DECODA n°28, 15/03/2015

La télé-réalité a encore tué…. et cette fois ce n’est pas seulement l’intelligence

SOMMAIRE

Edito

Quatre vérités…

Thème du mois

L’article « 49-3 » de notre Constitution constitue t-il un déni de démocratie ?

Dernière(s) minute(s)

Décentralisation, le retour de l’Etat enfin !

Le compromis entre le Gouvernement grec et l’UE,

Surveillance du Net, secret des affaires, les bonnes mayo de l’usine à crétins,

Laïcité : des femmes musulmanes se manifestent et le gouvernement n’a pas tout juste

Strauss-Kahn, Woerth, même souci…

Les nouvelles du front bébête…

L’église catholique marque des points au concours mondial de la bêtise…

La droite répugnante avec Christine Taubira

Chiffres clés

Dividendes…

Fraude fiscale

Le(a) crétin(e) du mois

Jacques Myard

France2

La p’tite biblio

Un « Cash investigation » édifiant…

« Plaidoyer pour la Fraternité » de Abdennour Bidar

« Quel âge post-séculier ? Religions, science et démocratie » sous la direction notamment de Joan Stavo-Debauge

Edito

Quatre vérités !

Nos quatre vérités, il faut savoir les dire. Et il faut savoir les dire à propos des prochaines élections départementales des 22 et 29 mars, que nos bons médias nous prédisent à tour de bras comme déjà un grand succès pour le Front national. Arrivant en tête au premier tour dans les sondages avec plus 30%, il est ainsi « prévu » dans tous les cas qu’un de nos deux grands partis républicains arrive troisième et soit éliminé. Parfois, l’UMP/UDI, souvent le PS et toujours les autres partis de gauche (écolos, PC, Front de gauche, et autres babioles de la dispersion généralisée).

La première de ces vérités, c’est qu’un succès du FN serait, en Europe et dans le monde, une honte pour la France qu’on aime, car même si ce ne sont que des élections locales ce parti reste une erreur fondamentale de casting par rapport à nos valeurs humanistes. D’ailleurs, même les partis d’extrême droite qui se veulent plus respectables, en Europe, ne manquent pas une occasion de se démarquer du FN, ce n’est quand même pas pour rien. Alors choisir ce parti, en faire le parti qui arrive en tête à des élections ne peut être admis sans barguigner[1].

D’ailleurs, les trompettes des médias vous disent sans cesse que la France se « droitise » et se rapproche même du FN et de ses thèses… quand on regarde les choses de plus près ce n’est même pas vrai[2], mais ça paye pour le scoop.

Nos élus de droite, ou même parfois de gauche, sont gênés aux entournures (sans doute pour ne pas stigmatiser les électeurs du FN qu’ils entendent récupérer), lorsqu’on leur demande s’il s’agit ou non d’un parti républicain et ils s’embrouillent entre légal et républicain. Mais, il n’y a que les aveugles qui ne voient pas et le FN n’est pas un parti républicain pour une raison simple : son programme ne l’est pas[3]. En outre, certains de ses militants, voire même de ses candidats, sont des fascistes et des racistes avérés. A t-on le droit de s’en moquer ?

La seconde de ces vérités c’est qu’un éventuel succès du FN ne pourra se construire que sur l’abstention puisque, élection après élection, le FN ne progresse pas en voix depuis plus de 10 ans. L’abstention se situerait au dessus de 50% selon toutes les « prévisions ». La mobilisation des démocrates et des républicains peut encore empêcher un succès, même apparent, du FN. Il vous appartient donc, si vous êtes attachés aux valeurs humanistes de la République de ne pas rester chez vous et d’aller voter pour un parti républicain. Aucun motif ne peut justifier une abstention dans les circonstances que nous connaissons, un parti national xénophobe qui sort en tête, le risque est clairement devant nous !

La troisième vérité est que l’UMP, depuis les années Sarko, joue avec le feu en concourant à la banalisation et donc à la légitimation du Front national. La doctrine sarkozienne du « Ni-Ni », suivie aujourd’hui du « FN-PS », c’est à dire le refus du front républicain, ont fait des dégâts considérables dans les esprits et la moitié, ou presque, des électeurs de l’UMP préfère le FN à la gauche quels que soient le programme et les mots d’ordre nationaux frontistes. Le mal est fait.

On ne se compromet pas, ni ne tergiverse même pas, avec le mal. On le combat. On le combat en mettant des mots sur les choses pour dire ce qu’elles sont comme disait Camus. Ici on le fait. On nous dit que les électeurs semblent de moins en moins l’entendre, mais voter FN demeure une erreur grave et une honte pour notre pays ; plus ce parti s’approche d’un succès plus cela est vrai. Et l’argument « on a tout essayé pourquoi pas eux » que nous servent certains, est un argument digne du zapping, et pas un raisonnement politique doté du minimum d’éthique humaniste. Pour bien comprendre, appliquez le raisonnement à d’autres pays, à d’autres époques, tiens par exemple celle d’Adolf ou celle de Pol Pot…

La quatrième vérité, et pas la moindre, c’est qu’une partie de la gauche, qui se pense la vraie gauche, saborde et discrédite tous les jours dans les médias, avec l’aide de ceux-ci et de leur sport favori le « Hollande basching », la gauche de gouvernement, concourant ainsi au même résultat que le Ni-Ni de Sarkozy. Tant est si bien qu’une partie de l’électorat de gauche ne se déplacera pas pour ces élections et qu’une autre, en outre, dans l’électorat dit populaire, votera FN retrouvant dans les thématiques de Marine Le Pen les promesses irréalistes et démagogiques que la gauche a si bien su faire siennes, quand soi-disant il le fallait et que, aujourd’hui, certains perpétuent gaillardement.

Curieusement, on dirait que certains électeurs ont besoin qu’on leur promette de raser gratis, qu’on leur raconte n’importe quoi, même si chacun sait que ce n’est pas possible… Et, donc, les partis ou électrons libres qui se disent plus de gauche que la gauche de gouvernement vont, en se présentant en ordre dispersé autour du PS, condamner la France à un FN en tête au premier tour et au second, au mieux si nous pratiquons nous gens de gauche, le front républicain, à une vague bien libérale UMP.

Bravo ! L’euthanasie de notre modèle social est en bonne marche avec le programme de l’UMP. Après coup, les petites potions amères de Hollande apparaîtront bien douces ! Mais il sera trop tard. Donc, on le redit avec force, je vous souhaite que la politique mise en œuvre actuellement donne ses résultats économiques d’ici 2017 car, sinon à cette échéance, vous allez vous prendre une bonne trempe, avec peut être, qui sait, la honte en prime. En attendant, les 22 et 29 mars, il faut faire son devoir de citoyen et de républicain.

Thème du mois

L’article « 49.3[4] » de la constitution constitue t-il un déni de démocratie ?

Le président de la République, en Conseil des ministres, a décidé de mettre en œuvre l’article 49, troisième alinéa, de la constitution à l’occasion du débat sur le projet de loi dit Macron devant l’Assemblée nationale. Il s’agit, en application de la Constitution, de considérer que la loi est adoptée sans vote global (rassurez vous, chacun de ses articles a été discuté et voté au préalable), sauf si une motion de censure est adoptée par l’Assemblée nationale et vient sanctionner le gouvernement.

Cette décision d’en passer par cet article a été prise du fait de l’incertitude sur l’existence d’une majorité pour voter cette loi. Cette incertitude est née du positionnement des députés dits frondeurs et du revirement possible des intentions favorables à ce texte de certains députés du centre. Bref, le pouvoir courrait le risque que le texte soit rejeté, alors même que chacun de ses articles avait été discuté, voté et adopté par l’Assemblée nationale.

Cette décision, conformément à la Constitution, conduit à ce que l’Assemblée nationale ne se prononce pas, par un vote global, sur le texte qui se trouve de jure adopté, sauf si l’Assemblée nationale adopte une motion de censure contre le gouvernement qui est dès lors renversé. Bien entendu la motion de censure a été déposée par l’UMP et elle n’a pas été adoptée, les frondeurs et certains des autres opposants ne l’ayant pas votée. Le gouvernement reste, la loi est adoptée par l’Assemblée et elle part en examen au Sénat.

Immédiatement tous les beaux esprits, et les moins beaux, que compte notre pays se sont insurgés contre cette décision qualifiée de « déni de démocratie ». Il faut dire que François Hollande l’avait lui même qualifié de déni de démocratie en 2006 lorsque le gouvernement Villepin avait aussi fait application de cet article. Qu’en est il en réalité ? Très clairement, ici, on ne pense pas que l’on soit en présence d’un déni de démocratie et on vous dit pourquoi.

D’abord, un tel déni ne peut pas naître d’une application conforme de notre constitution. Comment soutenir le contraire, si l’on est sérieux ?

Mais, si cet article est scélérat il faut alors l’abroger, ce qui n’a pas été fait, pourtant après mûre réflexion, lors de la dernière réforme constitutionnelle, en 2008. Cette réforme en a simplement réduit l’usage à un seul emploi par session parlementaire. Elle a été adoptée par le Parlement lui même réuni en Congrès à Versailles. Comment dès lors soutenir aujourd’hui que l’article conservé par le pouvoir constituant (à la majorité des 2/3) est d’un coup devenu scélérat, si l’on est sérieux ?

En réalité, cet article n’a rien de scélérat, car il est une des mesures constitutionnelles prises en 1958 pour rationaliser le régime parlementaire de la IV République[5].

La IV République, elle, non rationalisée (dont les grands traits étaient encore des vestiges des lois constitutionnelles de 1875), alors que tous les régimes parlementaires des grandes démocraties avaient été rendues plus efficaces[6], permettait à toute occasion de faire tomber le gouvernement en additionnant les opposants sans majorité de rechange, ce qui conduisait à une instabilité gouvernementale sans précédent et à la paralysie de l’action publique.

Dans le cas de la loi Macron, ne pas faire application de l’article 49, 3 eut permis aux frondeurs et à leurs alliés objectifs, qui ne représentent qu’environ 10% de la majorité au pouvoir, de bloquer le texte alors même qu’ils n’entendaient pas faire tomber le gouvernement puisque, in fine, ils n’ont pas voté la motion de censure.

De plus, l’Assemblée avait voté et adopté chacun des articles de ce projet de loi après deux cents heures de débats puisque le gouvernement n’a pas fait application de la procédure de vote bloqué[7].

L’article 49, troisième alinéa, a donc été au fond plus un révélateur de turpitude politicienne qu’un déni de démocratie. Cet article est donc salutaire comme outil de mise en œuvre de la responsabilité gouvernementale sur un texte de loi que le gouvernement juge suffisamment important pour engager son existence sur son adoption. Evidemment, les nostalgiques des débats sans fin, de l’indécision, de l’instabilité au risque de la paralysie de l’exécutif par un parlementarisme omnipotent mais en fait impotent, ne s’y retrouvent pas.

Nos institutions fournissent donc les outils de l’efficacité à un pouvoir exécutif dont la légitimité ne procède pas que du Parlement, mais aussi de l’élection du Président au suffrage universel direct et c’est très bien. Il faut s’en souvenir, d’autant que la loi dite Macron reçoit un soutien large dans l’opinion et même sur l’échiquier politique, si l’on veut bien laisser de côté les postures politiciennes ou opportunistes.

Si, donc, François Hollande a déconné, ce n’est pas en mettant en œuvre cet article en 2015 mais plutôt en déclarant en 2006 qu’il constituait un déni de démocratie… Encore qu’à l’époque il pouvait être utilisé à tour de bras.

Dernière(s) minute(s)

1) Décentralisation, logements sociaux : le retour de l’Etat, enfin !

Le drame horrible de ce début d’année aura eu au moins un mérite : souligner la culpabilité des maires qui ne mettent pas en œuvre la loi SRU de décembre 2000 sur les quotas de logements sociaux avec bien sûr le soutien de certains de leurs électeurs qui n’en veulent pas. Malgré les sanctions et les amendes, 30% des communes se soustraient ainsi à leurs obligations. Pour la plupart elles le font délibérément, comme de vulgaires délinquants. Inutile de dire que ce sont dans leur majorité des villes de droite qui refusent ainsi la dose légale de mixité sociale. Alors que tout le monde sait que la mixité est le vecteur d’intégration et le ghettos son contraire.

Et bien, après quinze ans de faiblesse honteuse qui ont permis à tous les Neuilly de se défausser sur toutes les Courneuve, le Manu enfonce les pieds dans le plat, grave, et il a raison.

Pour les villes qui n’appliquent pas la loi, il décide que les préfets se substitueront à elles pour attribuer les permis de construire des logements sociaux. Bravo ! Enfin, le retour de l’Etat, y en a marre de ces maires qui deviennent aussi crades que leurs électeurs, lorsqu’ils ne les ont pas précédés.

Et bien sûr le commercial en chef des maires UMP qui ne veulent pas d’arabes ou de noirs, ou de pauvres, dans leur quartier, Christian Jacob, s’insurge sur toutes les ondes de cette décision prise sans concertation. Parce qu’il veut maintenant qu’on discute avec les maires délinquants, le Jacob ? Y devrait faire gaffe, Taubira va bientôt être obligée de le prendre à son cabinet !

Nous, on est super heureux et on en redemande du retour de l’Etat, et tous azimuts en plus, lorsque les collectivités locales manquent à leurs obligations.

La décentralisation pour laquelle à gauche nous nous sommes battus est au fond, tout bien réfléchi, une déception certaine. Il faut savoir revenir en arrière lorsqu’il le faut. Bravo Manu, vas y défonce les à chaque fois qu’il le faut et sans état d’âme ! Sinon ce n’était pas la peine de remplacer J.M. Ayrault.

2) Soutenir le compromis entre le Gouvernement grec et l’UE

Beaucoup ont ricané en France devant les difficultés rencontrées par le gouvernement grec de Tsipras face à la majorité libérale qui domine l’Union européenne. Selon eux Tsipras aurait trahi ses promesses électorales irréalistes et a dû passer par les fourches caudines libérales de l’UE. La réalité n’est pas celle-là. Pour encore quatre mois, la Grèce va obtenir que les aides communautaires, sans lesquelles elle ne peut plus s’en sortir, compte tenu de la purge austéritaire qu’elle a subie, continuent de lui être servies.

Cette purge tue l’activité[8], outre le petit peuple grec, et les armateurs continuent à ne pas payer d’impôts… Mais, et c’est une autre bonne nouvelle, pour obtenir la poursuite du programme d’aides européennes, le gouvernement Tsipras s’est engagé sur un programme de réformes majoritairement fiscales qui vont enfin faire payer les riches et les fraudeurs aux impôts indirects qui échappaient en Grèce à l’impôt. Où est la trahison ?

En réalité aussi, Tsipras et le parti Syriza ont joué très clairement le jeu de l’union en Europe dès la campagne électorale en disant qu’ils ne souhaitaient ni une sortie de l’Euro, ni, encore moins, de l’Union. Se privant ainsi d’une menace réelle pour la stabilité de l’UE, ils ont été d’une honnêteté exemplaire qui les a privés d’un atout dans la négociation.

Tous ceux qui chez nous jouent avec le feu de la sortie de la France et de l’euro et de l’UE devraient y réfléchir un peu plus, s’ils en sont capables.

Ici, on soutiendra donc la Grèce car elle ne va obtenir qu’un répit, certes fondamental, mais qu’un répit quand même et d’une durée de quatre mois.

Le peuple grec a choisi une politique beaucoup plus sociale que celle de son gouvernement précédent, il faut respecter ce choix et aider à sa réussite. Et l’aile gauche de Syriza devrait y réfléchir aussi avant de ruer dans les brancards. Comment sinon dire qu’on souhaite une Europe plus sociale ? En misant sur la politique du pire comme on sait si bien le faire en France, dans une partie de la gauche, depuis 2012. En s’asseyant sur les engagements, désolé on ne peut le faire en restant dans l’Europe ? Tsipras lui l’a compris.

3) Surveillance du Net, secret des affaires, les bonnes mayo de l’usine à crétins[9]…

Vous ne vous en souvenez sûrement plus, mais les médias et réseaux sociaux se sont émus comme pas possible sur l’article 20 de la loi de programmation militaire de novembre 2014 jugée attentatoire aux libertés du fait qu’elle a mis en place une réglementation de la surveillance du net.

Depuis les évènements horribles de janvier, évidemment, l’indignation a molli… et d’autres mesures de fermeture de certains accès ou sites sont même envisagées. C’est heureux !

Qu’en était il en réalité ? On va vous dire la vérité pour vous éviter peut être de gaspiller une capacité d’indignation précieuse.

En réalité, cet article 20 n’a fait que mettre en place pour le Net un dispositif réglementé équivalent à celui qui existe depuis un peu plus de vingt ans pour les écoutes téléphoniques (écoutes judiciaires et écoutes administratives réglementées, ce qui en exclut toutes autres) et que notre pays avait mis presque un siècle à mettre au point depuis l’invention du téléphone. Qu’auraient préféré les professionnels de l’indignation et d’un Net sans entrave : qu’on ne réglemente rien comme pour le téléphone pendant cent ans et que se développent toutes les écoutes sauvages ? Merci bien, la liberté c’est la loi et la réglementation, pas la liberté sans entrave officielle et, en fait, avec toutes les turpitudes les plus occultes. Mais les pouvoirs publics ont tenu bon, bravo.

Autre exemple de bonne mayo pour l’usine à crétins, le secret des affaires et sur ce sujet le gouvernement a flanché. Là, on va le voir, c’est aussi la franche rigolade devant autant d’incompétence et de fantasme réunis, tout partout dans l’usine.

Le secret des affaires protège en droit français les entreprises contre leurs concurrents et il est reconnu depuis belle lurette, n’en déplaise à l’usine. Imaginez simplement les coûts liés à la divulgation de secrets sur le secteur du nucléaire, de l’aéronautique, de l’informatique, de la pharmacie…. Non calculable lorsqu’un concurrent s’empare de ces secrets découlant parfois de plusieurs années de recherche…

D’ailleurs, le secret des affaires existe depuis si longtemps, que la loi du 17 juillet 1978, relative aux relations entre l’administration et les usagers qui a instauré la transparence administrative, en avait même fait une exception au droit d’accès des citoyens aux documents administratifs dès lors qu’un de ces documents, détenu par l’administration, comporte des éléments de nature à compromettre ce secret au détriment d’un tiers. Le secret des affaires protège nos entreprises et c’est d’intérêt national, notamment du point de vue économique.

Et bien, patatras, le secret des affaires, l’usine à crétins l’a comme qui dirait littéralement découvert alors que le Parlement venait, par un amendement, de décider de le sanctionner pénalement, ce qu’il n’était pas[10] et c’était dommage. Donc l’usine le découvre et s’insurge comme un seul homme : vous vous rendez compte un obstacle pareil à la liberté de la presse qui ne va plus pouvoir nous « informer » dès lors qu’une entreprise prétendra qu’un de ses secrets est dévoilé et poursuivra pénalement ceux qui aident les médias en dévoilant certaines informations. Mais bougres d’ânes, cela pouvait se régler par un rappel de la protection des sources, des lanceurs d’alerte et de la liberté de la presse, ce que le texte tentait de faire d’ailleurs et qui aurait pu être amélioré. Et bien non, que nenni, la mayonnaise a pris et le gouvernement a reculé sous la pression…

L’affaire, le secret et sa protection pénale sont repoussés à plus tard ! Bravo, beau but contre son camp, nos concurrents industriels étrangers peuvent remercier l’usine à crétins.

4) Laïcité : des femmes musulmanes se manifestent et le gouvernement n’a pas tout juste

Chez nous, comme dans certains pays étrangers, des femmes luttent contre l’obscurantisme islamique, il faut le savoir et les soutenir. Voir à cet égard notamment :

http://www.leparisien.fr/informations/musulmanes-et-non-voilees-11-07-2014-3992647.php

Ce sont, avec des philosophes musulmans éclairés, tels Bidar et des théologiens modernistes, sur des gens comme cela qu’il faudra savoir s’appuyer pour construire un islam de France républicain et, en particulier car c’est essentiel, respectueux de l’égalité des sexes.

Le gouvernement dans cette entreprise ne semble pas très bien parti. Après ses mesures plutôt positives sur l’éducation et la sécurité, comme on l’a souligné dans notre billet du 11 janvier dernier, il commet l’erreur d’ajouter au paysage une nouvelle instance dite de dialogue avec l’islam (comme il en avait créée une précédemment avec la religion catholique). Certes, il s’agit d’une instance informelle de discussion mais elle se surajoute au Conseil français du culte musulman, créé par Sarkozy en 2003 dans la foulée des travaux initiés par Jean-Pierre Chevènement puis Daniel Vaillant. Le CFCM et ses conseils régionaux a fait la preuve de son inefficacité pour remédier aux dérives de l’islam et permettre l’intégration de ce dernier à la République.

On y reviendra plus en détail dans des numéros ultérieurs, mais on observe déjà qu’il n’appartient pas à un Etat laïque de se mêler du fonctionnement des religions, ni de les organiser de près ou de loin. Or, ajouter des instances aux instances à l’initiative de l’Etat, même si le CFCM est une association et que l’Etat n’y siège pas et même si l’instance de dialogue est informelle, fait que l’Etat ne respecte pas la loi de 1905.

Ce qui est certain c’est qu’il manque à l’islam de France une instance nationale théologique qui donnerait aux musulmans un « la » théologique moderne et républicain, comme peut en avoir, depuis Vatican II, l’église catholique avec la Conférence des évêques de France. Une instance théologique dont l’Etat ne se mêle pas.

Ce rôle théologique le CFCM ne le joue pas car il n’est pas composé de théologiens mais de représentants des divers mouvements qui sont représentés en son sein, c’est à dire diverses associations de défense des musulmans. Au surplus, les mouvements représentés au CFCM peuvent être liés à des pays étrangers de diverses obédiences et stratégies vis-à-vis de l’occident. La réforme du CFCM sera indispensable et il appartiendra au culte musulman seul de la conduire. Cela ne regarde pas l’Etat.

En revanche, il appartient bien à l’Etat en application de la loi de 1905 de laisser des représentants des religions venir assurer leurs cultes dans les lieux dit « d’enfermement » ou la liberté de culte ne peut spontanément s’assurer (notamment les prisons, les armées, les hôpitaux, etc.). A l’exception des armées, les aumôniers des différents cultes ne sont pas nommés par l’Etat, ni rétribués par lui. Ils perçoivent des vacations de défraiement et ont massivement un caractère bénévole. L’Etat n’a donc pas non plus la charge de leur formation.

Néanmoins, dans la situation de crise de l’islam de France et d’absence de formation à nos principes et à la République de ses officiants, ainsi que de radicalisation dans les prisons, l’intérêt général est que la collectivité nationale assume, fut ce temporairement, un rôle dans l’offre universitaire de formation à l’attention des imams qui officient notamment dans les prisons et les hôpitaux. Il faut donc soutenir les mesures prises pour favoriser à l’université le développement de cursus permettant l’intégration des imams à la République, à ses principes et à ses lois.

D’ailleurs, le radicalisme, tous les spécialistes s’accordent là-dessus, trouve son terreau principal, outre sur le Net, dans les prisons. Enrichir l’offre universitaire de formation républicaine dont peuvent profiter les imams qui interviennent en milieu public fermé est donc le cœur du sujet.

En revanche encore, nous resterons résolument hostile à toutes formes d’entrée de notre pays dans un régime concordataire qui, directement ou indirectement, substituerait des financements ou moyens publics au financement du culte musulman par les fidèles eux mêmes même si c’est avec l’aide de certains pays étrangers. Il faut savoir dire non à de nouvelles entorses à la loi de séparation même dans notre situation.

Même si certains le soutiennent et se verraient bien dans une extension du concordat au delà de l’Alsace-Moselle, la loi de 1905 n’est en rien dépassée, au contraire. C’est dans le respect de ses principes qu’il faudra savoir trouver des solutions aux problèmes que pose la situation de l’islam. Il ne manquerait plus que d’ajouter de nouvelles formes de confusion des églises et de l’Etat à nos difficultés….

5) Strauss Kahn, Woerth, même souci…

En quelques mots, le procès du Carlton et celui de Bordeaux dans l’affaire Bettencourt, montrent que deux personnages publics, même si on ne les aime pas beaucoup, ont été lynchés médiatiquement alors que les dossiers étaient vides, ce que les tribunaux saisis ont, semble t-il, constaté…[11]

Cela interpelle et rejoint la question des atteintes commises par les médias à la séparation des pouvoirs. Ils ne sont plus un contrepouvoir, comme ce fut longtemps le cas, mais un pouvoir tout puissant. Dans les préceptes de Montesquieu qui fondent notre démocratie, sans doute que le plus important est que « tout homme qui a du pouvoir tend à en abuser ». L’important c’est donc la réglementation de l’exercice des pouvoirs et l’existence de solides contrepouvoirs. Quels sont les contrepouvoirs au pouvoir des médias ?

On ne devra pas l’oublier et il faudra considérer ce principe comme un fil conducteur de toute réforme de nos institutions et du fonctionnement de notre démocratie, y compris, à l’évidence, pour ce qui concerne les médias.

Les nouvelles du (des) front(s) bébête(s)…

sont toujours des nouvelles d’effroi…

1) Dans le grand concours mondial de bêtise entre religions, l’église catholique marque un point et de taille : le curé Pierre Blanc, à Vonnas, décide d’abandonner son ministère pour une femme, ce qui relève des droits humains fondamentaux.

Il se voit promettre, avec sa bien aimée, les flammes de l’enfer par son évêque, en application de l’article 1395 du droit canon qui classifie cette situation comme crime, au même titre que le viol…

Dieu est amour dit on en religion catholique, mais sans doute pas chez certains de ses représentants sur terre. Continuez comme ça les gars de chez Jésus, c’est bien parti pour continuer de vider les églises !

Tenez cadeau, pour un bon résumé historique des méfaits des religions lorsqu’elle confondent la loi et le goupillon, lire ci-dessous :

http://www.libre-penseur-adlpf.com/2015/03/notre-combat-a-l-a-d-l-p-f.html

2) Ensuite, on en parle dans cette rubrique car ce sont parfois les mêmes que ci-dessus, et on en parle avec les mots d’Henri Leclerc, président de la LDH « la droite est répugnante avec Christine Taubira : elle ne lui pardonne pas le mariage pour tous, elle ne lui pardonne pas son talent et, comme on est plein de mansuétude, on espère qu’elle lui pardonne sa couleur de peau » nous disait-il un petit matin sur France-Inter. Mais, nous, ici, on en est même pas sûr avec toutes ces petites têtes blondes qui lui jettent des bananes et ces attaques immondes qui pullulent et que relaie, bien consciencieusement, notre bonne usine à crétins.

3) Enfin, le FN qui fait nous fait une « Chirac » et donne à grande échelle dans l’emploi fictif !

Il donne dans l’emploi fictif au Parlement européen en faisant rémunérer par le Parlement européen des collaborateurs qui travaillent en réalité pour le parti en France et ne mettent jamais les pieds à Strasbourg… (45 emplois selon les révélations du journal Le Monde pour un montant de 7,5 Millions d’euros sur la législature). En plus ils sont payés par l’Europe pour la démolir ! C’est y pas beau ?

Alors là on se marre comme pas possible par rapport au bon vieux slogan « Tous pourris ! », sous-entendu « sauf nous ». Faut croire que ça a déteint, sauf que pour eux c’est de suite du grand format proportionnellement à leur nombre d’élus (23) ! Ah les fumiers. En fait, le FN c’est pire que les autres. Il a un programme « national- xénophobe » honteux, suicidaire pour le pays au plan économique, rétrograde au plan des droits humains et des comportements de voyou, de suite, à grande échelle. Donc la totale. Insupportable.

Chiffres clés

Les chiffres qui tuent….

Dividendes : en 2014 mille milliards d’euros ont été distribués en dividendes aux actionnaires de par le monde. Partout, pendant ce temps, les suppressions d’emplois se multiplient. En France, 56 milliards distribués et plus de 200000 emplois supprimés.

Fraude fiscale : la fermeté paie et ce sont les régularisations des fraudes à l’ISF qui rapportent le plus, près d’un milliard d’euros sur les deux milliards récupérés en 2014 sur les repentis…

On comprend mieux pourquoi Sarkozy propose, de nouveau, de supprimer l’ISF, ça fait trop mal au cul à ses riches copains, électeurs de droite !

Pour plus de données voir :

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/03/04/evasion-fiscale-pres-de-2-milliards-d-euros-collectes-en-2014_4586806_4355770.html

Le(a) crétin(e) du mois

Encore une sévère compétition ce mois-ci et deux beaux vainqueurs :

– Jacques Myard pour ses justifications de gros benêt sur sa visite avec trois autres parlementaires français qui sont allés cirer les bottes de Bachar, le boucher du peuple syrien. Désolé, même pour faire barrage à DAECH et à ses abominations tout n’est pas possible. En plus, cet âne a démontré dans ses déclarations sa totale méconnaissance du dossier syrien selon Nicolas Hénin, auteur de « Djihad Academy » sorti récemment.

– France2, qui donne à Agnès Verdier-Molinié (une excitée ultralibérale dont France2 promeut la sortie du dernier bouquin pour demeurés), le choix de son propre contradicteur sur le plateau du 20h de La housse de la couette. Non ? Si….

Et, merci Rosa, c’est Arte qui le dénonce… http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2015/03/10/sur-france-2-une-economiste-ultraliberale-choisit-son-contradicteur_1217976

Calvi lui sert aussi très bien la soupe à l’Agnès à « C dans l’air » en l’invitant régulièrement avec d’autres adeptes des potions économiques libérales bien comme il faut, du type Fiorentino et autres Dessertine qui plaident à longueur d’année le trop d’impôts, trop de dépenses publiques et veulent en fait tordent le cou à notre modèle social pour bien sûr le sauver. Mais elle, c’est carrément de l’hystérie et elle les ferait presque passer, eux aussi, pour des gauchistes. De Closet doit crever de jalousie, lui aussi grand adepte, en son temps, du genre cri libéral primal…

Pfimlin on en a plein de dos de la TV, dite de service public, que tu nous sers… Un seul mot : DEGAGE !

La p’tite biblo

Si vous ne l’avez pas vu le 3 mars en direct sur France2, procurez vous et visionnez le « Cash investigation » de Elise Lucet sur les actionnaires, leurs dividendes et les stratégies à vomir des « grands » patrons payés à prix d’or pour leurs basses œuvres.

Edifiant et enrageant tout ce cynisme et tous ces égoïsmes absolus. En plus, même du strict point de vue de l’efficacité économique à moyen/long terme, tout ça est suicidaire, quelques rares grands patrons le soulignent dans cette émission remarquable.

Du philosophe musulman Abdennour Bidar, « Plaidoyer pour la fraternité » chez Albin Michel (2015) qui nous montre comment repenser l’islam, casser la logique des ghettos et de l’ignorance et choisir la fraternité universelle plutôt que le repli sur soi.

Pour lui, la France a un rôle à jouer dans cette mutation de l’islam vers la modernité, plutôt que de continuer à le laisser se construire sur un retour à un islam des origines obscurantistes, grandement fantasmé, et dans l’enfermement dans une Charia qui date de 1000 ans. Un peu comme si les catholiques se revendiquaient aujourd’hui de l’inquisition et du despotisme de droit divin.

Bidar a succédé a Abdelwahab Meddeb, disparu en 2014, pour animer sur France Culture l’émission « Cultures d’islam » que celui-ci avait créée.

Enfin, extrêmement intéressant, « Quel âge post-séculier ? Religions, sciences et démocratie » sous la direction de Joan Stavo-Debauge, Philippe Gonzales et Roberto Frega aux éditions EHESS « Raisons pratiques ». Un ouvrage fondamental pour comprendre ce qui se passe et pour la défense de la sécularisation contre tous ceux qui nous promettent depuis trente ans, ou pire fomentent, le retour d’un religieux arrogant et tyrannique contre la science et la démocratie, et prétendant régir, un comble, croyants et non croyants. La clé de la porte de la modernité est bien dans cette dernière idée : les préceptes religieux, sauf totalitarisme confessionnel, ne s’imposent qu’à ceux qui y croient.

Notes de bas de page

[1] D’autant que nos hérauts du « Tous pourris » viennent de se faire prendre les doigts dans le pot de confiture au Parlement européen (Cf. infra « les nouvelles du front bébête… point 3 page 10) »

[2] Contrairement à ce que l’on nous serine gentiment cela ne signifie pas que les thèses du FN progressent (il y a 10% de français en moins par rapport à 2005 qui pensent qu’il y a trop d’immigrés en France, à peine la moitié des sympathisants FN souhaitent une sortie de l’euro et plus de la moitié d’entre eux ne sont pas favorables à la fameuse préférence nationale)… Alors, franchement, je ne sais pas comment vous appelez quelqu’un qui vote FN en étant contre les grands axes de son programme, moi j’appelle ça un « trouduc »

[3] Nous l’avons démontré avec Jean Petrilli dans un article publié par le magazine Slate le 3 juillet 2014, ce qui nous a valu d’être pris à parti par un des dirigeants historiques du FN, le dénommé Gollnisch

[4] « 49.3 » comme disent tous les ânes des médias qui n’ont jamais ouvert la Constitution… comme le « 9.3 » ! Ca devient un cauchemar ces zozos, l’article « 49.3 » n’existe pas, ni le « 49-3 » d’ailleurs, seul existe l’article 49 qui comporte quatre paragraphe non numérotés et la disposition dont on parle ici c’est le troisième alinéa… pauvre France…

[5] Cette rationalisation voulue par le général de Gaulle et la majorité des français a consacré un certain nombre de mesures constitutionnelles qui aujourd’hui encore réunissent un large consensus sauf chez les partisans d’un régime d’assemblée, caricature impuissante du parlementarisme. Ces mesures sont pour le principal, outre l’article 49, troisième alinéa, dont on parle ici, l’assignation d’un domaine défini à la loi et donc à l’intervention du Parlement, la réglementation du droit d’amendement et des conditions pour renverser le Gouvernement, la rationalisation de la procédure d’adoption des lois de Finances ou l’introduction du vote bloqué (Cf. Note 6 infra). Même rationalisé le régime reste parlementaire car le gouvernement reste responsable devant le Parlement

[6] L’Allemagne par exemple fait obligation aux opposants, pour pouvoir voter la défiance à un gouvernement, de proposer une majorité et d’élire un Premier ministre de rechange. Ce régime est donc encore plus sévère. En France une censure peut encore être votée, sans que pour autant les députés doivent proposer une majorité positive de remplacement. Réfléchissons donc un peu avant de nous plaindre

[7] La procédure de vote bloqué conduit à ce que les parlementaires prennent ou rejettent le projet de loi du gouvernement sans le discuter, ni pouvoir le modifier, ni le voter article par article. Une application combinée du vote bloqué et de l’article 49, troisième alinéa serait très proche d’un déni de démocratie puisque le Parlement ne voterait ni ne discuterait article par article, ni globalement sur le projet de loi ; on n’a pas connaissance même au pire des crises que la V République a connu d’un gouvernement qui aurait fait application sur un même texte de ces deux procédures

[8] Une preuve simple, le montant de la dette publique grecque est stable en valeur depuis cinq ans, mais elle passe de 100% à 175% du PIB sur la même période du fait de la récession économique et de la baisse de son PIB…

[9] L’usine à crétins (au sens de fabrique de…), nom que l’on donne ici au conglomérat désolant des médias, de la blogosphère et des réseaux sociaux…

[10] Il ne pouvait l’être que très indirectement au titre de la propriété intellectuelle, du droit des marques ou du secret industriel

[11] Même si pour E. Woerth on attend encore la décision du tribunal correctionnel pour le mois de mai ; pour DSK la décision a été rendue après une audience édifiante qui a montré que certains avaient confondu, dans leur vindicte moralisatrice, une addiction lourde et dérangeante avec du proxénétisme… y compris manifestement, dans ce procès, lors de l’instruction…

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