DECODA 48, 5/10/2016

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Un numéro 48 très riche avec en EDITO, par les temps papaux qui courent, une très belle surprise dans une église, la poursuite en THEME DU MOIS des réflexions sur les signes religieux prosélytes dans notre Etat de droit (un bon cadrage pour ceux qui s’y perdent ou s’égarent), des Brèv’vertes de Lucas toujours aussi attrayantes et… tout le reste, souvent navrant, mais c’est notre monde…

Et puis, une nouveauté signalée en DERNIERES MINUTES, les articles de l’ami Loïc NICOLAS, docteur en rhétorique et chercheur à l’université libre de Bruxelles, repris d’un journal bruxellois, sur l’importance de l’ordre du discours notamment pour la pensée politique sur notre Europe: loicnicolasarticle_brexit_lecho ; loicnicolaset-si-nous-mettions-plus-de-discours-dans-notre-union ; loicnicolasdesordre-du-discours_juncker

Après notre article co-signé avec les amis Bruno et Wanda, publié par Marianne récemment « Une république pour l’Europe », et la lecture consternée que l’on a pu faire des commentaires dont il a été affublé par certains lecteurs (74) de Marianne, on ne peut que rejoindre Loïc Nicolas sur le désastre de la pensée que véhiculent non seulement les dirigeants européens mais aussi, en se permettant de compléter l’auteur, ceux qui occupent le champ des réseaux sociaux dès qu’on aborde ces sujets marqué par une éventuelle supranationalité…

Bonne lecture ! En une ou deux colonnes :

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ou en texte complet  en accès direct ci-après.

Les documents multimédias annoncés dans ce numéro 48 sont accessibles en cliquant sur leur mention dans le texte d’accès direct ci-dessous

 

SOMMAIRE du n°48

Edito                                                                  

Le curé Blache

Thème du mois                                            

Burkini et Etat de droit, c’est pas binaire les gars…

Les Brèv’vertes de Lucas                        

Le n°7 des Brèv’vertes

Dernière(s) minute(s)                             

Europe : réhabiliter l’ordre du discours par Loïc Nicolas

Economie : ils s’étripent au nom de la science…

Maudits souverainistes britanniques…

La dictature de l’algorithme…

Les nouvelles du front bébête…          

Sont toujours des nouvelles d’effroi…

Sarkozy, la reprise des grands classiques, on se refait pas…

même si ça pète de partout pour lui

Chiffre(s) clés                                             

Le chiffre exact de l’exaction Bygmalion

Le crétin du mois                                       

Pujadas

La p’tite biblio                                           

Marc Augé, Albertini et Doucet, De Saint Victor

Et ma Cité au féminin…

Blog ami(e)                                                   

Les vigilantEs

 

 

Texte intégral du n°48

Edito

Le curé Blache

Le « bon curé » Blache  serait-on même sur le point d’écrire, tant il nous a scotché récemment lors du mariage d’Amaury et de Nelly dans notre bonne ville de Privas (Ardèche, pour les nuls). Et, je préviens, ce n’est pas une blague!

Accueillant les mariés dans son église, ainsi que leurs parents et amis, alors qu’on ne lui demandait rien et que, pour notre part, on n’en attendait pas grand chose sinon de faire un plaisir par cher à ceux qui y croyaient, voilà t-y pas que le bougre s’est lancé dans une leçon de République, en prenant en quelque sorte Dieu et ses ouailles de l’heure à témoin.

Alors que j’avais quitté, pour blaguer un peu puisque la République n’entre pas à l’église, la décoration portée en mairie en l’honneur des mariés, le curé, comme inspiré car il n’en savait rien, a mis une belle reprise de volée en plein dans la lucarne… Pan, nettoyée la toile d’araignée !

Et le moment fut mémorable : l’assistance, aussi publique que nombreuse, s’est entendu expliquer par des mots aussi simples que justes que les mariées étaient passés par la mairie avant de venir à l’église et que cet ordre n’avait rien de fortuit, ni de convenance. Que c’était l’ordre républicain des choses et que l’engagement marital devant la société était premier, avant celui devant Dieu.

Déjà bien beau le propos du curé Blache, mais jusque là rien que de très normal puisque c’est ce que chacun constate dans tout mariage. On s’engage d’abord devant le maire et devant la société avant le cas échéant, pour celles et ceux à qui ça chaut, d’en ajouter une couche devant un Dieu, qui, au demeurant ne l’oublions jamais, a des représentants de commerce sur terre qui n’acceptent pas tous les mariés, quand ils ne condamnent pas à mort ceux qu’ils récusent…

C’est quand il a donné son explication de cet ordre que l’on a touché à l’extraordinaire, comme une grâce républicaine qui serait tombée sur notre bon curé. A moins que cela ne soit que celle d’une intelligence moderne… Mais peu importe au fond le label, seul le contenu compte. Les mots du curé résonnent encore : pourquoi la mairie avant l’église ? Et bien parce que la loi civile, la loi de la République, passe avant la loi religieuse et parce que nous sommes des Citoyens avant d’être des croyants. Eh oui ! Elémentaire mon cher Watson.

Juste ça. Mais c’est énorme par les temps qui courent où des tas de crétins veulent nous imposer le contraire soit par la violence, soit plus sournoisement et tranquillement en avançant leurs pions, tandis que d’autres, qui ne pensent qu’à en découdre, se raidissent sur une pseudo identité empreinte d’une religiosité chrétienne, sortie de sa naphtaline. Comme si on ne pouvait répondre à une bêtise sépulcrale que par une autre du même acabit et ne rebondir que de Caribe en Scylla. La seule bonne réponse n’est ni le repli rance, ni la lâcheté ou la démagogie face aux islamistes, c’est celle du curé Blache, et elle doit être respectée par tous et, à défaut, imposée et, s’il le faut, jusqu’à la sortie.

Bref, on n’aurait pas dit mieux que ce bon curé. S’il y a une « croyance » à faire passer, une « foi » première à avoir, c’est bien celle-là. Les autres sont secondes, comme il l’a dit lui même car nous sommes bien, tous, des Citoyens avant d’être, pour certains et pour certains seulement, des croyants. Quels temps vivons nous pour qu’on dût le plaisir de l’entendre à un prêtre dans une église, ayant trop rarement entendu nos responsables politiques l’expliquer spontanément aussi clairement ?

Allez encore un petit effort père Blache, explique à ton pape, parce que toi je suis sûr que tu l’as compris, qu’il faut arrêter les conneries sur la pseudo théorie de genre qu’enseigneraient les manuels scolaires français ! Un pape finalement remarquable que pour les crétins des médias (pardon du pléonasme…). Un pape qui, au fond, pense comme un vulgaire musulman radical qui veut assigner les genres, masculin et féminin, dans des ghettos « naturels » bien rigides qui permettent de perpétuer le dogme, en n’oubliant pas ceux qu’on ne peut caser dans lesdits ghettos et dont le fameux dogme prévoit l’exécution… STP, Francesco, sort de ta curée de vieux grigous, voit le curé Blache, il t’expliquera.

Thème du mois

Burkini et Etat de droit, c’est pas binaire les gars…

Alors que le Conseil d’Etat a rappelé les bornes qui s’imposent aux autorités municipales qui avaient pris des arrêtés d’interdiction du burkini cet été (décision du Conseil d’Etat que l’on a commentée dans le numéro 47 de DECODA), les tribunaux administratifs (Bastia et Nice) viennent aussi de faire application des principes ainsi rappelés par le Conseil d’Etat.

Lorsque le trouble (ou le risque de trouble) à l’ordre public a été établi le tribunal administratif a validé les arrêtés d’interdiction et il les a suspendus lorsque ce n’était pas le cas. C’est ainsi que les arrêtés d’interdiction pris à Cisco (Corse) et à Cagnes sur Mer, ainsi qu’à Vallauris, ont été validés par les Tribunaux administratifs, les maires ayant apportés devant le juge des éléments sérieux établissant la réalité du trouble, ou du risque de trouble, à l’ordre public[1]. Les plaignants ont annoncé qu’ils allaient en saisir le Conseil d’Etat.

En effet, contrairement à ce qu’ont claironné nos médias incompétents, le Conseil d’Etat n’a pas validé le port du Burkini sur les plages mais il a simplement censuré l’arrêté municipal qui ne respectait pas les conditions fixées par la loi et la jurisprudence pour l’exercice du pouvoir de police du maire en matière de protection de l’ordre public. On avait annoncé dans le numéro précédent que si ces conditions étaient respectées par un autre arrêté municipal, celui-ci serait validé par le juge. C’est ce qui vient d’être fait par les tribunaux de Bastia et de Nice. Attendons de voir ce qu’en dira le Conseil d’Etat mais si des éléments sérieux ont été apportés par les maires et retenus par les tribunaux administratifs, on est tranquille.

Cela sera important pour la poursuite du débat sur ce sujet, notamment au regard des propositions d’interdiction générale du burkini par la loi, propositions qui fleurissent à droite encore plus que le burkini sur les plages de l’été. Il faut y voir aussi un signe de ce que la droite se tape de l’Etat de droit et poursuit sa course à l’échalote avec le Front national dans la récupération de ses électeurs.

Cette affaire n’est pas binaire : du genre possibilité d’interdiction générale du burkini par un maire ou, à l’inverse, devoir laisser faire sans barguigner le nouvel étalage de l’oppression islamique des femmes. On va donc travailler ce sujet pour préciser ce qu’autorise notre Etat de droit et, même, au besoin, les évolutions qu’il pourrait connaître, notamment constitutionnelles, tout en restant un Etat de droit[2].

Car tout n’est pas fermé, croyez moi. La seule ligne rouge que nous nous mettons est celle de la fidélité à nos valeurs et principes républicains depuis 1789. Livraison du verdict complet dans un prochain numéro. Mais, d’ores et déjà, quelques premières précisions s’imposent dans ce feuilleton ouvert cet été et qui nous mènera sans nul doute jusqu’après la présidentielle de 2017.

D’abord, il ne faut pas prendre ses désirs pour la réalité ! J’ai pu laisser croire dans mon dernier Thème du mois (n° 47) en affirmant « qu’il fallait traiter les nazislamistes comme les nazis », ce que je crois profondément, que l’idéologie nazie était juridiquement proscrite en France. Ce n’est pas si simple.

L’Allemagne a procédé à la Libération de 1945 à cette interdiction, même si aujourd’hui elle ne la fait plus forcément respecter, mais ce n’est pas le cas de la France. Inutile donc de croire et de faire croire le contraire.

Ce qui est interdit en France par la loi aujourd’hui c’est :

1° le négationnisme du génocide commis par les nazis,

2° l’antisémitisme, au titre de la répression de l’incitation à la haine raciale ou de la discrimination,

mais, aussi, en application de l’article R 645-1 du code pénal, le port, en public, d’uniformes, insignes et emblèmes de l’organisation déclarée internationalement criminelle en 1945 (les nazis) ou d’une personne reconnue coupable de crimes contre l’humanité[3].

En conséquence, l’idéologie nazie n’est pas, à proprement parler, proscrite de l’espace de discussion public dans notre pays sauf lorsque son expression entre dans une des incriminations prévues par notre code pénal (négationnisme du génocide, antisémitisme au titre de l’incitation à la haine raciale, ou port illégal).

C’est la philosophie fondamentale de notre système démocratique de protéger la liberté de pensée et d’expression et de ne censurer que les expressions attentatoires à nos valeurs fondamentales. On peut en France penser « national socialiste », parler « national socialiste » mais on ne peut pas nier les crimes nazis ou inciter à la haine raciale, ou discriminer sur cette base, ni en porter les insignes. Et c’est, pour nous, très bien ainsi en l’absence de pacte républicain constitutionnel formalisé qui viendrait fixer les bornes d’une éventuelle interdiction d’exprimer certaines idées. Donner le pouvoir à des majorités politiques, nationales ou locales, d’interdire les idées qui ne leur conviennent pas est pour nous impossible sans cette garantie constitutionnelle[4].

Même en « état de guerre » contre le terrorisme, par pitié (au moins) n’abandonnons pas le système politique démocratique et philosophique issu du siècle des Lumières, qui surplombe de toute sa force la République elle même, et qui est contenu dans les déclarations des droits humains fondamentaux. Il est vain de se bercer d’illusions au surplus dangereuses : on n’interdira jamais en France une idéologie, même totalitaire, en tant que telle.

En revanche, nous sommes en droit, comme pour l’idéologie nazie, de frapper pénalement les expressions que nous jugeons contraires à nos valeurs fondamentales. Tel est le cas de l’égalité homme/femme qui pourrait nous permettre, si nous en avions le courage, de saper une partie des bases de l’idéologie islamique en ce qu’elle est contraire à nos valeurs par certains de ses signes ou expression[5].

Comme pour l’idéologie nazie, un fondement international à une proscription des expressions de l’idéologie islamiste contraire à nos valeurs fondamentales, serait la bienvenue. Mais il ne faut pas se cacher la difficulté : l’idéologie nazie a été jugée coupable par la communauté internationale et a donné naissance au concept de crime contre l’humanité qui est venu sanctionner ses pratiques honteuses, ce qui n’est pas encore le cas de l’idéologie totalitaire islamiste[6]. Après les crimes de DAECH et de ses semblables nous devrions militer pour une telle mise au ban internationale de la barbarie islamiste.

Ainsi, frapper les expressions de l’idéologie islamiste que nous jugeons contraire à nos valeurs fondamentales, telle est la seule voie sérieuse à emprunter et ce sera par la Loi, plutôt que de s’égarer avec des interdictions municipales du burkini qui sont pathétiques, quand ce n’est pas grotesque, en l’absence de risques établis de troubles à l’ordre public. C’est bien là la seule voie à approfondir. Et on va s’y atteler car l’affaire est trop sérieuse pour être abandonnée aux idéologues et foutraques de la droite.

Les Brèv’vertes de Lucas

Cette rubrique souhaite apporter de l’eau (ou ce qu’il en reste) au moulin des informations traitées en une ligne dans les bandeaux des chaînes continues. Comprendre les liens entre les mobilisations locales et les actions internationales, entre les idées géniales et les absurdités, entre les phénomènes climatiques isolés et l’avenir de la planète, tel est l’objectif de ces « brèv’vertes ».

D’ailleurs, qu’en dit Gandhi ? Quand Gandhi dit, l’esprit s’agrandit.

  • Vous reprendrez bien une COP ? Cela fait bientôt un an que la COP 21 a éveillé les espoirs de tous les observ’acteurs attentifs. Historique et ambitieux, deux conclusions qui signifient généralement l’échec de tout accord international. Le principal objectif est de contenir le réchauffement climatique sous le seuil de 2°C par rapport au niveau préindustriel. Pour atteindre cet objectif, il fallait encore que chaque Etat prenne ses responsabilités par une ratification de cet Accord de Paris. Afin de valider cet accord, 55 pays signataires devaient effectuer cette ratification, et représenter au moins 55% des émissions mondiales. Un an après la COP21, la COP22 se profile. Elle se déroulera à Marrakech du 7 au 18 novembre. Elle devrait (conditionnel) symboliser l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, ce qui devrait (conditionnel) marquer un tournant historique et devrait (conditionnel) assumer son ambitieux programme pour lutter contre le réchauffement climatique.

Plus de soixante pays ont déjà ratifié le texte, dont les deux premiers pollueurs mondiaux, les Etats-Unis et la Chine, accompagnés sur le podium par l’Inde, qui a procédé à la ratification le 2 octobre dernier, date anniversaire de Gandhi : « devenons le changement que nous souhaitons voir dans le monde » est une citation que nous nous approprions progressivement. L’ensemble de ces pays doit représenter 55% des émissions mondiales sans quoi l’entrée en vigueur serait impossible. Il est nécessaire que ce chiffre soit atteint le 7 octobre, soit un mois avant le début de la COP22, pour des raisons administratives. Or, le 4 octobre, le Parlement Européen votera la ratification suite à l’autorisation par les Etats-membres émise le 30 septembre. A ce jour, seuls 6 Etats-membres ont achevé leur processus de ratification. L’Europe ne doit pas rater ce rendez-vous avec l’Histoire.

Si l’urgence est administrative, l’urgence est aussi réelle. En Inde, des émeutes ont éclaté autour du fleuve Cauvery. La rivalité centenaire entre deux Etats voisins, à la langue et la culture différentes, s’est ravivée suite à une mécanique complexe : faible mousson, surexploitation des nappes phréatiques pour la riziculture, politiques publiques de réduction des prix de vente. Trop facilement appelée « crise de l’eau », il s’agit avant tout d’une crise politique face à la réalité climatique et environnementale.

De même, plus de 90% des habitants vivent dans des zones trop polluées, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Parmi les principales sources, on trouve « les modes de transport inefficaces, les combustibles ménagers, la combustion des déchets, les centrales électriques alimentées au charbon et les activités industrielles »[7].

A part ça, les Parisiens continuent de se plaindre de la piétonisation des berges… Peut-être faudrait-il renommer l’Accord de Paris ?

  • L’Anthropocène face à l’Indécène… De même que l’Anthropocène n’est pas une crise masculine de la quarantaine, de la cinquantaine, ou de la soixantaine, l’Indécène n’est pas un nouveau mouvement musical indy et branché. Il est la contraction et le mélange d’indécence et d’obscène, mais aussi de stupidité, d’inculture, d’opportunisme, malheureusement tout ne pouvait pas rentrer dans un seul mot. Ou alors seulement dans un gros mot : Sarkozy. J’avais promis à Décodanages de lui laisser le monopole de la politique, mais ce cher Nicolas a le chic pour s’immiscer jusque dans les Brèv’vertes.

Cours de Rappel (rien à voir avec la situation judiciaire de l’ancien Président) :

– « Il faut être arrogant comme l’homme pour penser que c’est nous que c’est nous qui avons changé le climat »,

– « l’homme n’est pas le seul responsable de ce changement »,

– « le concept du réchauffement climatique a été créé par et pour les chinois, pour rendre l’industrie américaine moins compétitive ».

Une citation de Donald Trump s’est introduite dans ces propositions, sauras-tu la retrouver gentil lecteur ?

Alors même que le Congrès Géologique International venait d’inscrire collectivement et unanimement le terme d’Anthropocène de Paul Crutzen dans l’histoire géologique de la planète, nous avons eu droit à la reprise partout de cette sortie sans pression. Au lieu d’analyser un phénomène relevant de compétences psychiatriques que je n’ai pas, je vais effectuer une transition. Maintenant.

« Nous devons changer radicalement la façon dont nous envisageons le rôle de l’éducation dans le développement mondial, car elle joue le rôle de catalyseur pour le bien-être des individus et l’avenir de notre planète ». Le discours de la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, n’a pas été diffusé sur nos écrans, lors de la présentation du « rapport mondial de suivi de l’éducation » le mardi 6 septembre. L’innovation de ce rapport est d’avoir étudié la corrélation entre l’éducation, ses contenus, et le développement durable, en prenant notamment en compte les problématiques liées au réchauffement climatique. Il note d’ailleurs que « pour lutter contre les effets du changement climatique, il est plus efficace d’élargir l’accès à l’éducation que d’investir dans des infrastructures comme les digues ou les systèmes d’irrigation ». On peut légitimement se poser la question de l’urgence d’agir face à cette exigence d’éducation dont les effets seront récoltés dans une génération ou deux… Il ne s’agit pas tant d’un affrontement entre deux méthodes que de voies (voix?) parallèles à intégrer et à mettre en œuvre le plus rapidement possible. Afin de devenir le changement que nous souhaitons voir dans le monde, comme le préconise Gandhi, pensons par nous-mêmes à ce que nous souhaitons pour les générations futures mais aussi les générations présentes. Après tout, personne n’est trop vieux ou trop jeune pour changer le monde !

  • Pendant ce temps-là… En rachetant Monsanto, Bayer pourrait s’assurer plus d’un quart du marché mondial des semences et des pesticides et renforcer sa position sur le marché. Le futur numéro un mondial des semences et des pesticides se donne pour ambition de contrôler toute la chaîne agricole, depuis les semences jusqu’à l’assiette du consommateur[8].

« Moins on possède, moins on désire ». Le contraire serait donc vrai aussi, mon cher Mahatma?

« Peu importe si ce que vous devez faire est insignifiant. Faites-le aussi bien que possible. » (Fondateur des Brèv’vertes… Non je déconne, c’est encore Gandhi !)

« L’optimisme est dans l’action ! », fondateur des Brèv’vertes.

Dernières minutes…

1) Sur l’Europe, un impératif, réhabiliter l’ordre du discours : les contributions de l’ami Loïc Nicolas[9] publiées par le journal bruxellois l’Echo

Après la publication de notre récente Tribune « Une République pour l’Europe ! » dans Marianne co-signée avec les amis Bruno et Wanda, dont DECODA avait eu la primeur dans un numéro antérieur, on vous livre pour alimenter la réflexion trois articles de Loïc Nicolas avec l’aimable autorisation de leur auteur.

Vous y verrez que, dans notre Europe, toute à sa pensée technicienne éperdue, masque de l’idéologie libérale, l’ordre du discours a perdu pied et qu’il faut le réhabiliter d’urgence pour reconstruire quelque chose de signifiant.

Les trois articles de Loïc Nicolas en  Documents médias joints » :

loicnicolasarticle_brexit_lecho

loicnicolaset-si-nous-mettions-plus-de-discours-dans-notre-union

loicnicolasdesordre-du-discours_juncker

2) Economie : ils s’étripent au nom de la science, mais ils perdent le nord…

Les économistes hétérodoxes (plutôt keynésiens et de gauche, voire d’ultra gauche) sont montés au créneau à l’occasion de la sortie du bouquin de deux économistes orthodoxes (Cahuc et Zylberberg) qui les accusent de négationnisme économique. Rien que ça.

C’est une question importante qui montre que la pensée libérale se pare non seulement souvent de l’alibi comptable mais aussi désormais de celui de la science à laquelle elle prétend s’identifier monopolistiquement.

Ce débat a fait rage et les protagonistes ont échangé des noms d’oiseaux. Il faut dire que le débat est d’envergure épistémologiquement puisque si Cahuc et Zylberberg ont raison, la pensée économique devrait se réduire au domaine du « vrai », alors que, science sociale par excellence et pas seulement science exacte, elle a à voir aussi avec le « juste » et « l’utile », selon la typologie de Walras.

Il suffit d’assumer le fait que la science économique est une science sociale, et même politique, qui n’est pas faite que de données comptables ou scientifiquement vérifiées par l’expérimentation et le calcul, fussent-ils de plus en plus puissants et sophistiqués. Sa matière est aussi humaine et n’est pas faite que de données mathématiquement vérifiées. Sans quoi elle se réduirait à l’économétrie et ça se saurait[10].

Faute d’avoir compris ça, ou de l’admettre, on passe à côté du sujet ou, pire, ceux qui professent cela entendent en fait réduire leurs adversaires politiques au silence ou les disqualifier. Ca semble ni plus ni moins que du totalitarisme. Pour en savoir plus voir documents multimédias joints :

science-frictions

anne-cot-la-fracture-detaillee.

 

3) Maudits souverainistes britanniques

Alors que Français et Allemands appuyés par quelques autres pays membre s’apprêtaient à faire des propositions de mise en place d’un début de défense commune en Europe au sommet de Bratislava, les britanniques encore présents dans les instances européennes (puisqu’ils détiennent la clé du lancement de la procédure de Brexit qui les en sortira effectivement et qu’il ne l’ont pas encore tournée), s’y sont opposés car cela les ramène en matière de défense au rang du confetti… qu’ils ont stupidement décidé de redevenir en sortant de l’UE. En effet, il y aura deux poids lourds en occident sur les questions de défense, notamment au sein de l’OTAN (les USA et l’UE) et, autour, de petits confettis ridicules qui ne pèsent rien.

C’est ça le souverainisme mal tempéré. Qu’on les dégage au plus vite ces empaffés de souverainistes britishs, car sinon ils vont continuer à nous faire suer (je reste poli) longtemps… Je le dis même pour le coup en Allemand pour bien me faire comprendre : Raus ! Schnell !

4) La dictature de l’algorithme…

Le doux cocon de google, de ses homologues et même des réseaux sociaux qui vous profilent avec vos données pour vous servir surtout ce que vous aimez quand vous lancez une requête… pour mieux vous le vendre ! On continue ou on arrête ? Je ne m’expliquais pas l’autisme qui semble croitre à grande vitesse dans ce monde où les explications sérieuses ne semblent plus avoir de prise sur les esprits et que je croyais être un effet de l’hyper individualisme. Mais non, pas que… il y a aussi à l’œuvre la grande fabrique d’auto conditionnement !

Lisez le document média joint

la-dictature-de-lalgorythme

et vous ferez peut être comme moi qui n’ai jamais commencé avec les réseaux dits sociaux… Mais, vous faites comme vous voulez, et comme maintenant vous êtes prévenus, ce sera peut être moins dangereux, qui sait ? Ouaf[11] !

Les nouvelles du (des) front(s) bébête(s)…    

sont toujours des nouvelles d’effroi…

Nicolas Sarkozy a fait sa rentrée politique dans la nouvelle émission politique de la 2. Il continue de raconter à tour de bras des histoires tordant le cou à la réalité à chaque fois que ça l’arrange.

Les Décodeurs du Monde en ont fait un décryptage complet : mensonges, erreurs et approximations s’empilent… Rien ne change et il voudrait que le Peuple de France lui donne une nouvelle confiance…[12]. Et il se déchaine en surenchères démagogiques sur tous les sujets qu’il aborde dans sa campagne pour les primaires de la droite (et du centre, hi hi !) dans une course effrénée à l’électeur frontiste.

En même temps, entre 30 et 40 personnes de son entourage sont aujourd’hui mises en examen dans des affaires nées de son premier mandat, lui même l’est aussi dans au moins deux[13] n’ayant pu réussir à passer complètement à travers les gouttes dans toutes les affaires.

Son ex mentor idéologique, le « Buisson ardent », dans un bouquin écrit avec du vitriol, révèle toutes les petitesses du personnage et là pas de talonnettes possibles pour compenser ! Dernière en date, les deux grands flics qui dirigeaient aux destinées de la police nationale et des renseignements sous son mandat, des proches de la Sarkozie, mis en examen eux aussi, pour violation du secret, trafic d’influence, détournements de fonds ! Mais paraît, d’après eux, que tout le monde le fait… Ben voyons !

Sérieux et triste : il y a encore plus de 30% des militants et sympathisants LR qui voudraient une deuxième tournée ? Ils sont cons ou quoi, et nous prennent en plus pour leurs semblables. Pas possible ça !

Chiffre(s) clés

26 millions d’euros !

Le chiffre exact du dépassement du plafond autorisé par la loi pour Nicolas Sarkozy pour sa campagne électorale de 2012

Après la remarquable enquête d’Envoyé Spécial d’Elise Lucet présentée sur la 2 le 29 septembre, on sait désormais que le dépassement du compte de campagne de N. Sarkozy en 2012 s’élève à 26 millions d’euros. Soit en y ajoutant les 22 millions déclarés par le candidat, 48 millions d’euros de dépenses de campagne alors que le plafond légal, dont le dépassement est sanctionné pénalement, est de 22 millions d‘euros.

Et il ne savait rien nous dit-il ? Ni les dirigeants de l’UMP de l’époque ? Malgré les alertes des commissaires aux comptes ?

Au regard de la loi, qu’il ait su ou pas est pénalement indifférent et il est objectivement responsable. C’est la raison pour laquelle les magistrats instructeurs, qui ne sont pas des gros nazes de journalistes, ont retenu l’infraction de dépassement car elle ne doit recevoir, pour être   constituée, qu’un élément objectif : la réalité du dépassement. Sans qu’il soit besoin d’établir un élément intentionnel lié à la connaissance de ce qui se passait (fausses factures, détournements de fonds, etc. délits qui eux pour être constitués supposent un élément intentionnel et la connaissance des agissements).

Vous avez compris ? L’infraction de dépassement est comme, au volant, le franchissement d’une ligne blanche ou le non respect d’un feu rouge. Il suffit de l’avoir fait pour être puni, pas besoin aux condés de prouver qu’on l’a fait exprès. Sarko pour son compte de campagne de 2012 tout pareil, comme au volant de sa Lamborghini… Donc correctionnelle à prévoir.

Nouveau record à battre en 2017 par le pit’choun ? A moins qu’on dise STOP aux conneries !

 

Le(a) Crétin(e) du mois

Pujadas qui offre le 20h de la 2 à Patrick Buisson à l’occasion de la sortie de son bouquin « La cause du peuple ». Écœurant. Et le Sartre qui doit se retourner dans sa tombe…

Même si l’on n’aime pas trop Sarkozy dans ces colonnes, Pujadas, ce nain de l’info finit de dégrader son métier en donnant la parole et une audience énorme à un tout petit facho aigri, bientôt repris de justice pour s’être enrichi aux dépens de la République et faisant commander depuis l’Elysée, où il était conseiller de NS, de multiples sondages à sa propre officine pour un montant de 5 millions d’euros.

Je lui propose au tout petit de l’info, tant qu’il y est, d’inviter sur son plateau du 20h les fournisseurs (de bois de chauffage of course) des Sarkozy, dès fois qu’ils auraient pas été payés !

 

La p’tite biblio

1) De Marc Augé, chez Odile Jacob, « La sacrée semaine qui changea la face du monde », un adorable conte laïc plein d’humour et d’intelligence. Offrez le pour Noël aux petits et aux grands.

2) De Albertini et Doucet, chez Flammarion, « La fachosphère – Comment l’extrême droite remporte la bataille du net » ; à lire sur les méthodes de l’extrême droite qui colonise ainsi subrepticement les esprits faiblards sur les réseaux sociaux.

3) De Jacques de Saint Victor, chez Gallimard, « Blasphème – Brève histoire d’un « crime imaginaire » qui nous fait la généalogie historique et les avatars modernes de ce crime contre l’esprit et la liberté.

4) Et puis, en remerciant une fois de plus l’amie Monique, un documentaire édifiant :

https://www.mediapart.fr/journal/france/240916/documentaire-ma-cite-au-feminin-sous-la-loi-des-hommes?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013

 

Blog ami(e)

 Les VigilantEs : un blog féministe, un vrai, qui n’abandonne pas les femmes aux griffes des mollahs :

https://vigilantes2015.wordpress.com/2016/09/03/en-burkini-messieurs-revue-de-presse-feministe/

En prime, leur Biblio sur le burkini est excellente. Il faut dire qu’elle référencie notre article dans Marianne sur la pénalisation de l’islam radical par l’atteinte aux droits des femmes. Bonnes lectures, les filles !

 

Notes de bas de page

[1] Voir https://francais.rt.com/france/26244-nice–tribunal-administratif-valide

[2] Il faudra notamment regarder de très près ce qu’il est possible de faire pénalement vis-à-vis des fichiers « S » et des jihadistes qui reviennent du Moyen-Orient pour ne pas subir les foucades droitières qui promettent l’enfermement administratif préalable à toute infraction sans intervention d’un juge ce qui n’est pas conforme à notre Etat de droit  

 [3] Article R 645-1 : Est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 5e classe le fait, sauf pour les besoins d’un film, d’un spectacle ou d’une exposition comportant une évocation historique, de porter ou d’exhiber en public un uniforme, un insigne ou un emblème rappelant les uniformes, les insignes ou les emblèmes qui ont été portés ou exhibés soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945, soit par une personne reconnue coupable par une juridiction française ou internationale d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité prévus par les articles 211-1 à 212-3 ou mentionnés par la loi n° 64-1326 du 26 décembre 1964

[4] Voir notre article paru dans le magazine SLATE fixant ce que devrait être un pacte constitutionnel républicain permettant d’interdire un parti politique ; la problématique est ici la même pour l’interdiction de l’expression d’une idéologie religieuse totalitaire (http://www.slate.fr/story/89331/fn-dissolution)

 [5] Qu’il s’agisse du discours intégriste dans certaines de ses expressions ou de certains de ses signes extérieurs de prosélytisme ; voir à cet égard, notre article sur ce sujet dans Marianne : http://www.marianne.net/agora-penaliser-fondamentalisme-religieux-defense-egalite-hommes-femmes-100241089.html

[6] Néanmoins, les articles L212-1 (8° et 10°) et L212-3 du code pénal devraient déjà permettre de réprimer comme crimes contre l’Humanité les actes commis au djihad au Moyen-Orient par certains français qui s’aviseraient de revenir sur notre sol la gueule enfarinée en croyant ne risquer qu’une aimable déradicalisation (voir ces articles sur le site Legifrance ou en « Document média joint » : article-212-1-et-suivants-du-code-penal) ; on invite les ministres de l’Intérieur et de la justice à les relire d’urgence !

[7] http://www.lemonde.fr/pollution/article/2016/09/27/92-de-la-population-mondiale-respire-un-air-ambiant-trop-pollue_5003841_1652666.html

[8] http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2016/09/15/rachat-de-monsanto-par-bayer-l-ue-inquiete-du-risque-de-monopole_4998381_1656994.html

[9] Docteur en rhétorique et argumentation, chercheur à l’Université libre de Bruxelles (loic.nicola@ulb.ac.be)

[10] Comme il ne s’agit pas ici de discréditer tous les économistes, il est important de préciser que la méthodologie doit, néanmoins, pour toute science, sociale ou dure, être scientifique et objective, ce qui est possible et pratiqué aussi par certains en économie

[11] Précisons, pour échapper au « ouaf » avec l’aide d’Arnaud B, qu’il existe sur le marché des moteurs de recherche plus éthiques tels Qwant ou Swisscows qui peuvent éviter de se livrer pieds et poings liés par la « gratuité » aux moteurs grands publics… avec eux, gratuité oui mais à quel prix ?

[12]http://logc2.xiti.com/go.url?s=43260&xtor=EPR-32280629-%5BAlaune%5D-20160916-%5BTitre0%5D&url=http%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Fles-decodeurs%2Farticle%2F2016%2F09%2F15%2Fbygmalion-terrorisme-immigration-les-erreurs-de-nicolas-sarkozy_4998478_4355770.html

 [13] L’affaire des comptes de campagne de 2012 maquillés comme une bagnole volée et l’affaire de trafic d’influence avec un « haut » magistrat de la cour de cassation, en attendant que d’autres affaires ne débouchent… De la graine de bandit de grand chemin, que je vous dit…

 

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