DECODA n°22, 30/09/2014

 

Edito

Malhonnêteté intellectuelle quand tu les tiens…

Les malhonnêtetés intellectuelles se multiplient sur tous sujets de la part des opposants à F. Hollande qui font feu de tout bois ne reculant devant aucune approximation, aucun mensonge, aucune injure pour obtenir ce qu’ils souhaitent. Et ce qu’ils souhaitent on le sait, c’est quasi depuis le début, au mépris des institutions et donc de la démocratie et de la République, son départ. Et les commentateurs dans les médias s’en régalent pour faire leur beurre sans même parler de tous les crétins, grands juges en compétence, qui déversent leur haine sur le Net. Pendant ce temps, quelle merveille, Marine engrange… On croit rêver de tant de bêtises accumulées.

Le bouquin poubelle de Trierweiller est venu ponctuer de son odeur de fosse sceptique cette rentrée politique (Cf. notre « billet d’actu » publié le 5 septembre) et la presse et les médias s’en sont donnés à cœur joie sans retenue, sans honte, sapant les institutions et la démocratie par un assassinat médiatique permanent de l’actuel président. Comme l’a montré le sociologue des médias Dominique Volton dans une remarquable tribune, d’une belle et rare hauteur de vue[1], notre démocratie fout le camp que s’en est étonnant de facilité. Mais VT n’est que pitoyable et pathétique, comme ceux qui la lisent et la croient, revenons aux mensonges permanents, ils s’accumulent.

En « Dernières minutes » on explique en détail pourquoi l’on ne peut pas dire, comme ça, « les impôts augmentent en 2014 », quoi qu’en pensent ou en disent les uns et les autres. On n’y revient pas ici. Allez y voir, tout ceux qui ne comprennent toujours pas, comprendront peut être. On s’attardera dans cet Edito, en revanche, sur la politique économique conduite qui est travestie par les opposants au gouvernement, de gauche, comme de droite.

A tout saigneur tout honneur, avec l’UMP qui, comme Merkel, s’en tient à la bestialité des objectifs de réduction des déficits, et pour qui il faudrait faire 100, ou 150, milliards de réduction des dépenses publiques (on ne sait plus entre tous les prétendants en surenchère ultralibérale…). Alors que l’on peinera déjà à atteindre les 50 milliards d’ici 2017. D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, même si l’on n’a fait que réduire significativement la hausse habituelle des dépenses publiques, en volume c’est de la réduction. Ricaneurs de droite, regardez donc comment un gel de salaire, de retraite, de prestation (qui est aussi une baisse de la hausse prévue) est perçu par les intéressés… comme une baisse, of course.

Où couper davantage, l’UMP ne le dit pas. Des gens sérieux ça ? Je pense qu’ils devraient se calmer et régler d’abord le problème des finances de leur parti avant de vouloir s’attaquer à celui des finances publiques. Et puis ils ont fait déjà si bien entre 2007 et 2012… Déficits abyssaux chaque année et 600 milliards de dette publique supplémentaire pour leur seul Sarkozy en cinq ans alors même qu’il bénéficiait d’une croissance encore soutenue de 2% par an. Et ils veulent nous le resservir leur Sarko/président… Enfin certains d’entre eux, les autres ne roulant que pour eux mêmes, hein Alain ? Pour rafraîchir les mémoires, on verra en « Dernières minutes » l’évolution des déficits publics sous gestion Sarkozy et sous gestion Hollande. Edifiant ! Vive l’incompétence…

Et puis, outre l’incurie financière, l’UMP c’est désormais la faillite morale. Après le « Ni-Ni » qui a marqué sa lepénisation lors de toutes les élections depuis trois ans, voilà qu’elle invente avec Fillon une nouvelle étape, le refus de cohabiter, le cas échéant, après dissolution. Là on touche le fond avec Fillon. Ca lui vaut notre titre mensuel de « Crétin du mois » au sarthois.

Mais de l’autre côté, en termes d’incurie et de faillite morale est ce bien mieux ?

Je n’en suis pas sûr, franchement. Mélenchon et Laurent, Besancenot et consorts, ainsi que tous les duflot-écolos-zozos, presque pas de souci on est habitué. Rien à attendre de ces cliques qui, au prétexte d’un monde meilleur, vous conduisent de suite en enfer, économiquement et socialement, surtout pour les plus pauvres. Assez proches des intégristes religieux en somme… Victimes collatérales de leur idéologie, voilà le statut qu’ils vous promettent.

Non, le problème est bien au sein du PS où une petite minorité (tant en poids qu’en nombre) tente d‘imposer ses vues qui ne sont pas celles élues en 2012. C’est pourtant du bon sens : comment ceux qui ont perdu aux primaires pourraient avoir gagné à la présidentielle ? Comment peut on croire que Hollande et son programme pour 2012 ont été élus sur la ligne des frondeurs et qu’il trahit ses promesses. Il faut quand même être sacrément gonflé pour soutenir des trucs pareils.

Pour vous le faire croire, ils distillent mille approximations (juste pour ne pas dire qu’ils mentent), c’est cela qui est insupportable et ils réécrivent à leur guise le « story board ». Franchement, y en a marre de ces clampins et des médias qui leur déroulent en permanence le tapis rouge.

Non, et non, ce n’est pas le programme de Aubry, ou de Montebourg, qui l‘a emporté aux primaires de 2011 et aux présidentielles de 2012. Inutile d’essayer de nous faire croire le contraire. Vous prenez les français pour des nazes… et ça marche !

Non, ce n’est pas, non plus, une phrase du discours du Bourget, travestie depuis d’ailleurs (« adversaire » étant devenu « ennemi »), qui a abrogé le programme du candidat Hollande, même si, par impossible, avec les benêts de l’ultra gauche, vous l’avez cru.

Non, nous ne sommes pas en situation d’austérité car alors salaires, retraites et prestations auraient diminué. Au contraire avec plus de 4% de déficit public, des dépenses sociales qui augmentent chaque année, des gestes significatifs en faveur des moins favorisés, etc. etc. parler d’austérité est indécent.

Non, non, la France ne mène pas une politique de l’offre, ni sociale libérale, ou libérale sociale, (ou social traitre n’est ce pas ?). Elle dépense sur ses budgets publics et sociaux, chaque année, toujours infiniment plus en faveur de la demande des ménages que de l’offre au soutien des entreprises dans un rapport de 1 à 8 environ. Les montants sont sans commune mesure, même avec le CICE et le Pacte de responsabilité en faveur des entreprises.

Donc, arrêtez les sornettes, il n’y a même pas eu de virage politique en janvier 2014 avec le pacte de responsabilité, ou l’an d’avant avec le lancement du CICE. La politique économique reste résolument et massivement au soutien de la demande, et Valls ne met en œuvre que le programme de Hollande, pas le sien qui avait fait 5% aux primaires.

Non, on ne peut pas relancer la demande en France, en s’asseyant sur nos engagements européens de réduction des déficits quand on se veut un pays majeur en Europe.

Non, on n’a pas le droit d’être approximatif en économie en faisant semblant de croire que la relance de la consommation suffit à faire naître une offre nationale dans un pays dont l’offre est en panne.

Non, on ne peut pas croire, dans un monde économique ouvert, pouvoir créer des emplois avec des entreprises qui affrontent la concurrence avec mille boulets aux pieds. C’est un déni de réalité que de soutenir le contraire.

Mais quand on croit à ces sornettes on peut en effet, en août, siffler le mot « entreprise » à l’université d’été du PS à La Rochelle et, ensuite, en septembre, aller entendre d’autres délires à la Fête de l’Huma, voire en proférer soi-même !

Sauf que cohérents ils ne le sont même pas nos fameux députés frondeurs, puisqu’ils ont en très grande majorité voté le Pacte de responsabilité et de solidarité avant l’été. Alors, franchement, ras le bol de leurs salades ! Malgré eux la confiance au gouvernement Valls 2 a été votée. Parfait.

La seule vraie question, on le redit, est celle de savoir si les entreprises joueront le jeu et utiliseront cette manne à l‘investissement et à l’emploi. Et pour ça on sera fixé d’ici fin 2016 comme on l’a déjà dit ici.

A ce moment là, pas avant, on sera les premiers dans ces colonnes à statuer sur la réussite ou non de cette politique et à en tirer les conséquences. En attendant, vos gueules les mouettes, quand on a voté un truc on le met en œuvre et on attend la fin du calendrier prévu pour juger de ses résultats. Désolé, mais il n’y a que les zozos qui changent en cours de route, deux mois après avoir voté le dispositif. Finalement, pas mieux ces mecs frondeurs que l’UMP et ses leçons sur les déficits publics.

Et puis, cerise sur le gâteau, le comble de la malhonnêteté intellectuelle, le bon Nicolas Beytou, sinistre ultra libéral, casseur en chef de modèle social, qui invente une nouvelle dégradation de la note de la France dans son canard « L’opinion », que tous les crétins des médias reprennent en cœur pour bien vous remettre une bonne couche de « Hollande basching ». Et les marchés ont bien sûr réagi contre les intérêts français. C’était faux. Triste bande d’immondes fumiers.

Fiche de synthèse[2]

La VI République, pourquoi ?

Depuis plusieurs années, tout est devenu absolument ingérable dans ce pays sans cohésion sociale véritable et suffisante. Nous ne semblons plus être qu’une collection d’individus, d’ensembles de consommateurs profitant, plus ou moins, du système, de communautés culturelles, cultuelles ou ethniques, et tout ça sans véritable Pacte républicain incontesté sur des valeurs communes. Aujourd’hui, quel citoyen irait se faire tuer pour ce pays et ses valeurs, ou mettre sa vie en danger pour les défendre en résistant à l’infamie ?

Les questions posées ci-après sur la nécessité de refonder le Pacte républicain sont si nombreuses et graves qu’elles font penser que l’on approche chaque jour, après presque soixante ans, du terme de la durée normale d’une république… et que la cinquième est très fatiguée.

Pas seulement au plan institutionnel, mais y compris pour les sommets de la classe politique usée qui habite ses institutions et qui est d’un cynisme effarant. Oubliant la vertu républicaine, ils ne doutent de rien, surtout pas de leur impunité.

Qui eut pu croire qu’un ancien président de la République allait s’attaquer à la justice pour se défendre alors que les instructions judiciaires l’impliquant se sont multipliées. Qui eut pu croire que le ministre du budget de JM Ayrault était un fraudeur fiscal, ainsi, plus récemment, qu’un secrétaire d’Etat.

Qui eut pu croire que l’UMP magouillait des dizaines de millions pour financer la campagne de Sarkozy, que le président du groupe parlementaire UMP prélevait sur les fonds (publics) de son groupe parlementaire pour prêter à l’UMP en faillite… Après le Ni Ni de l’UMP, empoisonnée par le duo Sarkozy/Buisson qui a mis à bas l’idée de front républicain contre le FN, voilà qu’un des principaux leaders de l’UMP, Fillon, annonce tout de go qu’en cas de dissolution de l’Assemblée, l’UMP, à la supposer victorieuse des élections qui suivraient, refuserait de gouverner en cohabitation avec le président élu. Quel mépris des institutions !

En outre, les institutions de la Vème république ne produisent plus un niveau suffisant de démocratie et la classe politique qui les occupe bloque toute évolution, outre son cynisme et, pour certains, leur absence de morale. On l’a vérifié sur le cumul des mandats, on l’a vérifié sur la réforme territoriale et sur beaucoup des reformes engagées.

Pour construire une VIème République, les sujets à traiter sont nombreux et fondamentaux : séparation effective des églises et de l’Etat, principes républicains imposés à tous les partis politiques qui entendent concourir à l’expression du suffrage universel et à ses financements, moralité de la vie politique, élection ou tirage au sort de nos représentants, vote facultatif ou obligatoire, mode de scrutin majoritaire ou proportionnel, degré de démocratie directe, réformes du régime politique (présidentiel ou parlementaire), indépendance de la justice, régime de responsabilité des médias, etc.

L’ampleur de ces sujets montre que le mot d’ordre se justifie désormais vu la déliquescence de notre société civile et politique qui rappelle les années 30, ou la fin de la IVème République : une nouvelle République, vite !

De plus en plus nombreux sont ceux qui y appellent, et je ne parle pas des charlatans, d’extrême droite ou gauche, mais de gens sérieux. Il s’agit de remettre un peu de rose aux joues de Marianne, trop tristement bleue marine, ces derniers temps.

Bref, à quand le retour d’un peu de vertu républicaine ? On se prend à rêver, mais, il ne faut pas se faire d’illusion ça ne viendra pas tout seul.

Tout comme lors du passage de la IVème à la Vème République, c’est la soi-disant élite de toute une classe politique qui doit désormais évoluer ou dégager ! De nouvelles règles, de nouveaux comportements, de nouvelles têtes. Mais, pitié, on a déjà trop souffert, surtout pas celles des sinistres populistes, démagogues et incompétents de l’extrême droite. Il ne faut quand même pas ajouter la fange idéologique à la décrépitude morale et politique, ni remplacer le cynisme par le crétinisme.

Bref, on ne doute plus que notre régime politique qu’on savait mortel est désormais moribond quand on voit :

a) le niveau de la détestation des français vis-à-vis de leur classe politique, c’est à dire de leurs représentants, et une part croissante d’entre eux qui ne sait plus que chercher des boucs émissaires, de préférence basanés, et sur les haines les plus rances,

b) le niveau de blocage et de crispation des esprits dans ce pays qui fuit par tous les pores de son corps social, systématiquement et à chaque occasion, l’idée même de compromis,

c) les proportions prises par la crise financière et politique du grand parti républicain de droite qui témoigne du cynisme et de l’absence absolus de morale de ses dirigeants, et ne constitue pas une alternative satisfaisante,

d) l’insuffisance des résultats de la politique économique, pourtant réaliste, conduite par les partis de gauche au pouvoir,

e) le niveau de médiocrité et de bassesse des médias qui pourrissent littéralement l’opinion publique.

Quand on dit déliquescence… Il est temps de réagir si l’on aime la France et la République, leurs valeurs, leur image et leur rang dans le monde. Mais, il ne s’agit pas que de droit et de règles constitutionnelles, c’est d’un régime et d’une morale politiques au sens large dont il s’agit.

L’exercice de réflexion doit comprendre aussi le sociétal, l’économique et le social bien entendu. Comme en 1945 après l’immonde de Vichy qui a fait suite à la décrépitude morale de la fin de la troisième République.

Mais aussi, comme en 1875, après le désastre de Sedan et de la Commune et comme en 1958 après la déliquescence politique de la IVème République, engluée notamment dans la guerre d’Algérie. Mais c’est, en quelque sorte, aujourd’hui, encore plus grave dans un monde ouvert et dérégulé dans lequel les Etats ne peuvent plus être complètement maîtres chez eux et mettre en œuvre l’expression d’une volonté populaire. L’exercice sera beaucoup plus difficile qu’en 1875, 1945 ou 1958.

On ne s’en tirera pas avec une petite toilette de chat de la Constitution actuelle comme ont pu le proposer certains hommes politiques.

Des toilettes de chat on en a d’ailleurs déjà fait vingt ou vingt cinq depuis 1958… Qui le sait, qui s’en souvient, qui en connaît même la portée ? Pas une énième toilette de chat donc, c’est à la douche qu’il faut aller !

Proposer une réforme de fond en comble, repartir sur de nouvelles bases, refonder notre République, rien de moins.

Faire un travail de construction d’un nouveau contrat social global qui portera les germes d’un véritable renouveau de notre démocratie politique, économique et sociale. Observez ce qui se passe, les appels en ce sens se multiplient depuis quelques semaines. Il y aura une opportunité à saisir pour 2017.

Les partisans du statu quo et ceux qui ne croient plus à rien, qui s’en contrefichent, ou entendent confier le redressement à la peste brunâtre, tant pis pour eux, qu’ils continuent avec leur conservatisme, leur cynisme blasé ou leur haine, on ne compte pas sur eux, ici, pour avancer.

Mais les autres, tous les autres, républicains de droite, du centre ou de gauche, il faut les réunir le plus largement possible sur un projet non clanique, un projet de progrès et qui replace l’humain au centre de tout.

Un projet de démocratie renouvelée au plan national bien sûr mais qui porte aussi, et par cohérence, au sein de l’UE et à l’international, un projet de régulation qui ait pour objectif notamment de dépasser les dumpings fiscaux et sociaux, ainsi que la seule doxa de la concurrence libre et parfaite, car c’est bien là le cœur de notre problème.

Il est essentiel d’être cohérent entre ce que l’on propose en France et au delà de nos frontières. La France doit porter une parole de régulation par le doit et de justice sociale forte. Pas seulement un prêt à penser de bon petit libéral qui s’en remet aux marchés.

Elle doit agir en ce sens au delà de ses frontières dans l’enceinte européenne et internationale. Après avoir laissé à la droite certaines valeurs de la République, que la gauche ne soit pas assez bête pour laisser la valeur de justice sociale à l’extrême droite. Le projet de VIème République doit être un projet global. Il sera donc ouvert sur le monde et construit pour un monde ouvert. Les souverainistes égoïstes, chantres passéistes du repli sur soi ne s’y retrouveront pas.

Pour recueillir vos idées et vos propositions, ou vos réserves, je vous ouvre ma rubrique « Pour la VIème République ! » par vos commentaires sur ce que j’y écris, vos propositions de papier ou vos questions.

J’ai créé à cet effet, une sous rubrique « Contributions ». Allez y, lancez vous, adressez moi par mèl vos propositions je les publierai. Il faut jouer collectif.

Pour ce qui me concerne, j’alimenterai les diverses sous parties de la rubrique au fil du temps et, ce, au besoin, même en piquant des idées déjà émises surtout si elles sont bonnes.

Donc plus que jamais, vive la VIème République !

Dernière(s) minute(s)

1) Impôts directs 2014 : ils disent encore augmentation…

On nous serine en permanence avec « les » impôts qui augmenteraient en 2014. Ceux qui s’en plaignent ne disent pas « mes » impôts ont augmenté cette année, ce qui est pourtant la seule chose qu’ils sachent et qu’ils aient pu vérifier.

Mais non, ils disent, et les médias reprennent en cœur, « les » impôts augmentent encore. Ce qui fait référence à une réalité objective que subiraient tous les français.

Et le sentiment poujadiste se développe pour le plus grand profit de qui on sait…

Le déluge médiatique est permanent, truffé d’exemples trop beaux pour être vrais, tant ils sont absurdes[3].

Mais ça ne fait rien le travail de sape anti Etat, anti élites, limité pendant des décennies à certaines couches socioprofessionnelles non salariées, gagne toute la société pour le plus grand profit aussi de qui on sait.

Donc, je vais vous préciser plus clairement les choses et il ne s’agit pas d’une opinion mais d’une réalité objective, de logique rationnelle et d’honnêteté intellectuelle. Après, chacun aura les éléments et j’espère que cela conduira à réduire certaines croyances qui relèvent de l’ésotérisme, quand ce n’est pas de la malhonnêteté politique.

Quand peut-on dire, scientifiquement, que « les » impôts augmentent ? Quand la loi de finances augmente les taux des tranches d’imposition et/ou qu’elle baisse leur seuil d’entrée ou encore qu’elle en créée de nouvelles tranches, comme celle à 45% il y a un an. C’est aussi le cas avec le gel du barème décidé par Sarkozy et maintenu jusqu’en 2013. Mais c’est tout, car il s’agit de mesures qui concernent tous les contribuables.

En revanche, la suppression de telle ou telle niche fiscale est bien une mesure de portée générale mais ne concerne pas tous les contribuables puisqu’il faut accomplir un acte particulier ou se trouver, de son propre fait, dans la situation particulière propre à la niche pour être concerné. Et c’est là que ça dégénère.

Qui est pour la suppression des niches fiscales ? Tout le monde. Souvenez vous du temps de Sarkozy et de Fillon le discours anti « niches ». On allait récupérer 70 milliards par an ! Sauf que lorsque le français profite de la niche, il n’est plus d’accord. Et c’est ce qui vient de se passer pour 2014.

Des mesures de suppression de certaines niches fiscales ont été prises, ou maintenues, pour 2014 et certaines feuilles d’impôt en ont subi le contrecoup. Normal. On en compte cinq : baisse du quotient familial, soumission à l’impôt des majorations de retraite des parents ayant élevé trois enfants et des cotisations de complémentaires santé, fiscalisation des heures supplémentaires et suppression de la demi-part des veufs.

On peut discuter, bien sûr, du bien fondé de la suppression de telle ou telle niche, mais sûrement pas en déduire que « les » impôts ont augmenté, si l’on se veut honnête intellectuellement.

Le faire c’est juste du délire anti fiscal et, ici au moins, on ne mange pas de ce pain là car, peu ou prou, c’est le pain de la Marine.

2) Déficit publics : match Sarkozy/Hollande, la compétence contre l’incompétence…

Hollande est incompétent pour des tas de zozos qui répètent toutes les bêtises qu’ils entendent. La preuve, la France s’enfonce et son déficit public s’accroit. Revenons aux chiffres, y a que ça qui compte surtout sur les déficits.

Un p’tit tableau comparatif sur les six dernières années (déficit public par rapport au PIB), rien de tel pour se fixer les idées.

Gestion Sarkozy

2009     2010    2011

6,8%      6,8%     5,1%

Gestion Hollande

2012     2013   2014

4,9%     4,2%      4,4%

Et encore les mieux informés auront noté que sous Sarkozy le contrecoup de la crise n’avait pas encore battu son plein[4] et que la croissance économique était supérieure à l’actuelle de plus de 1%. Alors, quand les médias vous soulent ce mois-ci avec un déficit qui, en 2014, repartirait (légèrement) à la hausse (+0,2%) méfiez vous !

3) Quand nos amis les « Décodeurs » du Monde.fr… déconnent

Mauvais qu’ils ont été, les « Décodeurs » sur Michel Onfray dans leur « Venons en aux faits ».

En effet, il se trouve que j’avais écouté Onfray, invité de Cohen à 8h20 il y a quelques jours sur Inter, et il m’a surpris, sur la théorie du genre, en accréditant l’idée de son existence par un propos simpliste et provocateur sur les insuffisances de notre enseignement ; c’est drôle, on dirait que la grande finesse de Mélenchon lui a déteint dessus.

a) En revanche, sur le fond, ses détracteurs (décodeurs y compris) ont tort : tout dans notre civilisation communico-technologico-médiatique tend à décerveler les jeunes et l’école ne peut y pallier quand elle ne faillit pas, elle-même, à sa mission d’apprendre à lire, écrire, compter et même, comme dit Onfray, à penser.

Les décodeurs, qu’on aime bien, ne se sont pas couverts de gloire à prétendre contredire Onfray sur ce dernier point en excipant du pourcentage des enseignements fondamentaux (62%) dans les programmes. 
En effet, ce qui compte est le résultat à la sortie de l’école et pas les programmes. Et là force est de constater l’échec : nombreux sont encore les jeunes qui ne maîtrisent ni l’orthographe, ni les bases du calcul, ni les fondamentaux d’une pensée structurée. Avant même les méfaits de la pensée twittée en cinq mots maxi, puisqu’elle leur est postérieure…
Cela nous promet le meilleur et Onfray a raison de le dire, même si c’est avec outrance. On ne pourra pas dire qu’on n’a pas été prévenu.

b) Quant aux propos des Décodeurs sur Internet qui ne serait pas un espace de non droit, contrairement à ce qu’a dit Onfray, là on reste consterné devant tant de naïveté; Internet est seulement un espace de droit pour qui veut bien respecter le droit; tous ceux qui veulent s’en affranchir peuvent le faire en se localisant dans les espaces qui le permettent.

La contradiction apportée par les Décodeurs est donc aussi opérante que de soutenir que, par exemple, les paradis et la fraude fiscaux n’existent pas. 
A cet égard, je signale que bon nombre des opérateurs français sur le Net (parfaitement légaux) n’appliquent même pas la loi française qui donne au consommateur acheteur un droit de rétractation de 14 jours (sans aucun frais), en prétendant par exemple pour les achats en ligne, et dès lors que l’on a cliqué, certains de leurs billets (train, avion), ni échangeables ni remboursables… Bonjour, l’espace de droit.

Au final, que reste t-il des critiques que l’on peut faire à Onfray sur cette émission ? Une approximation sur la théorie de genre due à un effet de parole pour conforter son analyse lucide des capacités d’une partie de la jeunesse. Dommage en effet, et cela doit être dit et Onfray sans nul doute aussi éclaircir sa position, mais cela ne mérite pas une telle avanie.

En revanche ses détracteurs, décodeurs du Monde.fr compris, me semblent avoir davantage de boulot pour se mettre au clair.

4) Sarkozy et bonnets rouges même combat, rien dans le citron, tout dans le calbut…

Le premier, notre ex président, qui ose se représenter aux français (de droite) en candidatant à la présidence de l’UMP, et qui trouve le culot de ne rien dire de sa ligne politique pour présider aux destinées du grand parti de la droite républicaine. A droite toute, comme en 2012, ou alliance au centre avec l’UDI ? On ne sait pas. Sans doute qu’il fait encore ploum ploum entre Buisson et le gaullisme. Après tout, ce ne serait pas étonnant, puisque le gamin compte plutôt ses « like » sur Face book que ses idées. En plus, nos crétins des médias se contrefichent du fond et jugent cette rentrée réussie. Pourquoi se casser le trognon avec des trucs compliqués ?

Les seconds, bonnets rouges producteurs le légumes, assassinés par la grande distribution, qui brûlent un centre des impôts et leur propre mutuelle et empêchent les pompiers de venir circonscrire l’incendie, plutôt que d’aller cramer leurs exploiteurs, Leclerc ou les Mousquetaires.

Au final, le bonnet rouge breton, pas mieux que le mouloud encapuchonné qui crame les bagnoles de ses semblables de banlieue, plutôt que d’aller se régaler un peu dans les beaux arrondissements de Paris ou à Neuilly, mais pas pire que le nain de jardin des idées politiques.

5) Ces ordures de barbus fanatiques ont décapité un quatrième otage occidental… Hervé Gourdel

Que dire ? Sinon le plus profond écœurement et une résolution encore plus indéfectible contre toutes les religions prosélytes et en faveur de la démocratie, de l’égalité homme/femme et de la laïcité… N’en déplaise aux égalitaristes des systèmes culturels, certains sont mieux que d’autres !

Chiffres clés

La rubrique des chiffres qui tuent…

1) On savait que la fraude fiscale (riches particuliers et entreprises) correspond au montant du déficit public et que sans elle on satisferait depuis longtemps à nos obligations européennes d’équilibre des comptes publics…

On apprend par la Cour des comptes que les fraudes (patronales) aux cotisations sociales (24 milliards par an) représentent deux fois le déficit de la sécurité sociale !

Qu’est ce qu‘on attend pour mettre bon ordre à tout ça par exemple avec des sanctions vraiment énormément dissuasives pour tous ces bons patrons voyou? Les braves gens (de droite) qui par ailleurs souhaitent le rétablissement de la peine de mort devraient s’y retrouver, non ? Zut, ce n’est pas le cas… Pourquoi ? Sais pas… et vous ?

2) On nous dit sans cesse… mais on oublie trop souvent…

Notre dette publique est un peu supérieure à la moyenne de la zone euro…

Mais la dette privée des ménages français est parmi les plus basses d’Europe et très largement inférieure à la moyenne de la zone euro !

Notre taux de chômage est plus élevé qu’en Allemagne et au Royaume-Uni…

Mais le taux d’emploi à temps partiel (travailleurs pauvres) est deux fois moins élevé chez nous que dans ces mêmes pays !

Qu’on se le dise, bordel…

Le(a) crétin(e) du mois

François Fillon, je l’ai toujours trouvé sous calibré et surfait. Lisse, gris, un bon collaborateur en quelque sorte comme disait son chef. Même quand il était secrétaire d’Etat aux postes et télécommunications il y a trente cinq ans, c’est dire.

Et bien, là, il vient de se distinguer dans le registre de la crétinerie antirépublicaine à un point qu’on imaginait même pas et, donc, au point de l’emporter, de six longueurs, dans la course au titre mensuel devant tous les autres, pourtant nombreux et excellents dans le genre.

N’a t-il pas déclaré, ce bon gars de la Sarthe, que si le président dissolvait et que l’UMP gagnait les législatives qui suivraient, il refuserait de cohabiter avec l’actuel président…. Permettant ainsi à Marine, immédiatement, de se positionner dans tous les journaux en bonne fifille, respectueuse elle des institutions puisqu’elle a dit qu’elle, dans ce cas, elle irait !

Tant de bêtise à droite dans leur p’tite compète, c’est un plaisir. Et Sarkozy, poussé par mille bavasseux des médias, vient de ressortir du bois. Il hésitait. Il faut dire que plein champ, c’est bourré de juges, de tribunaux, de cours d’appel qui l’attendent. Avec la batterie de casseroles qu’il traîne, ils ne devraient pas le louper… Pour en savoir plus sur ce qui l’attend sur l’affaire de trafic d’influence qui lui est reproché voir notamment :

http://www.liberation.fr/societe/2014/09/22/ecoutes-de-sarkozy-un-rapport-accablant_1106326

Et puis il a commencé dès le lendemain de l’annonce de son retour à défourailler dans tous les sens traînant ses adversaires UMP pour la présidence de 2017 dans la boue. Soit disant qu’il a changé.

Les autres commencent à lui répondre dans le genre Café du commerce… Franchement, y a plus de respect, vous vous rendez compte un ancien président de la République…

Moi j’vous le dit on va encore se régaler et, pour notre titre mensuel, va peut être même falloir créer des médailles (or, argent, bronze), tant les prétendants sont nombreux et de qualité !

La p’tite biblio

Alors que les richesses s’accroissent sans cesse, que la croissance des PIB (hors Europe…) est continue et importante, les inégalités sociales s’accroissent, comme aux débuts du capitalisme, et les solidarités entrent en crise sous les coups de boutoir de l’idéologie ultra libérale et des égoïsmes « naturels ».

Donc, pour comprendre ce paradoxe :

Sous la direction de François Dubet « Inégalités et justice sociale », Editions La découverte « Recherches », 320pages, 25 euros.

Une affaire, 8 cts la page de matière grise pure… Cela ne fait pas cher l’injection en cette époque de bêtise généralisée.

Du même François Dubet, au Seuil, « La préférence pour l’inégalité. Comprendre la crise des solidarités ». 112 pages, 11,80 euros. Une autre affaire !

Et, au Seuil aussi, pour une approche plus philosophique du même sujet, de J. Sandel « Ce que l’argent ne saurait acheter ». Un peu plus cher, mais pas moins utile pour comprendre ce monde.

[1] Merci à CB. de me l’avoir signalé, on peut le lire sur :

http://acteursdeleconomie.latribune.fr/debats/opinion/2014-09-05/d-wolton-avec-trierweiler-c-est-le-pire-de-la-mediatisation-de-poubelle.html#xtor=EREC-32280591-%5Bnewsletter_acteurs_economie%5D-20140905

[2] On synthétise ici des points précédemment évoqués dans divers numéros de DECODA sur cette question ; cette fiche de synthèse alimente la page de mon blog sur le « Pourquoi ?» en rubrique « Pour une VIème République »

[3] A tous les JT du public ou du privé, on vous présente la petite vieille, non imposable l’an passé, qui se prend 400 euros d’impôts alors que ses revenus sont les mêmes… sans même réaliser que le taux de la première tranche étant à 5,5%, il aurait fallu qu’elle perçoive 8000 euros de plus pour subir ça… et avec un revenu annuel imposable qui serait passé de 6000 euros (plafond par part des revenus non imposables) à plus de 14000 euros ; si c’était vrai elle ne se serait pas plainte… non ?

[4] Notre système social ayant joué un rôle d’amortisseur de crise ce dont tous les commentateurs se sont félicités et qu’ils ont aujourd’hui largement oublié dans leurs réquisitoires permanents pour de profondes « réformes de structure « …

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