DECODA n°19, 5/07/2014

SOMMAIRE

Edito Cynisme à tous les étages !

Le thème du mois La question « lancinante » des intermittents du spectacle

Dernière(s) minute(s) Laïcité, de très bonnes nouvelles du front Les chiffres du chômage Hollande et Renzi écrabouillent Cameron ABCD de l’égalité JM Le Guen, en mode minoré

Chiffres clés Les chiffres qui tuent…. La règle de dix

Le(a) crétin(e) du mois Le président de la FNSEA

La p’tite biblio Muscalitis Jean-François Gayraud « Le nouveau capitalisme criminel », chez Odile Jacob, mars 2014

 

Edito

Cynisme à tous les étages !

Ce 1er juillet 2014 restera dans les mémoires… Notre ancien président de la République, une première, son avocat fétiche et un très haut magistrat à la Cour de cassation en garde à vue, puis mis en examen… Le dit président notamment pour corruption active !

Un seul mot d’ordre que la justice fasse son travail et que les médias respectent la présomption d’innocence. Cela paraît mal parti : les amis de Sarkozy et l’intéressé lui même se déchainent contre cette justice qu’ils exècrent quand elle n’est pas leur botte et les médias s’en donnent déjà à cœur joie alors qu’ils ne savent encore presque. Donc, groupies et rapaces, attendez un peu SVP.

En revanche, s’agissant du scandale « UMP/Bygmalion » on sait plein de choses avec les aveux qui se sont produits. L’affaire prend de nouvelles proportions, extrêmement étonnantes pour qui ne se résout pas au cynisme, à la médiocrité morale et aux violations de la loi. Des éléments déjà connus depuis quelques semaines sont venus expliquer une large partie du désastre des finances de l’UMP depuis les présidentielles de 2012. Le parti a financé, grâce à un système de fausses factures, à hauteur de 18 millions d’euros la campagne de N. Sarkozy dont le compte de campagne est ainsi presque resté sous le plafond des 22 millions d‘euros prévu par la loi. Sarkozy a ainsi évité de voir son compte de campagne invalidé pour un dépassement extravagant de 18 millions [1]! Souvenez vous, l’invalidation des comptes de campagne pour dépassement empêche le remboursement de 50% des dépenses de campagne par l’Etat.

Or, on se souvient des cris d’orfraie de la Sarkozie toute entière quand le compte de campagne de leur poulain a été invalidé par le Conseil constitutionnel le 4 juillet 2013 pour 0,4 millions de dépassement… Moins d’un malheureux million de dépassement, vous vous rendez compte qu’ils nous disaient, et, conséquence directe, un non remboursement de 11 millions quelle disproportion, quelle injustice !

Mais maintenant on sait la vérité ! Le dépassement a atteint la vingtaine de millions d’euros, bande de gredins ! Et les militants et sympathisants qui ont cotisé au Sarkoton qui a suivi pour compenser le non remboursement, qu’est ce qu’ils en disent ? J’en suis pas, j’en dis donc rien sauf peut être qu’on les a pris pour des cons. Mais, en revanche, en tant que contribuable je sais ce qu’il en est.

Même si les frais de campagne de Sarkozy n’ont pas été remboursés par l’Etat à hauteur des 11 millions auxquels il aurait pu prétendre s’il n’avait pas dépassé le plafond légal, 66% du montant des dons des militants (dons défiscalisés à cette hauteur) ont été, in fine, supportés par le contribuable… Eh oui ! Bravo les gars à l’UMP, c’est une affaire qui marche car, grâce au Sarkoton, la collectivité nationale supporte quand même 7,3 millions d’euros des 11 qu’elle ne devait pas rembourser. Cyniques gredins, je vous dis.

Mais ce n’est pas tout, comme si ça ne suffisait pas… On apprend que le président du Groupe UMP à l’Assemblée nationale, Christian Jacob, a en plus prêté, en catimini, 3 millions d’euros à l’UMP sur la dotation destinée, sur fonds publics, à assurer le fonctionnement de ce groupe parlementaire !!! [2]

Là on rigole encore moins : ce sont directement des fonds publics qui ont été détournés car il n’est pas dans « l’objet » d’un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale d’octroyer des prêts, à qui que ce soit, fut ce à un parti ami. D’ailleurs on nous répète à l’envie que ce n’était pas illégal, je pense que si, car un Groupe parlementaire au sens de l’article 19 du Règlement de l’Assemblée nationale n’est ni une association, ni une société, ni quoi que ce soit de juridiquement constitué ! Bref s’il n’a pas d’existence ni de personnalité juridiques, comment pourrait il octroyer un prêt ?

Le cynique Jacob se joint au cynique Copé et à toute la bande de cyniques malfrats sans scrupule qui géraient la campagne de Sarkozy pour satisfaire à ses moindres désirs et à sa folie des grandeurs.

Qu’ils aillent tous au diable, mais d’abord en taule avec la surpopulation qu’ils veulent maintenir puisqu’ils s’opposent à la réforme pénale de la détention et de la probation du gouvernement ! Ca va leur faire le plus grand bien de goûter aux joies, à toutes les joies, de l’incarcération….

Et que l’on ne vienne pas nous dire que Sarkozy n’a rien su de ces magouilles. S’il n’a rien voulu savoir, il est malgré tout responsable car il était le patron de cette déferlante de folies dispendieuses et de violations délibérées des lois. Cyniques, incompétents et pleutres, voilà ce qu’ils sont, tous ! Et ils prétendent gouverner de nouveau le pays….

D’un autre côté, on apprend que la banque française d’affaires, la grande et belle BNP Paribas, par le plus grand cynisme également de ses dirigeants croyant sans doute aussi à leur impunité, s’est gaillardement affranchie de blocus internationaux et a fait affaires et commerce juteux avec des pays avec lesquels cela était prohibé par nos alliés.

L’argent et le jeu du grand casino mondial leur monte au citron et ils perdent aussi la boule dans le privé… Ce n’est donc pas le monopole des partis politiques, on en est presque soulagé…

Bilan des courses 6,5 milliards d’euros de pénalités pour BNP Paribas et une interdiction de commercer en dollars pendant quelques temps. Tout le « board exécutif » débarqué : au moins eux ils font le ménage et virent les responsables, pas seulement les lampistes. Là, c’est une vraie différence avec les partis politiques, type UMP.

Bref, les amis, à quand le retour d’un peu de vertu républicaine ? On se prend à rêver, mais, faut pas se faire d’illusion ça ne viendra pas tout seul. Comme on le titrait dans l’Edito du numéro précédent, « la VIème République vite ! » et, évidemment, sans tous les cyniques qui galvaudent la Vème et se contrefichent de ses lois.

Tout comme lors du passage de la IVème à la Vème République, c’est la soi-disant élite de toute une classe politique qui doit désormais dégager ! De nouvelles règles, de nouveaux comportements, de nouvelles têtes. Mais, pitié, on a déjà trop souffert, surtout pas celles des sinistres populistes, démagogues et incompétents de l’extrême droite.

Faut quand même pas ajouter la fange idéologique à la décrépitude morale et politique, ni remplacer le cynisme par le crétinisme. En parodiant une chanson créole des années 70, « avant de te mawier avec Mawine, si tu veux savoiw ce qui t’attend…. wegade son pèwe, wegarde son pèwe… ».

Pour revenir à notre ex président : comment peut on encore croire à son innocence complète avec les soucis judiciaires qui sont les siens, fruits de son comportement cynique absolu, de son mépris des lois et des juges, et donc de la République ? Il vient de la démonter ce soir sur TF1, pathétique et pitoyable…

Le thème du mois                                

La question « lancinante » des intermittents du spectacle

La question défraie une fois de plus la chronique à l’orée des festivals d’été et des menaces qui pèsent sur ceux-ci du fait du mécontentement des intermittents d’une part agressés, une fois de plus par le Medef qui veut supprimer ce régime et, d’autre part, opposés à l’accord conclu par les partenaires sociaux au sein de l’Unedic au printemps dernier. Cet accord durcit les conditions d’indemnisation en allongeant la période dite de carence, laquelle, à la fin d’un cachet, précède le début de l’indemnisation au titre du chômage.

Comme on a entendu, ou lu, beaucoup de bêtises sur le sujet ces derniers temps, sans avoir l’ambition de traiter un sujet très difficile en quelques paragraphes, on rappellera juste quelques vérités pour éclairer le jugement des lecteurs[3].

Le régime spécifique d’indemnisation du chômage des intermittents est lourdement déficitaire de plus d’un milliard d’euros par an (246 millions d’euros de cotisations pour 1,27 milliard d’euros de prestations versées, pour 254396 cotisants et 108658 bénéficiaires d’indemnités[4]).

Le régime des intermittents représente aujourd’hui plus de 40% du déficit de l’assurance chômage. Des abus sont connus et mettent en cause notamment le secteur des chaines de l’audiovisuel qui emploient des personnels permanents sous le régime de l’intermittence pour échapper au droit du travail des travailleurs précaires (régime du CDD).

En outre, une certaine « complicité » employeur/intermittent peut permettre de faire supporter au régime d’indemnisation des périodes en réalité travaillées et qui auraient du être rétribuées par l’employeur.

Il faut dire les choses comme elles sont et ne pas gober les histoires régulièrement servies, ces abus comptent pour peu dans le montant du déficit de ce régime.

D’abord, les « intermittents » des chaines de l’audiovisuel cotisent mais ne perçoivent pas d’indemnité en continu puisqu’ils sont sur des emplois permanents qu’ils occupent dans une suite ininterrompue en réalité de cachets successifs. Les faire disparaître du régime basculerait leurs cotisations dans le régime général d’assurance chômage et aurait toutes les chances d’accroître le déficit du régime des intermittents puisqu’ils ne perçoivent rien au titre du chômage.

Ensuite, le chiffrage des abus a été effectué et montre qu’ils ne représentent que moins de 20% des coûts du régime (moins de 200 millions sur 1,2 milliards). Comme il s’agit souvent de la logique du travail au noir, l’éradication est difficile, voire même un pur rêve. Le fond du problème est ailleurs.

En premier lieu, il faut dire que le régime spécifique de l’intermittence est parfaitement justifié car on ne peut traiter avec le régime du CDD ordinaire la précarité des artistes et des techniciens recrutés sur des cachets qui correspondent à quelques heures parfois, quelques jours souvent, quelques semaines parfois.

Il est donc inutile de dire « rapatrions les intermittents du spectacle au sein du régime de droit commun des travailleurs précaires » car alors, en effet, on règlera la question du déficit du régime des intermittents puisqu’il n’existera plus ![5]

Mais rapidement, les intermittents, inassimilables au régime d’indemnisation du chômage des CDD ordinaires et indispensables au niveau de développement culturel de ce pays disparaîtront aussi ! Cette idée est juste un truc pour les amateurs de propos de comptoir. D’ailleurs, 126858 salariés du spectacle sont déjà affiliés au régime général en CDD. On peut donc supposer que, parmi les intermittents du spectacle, ceux qui ne relèvent pas du régime spécifique d’indemnisation du chômage sont déjà massivement hors de ce régime.

Ensuite, en supposant pouvoir éliminer tous les abus, on ne diminue le coût du régime que de 20%. Il est donc évident que si l’on ne suit pas le Medef qui, le nez dans les comptes de l’Unedic, se contrefiche du niveau culturel et de l’attractivité de ce pays et de son développement, la seule question qui vaille est celle de savoir qui doit payer le coût de l’intermittence lié au développement culturel extraordinaire de la France en trente ans. Tout le reste n’est que foutaise ou ajustements technocratiques, pour ces derniers sans doute indispensables mais non essentiels.

Si l’on ne supprime pas le régime spécial d’indemnisation du chômage des intermittents du spectacle, la question est bien : qui doit alors payer pour le fait qu’un intermittent reçoit en moyenne chaque année pour une rémunération de 100, 57 au titre des cachets versés par ses employeurs et 43 au titre des indemnités chômage ?

On le redit, cette situation est dans la nature même de la profession des artistes et techniciens du spectacle vivant.

Donc, comment financer cette situation particulière ? Est ce que ce doit être la solidarité interprofessionnelle inhérente à l’assurance chômage ? Auquel cas on ne change rien et on règle simplement les abus avec les effets financiers marginaux indiqués précédemment.

Est ce que ce doit être aussi la collectivité nationale et le contribuable par un financement de l’Etat et des collectivités publiques ? Dans ce cas, on budgète une partie des montants nécessaires au budget de l’Etat et des autres collectivités publiques et on allège ainsi les comptes de l’assurance chômage [6]?

Mais on pourra aussi explorer d’autres voies de financement. D’abord, première piste d’évidence, augmenter les cotisations et la solidarité des artistes les plus aisés[7]. Ensuite, développer l’activité des intermittents pour réduire le chômage et l’indemnisation : ce peut être en développant la production de spectacles, et la diffusion des spectacles produits. On peut y parvenir en incitant les acteurs privés à le faire ou en développant le soutien public à ce type d’actions. Rien que de très classique pour l ‘économie de la culture.

Plus novateur : on peut aussi décider de mobiliser des ressources existantes non affectées aujourd’hui encore au financement du dispositif de l’intermittence. On pense ici aux 25% des recettes de la copie privée (plus de 200 millions d’euros par an) et destinées, depuis la loi Lang de 1985, à des actions dites d’intérêt général subventionnées sur cette manne financière par les sociétés d’auteurs, d’artistes et de producteurs. A cet effet, le pourcentage de 25% pourrait être augmenté par la loi pour dégager des ressources nouvelles et financer l’intermittence.

Compte tenu de l’ampleur et de la récurrence de la crise financière du régime d’indemnisation de l’intermittence au titre du chômage, il apparaît indispensable de remettre aujourd’hui à plat le financement de ce régime tout en décidant de le préserver une bonne foi pour toute, compte tenu de son intérêt général pour le développement culturel de notre pays.

Telle est la question politique qui se trouve posée et comme elle est lourde de portée, il ne faut pas se limiter à une approche comptable. Sans prétendre anticiper sur ce que proposera au gouvernement la mission de réflexion mise en place par ce dernier et confiée à plusieurs personnalités sous l’égide du député Jean-Patrick Gilles, il apparaît aujourd’hui néanmoins indispensable de stabiliser financièrement ce régime :

– en réduisant autant que possible les abus pour diminuer le déficit du régime,

– en diversifiant, comme n l’a indiqué plus haut, ses sources de financement et en ne laissant pas à la seule UNEDIC la charge financière de ce régime.

Face à de tels enjeux, il faut être pragmatique et le temps n’est plus celui des questions de principe, mais bien celui, enfin, des solutions.

Donc pitié que personne ne s’arcboute sur tel ou tel principe, tel celui de la solidarité interprofessionnelle. Elle ne peut plus avoir un quelconque monopole dans le financement de l’intermittence, compte tenu des montants atteints et de l’importance de cette question pour l’avenir du spectacle vivant.

Dernière(s) minute(s)

1) Laïcité, de très bonnes nouvelles du front !

En premier lieu, s’agissant de la crèche Baby Loup : la Cour de cassation tranche et confirme le licenciement de la directrice adjointe voilée !

Souvenez vous, on était assez inquiet dans l’attente de cet arrêt de la Cour de Cassation compte tenu des bizarreries de l’arrêt de la Cour d’appel qui, pour confirmer le licenciement, avait fait un mix assez « savant » entre les missions de l’association et la notion d’entreprise de conviction…

La Cour de cassation a été très claire : elle a écarté le caractère d’entreprise de conviction sur lequel s’était fondé la Cour d’appel. On ne peut que s’en réjouir car le fondement laïc de notre société n’est pas une chapelle parmi d’autres chapelles (religieuses), mais le seul cadre qui permet à toutes les convictions d’exister, de s’exprimer et de cohabiter. La laïcité n’est pas « parmi » les convictions (religieuses ou non), elle leur est en quelque sorte au dessus car elle les conditionne.

La Cour de cassation a considéré que le règlement intérieur critiqué était fondé, non pas au regard du principe de laïcité qui ne s’applique pas aux entreprises privées, mais elle « approuve la cour d’appel d’avoir déduit du règlement intérieur que la restriction à la liberté de manifester sa religion qu’il édictait ne présentait pas de caractère général, mais était suffisamment précise, justifiée par la nature des tâches accomplies par les salariés de l’association et proportionnée au but recherché ».

C’est une grande victoire sur l’obscurantisme islamique et tous ses thuriféraires. Mais ces intégristes ont déjà annoncé qu’ils saisiraient la Cour européenne des droits de l’Homme. Compte tenu de la jurisprudence de cette Cour internationale sur le voile islamique à l’école on est serein. Ils perdent leur temps et leur fric.

La seule chose que l’on puisse regretter est que Baby loup n’ait pas été déclarée chargée d’une mission de service public en lui appliquant la solution « Commune d’Aix en Provence » de la jurisprudence du Conseil d’Etat, ce qui aurait été une solution encore plus sûre juridiquement.

En second lieu, la Cour européenne des droits de l’Homme vient de débouter sévèrement la jeune femme française qui avait déféré à cette juridiction internationale la loi française de 2011 interdisant de se masquer le visage dans l’espace public.

La Cour européenne valide la loi française sans aucune possibilité de discussion de son bien fondé désormais. Il ne reste plus qu’à inviter ceux et celles à qui cela ne convient pas d’aller voir sous d’autres cieux si l’air est meilleur.

Grande victoire, face aux obscurantistes de tout poil, des droits de la femme ! On en est très heureux.

2) Les chiffres du chômage

On apprend chaque mois, à quelques exceptions près pour certains mois, que le chômage augmente selon les chiffres mensuels de Pôle Emploi… Mauvaises nouvelles à répétition, confortant la sinistrose ambiante.

Et d’un coup, nous tombe dessus, en mai, les chiffres annuels de l’INSEE lesquels nous disent que sur un an en France le chômage a été stable. De qui se moque t-on ?

On nous explique que l’INSEE applique la même méthode de calcul que le BIT alors que Pôle emploi en bon comptable des plans sociaux et faillites d’entreprises se borne à enregistrer les nouveaux demandeurs d’emploi chaque jour de chaque mois…

Même si les méthodes de calcul sont différentes cela ne peut conduire qu’à des différences ponctuelles, sur certains mois, mais on ne comprend pas comment, après 12 mois successifs d’augmentations quasi continue mesurées par Pôle Emploi, l’INSEE, gens sérieux s’il en est, peut mesurer une stabilité du chômage sur un an….

On approfondira donc cette question pour un prochain numéro, mais a priori en GBS (gros bon sens) il y a quelque chose qui cloche et quelqu’un qui se trompe.

3) Lamentables médias sur les ABCD de l’égalité

On se souvient de tous les obscurantistes qui ont mené la fronde contre l’expérimentation des ABCD de l’égalité, expérimentation qui n’a eu qu’un objet, lutter contre les stéréotypes homme/femme, témoignant ainsi de leur ringardise absolue. Ces opposants n’ont eux qu’un objectif, préserver leur prêchi prêcha à la gomme et leur idéologie rétrograde pour les droits de la femme.

Et bien les médias leur servent bien la soupe ces jours ci en présentant les décisions gouvernementales comme des reculades. De Claire Chazal au JT de TF1, aux journaux de France Télévision en passant par les chaines d’infos en continue, voire même la « Une » de Libé, ton unanime : exit les ACBD. Et bien ringards de tous bords, vous allez être déçus ! Le combat se poursuit pour faire des enfants d’aujourd’hui, demain, des citoyens plus éclairés que ne le furent leurs parents et leurs grands parents sur l’égalité garçon/fille.

En réalité, les ABCD étaient en expérimentation dans un certain nombre d’écoles et les résultats de cette expérience   ont été évalués, comme c’était prévu, par l’Inspection générale de l’éducation nationale.

Et, décisions gouvernementales, dès la rentrée prochaine, les enseignants seront formés à cette orientation progressiste et se verront doter des outils pédagogiques nécessaires à leur enseignement.

On ne va pas quand même laisser les confessions les plus rétrogrades décider de ce que l’école républicaine doit faire pour former les citoyens de demain !

4) Bravo à Hollande et Renzi d’avoir su organiser la résistance aux menées nationalistes et ultra libérales de Cameron et d’avoir contraint Merkel à les suivre !

D’une part, en tenant bon en faveur de Junker, même si ce n’était pas leur candidat, ils ont respecté ainsi le choix des électeurs et ils ont fait progresser la démocratie en Europe.

D’autre part, en infléchissant, contre les mêmes libéraux (Cameron et Merkel) l’orientation économique de l’Europe en faveur du soutien à la croissance, l’Europe commence à prendre un autre chemin que la seule ornière de l’austérité. Pour des socio démocrates qui ont quand même perdu les élections européennes, il y a à peine plus d’un mois, c’est quand même super bien joué !

Rares sont les médias qui ont souligné cette victoire à la hauteur qu’elle mérite, à part peut être le très bon Bernard Guétta sur France Inter. Dans ces colonnes on trouve que c’est bon… cela commence à ressembler à un front républicain et social.

Dans le même temps, les fachos, nazillons, antieuropéens et autres FN se déchirent et sont incapables de constituer un groupe au Parlement européen tellement ils se haïssent entre eux.

Et ces maires FN qui chaque jour se découvrent et montrent ce qu’ils sont réellement…. tel celui qui a augmenté ses indemnités d’élu et qui a supprimé la gratuité des repas pour les pauvres dans les cantines scolaires…

Décidément, il y a quand même encore quelques belles journées !

5) Jean-Marie Le Guen, ministre des relations avec le Parlement, a minoré sa déclaration ISF de 30 ou 40% paraît il sur la valeur de ses biens immobiliers… et ça s’est vu dans sa déclaration de patrimojne en tant que ministre !

Zut alors… il a fait comme tous ceux qui se livrent en haut de l’échelle sociale à l’optimisation fiscale légale, ou par magouille personnelle, paie en liquide des tas de trucs et pratiquent gaillardement le black à la moindre occasion.

Mais, pas de pot il s’est fait piquer par la Haute autorité dont la droite ne voulait pas et qui est chargée de vérifier les patrimoines déclarés par les ministres et les élus nationaux et locaux.

C’est con que cette commission ait piqué quelqu’un de gauche il faut dire qu’elle a pour l’instant regardé que les ministres. Mais pour les autres, tous les élus de droite et de gauche, ça ne va pas tarder !

En attendant, Le Guen, qui a reconnu sa faute, qui a rectifié et qui va se prendre un redressement fiscal maous costaud, bien fait ! Moi je ne le garderai pas comme ministre.

Chiffres clés                                  

La rubrique des chiffres qui tuent…

La règle de dix…

Le dixième le plus pauvre de la population mondiale connaît une faim chronique, le dixième le plus riche n’a, lui, aucun souvenir de l’idée de la faim dans son histoire familiale.

Le dixième le plus pauvre ne peut que rarement donner une éducation même sommaire à ses enfants, le dixième le plus riche se préoccupe, lui, de payer les droits de scolarité les plus élevés pour être sûr que ses enfants ne se mélangeront pas avec ceux qui pourraient faire baisser le niveau.

Le dixième le plus pauvre vit dans des endroits ou n’existent ni sécurité sociale, ni allocations chômage, le dixième le plus riche ne peut, lui, même pas envisager que ses arrières, arrières, arrières petits enfants puissent devoir un jour vivre de ces aides…

Le(a) crétin(e) du mois

Le président de la FNSEA, un certain Xavier Beulin, qui restera dans l’histoire comme celui qui aura souhaité que l’on continue à disperser aux abords des écoles les pesticides de Monsanto et consorts, producteurs de toutes ces saloperies.

On lui souhaiterait presque, puisque c’est sans danger, n’est ce pas, que ses proches (petits enfants ?) en gobent un maximum ! Lui, il a dû en ingurgiter à gogo pour être aussi lamentable.

La p’tite biblio

« Musicalitis », le site sur la musique de l’ami Jérôme !

Allez y voir, c’est super :

http://musicalitis.com/

Jean-François Gayraud, « Le nouveau capitalisme criminel » chez Odile Jacob, mars 2014.

L’auteur explique très bien ce qu’est le « Trading haute fréquence » et les dangers qu’il représente. Ce qui le conduit à se demander si le crime n’est pas devenu systémique avec la toute puissance des marchés financiers complètement affranchis de la souveraineté des peuples et des Etats, sur un mode qui confine à la folie car plus personne ne le maîtrise. Rappel à cet égard: le remarquable film « Margin call » sur le même thème déjà présenté dans cette rubrique.

 

[1] Il faut ici dire que ces turpitudes innommables sur la campagne de 2012 de Sarkozy jette un jour nouveau sur celle de 2007 au moins aussi coûteuse… le soupçon de son financement par la Lybie de Kadhafi prend une nouvelle consistance. Si l’UMP en 2007 n’a pas été mise en contribution comme en 2012, qui a donc payé ?

[2] Et on apprend aussi que le Groupe UMP à l’Assemblée a passé pour 5,5 millions d’euros de contrats avec Bygmalion sur la période 2008/2013 dont les élus du groupe ne se souviennent plus du contenu des prestations fournies… Copé, Jacob, même combat !

[3] J’ai eu le plaisir de tutoyer ce dossier que je connais donc, notamment avec Paul F. et Annie R. qui se reconnaîtront s’ils me lisent !

[4] Pour bien apprécier les causes de l’aggravation de la situation financière de l’intermittence, il faut rappeler qu’il y avait 9 060 personnes indemnisées en 1984, 41 038 en 1991, et 106 000 en 2013 ! Fruit d’un développement culturel sans précédent dans notre pays cette situation n’est ni une maladie, ni une anomalie n’en déplaise au MEDEF… c’est une chance !

[5] Plus sérieusement le chiffrage de la suppression du régime spécial a été fait par l’Unedic, elle ne génèrerait qu’une économie de 320 millions d’euros !

[6] Ce que commence à faire l’actuel gouvernement en compensant les effets de l’allongement du délai de carence

[7] On sait que les intermittents ne sont pas parmi les plus défavorisés des salariés français, non seulement pour ce qui concerne les artistes à cachets élevés mais aussi parce que le salaire médian des intermittents se situe nettement au dessus du salaire médian de l’ensemble des français (un peu plus de 2000 euros pour les intermittents et 1675 euros pour l’ensemble des français). Rappelons que le salaire médian est celui en deçà et au delà duquel se répartissent respectivement 50% des salaires les plus élevés   et 50% des salaires les plus faibles. L’idée d’augmenter les cotisations, dans la progressivité, n’est doc pas hérétique pour contribuer à la résorption du déficit chronique de ce régime

 

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