DECODA n°17, 15/5/2014

Avant-propos

Ce 22 mai 2014, je mets ci-dessous à l’ouverture de mon blog, le numéro 17 de DECODA(NA)GES, daté du 15 mai, dont je n’ai pas une ligne à changer… Et surtout pas dans l’injonction amicale de son Edito « VOTEZ ! ».

En revanche, j’y ajoute, après la dernière sortie FN du duo « père/fille  » avant hier à Marseille qui nous a appris que le virus Ebola allait régler les problèmes d’immigration en France et en Europe, que ces gens là sont toujours aussi horribles et que rien n’a changé, même si les médias et leurs sondeurs patentés s’ingénient à jouer la carte contraire, sans doute pour faire du scoop. Et que l’on ne nous dise pas que ce n’était qu’une plaisanterie de garçon de bain, le rictus de haine qui défigurait le père à cet instant ne laisse planer aucun doute…

Ensuite, Nicolas Sarkozy, remobilisateur en chef de l’UMP big millions, nous refait le coup, comme pour les municipales il y a quelques semaines, de la super Tribune dans un grand organe de presse, trois jours avant les élections… et nous réinvente, au passage, une Europe quasi infra Europe des six de 1957 et, bien sûr, sans Schengen…

Donc, ce blog ne va pas s’arrêter de sitôt de devoir décoder…

SOMMAIRE du numéro 17

Edito

Elections européennes, va falloir être cohérents, VOTER !

Le thème du mois

Le Front national encourt-il, en droit, la dissolution du fait du caractère anti républicain de son programme ? (Suite et fin)

Droit(s) de suite

Poutine et le fascisme identitaire en Ukraine

Dernière(s) minute(s)

Laïcité quand tu nous tiens…

Courrier(s) des lecteurs

Depuis Lima, où c’est toujours le Pérou…

Chiffres clés

Grèce : mourir guéri…

Le(a) crétin(e) du mois

Mario Draghi

La p’tite biblio

La France libre fut africaine…

 

Edito

Elections européennes, va falloir être cohérents, VOTER !

L’échéance du 25 mai pour les élections européennes est là, devant nous. Il va falloir aller voter et je vais vous dire pourquoi, au cas où cela serait perdu de vue. Il ne s’agit pas seulement des grands principes civiques, mais d’un impératif de cohérence pour tous les républicains et démocrates.

Je vous le dis sans ambages, comme je le pense, ne pas voter c’est faire progresser, et laisser s’installer encore davantage, le Front national puisque sa part relative s’en trouvera renforcée du fait de toute abstention. Ses thuriféraires, eux, sont mobilisés. C’est d’ailleurs pour cela, du fait du taux d’abstention prévisionnel mesuré par les sondages (plus de 60%), que Marine est placée à 25% en tête dans ces mêmes sondages, devant l’UMP et le PS et, ce, sans même réunir plus de voix que lors des élections précédentes depuis trente ans.

Si la prédiction sondagière sur l’abstention se réalise, l’exploitation médiatique sera, n’en doutez pas, énorme et l’impact en Europe et dans le monde du même acabit. Donc, si vous n’allez pas voter pour les européennes, vous ferez le jeu du FN et la honte de ce pays. J’espère que chacun se rend compte du désastre ? Le FN premier parti de France, en tête aux européennes alors qu’il souhaite désosser l’Europe et nous albaniser.

Ensuite, si vous n’allez pas voter le 25 mai vous laissez perdurer le statu quo politique en Europe et le fait que la majorité au parlement européen, qui est de droite et libérale même si un français sur deux l’ignore, reste aux manettes…. grotesque ! Une majorité politique en Europe qui conduit une politique économique qui fait de ce continent, ex continent phare du progrès social, le cancre de la reprise et de la croissance.

En effet, alors que toutes les autres puissances économiques de premier plan mènent une politique de soutien et de relance de leur économie par l’injection de liquidités monétaires par leur banque centrale (en clair, elles font marcher la planche à billet des USA au Japon, en passant par la Grande Bretagne), la BCE, elle, minaude et maintient sa politique économique et monétaire destructrice.

L’Europe actuelle, sous la direction des libéraux a tourné le dos à son histoire qui fut celle du continent phare du Progrès, notamment social. L’Europe se « lux-embourgeoise » en acceptant le dumping fiscal en son sein et se « polonise » en se shootant au dumping social des ex pays de l’est, voire même des pays qui n’ont même pas de salaire minimum garanti. Elle se « pascalamise », elle se « gattaïze », du nom de ces deux crétins qui plaident pour la casse du salaire minimum chez nous… Bien entendu pour la compétitivité de nos entreprises en restaurant leurs marges, n’est ce pas ? Les nazes n’ont qu’à le croire !

En fait, ce sont leurs dividendes et leurs profits qu’il s’agit de restaurer. Donc, dans ces colonnes on se laisse pas abuser ! Je préfère que ceux qui ne sont pas trop favorisés par la vie, et privés d’emploi en longue durée comme on dit, bénéficient après leur CDD ANPE à rémunération dégressive, d’un CDI RSA à 6 euros de l’heure, que, de suite, un petit boulot à 3 euros de l’heure et à temps partiel. A l’heure des salaires de tous les Zlatan et Depardieu et des bonus de tous les profiteurs, ça me paraît même un strict minimum. Pas vous ?

Les sondages nous disent depuis des semaines que le FN en France et les autres populismes en Europe montent, ainsi que tous les euros sceptiques. Franchement, là aussi faut être vraiment limite pour croire aux âneries programmatiques de ces mouvements politiques qui nous refont la bonne vieille coalition constructive de 2005 !

Comment peut on croire à un avenir dans un monde ouvert en se repliant derrière nos frontières comme dans un village de vieux cons de gaulois assiégés ? La stratégie du FN est une stratégie de repliement qui est une honte. Je suis désolé, le peuple qui se jette dans de tels bras ne mérite même plus le respect, comme en 40, mon gars. Pas mieux pour l’ultra gauche qui refuse l’Europe tant que, soi-disant, elle n’est pas socialement idéale…

Ouvrons les yeux : les gens, les capitaux, les biens circulent de plus en plus librement, les jeunes sont désormais professionnellement « transfrontières », l’information et les données numérisées courent en tous sens et sans entrave, les réseaux sociaux mettent tous en relation avec tous… et aux quatre coins de la planète, comme disent nos bons crétins des médias.

Alors comme des cons, on se referme, on se barricade ? Parce qu’on a peur de quoi en France ? De 15 ou 20000 Roms ? Parce qu’on n’aime pas les arabes et les noirs, et tous les basanés même français, ou les juifs et les musulmans ? Parce que l’on veut « les 35h all around the world », là de suite ? Dans ce cas, alors, oui, votez pour les souverainistes de tout poils, rouges ou verts de gris !

Mais si vous avez compris les enjeux et le défi de la mondialisation, sans aller chercher les solutions dans un passé révolu, vous avez d’autres choix franchement beaucoup plus honorables. Ils ne sont pas légion : ils sont socio-démocrates, de centre gauche ou verts, et c’est tout ! En effet, pour les élections européennes, parmi les choix honorables, les libéraux (UMP et UDI) ne sont plus un choix cohérent, pour qui veut que l’Europe change de politique économique, car ces partis veulent accentuer encore la politique libérale qu’ils conduisent déjà, étant majoritaires au Parlement européen.

Alors, oui, « Vive l’Europe !» mais une Europe plus sociale et civilisée, pas une jungle pour tous les dumpings ! En résumé, allez voter ! Et si vous voulez qu’elle change cette Europe, ne votez pas pour les souverainistes de gauche et de droite, ni les libéraux qui nous enfument. C’est la seule cohérence possible. En plus le Parlement européen que l’on va élire agréera le Président de la commission européenne et, selon la majorité sortie des urnes le 25, ce sera le sinistre libéral Jean-Claude Junker ou le socio démocrate Martin Schultz. Entre les deux pour l’avenir des peuples d’Europe et leur bien être social, il n’y a pas photo…

Pour conclure, si vous ne votez pas vous faites monter le score du FN et la honte de notre pays et si vous votez vous ne pouvez croire à un changement en maintenant la même majorité politique de droite au Parlement européen. C’est simple, comme problématique non ?

Le thème du mois

Le Front national encourt-il, en droit, la dissolution du fait du caractère anti républicain de son programme ? (Suite et fin)

Dans le numéro précédent de DECODA (n°16), on a posé la problématique générale de cette question. La démocratie doit elle admettre dans son jeu ceux qui veulent l’abattre ou qui n’en acceptent pas les fondamentaux ? Incontestablement le programme du Front national se situe hors du champ du Pacte républicain d’une part par son nationalisme anti intégration européenne, alors que la construction européenne nous est depuis soixante ans consubstantielle, et, d’autre part, par sa marque de fabrique, la préférence nationale.

La préférence nationale ce n’est ni la République, ni la France. Ca ressemble à du bon vieux Pétain qui prétendait aussi, souvenez vous, protéger les français. Le Front national est donc clairement hors des clous, c’est son droit, mais c’est aussi celui de notre République et de ceux qui l’aiment de s’en défendre.

Le tout est de savoir si le droit français actuel permet à la République de se protéger et, si la réponse est négative, comment y parvenir dans le respect des principes fondamentaux auxquels veille la Cour européenne des droits de l’Homme.

Deuxième partie : Le droit français permet déjà, en droit strict, la dissolution du Front national mais celle-ci apparaît en fait aujourd’hui impossible sans base constitutionnelle

Les conditions de dissolution des mouvements politiques sont fixées par une simple loi ordinaire de 1936, la Constitution étant silencieuse et faisant bénéficier les mouvements politiques de tout poil d’une étrange mansuétude.

Notre Constitution, en effet, n’exige pas des mouvements politiques qu’ils se conforment à ses principes qu’elle pose dès ses premiers mots : une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Ainsi, ne pourraient pas forcément être interdit un mouvement politique qui prônerait le retour de la Royauté ou la création d’un Etat théocratique. Et bien entendu, le cas échéant, en profitant de financements publics des campagnes électorales s’il franchit les seuils prévus par la loi pour en bénéficier.

En effet, la Constitution se borne, dans son article 4 à dire que « les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage universel. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. ».

Quant à elle, la loi du 10 janvier 1936 interdit la constitution de groupes de combat et de milices privées. Cette loi, adoptée en vue de disposer, dès les années 30, d’armes juridiques à l’encontre des Ligues d’extrême droite, a, depuis, été complétée par les lois du 1er juillet 1972 (lutte contre le racisme) et 9 septembre 1986 (lutte contre le terrorisme).

Cette loi prévoit la possibilité de dissolution par décret du Premier ministre[1] de toute association ou groupement qui enfreint les objectifs que cette loi protège. Depuis, la modification introduite en 1972 la dissolution est susceptible de viser toutes les associations ou mouvements politiques :

« qui, soit provoqueraient à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance, ou de leur non appartenance, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propageraient des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence. »

Comment mieux dire que la préférence nationale ou la priorité nationale, mamelles de la doctrine du FN, sont clairement, en droit strict, hors la loi et que les pouvoirs publics ont la possibilité juridique d’interdire ipso facto tout parti ou mouvement qui la prône[2].

Cependant, ce ne fut jamais fait depuis que ce mouvement existe, car une simple base législative destinée à lutter contre les groupes armés violents a été jugée trop faible, même lorsque ce mouvement était encore groupusculaire, et, en outre, il n’a sans doute pas été jugé suffisamment dangereux. Ce n’est pas maintenant avec l’audience qu’il a prise depuis vingt cinq ans que cela risque de l’être sur le seul fondement de la loi de 1936 modifié.

On voit bien le piège que recèle cette problématique: avant c’est inutile et après c’est trop tard[3] ! Il faut savoir se ranger aux évidences et réfléchir sérieusement à cette question pour tenter de sortir de cette seringue infernale.

On ne peut rien espérer, face au danger que représente le Front national, d’un dispositif législatif vieillot qui confie au pouvoir exécutif l’arme suprême de la dissolution par décret. Il faut conserver cette arme désuète pour les groupuscules droitiers ou gauchistes violents et construire autre chose pour les partis politiques qui concourent à l’expression du suffrage universel.

Comme l’Allemagne l’a fait depuis 1945, il faut sceller, avec les partis politiques concourant à l’expression du suffrage universel un Pacte républicain dans la Constitution et s’entourer de toutes les garanties de procédure exigées par la Cour de Strasbourg pour faire disparaître du paysage politique les partis qui ne s’y conforment pas. L’exemple allemand est éclairant et utile.

Troisième partie : Sceller un Pacte républicain dans la Constitution et l’imposer aux partis qui veulent concourir à l’expression du suffrage universel

Depuis 1945 la Constitution allemande, dite Loi Fondamentale, prévoit, dans son article 21 § 2, la possibilité de faire constater le caractère anticonstitutionnel d’un parti politique par la Cour constitutionnelle fédérale, dite de Karlsruhe.

Article 21-2 de la Loi fondamentale allemande : « Les partis qui, d’après leurs buts ou d’après le comportement de leurs adhérents, tendent à porter atteinte à l’ordre constitutionnel libéral et démocratique, ou à le renverser, ou à mettre en péril l’existence de la République fédérale d’Allemagne, sont inconstitutionnels. La Cour constitutionnelle fédérale statue sur la question de l’inconstitutionnalité ».

De la constatation de ce caractère anticonstitutionnel découle ensuite la dissolution du parti ainsi que l’interdiction de créer des organisations de remplacement (art. 46 de la loi sur la Cour constitutionnelle fédérale et art. 33 de la loi allemande sur les partis politiques). Actuellement, une procédure est engagée devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe pour obtenir la dissolution du NPD allemand, parti d’extrême droite, homologue idéologique de notre Front national.

C’est bien d’un tel régime qu’il faudrait s’inspirer pour notre pays. Il s’agirait de fixer dans la Constitution les obligations que doivent respecter les partis pour d’une part exister et d’autre part être admis à concourir à l’expression du suffrage universel… et bénéficier des financements publics à l’occasion des campagnes électorales.

Pour ma part je verrai bien dans ce « contrat constitutionnel» un triple corpus.

D’abord, l’expression des éléments du Pacte républicain national constitué à l’évidence de ses principes fondamentaux de liberté, d’égalité et de fraternité, et donc de lutte contre le racisme et les discriminations, notamment homme/femme, du principe de laïcité et du caractère républicain, démocratique et social de notre régime politique.

Ensuite, devraient aussi y entrer à l’évidence nos engagements fondamentaux internationaux en particulier vis-à-vis des étrangers présents régulièrement sur notre territoire (droit d’asile, regroupement familial).

Enfin, y serait aussi en bonne place, l’objectif de construction européenne, qui deviendrait dès lors constitutionnellement irréversible d’un point de vue français en tant qu’objectif de paix et de développement économique et social pour notre pays.

Tels devraient être ainsi les principes que devraient respecter les partis politiques pour être légaux et républicains à la fois. Si on le veut, on le peut.

Quant au respect nécessaire de ce Pacte, sur saisine du Président de la République ou d’un des présidents des deux assemblées (Assemblée Nationale et Sénat, après un vote à une majorité par exemple des deux tiers), le Conseil constitutionnel, après une procédure contradictoire, apprécierait le respect par le parti incriminé de ses obligations constitutionnelles et, par voie de conséquence, son habilitation à exister en tant que parti politique à concourir à l’expression du suffrage universel en étant publiquement financé pour ce faire.

Cette réforme suppose en conséquence une réforme de la Constitution mais c’est à ce prix que la République pourrait véritablement se protéger, dans des conditions convenables, des visées d’un parti comme le Front national dont le programme n’est pas conforme au Pacte républicain.

Aujourd’hui, la République est grosso modo désarmée et le FN en profite pour faire son miel infâme, en avançant en plus masqué devant les caméras et les micros de certains gros benêts des médias qui lui servent honteusement la soupe.

A défaut d’une telle réforme, les républicains et les démocrates continueront à être faibles et exposés au pire…

Droit(s) de suite

Poutine et le fascisme identitaire en Ukraine

Poutine, grand ami de notre Gégé national et de la Marine… tristes sires ! On a compris désormais à qui on a affaire avec ce tyran hyper dangereux. Il allume des incendies identitaires dans toutes les régions de l’est de l’Ukraine qui comptent des russophones parmi leurs populations, non content d’avoir annexé la Crimée grâce à un simulacre de référendum puisque la question n’a été posée qu’aux seuls citoyens de Crimée[4]. Comme si de Gaulle avait lancé en 1962 le référendum sur l’autodétermination de l’Algérie dans ce seul département. Non c’est à toute l’Ukraine qu’il aurait fallu poser la question ! Poutine provoque le gouvernement légitime d’Ukraine et le conduit à devoir se lancer dans des interventions armées contre les russophones séditieux.

Mais, cette ordure finie commence à reculer, parce que la communauté européenne et internationale le prend, lui et ses amis oligarques, au porte monnaie en punissant leurs avoirs à l’étranger… Alors là, l’enfoiré, il commence à mollir.

Les boutefeux de tout poil qui fustigent la communauté internationale et l’Europe pour leur soi-disant faiblesse, en fait ne comprennent rien. Tous ces politiques russes et oligarques qui soutiennent Poutine ne croient qu’à une seule chose, leur porte monnaie de multimillionnaires.

La grande Russie c’est pour le petit peuple qui y croit et qui, le cas échéant, se fera trouer la peau. Même pas besoin de se lancer dans une nouvelle guerre en Europe, il suffit de taper les avoirs à l’étranger et de continuer à mettre en difficulté l’économie russe, ça s’arrêtera net.

Donc il faut frapper les intérêts économiques russes et de plus en plus fort, à la hauteur des violations et des risques que cet âne fait courir à la paix et, quoi qu’il en soit, il faut que la Crimée lui coûte très, très cher, ainsi qu’à ses amis.

Mais il faut avoir au moins autant de duplicité que lui dans les discussions diplomatiques qui doivent se poursuivre pour éviter une guerre civile aux portes de l’Europe. Il faut faire ce que font les dirigeants occidentaux, maintenir les sanctions, voire les aggraver, et continuer à discuter pour obtenir une sortie de crise. Compte tenu de la situation d’exacerbation des russophones en Ukraine, il n’y a plus d’autre solution que l’autonomie de ces régions dans une fédération d’Ukraine et la neutralité de ce pays entre Europe et Russie.

C’est aussi le prix de la bêtise des nouveaux dirigeants ukrainiens qui, sitôt arrivés au pouvoir, on voulu interdire aux russophones de parler russe et de tous ceux en Europe qui, irresponsables, ont joué avec le feu en annonçant l’entrée de ce pays au sein de Europe, voire de l’OTAN.

Mais, il faudra bien aussi que le peuple russe se libère vraiment, un des ces quatre, de son despote.

Mais les peuples me désespèrent… Regardez les polonais qui en 1980 échappent aux serres du totalitarisme rouge de Jaruzelski pour se jeter dans les bras de l’église catholique, regardez les peuples arabes qui virent leurs tyrans pour flirter avec le risque islamique… Regardez le peuple de France qui débarque Sarkozy, il y a deux ans pour, aujourd’hui, confondre Marianne et Marine… Et bien sûr, le peuple ce n’est pas sa faute, hein ? On l’abuse le pauvre, on ne lui dit pas ce qu’il veut entendre…

Moi, je le dis je n’ai plus la « culture de l’excuse » propre, soi-disant, à mon camp politique, fini, terminé, kaput la béatitude devant le peuple…

Mais, attention, ce coup d’arrêt à la mansuétude, je l’applique de suite au camp d’en face, celui qui veut brader la République et ses valeurs et je lui crache ma haine de ses idées politiques à la figure, comme certains ont su le faire en 1940 [5] !

 Dernière(s) minute(s)

Laïcité quand tu nous tiens…

Tout au long de l’année dernière, dans plusieurs numéros on a traité, avec Jean Petrilli, de la question de la laïcité.

Nous avons montré comment, en un siècle, ses principes ont été progressivement vidés d’une partie de leur portée par de nombreuses dérogations législatives ou jurisprudentielles et comment nos élus, notamment locaux, se dispensent par faiblesse ou conviction d’en appliquer les préceptes.

Aujourd’hui notre conclusion est claire. Ce ne sera qu’au prix d’une réforme constitutionnelle que l’on pourra refonder un Pacte républicain laïque véritable.

Sans cela, point de salut à attendre face aux menaces que font peser toutes les religions sur nos principes essentiels tels l’égalité homme/femme et le droit à disposer de son corps et certaines, par leurs dérives sectaires, sur la liberté individuelle.

Il n’y a pas cinquante solutions : il faut de nouveau totalement séparer les confessions et l’Etat et cantonner le religieux au domaine privé. Face au prosélytisme arrogant des religions, il faut être impitoyable dans la sphère publique.

En cela nous regrettons vivement la participation de Manuel Valls, es qualité de Premier ministre (a fortiori d’un gouvernement de gauche), à la cérémonie de canonisation de deux anciens papes. Il s’agit d’une erreur politique majeure et aucun des arguments invoqués pour la justifier n’est sérieux.

Il ne s’agit pas des relations avec un autre Etat (le Vatican), mais d’une cérémonie religieuse. S’il y a été invité, comme il l’a soutenu, en tant que ministre de l’Intérieur au titre de sa responsabilité de réglementation des cultes, il n’avait qu’à laisser son successeur, Bernard Cazeneuve, s’y rendre. S’il souhaitait y participer à titre personnel, il pouvait le faire mais dans la discrétion.

Nous rappelons à cet égard que la décision du Conseil constitutionnel du 21 février 2013 que nous avons critiquée dans un autre article (publié par le magazine SLATE) a érigé l’interdiction de reconnaissance des confessions par l’Etat au rang d’interdiction constitutionnelle car « résultant », pour le Conseil, du principe de laïcité prévu à l’article 1er de la Constitution. Il serait bon que Manuel Valls s’en souvienne à l’avenir et respecte mieux notre Loi fondamentale.

On peut même aujourd’hui se demander, face aux dangers que représente l’impérialisme religieux et à son caractère conquérant permanent, si un nouveau point d’équilibre laïque, si tant est qu’il puisse être de nouveau atteint, peut être sérieusement maintenu dans le temps.

Les revendications de toutes les religions à se mêler de notre vie individuelle et collective sont tellement fortes et constantes que la défense d’une République laïque est un combat incessant qui semble aujourd’hui supposer, pour résister efficacement à l’emprise du religieux, un véritable anticléricalisme comme ce fut le cas dans les décennies qui ont précédé l’adoption de la loi de 1905 face à une église catholique toute puissante et arc-boutée sur ses prérogatives d’alors.

Bref, face au religieux et à sa volonté d’emprise sur les corps et les consciences, ainsi que sur le fonctionnement social collectif, il faut une force mentale qui ne peut se trouver dans la seule défense d’un statu quo, fut il amélioré par rapport à la situation actuelle, car il sera sans cesse attaqué. On le voit bien pour l’interruption volontaire de grossesse ou pour le mariage pour tous.

Il faut ainsi, désormais, être offensif et s’attaquer aux clercs et au cléricalisme, d’autant plus lorsqu’ils sont eux mêmes radicalisés. Ce sera alors, certes sur le terrain des idées, mais néanmoins sans merci, ni pitié. L’anticléricalisme est de nouveau le chemin obligatoire pour la reconquête d’une véritable laïcité. Cette exigence prend toute son ampleur face à toutes les dérives intégristes absolues, telles celles des salafistes de Boko Haram ou de ceux qui chez nous veulent nous imposer leur vision du monde et de la vie. Qu’ils se la gardent bien précieusement pour eux !

Chiffres clés

Grèce : ou comment peut-on mourir guéri après une cure d’austérité imposée par la « Troïka BCE/FMI/Commission européenne » à partir de 2010 :

Ratio                    2008                    2013
PIB                            232                       182
Dette/PIB              112%                   175%
Chômage                 7,6%                   27,3%
Appauvrissement généralisé, mais le déficit public a été ramené de 9,8% à 2,1%. Quel bonheur !

Courrier(s) des lecteurs

De Arnaud Bodet à LIMA

(http ://limacesleperou.worldpress.com/)

« L’humeur du mois d’avril: la France vue d’ici…

Ce qu’il y a de bien lorsque nous sommes « expats » c’est la prise de recul que nous avons par rapport à notre pays.

Bien entendu on se tient informé de ce qui s’y passe et vous savez quoi? Ça fait peur!Voici les mots que l’on trouve le plus souvent: crise, chômage, dette publique, sondage, perte de confiance, Front national, immigration, insécurité, eurosceptique… Je m’arrête là vous m’avez compris.

Vu d’ici il ne ferait pas bon vivre dans l’hexagone, un pays au bord de la catastrophe où des forces plus obscures les unes que les autres sont à l’oeuvre. J’entends des personnes me disant que je devrais rester ici (au Pérou), que c’est le bazar le plus total, qu’il n’y a pas de travail….STOP!

La France est le 18ème pays le plus riche au monde (PIB par habitant, 2010), c’est également la 5ème puissance mondiale. Le pays n’a jamais produit autant de richesses qu’aujourd’hui, nous bénéficions d’une démographie positive, nous disposons d’un des dispositifs de protection socials les plus avancés. Je vous l’accorde tout n’est pas rose, loin de la, néanmoins de quoi nous plaignons nous? Comparons-nous , ne serait ce qu’un instant, aux autres pays dans le monde. En France, pas de famine, pas de guerre, une pauvreté limitée.

Vous n’imaginez pas comme il est insupportable d’ouvrir les actualités françaises, cette morosité et médiocrité médiatique m’irrite au plus haut point. Dernier fait marquant en date, les étudiants français seraient de plus en plus nombreux à s’expatrier. Titre des journaux « La fuite des cerveaux, La France n’attire plus, Notre jeunesse s’en va… ». Ben voyons ! Incapables qu’ils sont de comprendre le monde dans sa globalité ou comment nous dépendons les uns des autres…

Oui, la jeunesse française voyage et découvre le monde et elle n’en ressortira que grandie. Dans ce monde globalisé, inspirons nous de ce que font certains, engrangeons de l’expérience, ouvrons nos pauvres petits esprits à d’autres manières de penser (nous devrions obliger certains de nos hommes politiques à voyager un peu plus).

A tous ceux qui se morfondent, sachez que la France est perçue comme le pays de la révolution, comme le pays des droits de l’homme et de la démocratie, le pays des lumières, des philosophes et de la culture. Chaque année des centaines de milliers d’étudiants étrangers viennent dans nos universités découvrir notre Pays et bénéficier de son enseignement.

Quels efforts il me faut faire pour trouver des articles optimistes! Allez jeter un œil aux concours d’entrepreneuriat un peu partout en France. Vous y trouverez une jeunesse qui ose, pleine de créativité et sans peur de l’avenir, vous y trouverez des idées nouvelles, des moyens d’améliorer le confort de chacun et d’avancer.

Enfin détachez-vous de ces foutus sondages d’opinion, des articles de fait divers plus superficiels les uns que les autres, des jeux de communication politico-médiatique chacun allant de surenchère en surenchère dans la bêtise.

Parce que ce climat de défaitisme et d’entretien de la peur, de la méfiance me fait sortir de mes gonds, l’humeur de ce mois est quelque peu incisive. »

Ps : N’oubliez pas d’aller voter aux européennes !

Le(a) crétin(e) du mois

On aurait pu sans conteste décerner le titre au maire FN de Villers-Cotteret qui a refusé d’honorer de sa présence la commémoration de l’abolition de l’esclavage le 9 mai ainsi d’ailleurs qu’à bon nombre des autres maires FN, ou assimilés, élus en mars dernier tant ils ont tous pris ou presque des mesures qui montrent ce qu’est réellement ce parti de la honte quel que soit les discours mystificateurs de dédiabolisation de Marine et des médias. Mais ce serait leur faire trop d’honneur que de leur donner un titre, même celui-là.

Donc vainqueur : Mario Draghi, président de la BCE (Banque centrale européenne) qui mérite sans conteste notre titre mensuel car il vient d’illustrer remarquablement ce qu’est une conscience mystifiée par sa propre idéologie…

Alors que sur le fond, on ne peut que se féliciter de ses intentions réaffirmées, à plusieurs reprises, d’intervention de la BCE pour empêcher la déflation de la zone euro, il s’est signalé, lors de sa déclaration du 8 mai en conférence mensuelle de la BCE, par un manque de discernement intellectuel et politique confondant.

Il a prétendu que l’indépendance statutaire de la BCE devrait le mettre à l’abri des remarques ou conseils des politiques nationaux, sous-entendu les responsables politiques français qui réclament une inflexion de la politique de la BCE.

Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la morgue du personnage… Pour Mario Draghi le « politique » n’est plus placé au sommet de la pyramide de la légitimité, alors qu’il n’a lui même aucune légitimité issue d’une quelconque élection.

L’indépendance de la BCE devrait même garantir à son pauvre chéri de Président, que les politiques, non seulement soient interdits de décision dans son domaine d’action, ce qui résulte effectivement des Traités et que personne ne prétend faire, même Arnaud Montebourg, mais ne disent plus rien et ne fassent même plus le moindre commentaire sur son action.

Dans quel monde vit-il ? Il se croît au « board » d’une multinationale ou quoi ?

Des types comme Draghi, techno surpuissant que plus aucune autorité politique ne contrôle, mystifié par sa propre idéologie qui lui fait perdre le Nord, flinguent l’Europe.

« Crétin du mois », c’est un minimum….

La p’tite biblio

« La France libre fut africaine » d’Eric JENNINGS, historien britannique, aux Editions Perrin (2014).

Après la sortie présidentielle sarkozienne sur « l’homme africain pas encore entré dans l’histoire » (!), qui nous fait encore honte, ça fait du bien de voir établie une vérité historique concernant la construction, en Afrique noire française, de la France Libre du général de Gaulle, alors que la majeure partie de la droite du dénigreur patenté Buisson, était à Vichy…

A lire aussi dans la Revue « Esprit » de mars/avril 2014 un article lumineux de Anne-Laure DELATTE sur la sortie de l’Euro, au delà de tous les discours idéologiques, intéressés et manipulatoires… quand ils ne sont pas simplement bêtes. Outre merci, on a envie de dire enfin… et encore !

Enfin, signalé un article paru dans « Rue 89 » qui corrobore ce que j’ai pu écrire sur les dérapages idéologiques libéraux sur le calcul de la dette publique et ses ratios scandaleux :

http://blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-les-economistes-atterres/2014/05/07/calculee-comme-la-depense-publique-la-depense-privee-depasserait-200-du-pib-232861

(Merci à Claude S. qui me l’a aimablement signalé !)

 

[1] A ce mode de dissolution s’ajoute bien sûr la dissolution possible par un tribunal pour violation des principes qui s’imposent aux associations en application de la loi de 1901

[2] Un docteur en droit, dénommé Bertrand, qui a fait une étude assez fouillée sur la dissolution des partis politiques en France et dont les propos sont complètement droitiers, en convient lui même très clairement(Cf.htpp:/lerougeetlenoir.org/lescontemplatives)

[3] On voit bien ce discours mortifère à l’œuvre à l’heure actuelle en Allemagne alors que le Bundesrat a demandé à la Cour constitutionnelle de déclarer le NPD (parti d’extrême droite allemand) contraire à la Constitution ; certains soutiennent qu’il n’est pas assez important électoralement pour mériter un tel traitement… Il faut donc attendre qu’il le devienne et qu’il soit trop tard ! On dirait que les démocraties n’apprennent rien de l’histoire…

[4] Depuis, Donietsk a fait encore mieux en organisant un référendum sans liste électorale, sans enveloppe de vote, sans isoloir ni même véritables bureaux de vote ; certains ont pu voter plusieurs fois et résultat 87 % de « Oui »….

[5] Gilles Perrault, Dictionnaire amoureux de la résistance, édition conjointe Fayard et Payot (2014) où l’auteur montre que la haine légitime fut le ressort de la Résistance ; je fais la transposition, la haine légitime des idées du Front national est aujourd’hui la condition d’un sursaut républicain

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