue social au plus près dans l’entreprise et sans nécessairement d’appareil syndical politisé qui en ait le monopole… Sur ce plan « Macron trahison », avec le recul sur le rôle des salariés dans la gouvernance des entreprises…

[10] Voir à cet égard : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/terrorisme/20170814.OBS3387/djihadistes-francais-et-radicalisation-une-etude-tord-le-coup-aux-idees-recues.html; au passage saluons le départ d’un homme de bien Pierre Bergé, militant laïque http://www.laicite-republique.org/pierre-berge-un-combattant-de-la-laicite.html

[11] Voir à cet égard, sur le site « café pédagogique » très intéressant, http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2017/08/22082017Article636389847557022683.aspx

[12] A noter ainsi que l’idéologie libérale économique se situe sur le terrain de l’efficacité et pas de la morale ou du choix politique : c’est au regard de la seule recherche de l’optimum économique qu’elle abandonne la main invisible au profit de l’intervention publique… il faut y voir là le signe d’une idéologie totalitaire enfermée dans sa propre logique dont elle ne sait pas sortir

[13]http://theconversation.com/macron-face-a-la-rue-un-president-ne-devrait-pas-dire-cela-83882?utm_medium=email&utm_campaign=Des%20nouvelles%20de%20The%20Conversation%20pour%2012%20septembre%202017%20-%2083026781&utm_content=Des%20nouvelles%20de%20The%20Conversation%20pour%2012%20septembre%202017%20-%2083026781+CID_b3a9416221a1a8aa62eb55eed75e9298&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Macron%20face%20%20la%20rue%20%20un%20Prsident%20ne%20devrait%20pas%20dire%20cela

[14] Jusqu’à France Inter, cet ex grande radio, qui le 17 09 s’interroge en milieu de journée dans une émission ad hoc sur la légitimité de notre président à conduire les réformes pour lesquelles il vient d’être élu avec 65% des suffrages exprimés…

[15] Pour ne pas être injuste saluons la lettre politique de Joffrin en date du 13 septembre excellente sur les manipulations grossières de chiffres des manifestants par les syndicats et les insoumis ; alors que ce sujet est clos, les chiffres de la police de la République sont fiables, les leurs une vaste blague, point final. Manif pour tous, CGT, Mélenchon c’est du pareil au même : Manip pour tous ! Bande de bandits…. Merci à Joffrin d’avoir su le rappeler, il ne déconne pas sur tout, on est rassuré… ou encore plus inquiet !

[16] Voir son remarquable billet dans Marianne le 1er septembre : https://carolinefourest.wordpress.com/2017/09/01/mohamed-sifaoui-linsoumis/

 

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