DECODA 43, 5/5/2016

Un numéro de mai dans lequel il m’a plu d’ouvrir les hostilités pour 2017 sur un double mode :  d’une part la problématique nécessaire pour une évolution de nos institutions qui tienne compte des enjeux  et, d’autre part, en rubrique « Perspectives 2017 » un début d’examen  des propositions de programme  pour les prochaines présidentielles  en saluant, même si c’est aussi par la critique, les propositions d’un viel ami, Michel Guénaire au nom de « Société Civile 2017 ».

Et toujours la rubrique du bon Lucas « Sauvons la Planète ? »

Alors bonne lecture !

En une ou deux colonnes en fichiers joints

DECODA(NA)GES n°43-1C

DECODA(NA)GES n°43-2C

ou en Texte intégral du numéro 43 ci-dessous

Attention : dans ce numéro les documents dénommés « multimédias » ne sont accessibles qu’à l’occasion de la lecture par le texte  intégral  ci-dessous  (et pas à l’occasion d’une lecture en fichier joint ci-dessus). Il serait dommage de les manquer qu’il s’agisse du projet « La Grande France » de M. Guénaire ou du texte de Ayaan Hirsi Ali qui nous prodigue quelques conseils éclairés vis-à-vis du danger islamique)

 

Texte intégral du numéro 43

SOMMAIRE

 Edito                                                           

Régime politique : la seule problématique qui vaille…

 Perspective 2017                             

« La Grande France » de Michel Guénaire

 Dernière(s) minute(s)                       

L’épicier musulman

Islamo gauchisme

Comptes de campagne du petit

 Sauvons la planète ?                            

Les Brèv’vertes de Lucas

 Les nouvelles du front bébête…    

Sont toujours des nouvelles d’effroi…

La ministre des droits des femmes quasi passée à la gégène

 Chiffres Clés                                        

Les chiffres qui vont tuer… les râleurs patentés

Les clignotants de l’économie de plus en plus au vert…

 Le(a) crétin(e) du mois                

Le sinistre ministre israélien israélite…

La p’tite biblio                                        

« Contre la bienveillance » de Yves Michaud

Trois nouveaux Blogs amis           

CreAction, Lumières Laïques, Récup et gamelles

 

Texte intégral

Edito

Régime politique : la seule problématique qui vaille

On est bien barré ! Tandis que « NuitDebout » revendique une démocratie atomisée sur autant d’individus que la Planète en compte, innombrables sont ceux qui, dans les médias toujours prompts à jeter le bébé avec l’eau du bain et à ne pas voir la poutre qu’ils ont dans l’œil, appellent à une recomposition de notre paysage politique, au dépassement du clivage « droite/gauche » et au changement d’un système politique qu’ils jugent usé.

Le « français », à chaque fois qu’on le sonde, plébiscite, à ce que l’on nous dit, une telle évolution. Pour beaucoup, cela nous permettrait de sortir d’une démocratie excessivement conflictuelle et clanique et il est vrai que nous aurions besoin de produire du consensus et de l’union nationale face aux deux guerres majeures que nous devons livrer : la guerre économique dans la jungle mondiale des intérêts et la guerre contre la barbarie islamique, guerre par les armes et guerre idéologique à la fois.

Mais, sérieusement, quel est notre problème si l‘on veut bien ne pas se limiter aux antiennes faciles, vieilles comme la droite, au mécano institutionnel ou à la démagogie des doux rêveurs ? Produire un consensus entre républicains, de gauche et de droite, sur un programme d’union nationale pour ramener les citoyens aux urnes ? Réaliser vraiment « l’UMPS » pour combattre ceux qui, aux extrêmes, semblent prospérer déjà sur cette idée[1] ?

Et en effet, à l’heure actuelle, notre système politique semble tout entier organisé pour la production de clivages binaires, de postures purement idéologiques et factices. Bref, une logique de conflits dans laquelle minorités syndicales[2] et hommes politiques s’épanouissent, comme dans une pantomime, sous l’œil gourmand des médias et sous celui d’une majorité de citoyens de moins en moins intéressés. C’est la raison pour laquelle les français ont tant aimé la cohabitation lorsque leurs institutions leur permettaient d’infliger cette punition à ceux qui croyaient pouvoir les gruger sur ces bases faisandées[3].

Ceux, notamment à gauche, qui ont l’ambition d’œuvrer réellement à l’action publique, à gouverner dans l’intérêt général, ne peuvent ensuite, confrontés au réel qui leur revient dans la figure à peine les urnes remisées, mettre en œuvre ce qu’ils ont pu concéder à des facilités de langage notamment, comme on dit joliment, pour « rassembler » leur camp. Tous les reniements supposés ou réels en résultent. De même que le discrédit de la classe politique républicaine au profit des extrémistes qui, caricatures de ce travers, n’hésitent pas à raconter encore davantage n’importe quoi, en bon opportunistes ou trompés par leurs propres illusions, idéologie et mauvaise foi réunies.

On ne parle même pas de ceux qui ne sont que dans l’incantation et ne veulent surtout pas du pouvoir, ne se préoccupant au fond de leurs concitoyens défavorisés que par le verbe. Ils sont hors jeu et, la nuit comme le jour, franchement, ça serait plutôt, de leur vrai nom, « DormirDebout ».

A ce propos, on ne reconnaitra à « NuitDebout » pas guère davantage qu’une immense faculté à discuter, voire élucubrer[4], entre deux joints ou deux « kro », entre bobos bien blancs et au fond bien gavés, quand on lit ce qui sort notamment de leur AG du 14 avril. En effet, il faut le savoir et il faudra s’en souvenir, place de l’ex-République[5], sur la question de la laïcité, cette « bonne » gauche qui a lâché Marianne, nous a concocté des propositions de bisounours suicidaire qui vont ravir les islamistes et l’Observatoire aveugle de la laïcité[6] réunis dans une même joie.

En fait, se contrefichant de ceux qui triment, qui souffrent ou dont la vie devient insupportable dans les ghettos en voie d’islamisation, ils refusent de produire des propositions de progrès opérationnelles, réalistes et tenant compte des enjeux. Ils sont, comme leurs « grands » ancêtres d’ultra gauche, à peu près aussi démocrates qu’un adepte de la charia mais, en prime, avec l’hypocrisie d’une démocratie soi-disant participative de quelques centaines de personnes, non comptés les badauds. Je ne dirai pas d’eux, à la différence d’un ancien président qui ne s’est pas grandi une fois de plus à cette occasion, « qu’ils n’ont pas de cerveau », non, ils en ont un, peut être même souvent plus gros que le sien, mais il est tourne à vide faute de propositions constructives…

Mais, au final et sérieusement, sur notre régime politique, qu’elle est la problématique véritable qu’il nous faut affronter ? Elle se réduit à la question de savoir qu’elle est la cause du travers essentiel de notre système : sa capacité infinie à s’agiter autour de chimères caricaturales à l’échelle du monde et dignes d’un pays non parvenu à maturité, bref son incapacité à produire du consensus et des solutions communes entre républicains même, comme on vient de le voir entre novembre et mars, lorsque le danger et la mort rôdent au coin de la rue[7].

Mais attention, sur ce constat, il n’y pas de « nature », ni de spécificité, française contrairement à ce que l’on nous dit sans cesse, mais seulement des causes et leurs effets incapacitants. Les causes sont multiples : complexité des sujets et des enjeux (nationaux, européens et internationaux) qui ne peuvent qu’accentuer la présidentialisation du régime politique dans une logique d’efficacité, raccourcissement du mandat présidentiel à 5 ans, généralisation des primaires qui « rabaissent » le président au rang de chef d’un clan partisan (loin du schéma gaullien d’un lien direct entre un homme, le peuple et une histoire), scrutin majoritaire qui favorise la bipolarisation politique et stérilise la représentation des opinions politiques[8], cumul des mandats qui professionnalise les carrières politiques et les appareils, action forcenée des médias qui accentuent la personnalisation du régime, etc.

Ce système est anesthésiant et le peuple s’en détourne car il produit un artefact politique. Cet artefact n’est surtout pas le résultat d’un débat de fond et d’un compromis, mais celui d’une mystification.

En outre, cet artefact fait passer le fond en second très loin après les questions de personnes, sur lesquelles s’épanouissent les médias et leurs victimes souvent médiocres et sans défense. Comment encore s’étonner que le peuple n’y adhère plus ? Il est donc grand temps de changer ce qui doit l’être. Mais qui s’en soucie vraiment dans le maelström médiatique qui les emporte tous ? A cet égard, il est des causes sur lesquelles l’on peut agir et d’autres pas, c’est le début de l’intelligence d’une situation. Il est aussi des causes qui jouent un rôle manifestement déterminant, d’autres moins. On ne peut changer la complexité du réel, ni les travers des médias ou la médiocrité de leur public, auxquels nous resterons condamnés. Agissons donc sur le reste !

On ne peut sérieusement revenir à un schéma gaullien de président à la fois exécutif surpuissant et au dessus des partis. Ce fut un costume sur mesure pour la démesure d’un général maurassien rallié à la République pour sauver la France au moins en deux circonstances. Il n’y a plus de porteur potentiel pour un tel costume qui n’est plus, non plus, d’actualité. Inutile donc de vouloir repasser à un mandat présidentiel de 7 ans. Cela en outre ne règlerait rien pour la production nécessaire de solutions républicaines consensuelles et ne pourrait que produire, de nouveau, quelques périodes de cohabitations, entre celles claniques et plus longues, de droite comme de gauche.

Il ne reste donc que deux causes sur lesquelles agir et donc deux leviers de changement, ils sont essentiels sinon rien ne changera dans la situation politique qui est la nôtre. Il faut donc :

  1. a) D’une part, une Assemblée nationale comportant toutes les composantes du spectre politique admis au jeu électoral des partis politiques autorisés[9]: ce qui implique le rétablissement d’un mode de scrutin proportionnel et ramènera sur le devant de la scène les idées politiques et le fond. Par définition, la vraie vie politique n’étant pas bipolaire, cela conduira, pour constituer une majorité et pouvoir gouverner, à devoir définir des compromis entre gens susceptibles de s’entendre sur des bases républicaines, ce qui marginalisera les extrémismes qui en sont incapables.
  1. b) D’autre part, un pouvoir exécutif issu directement du sort des urnes lors de l’élection de la représentation nationale (suppression de l’exécutif dual Président/Premier ministre au profit d’un chef de gouvernement, chef de la majorité ou de la coalition sortie des urnes).

Devra s’y ajouter, comme véritable fond de sauce bien liant, la fin radicale du cumul des mandats pour dé-professionnaliser la vie politique et redonner du sens à l’idée de mandat populaire temporaire dont personne n’est propriétaire. Un véritable CDD, un seul en même temps, et non renouvelable plus d’une fois.

On reviendra dans les prochains numéros sur les avantages et inconvénients d’une telle évolution pour la VI République, sur les modalités de sa mise en œuvre et sur les précautions à prendre pour en limiter les effets pervers potentiels. Ils existent : on voit, par exemple, ce qui arrive en Espagne où l’impossibilité de constituer une coalition conduit à devoir faire revoter quelques mois après les dernières élections ou encore les nombreux mois pris en Allemagne pour constituer une coalition. Inutile de nier ces effets pervers possibles et il faut s’en prémunir.

Mais prenons conscience, d’ores et déjà, que c’est bien là LA condition d’un véritable changement si l’on poursuit l’objectif de sortir des schémas binaires et réducteurs, paralysant la production d’un indispensable consensus républicain sur l’essentiel et éloignant de plus en plus les citoyens des urnes[10]. Sans cela, rien ne bougera sauf à la marge et beaucoup s’y emploieront, on le sait déjà et, au besoin, avec la meilleure mauvaise foi du monde !

 

Perspectives 2017

« La Grande France » de Michel Guénaire

A l’heure où les candidatures les plus hétéroclites pointent leur nez pour les primaires de la droite, ou même pour celles, fantasmagoriques, d’une partie de la gauche et à l’heure même, pour certains, où l’on candidate sans vergogne directement pour les présidentielles de 2017 sans passer par la case primaire (on compterait déjà une trentaine de candidats…), il faut revenir sur terre !

A l’heure où par la grâce de la médiocrité des médias ces candidatures tous azimuts se font dans un silence programmatique désespérant pour qui s’attache plus au contenu de l’offre politique qu’à la question des personnes, il faut aussi redescendre de la lune où certains semblent se percher au risque de faire mourir de rire non seulement Micromégas, mais tout Saturne !

A l’heure où on ne veut plus, non plus, d’une présidentielle mystificatrice derrière laquelle on planquera tous les rafistolages d’entre deux tours, pour certains avec ceux qui leur ont craché à la gueule pendant cinq ans juste pour reverdir ou rerougir un peu et, pour d’autres, pour brunir la couleur du premier, ou à l’inverse envisager de savantes opérations de pastellisation centristes à géométrie variable….

A l’heure enfin, vraiment, où on ne veut même plus, ici, écouter tous ceux qui, à gauche, avec une couche de savon à planche qui dépasse l’entendement, ont passé trois ans à vouloir faire croire que Martine Aubry ou Arnaud Montebourg avaient gagné la primaire socialiste de novembre 2011, puis l’élection présidentielle de 2012, en se planquant derrière les mots d’une phrase prononcée au discours du Bourget, mots qu’au demeurant ils trafiquaient en remplaçant « adversaire » par « ennemi » pour mieux forcer le trait et étaler plus facilement le savon… Ah les cons !

A ces heures là, essentielles, DECODA n’enfumera pas, il décodera ! Et d’ici 2017, on analysera les propositions de programme lorsqu’elles existent fustigeant sans relâche ceux qui n’en ont pas et ne jouent que leur bobine d’arrivistes.

Il est donc rafraichissant de pouvoir commencer cet exercice qui se veut de salut public, en présentant un projet complet, qui est en plus celui d’un ami, Michel Guénaire (lequel sera candidat aux primaires de la droite), même si l’on en partage pas la philosophie économique dérégulatrice extrêmement libérale. Et tel est le cas, celui de la clarté programmatique, du projet de Michel Guénaire « La grande France » publié il y a peu sur le site de « sociétécivile2017 » (Cf. La-Grande-France-Le-projetLa-Grande-France-Les-100-propositionsLa-Grande-France-Le-chiffrage ) et qui comporte un projet en dix axes, 100 propositions et un chiffrage[11].

De manière fondamentale je dirai que si le projet appréhende bien les enjeux pour notre pays, l’Europe et même la planète, les réponses, compte tenu de l’ambition affichée et de la filiation revendiquée avec de grandes époques antérieures de consensus républicain (notamment 1945 et le Conseil National de la Résistance), me semblent décevantes. En effet, de mon point de vue et de celui des propres objectifs du projet, le compte n’y est pas, il y a un fossé. Il y manque notamment un souffle quant à ce que se doit, au moment présent, de porter notre pays au regard de son histoire. Alors même aussi que nous sommes en guerre contre une nouvelle barbarie totalitaire absolument détestable car elle a pour ressort une religion encore plus exécrable que les autres et la foi de centaines de millions de charbonniers qui n’ont rien d’auvergnats.

Face aux enjeux de dumping social et fiscal d’une mondialisation dérégulée et à l’arrogance d’une nouvelle idéologie islamiste totalitaire, l’heure n’est plus  de simplement s’en tenir aux boites à outils du libéralisme économique en interne et au silence au plan international sur les valeurs. Au contraire, en effet, l’heure est venue pour notre pays d’afficher, en interne et à l’international, une vraie ambition.  Il s’agirait par l’affirmation d’un nouveau principe fondamental, de « Placer l’homme et le milieu dans lequel il vit au centre de toutes choses ». Ce devrait être l’axe de l’action internationale de la France sur les valeurs et principes fondamentaux. On ne peut plus se contenter de s’en tenir aux droits fondamentaux tels que nous les connaissons depuis deux siècles[12]. Face aux enjeux actuels, nos grands principes classiques ne sont en effet plus suffisants. On a déjà écrit là-dessus et je ne peux qu’y renvoyer (http://www.slate.fr/story/95099/sixieme-republique). C’est beaucoup plus important que le mécano institutionnel dans lequel tout le petit monde politico médiatique se complait.

Sans cette action nationale et internationale sur les valeurs d’un humanisme à refonder en ce début de  XXIème siècle, comment prétendre répondre aux défis conjoints de l’intégrisme religieux, du populisme et du désespoir qui éloigne des urnes, et peut être même un de ces jours de la démocratie, une part croissante des électeurs ?

Ensuite sur l’Europe la solution proposée par le Projet « La Grande France » d’un gouvernement de l’UE à 6 membres constituant un exécutif est bien pensée « technocratiquement » mais ne constitue pas une réponse politique opérante car elle ne passera jamais auprès des 28 pays membres. On a trop élargi pour que l’Europe puisse encore progresser, ni peut être même se sauver sur les bases qui sont les siennes.

Il nous faut une vraie ambition politique qui puisse rallier les peuples et on ne peut, pour repartir sur des bases intégratrices plus poussées, que préconiser un nombre d’Etats plus réduit. Quand on s’est trompé dans la construction de la maison dès les fondations, il faut l’admettre et repartir du point de départ. Une véritable Europe intégrée ne pourra se faire que progressivement avec un petit nombre de pays autour du couple franco allemand, au besoin sans les britanniques s’ils n’en veulent pas. C’est comme ça, le reste ne sera que rafistolage précédant l’effondrement. Soyons lucide, l’engrenage technocratique construit intelligemment par Jean Monet pour contraindre les hommes politiques à avancer dans une amorce de construction européenne, alors qu’ils avaient refusé la fusion entre France et Grande Bretagne dans les circonstances dramatiques de 1939, est à bout de souffle.   Si l’on souhaite avancer il faut désormais passer à autre chose, en plus petit comité et sur des bases politiques et sociales qui constitueraient un Pacte nouveau pour les européens.

Par ailleurs, il faut faire un focus sur la question de la laïcité, enjeu majeur pour tous les républicains face à l’intégrisme islamiste et au salafisme qui veut nous détruire, nous et nos valeurs et qui, pour cela, nous ont déclaré la guerre. Là aussi on attendait plus de fermeté républicaine dans le projet « La Grande France » qui est, somme toute, assez silencieux sur cette question.

A cet égard, le projet aurait pu proposer utilement un dispositif constitutionnel (un Pacte) par lequel notre constitution fixerait les règles du jeu s’imposant aux individus et aux partis politiques pour être admis au débat démocratique et à son expression publique. Là aussi nous avons à quelques uns écrit sur ce sujet et on ne peut qu’y renvoyer (http://www.slate.fr/story/89331/fn-dissolution). En effet, puisqu’il est antinomique de nos valeurs, il faudra bien mettre hors la loi et hors de combat le salafisme. Pour cela il nous faut une base constitutionnelle, la loi n’y suffit pas.

Enfin, sur l’idée même d’un projet « société civile » dénommé « La Grande France » qui, implicitement, mais nécessairement, appelle à dépasser certains clivages politiques traditionnels à l’instar de précédents républicains célèbres comme celui de 1945, la réponse ne peut pas être exclusivement libérale avec des outils de dérégulation supplémentaire qui constituent, outre leur aspect régressif, autant de chiffons rouges pour des gens de la gauche même modérée (mesures purement idéologiques telles la suppression des 35h, le primat général du contrat sur la loi, le recul du départ à la retraite, etc.). Ils constituent certes des piliers de la pensée de la droite libérale mais ne sont pas de nature à provoquer le rassemblement d’Union nationale que l’on peut souhaiter dans les circonstances que nous connaissons.

On peut donc dire du projet de Michel Guénaire qu’il est, en l’état, plus le « point de départ libéral » d’une discussion vers une éventuelle union républicaine que l’ébauche de son aboutissement même si son intitulé « La Grande France » et sa filiation revendiquée pouvaient le faire espérer.

 

Dernière(s) minute(s)

1) Pénaliser le fondamentalisme religieux par l’application des lois sur l’égalité des sexes

Dans le droit fil de notre article dans Marianne[13], un cas pratique : un épicier musulman voulait pratiquer la ségrégation des sexes dans son épicerie. Le juge républicain, lui, a frappé. Bravo et merci[14]. Vive les petits pois !

 

2) Islamo-gauchisme

Cette « tendance » à gauche à lâcher la République face à une religion exécrable pour ne pas opprimer encore davantage les opprimés ou par démagogie électorale, est sérieusement et de plus en plus remise en cause dans le débat républicain actuel. De multiples articles traitent de ce sujet [15] et on s’en félicite car il est indispensable que les consciences évoluent là-dessus.

On lira à cet égard la remarquable tribune de Ayaan Hirsi Ali dans Le Monde du mai (Cf. Ayaan AA – Le Monde du 2 mai 2016, en « réponse » aux niaiseries du Hulot juste au dessus sur la même page du journal). La gauche ferait bien d’écouter ceux qui ont vécu la barbarie dans leur chair et de faire ce qu’ils disent. A force de ne pas vouloir entendre les bourreaux qui déclarent agir pour Allah et pas parce qu’ils sont exclus ou nihilistes ( !), non plus que leurs victimes comme Ayaan, pour camper sur ses positions de bobo des beaux arrondissements et de NuitDebout réunis la gauche va finir par ne jamais le voir le bout de la nuit bleue marine et tout les pays avec elle…

D’ailleurs y paraît que ça commence même à marcher le contre discours. Selon les études les plus récentes, les élus de gauche vont bientôt avoir intérêt électoralement à ne plus rien laisser passer avec les opprimés musulmans (voir notamment : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/04/28/01016-20160428ARTFIG00357-islam-une-image-degradee-en-france-et-en-allemagne.php). L’espoir d’une République plus inflexible sur ses valeurs est peut être permis, ne serait ce que par la veulerie de tous les démagogues qui tourneront casaque !

 

3) Présidentielle 2012: Sarkozy a dépensé le double du plafond autorisé

C’est la première expertise solide fournie aux juges depuis le début de l’enquête. D’après une synthèse récente des experts du Parquet, consultée par Mediapart, les dépenses cachées de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy ont dépassé les 24,5 millions d’euros ! Fou…

Outre les prestations cachées de Bygmalion, au moins 8,2 millions d’euros d’autres factures ont été « oubliés ». Au total, 46 millions ont été dépensés, soit plus du double du plafond autorisé par la loi. Et il veut remettre une tournée, le petit ?

 

Sauvons la planète ?

Les « Brèv’vertes », la rubrique animée par Lucas[16]

Cette rubrique souhaite apporter de l’eau (ou ce qu’il en reste) au moulin des informations traitées en une ligne dans les bandeaux des chaînes continues. Comprendre les liens entre les mobilisations, entre les idées, entre les phénomènes climatiques isolés afin d’en dégager une réflexion globale, tel est l’objectif de ces « brèv’vertes ».

 

  • Vous reprendrez bien une COP ? : Chose promise, chose dûe ! Dans le précédent numéro de l’excellent Décodanages, j’avais promis de revenir avec des Brèv’vertes optimistes et heureuses. C’est donc avec humilité et honneur que je vous annonce (si vous êtes éleveur de chèvres dans la Creuse ou bien électrosensible et que vous ne suivez absolument rien) que L’ACCORD DE PARIS A ÉTÉ SIGNÉ !!!!!!!!

Le 22 avril dernier au siège de l’ONU à New York, François Hollande s’est levé, s’est approché du pupitre encore imprégné du charisme de Leonardo DiCaprio (le pupitre, pas Hollande hein), et a sorti sa plus belle plume pour être le premier à signer officiellement l’Accord négocié à Paris lors de la COP 21. Vous vous rappelez ?

La COP 21 ? Changer le monde, protéger la planète, tout ça tout ça ! C’est vrai qu’entre temps, il y a eu Noël, les attentats de Bruxelles, Nuit Debout, la mort de Prince, les Panama Papers… Vous vous rappelez les Panama Papers ? Non ? C’est vrai que depuis il y a eu Emmanuel Macron En Marche, une phrase raciste de Trump, 2 CRS insultés et 3 manifestants avec des bleus sur les genoux…

Signature historique, elle n’en reste pas moins symbolique, et doit encore atteindre la ratification par 55 Etats représentant au moins 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (Voir l’article sur la COP21). N’oublions pas que les Etats signataires s’engagent à agir pour limiter le réchauffement climatique en-dessous de 2 degrés, il faudra sûrement leur rappeler rapidement ! Le processus de ratification est d’ailleurs déjà engagé pour 13 pays directement menacés par les effets du changement climatique, comme les îles Fidji, Samoa, la Barbade, ou les Maldives. La Chine et les Etats-Unis représentant 38% des émissions, on sait où sont les ratifications indispensables. François Hollande a maintenu la pression en déclarant « depuis le 12 décembre, l’urgence est toujours là » : ces derniers mois « il y a eu encore des catastrophes aux Iles Fidji, […], il y a eu de la famine qui s’est diffusée en Afrique, il y a toujours ce lac Tchad en Afrique qui ne cesse de se réduire…« .

  • TAFTA gueule à la récré ! : Le Transtlantic Free Trade Agreement, ou le traité de libre-échange transatlantique en négociation entre l’Europe et les Etats-Unis, fait irruption depuis quelques semaines dans les médias. Sans rentrer dans des considérations techniques, désormais disponibles grâce à la divulgation par Greenpeace de nombreux documents, il s’agit d’inscrire le TAFTA dans le contexte international et de le confronter à la problématique du développement durable.

Une première vague de médiatisation avait eu lieu en 2014, mais s’était trop vite écrasée sur la plage faute de réactions politiques. C’est en effet difficile pour un député européen de parler d’un texte qu’il va signer mais dont il ne connaît pas le contenu. La transparence de la Commission Européenne digne de la Corée du Nord peut laisser planer le doute sur les effets de cet accord. L’objectif est de libéraliser le commerce entre les deux zones économiques en réduisant les droits de douane et les « barrières réglementaires ». Mais il s’agit surtout de poursuivre un mouvement engagé pour contourner l’enlisement de l’Organisation Mondiale du Commerce, en créant des méga-zones de libre-échange. Les Etats-Unis ont ainsi déjà conclu un partenariat transpacifique, tandis que la Chine a enclenché les négociations pour un partenariat avec 15 pays asiatiques et que l’Afrique est rentrée dans la danse avec des discussions entre les 54 membres de l’Union Africaine.

Pour faire simple, l’ensemble des réglementations relatives à la protection des consommateurs et au suivi des produits (Ciao AOP/AOC !) pourrait être lissée au profit des importations américaines. Autrement dit, le soft power n’est plus d’actualité. Néanmoins, les cycles de négociation se suivent et l’accord reste bloqué, malgré les pressions. Peut-être que quelqu’un a eu l’idée d’étudier ce partenariat au regard de l’Accord de Paris en voyant l’incompatibilité totale entre la libéralisation à outrance et la limitation du réchauffement climatique. En poursuivant la mobilisation contre ce traité, la société civile pourrait reprendre confiance en un système sclérosé et avancer sereinement. Enfin j’espère….

« L’optimisme est dans l’action! », fondateur des Brèv’vertes.

 

Les nouvelles du (des) front(s) bébête(s)…    

sont toujours des nouvelles d’effroi…

Un interrogatoire en règle de la ministre chargée des droits des femmes par des nazislamistes suite à son soutien apporté à Elisabeth Badinter : lisez ça[17] ! Si vous aviez encore quelques doutes ils devraient être levés, ou alors je n’y comprends plus rien ; il ne leur manque que la gégène…

 

Chiffres clés                                            

Les chiffres qui vont tuer les cons de râleurs….

Zut alors, ce début d’année, les clignotants se mettent de plus en plus au vert pour l’économie française tout en continuant à résorber le déficit public : chiffres du chômage, de l’investissement, de la consommation des ménages, des marges des entreprises et maintenant celui de la croissance : 0,5% sur un trimestre ! Vous savez multiplier par quatre ?

Si ça dure, on a des chances de rebouffer du Hollande, c’est sûr, car le paysage ressemble de plus en plus à un début de réussite économique, tout en maintenant un système de protection sociale et de solidarités extrêmement coûteux. Echanger contre quoi, l’ultra libéralisme des candidats de droite, les chimères des extrêmes ? Qu’est ce qu’on va se marrer face aux contorsions prévisibles de tous ceux qui ont passé leur temps à le dézinguer depuis quatre ans.

 

Le(a) Crétin(e) du mois

Le sinistre ministre israélien israélite qui refuse de serrer la main d’une ministre française Marisol Tourraine, parce qu’elle est femme[18] ! Si, si, comme un vulgaire islamiste…. Bravo les religions d’amour ! Et que dire de celle qui, depuis des décennies, s’ingénie à planquer ceux qui enfilent les petits garçons au point d’écœurer de plus en plus de ses fidèles … Tant que l’humanité ne sera pas débarrassée de ces engeances que peut on espérer ? Voilà t-y pas que non content de mon islamophobie, je deviens antisémite… Même que plus je les vois œuvrer toutes ces religions d’amour, plaie du genre humain, plus l’anticléricalisme primaire devient un vrai bonheur pour tout « esprit sain »… santé !

 

La p’tite biblio

Un seul ouvrage ce mois mais il est remarquable : de Yves Michaud « Contre la bienveillance » paru chez Stock. Dévoré en quelques heures tant ce qu’il écrit est lumineux. Une communauté politique ne peut se construire sur la bienveillance et les bons sentiments : il y a des croyances insupportables et intolérables, le populisme, de droite comme de gauche, n’est pas une illusion qui se dissipera toute seule et la démocratie ne peut pas tout tolérer, béatement. Pour une présentation plus complète voir Les Echos : http://www.lesechos.fr/idees-debats/livres/021801638655-la-bien-pensance-ou-laveuglement-democratique-1210862.php

Une seule réserve sur son analyse sur l’action internationale : elle ne peut être seulement pragmatique et machiavélique et elle n’est pas seulement inspirée aujourd’hui par la bienveillance et les bons sentiments. Elle doit être un équilibre c’est à dire pragmatique certes[19], mais aussi inspirée par les principes et les valeurs auxquels elle ne peut rester étrangère. Faute de quoi, cela signifie que nous n’en avons plus. Là, Michaud devient tristement conservateur par excès de volonté de réalisme.

 

Trois nouveaux Blog(s) ami(s) !

 

Notes de bas de page

[1] Aucune illusion, aussi bien Marine Le Pen que Mélenchon, Arthaud, Poutou et consorts prospèrent sur ce principe « d’équivalence »

[2] De ce point de vue là, CGT, par exemple, et Medef sont la véritable caricature de leurs propres travers dans une démocratie au fond non mature

[3] Au point que trois cohabitations ont été décidées par les urnes en 15 ans entre 1986 et 2002…

[4] Elucubrer est bien le mot qui vient à l’esprit quand, comme moi, cherchant à apporter une contribution à la commission « Constitution » de « NuitDebout », on se rend compte que le site desdits noctambules ne permet pas d’apporter des contributions écrites, c’est dire le niveau participatif offert… En revanche, pour apporter des bières, du papier collant ou autres babioles, les procédures participatives sont là… Bien barrée qu’elle est, la révolution en marche…

[5] Puisque ces ânes l’ont débaptisée pour lui donner le nom de la « Commune de Paris » ; à l’heure de la mondialisation qui broie les peuples sous les intérêts financiers je pense qu’ils auraient dû ajouter Vème et VIème arrondissements !

[6] https://www.convergence-des-luttes.org/comptes-rendus-ag/compte-rendu-de-lassemblee-populaire-de-nuit-debout-14-avril-2016-45-mars/

[7] Sur la déchéance de nationalité le système a fonctionné à merveille pour tout planter en quelques semaines chacun dans son rôle qu’il s’agisse des bobos de gauche qui ne savent plus ce qu’est la République, des tristes politiciens opportunistes de droite ou des crétins des médias avides de superficiel et de petites phrases

[8] D’ailleurs, malgré ce que nous serinent en permanence les médias, nous sommes toujours dans une situation de bi-polarisation droite/gauche de la vie politique car le Front national c’est la droite, même si elle est extrême ; personne n’aurait osé, avec un parti communiste au même étiage que le FN soit autour de 20 ou 25% parlé de tripolarisation…

[9] Ce qui conduira à se reposer la question des partis admis, ou pas, au jeu démocratique de la conquête du pouvoir par le suffrage ; la démocratie, la République doivent ils admettre ceux qui veulent la détruire ou l’avilir ? Il nous semble que seuls devraient pouvoir jouer ceux qui adhèrent aux valeurs et au Pacte républicains

[10] Voir par exemple : http://www.liberation.fr/debats/2016/04/06/seule-une-convergence-republicaine-peut-sortir-la-france-de-l-immobilisme_1444445

[11] http://www.societecivile2017.fr/la-grande-france-le-projet/ http://www.societecivile2017.fr/la-grande-france-100-propositions/ http://www.societecivile2017.fr/la-grande-france-le-chiffrage/

[12] « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit », celle belle égalité formelle individuelle n’est plus suffisante, il nous faut en outre une garantie collective pour l’espèce face aux menaces venues de la terre ou du ciel ; quoi de mieux pour ce faire que « de placer l’Homme et le milieu dans lequel il vit au centre de toutes choses », bref au dessus des intérêts individuels et de groupes, de fait et de droit avant même les dieux que certains, dans leur folie, peuvent s’inventer  

[13] http://www.marianne.net/agora-penaliser-fondamentalisme-religieux-defense-egalite-hommes-femmes-100241089.html

[14] https://m6info.yahoo.com/bordeaux-un-picier-musulman-condamn-1415934020804662.html

[15] http://www.marianne.net/islamo-gauchisme-polemique-entre-jean-marie-guen-clementine-autain-100242376.html

http://www.liberation.fr/debats/2016/04/05/se-mettre-du-cote-de-celles-qui-n-ont-pas-le-choix_1444178

http://www.marianne.net/benbassa-renvoie-voile-minijupe-certaines-feministes-ont-largue-droit-femmes-100241837.html

http://www.humanite.fr/djemila-benhabib-le-debat-intellectuel-sur-lideologie-islamiste-est-un-grand-manque-en-france-598864

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20160407.OBS8034/malek-boutih-les-responsables-musulmans-francais-sont-sous-la-pression-des-salafistes.html

 [16] Master2, Sciences Politiques-Relations Internationales, Parcours Francophonie et Mondialisation, Spécialité Développement Durable et Economie Sociale et Solidaire; Université Jean Moulin, Lyon 3, toujours en recherche d’emploi…. même s’il est en service civique dans une association qu’on salue en rubrique « Blogs amis », à bon entendeur salut !

[17]http://bondyblog.liberation.fr/201604181650/laurence-rossignol-il-mest-tombe-un-parpaing-dans-lestomac/?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook&link_time=1460995666#.VxYsFmOhVPT

[18]http://www.lexpress.fr/actualite/politique/israel-un-ministre-refuse-de-serrer-la-main-a-marisol-touraine_1781900.html?PMSRC_CAMPAIGN=20160412_15_edi_lexpress-politique-minitre-israel-tourrain_570d22428a4467b9427b23c6&xtor=EPR-5012-%5B20160412_15_edi_lexpress_politique_minitre_israel_tourrain_570d22428a4467b9427b23c6_001J6N%5D-20160412-%5BVoir_003SZ0O%5D-%5BRB2D106H001OM0ZO%5D-20160412070200

[19] C’est à dire construite sur la connaissance, la discussion et la confrontation des intérêts des parties en présence