DECODA n°20, 1/08/2014

SOMMAIRE

Edito

Déliquescence…

Le thème du mois

Pour mieux préserver notre cadre de vie, donner une nouvelle utilité publique à l’architecture !

Dernière(s) minute(s)

Affaires : Sarkozy et ses groupies se moquent du monde !

Economie : comme un doute ?

Revendications et barbaries identitaires en tous genres…

Chiffres clés

Les chiffres qui tuent….

La règle du dixième a encore frappé !

Le(a) crétin(e) du mois

Les médias dans leur ensemble, pour leur traitement de la question des manifs en faveur de Gaza

La p’tite biblio

Philosophie… et Music-hall

 

Edito

Déliquescence…

Comment douter encore que notre régime politique qu’on savait mortel est désormais moribond quand on voit :

– le niveau de détestation des français vis-à-vis de leur classe politique, c’est à dire de leurs représentants, bien entretenu par la médiocrité et les intérêts médiatiques,

– le niveau de blocage et de crispation des esprits dans ce pays qui fuit par tous les pores de son corps social, systématiquement et à chaque occasion, l’idée même de compromis,

– une part croissante de sa population qui ne sait plus que chercher des boucs émissaires, de préférence basanés,

– les proportions prises par la crise financière et politique du grand parti républicain de droite qui témoigne du cynisme et de l’absence absolus de morale de ses dirigeants,

– l’insuffisance des résultats économiques d’une politique nationale pourtant réaliste et pragmatique,

Enfin, au journal de 20h de TF1, le dernier des anciens présidents de la République, se défend en s’attaquant à la justice, lui qui en était il y a encore peu constitutionnellement le garant. Invente des complots invraisemblables auxquels ne peuvent croire que des groupies de douze ans ou des faibles d’esprit. Fuit ses responsabilités, notamment celle du dérapage financier invraisemblable de sa campagne de 2012. Bref, au total, juste lamentable. Sarkozy, sept affaires pénales l’impliquent aujourd’hui, instruites par des juges de gauche, de droite et du centre.

Il n’échappera pas à toutes, ce n’est pas possible tant, sur certaines affaires, ses responsabilités sont évidentes n’ayant pas pu ne pas être au courant de ce qui se tramait ou se passait[1], quand il ne l’organisait pas lui même.

Quand on dit déliquescence… Il est temps de réagir si l’on aime la France et la République, leurs valeurs, leur image et leur rang dans le monde. Mais, il ne s’agit pas que de droit et de règles constitutionnelles, c’est d’un régime et d’une morale politiques au sens large dont il s’agit. L’exercice de réflexion doit comprendre aussi le sociétal, l’économique et le social bien entendu. Comme en 1945 après l’immonde de Vichy qui a fait suite à la décrépitude morale de la fin de la troisième République. Mais aussi, comme en 1875, après le désastre de Sedan et de la Commune et comme en 1958 après la déliquescence politique de la IVème République, engluée notamment dans la guerre d’Algérie.

Mais c’est, en quelque sorte, aujourd’hui, encore plus grave dans un monde ouvert et dérégulé dans lequel les Etats ne peuvent plus être complètement maîtres chez eux et mettre en œuvre l’expression d’une volonté populaire[2]. L’exercice sera beaucoup plus difficile qu’en 1875, 1945 ou 1958.

On ne s’en tirera pas avec une petite toilette de chat de la Constitution actuelle comme ont pu le proposer certains hommes politiques.

Des toilettes de chat on en a d’ailleurs déjà fait vingt ou vingt cinq depuis 1958… Qui le sait, qui s’en souvient, qui en connaît même la portée ? Pas une énième toilette de chat donc, c’est à la douche qu’il faut aller ! Proposer une réforme de fond en comble, repartir sur de nouvelles bases, refonder notre République, rien de moins.

Faire un travail de construction d’un nouveau contrat social global qui portera les germes d’un véritable renouveau de notre démocratie politique, économique et sociale.

Dans mon Edito du numéro 18 en juin c’est ce que je voulais aborder par mon coup de gueule « La VIème République, vite ! »[3].

Quand je vois ce qui s’est passé depuis et que je résume et rappelle plus haut, je me dis encore plus que c’est la bonne voie, la seule même… Il ne faut pas se détourner de cet objectif, surtout dans la perspective de 2017 qu’il est temps de préparer si l’on veut faire passer quelques idées.

Les partisans du statu quo et ceux qui ne croient plus à rien, qui s’en contrefichent, ou entendent confier le redressement à la peste brunâtre, tant pis pour eux, qu’ils continuent avec leur conservatisme, leur cynisme blasé ou leur haine franchouillarde, on ne compte pas sur eux, ici, pour avancer.

Mais les autres, tous les autres, républicains de droite, du centre ou de gauche, il faut les réunir le plus largement possible sur un projet non clanique, un projet de progrès et qui replace l’humain au centre de tout. Un projet de démocratie renouvelée au plan national bien sûr mais qui porte aussi, et par cohérence, en intra communautaire au sein de l’UE et à l’international, un projet de régulation qui ait pour objectif notamment de dépasser les dumpings fiscaux et sociaux, car c’est bien là le cœur de notre problème.

Pour recueillir vos idées et vos propositions, ou vos réserves, j’ai créé une rubrique ad hoc sur mon blog intitulée « Pour la VIème République ! ». On l’alimentera au fil du temps et, ce, au besoin, même en piquant des idées déjà émises surtout si elles sont bonnes. Donc plus que jamais, vive la VIème République, et fissa !!!

Le thème du mois

Pour mieux préserver la qualité de notre cadre de vie, donner une nouvelle utilité publique à l’architecture !

« N’importe quelle traversée du territoire devient un parcours d’obstacles entre une succession de ronds points inutiles et des boîtes métalliques laquées de différentes couleurs, posées à la lisière de zones regroupant des maisonnettes de pacotille. Comme pour émerger de ce chaos, quelques réalisations rivalisent d’audace et d’efforts dans la recherche de « nouveautés » susceptibles de signifier une modernité ou une différence. Le spectacle qu’offrent ces réalisations plus ou moins récentes est celui d’une architecture réduite à des objets isolés, figés, sans autre lien entre eux que les nappes et rubans d’un bitume omniprésent. »[4]

I – Pourquoi cette proposition qui peut surprendre ?

L’attrait de la France, du point de vue de la qualité du cadre de vie qu’elle offre et de son développement touristique et économique, tient à un exceptionnel patrimoine protégé au titre des monuments historiques, à ses espaces protégés naturels ou historiques et, aussi, au tissus très dense du patrimoine de proximité qui l’agrémente de manière encore plus diffuse et présente dans le quotidien de chacun.

C’est un de nos atouts les plus fondamentaux dans un monde ouvert et nous demeurons la première destination touristique du monde. Pourtant, nous sommes en train de gâcher tranquillement tout cela.

En effet, il suffit de se promener dans notre pays pour voir ce que, avec une complicité citoyenne passive navrante, nos élus locaux et les intérêts économiques ont réussi en moins de trois dizaines d’années.

Par les grâces conjuguées d’une décentralisation non contrôlée, d’un développement économique tous azimuts et du plus grand mauvais goût que notre histoire ait porté (car lié à l’ère de consommation industrialisée de masse), nous avons en partie gâché de larges parties de notre territoire alors que sa qualité exceptionnelle est un de nos principaux atouts.

Zones commerciales et d’activité immondes, entrées de villes massacrées, zones pavillonnaires et maisons de pacotille affreuses à la périphérie des villes, affichage commercial à vomir, espaces ruraux mités, constructions agricoles préfabriquées abominables (à la différence de celles des générations précédentes qui pendant des siècles ont respecté l’esthétique et les caractéristiques locales), stations service abandonnées par centaines au bord des routes nationales, etc.

La liste pourrait être très longue des défigurations du territoire et de nos paysages urbains et ruraux, sans même parler des cités et quartiers légués dans le même temps par l’urbanisme aussi fou que médiocre des années 60 à 80 et qui focalisent beaucoup plus facilement l’attention des médias.

Les responsabilités sont claires, extrêmement claires, ce sont celles de tous ceux qui ont trouvé à y gagner. On les connaît : les élus locaux médiocres qui en ont décidé, les fonctionnaires de l’Etat (préfets) qui n’y ont pas fait suffisamment barrage en n’exerçant pas leurs pouvoirs de contrôle, les intérêts économiques qui y ont trouvé de larges profits.

Enfin, incontestable également, la complicité la plus large des populations qui ont accepté cela en croyant aux baratins divers qu’on leur servait sur le développement économique et social, la préservation de l’emploi, que sais-je encore… l’intérêt de la France ? Qui eut cru qu’une telle bêtise, aussi largement partagée, fut possible ?

Personne, si on s’était posé la question il y a quarante ans et pourtant elle s’est produite car on s’est éloigné de l’exigence de qualité architecturale, urbaine et paysagère (qui n’est pas la préoccupation première de la grande majorité des élus locaux) aux moments même où l’industrialisation et la consommation de masse produisaient des effets négatifs surpuissants et où la pression liée à l’emploi devenait très aigüe.

Bref, la décision politique de confier aux élus locaux les compétences urbanistiques et d’aménagement s’est faite au moment où les exercer avec une volonté de maintien de la qualité architecturale, urbaine et paysagère devenait encore plus difficile.

En outre, cette préoccupation n’est que rarement première chez les élus locaux : ceux qui ont une fibre patrimoniale ou architecturale réelle dictant leurs choix sont très peu nombreux, et c’est hélas même souvent le mauvais goût qui dicte les conduites car il est la chose au monde la plus largement partagée. D’ailleurs, en termes de qualité, on distingue assez facilement les zones, ou espaces, dans lesquels l’intervention des services de l’Etat (notamment les architectes des bâtiments de France) est obligatoire et ceux dans lesquels les élus et leurs électeurs font ce qu’ils veulent.

D’ailleurs, depuis vingt ans l’élite des élus locaux (les élus nationaux) a tenté à plusieurs reprises de « régler leur compte » aux ABF en essayant de faire supprimer le caractère obligatoire de leur « avis conforme préalable aux travaux » ou à réduire leurs prérogatives. Ils sont clairement un obstacle aux ambitions de ces élus de pouvoir démolir, bétonner, bref « développer » leur territoire comme ils disent…

En prime, en quelque sorte, pour la construction de leur maison individuelle, les français ne sont pas tenus d’avoir recours à un architecte en dessous de 170 mètres carrés de Surface hors œuvre nette (SHON).

Bilan en trente ans : des centaines de milliers de constructions sans grâce ni qualité, car de très faible niveau de conception, ont été réalisés.

Par ailleurs, les collectivités territoriales qui ont, depuis quarante ans, la compétence en matière de construction et d’urbanisme n’ont toujours pas de corps de fonctionnaire pour accueillir les architectes qui ambitionneraient d’y exercer leurs compétences ! Bref, on est en train de se marquer, pour des raisons de petitesse d’esprit et de médiocrité des ambitions, ainsi que de corporatismes divers, des buts contre notre camp à répétition.

Là aussi, il faut désigner sans ambages les responsables. Outre les élus locaux et le manque de courage politique des gouvernements successifs, les responsables sont aussi au sein de l’Etat : le ministère chargé de l’équipement qui s’est toujours opposé, pour défendre le pré carré des ingénieurs et urbanistes, au ministère de la culture (chargé de l’architecture depuis 1997) et n’a rien fait auparavant quand il en était chargé, à toute extension des prérogatives et missions des architectes. Fondamentalement, la culture dominante dans cette administration est une culture d’ingénieur qui ne peut admettre que l’on donne davantage les clés aux architectes.

Pourtant, un cadre de vie de qualité ne peut être le fruit d’une approche simplement « ingénieuriale ». C’est, au contraire, nécessairement, une approche transversale et pluridisciplinaire qui est indispensable. Elle est dans la nature même de la mission globale des architectes et à laquelle les écoles d’architecture les préparent. D’ores et déjà les plus grands urbanistes de notre pays et de ce temps sont tous architectes… Il est des nez que certains ne voient même pas au milieu de la figure.

Dans le même temps, la situation des architectes est un désastre dans ce pays. On en forme des milliers, année après année, sur fonds publics dans une vingtaine d’écoles d’architecture au terme d’une formation de qualité et après une sélection à l’entrée très exigeante.

Cette formation a été récemment modernisée sur le modèle du LMD (licence, master, doctorat), tout en maintenant une formation professionnalisante qui débouche sur l’Habilitation à exercer la maîtrise d’œuvre en son nom propre (c’est à dire, le droit exclusif de construire conféré par la loi).

On lâche ensuite nos jeunes archis dans la nature, abandonnés à un marché qui ne leur fait pas de place et les exclut des constructions de la vie courante, car il limite la place de l’architecte à quelques stars pour les grands projets publics ou privés. Un véritable gâchis social et humain.

La loi du 3 janvier 1977 avait pourtant eu pour ambition, dans l’objectif d’une production bâtie de qualité, de reconnaître une utilité publique à l’architecture. Cette loi conférait ainsi aux architectes le droit exclusif de construire au delà d’un certain seuil qui devait être fixé par décret. En deçà de ce seuil, les constructions (plus modestes) devaient bénéficier des conseils d’un architecte gratuit au travers des missions des CAUE (Conseil en architecture, urbanisme et environnement) que la loi avait créés à cet effet dans chaque département, et qui allaient bénéficier de financements publics pour leur fonctionnement.

Deux évènements sont venus priver ce dispositif équilibré de toute portée effective.

D’une part, sous la pression des lobbys, le décret d’application de la loi a fixé le seuil à un niveau tel (170 mètres carrés de Surface hors œuvre nette – SHON) que la construction individuelle a, presque toute entière, été sortie du champ des droits exclusifs des architectes.

Maçons et opérateurs immobiliers ont pu depuis s’en donner à cœur joie : construire des maisons de pacotille sans grâce qui défigurent, dans des lotissements sans conception urbaine ou paysagère, la périphérie de nos villes, et, bien sûr, capter gaillardement dans leurs marges le coût de la conception, dont bien entendu ils se dispensaient n’ayant ni l’envie, ni les compétences pour l’offrir.

D’autre part, et dans le même temps, les CAUE, qui ne se voyaient surtout pas devenir des « instructeurs de permis de construire », préférant se réserver à des tâches moins populaires et plus nobles (a fortiori, si la quasi intégralité des constructions individuelles devaient leur revenir), ont obtenu de la gauche arrivée au pouvoir en 1981 que le dispositif les concernant soit reconsidéré et qu’ils ne soient pas, in fine, les architectes de substitution, les architectes des petites gens, ce que la loi du 3 janvier 1977 prévoyait.

Porteurs d’une idéologie libertaire post « soixante-huitarde », ils ont préféré le confort du rôle de conseil dans les champs de leur choix (collectivités territoriales, artisans) que de devenir comme ils l’ont dit à l’époque des « tamponneurs de permis de construire ». En novembre 1981, en contre emploi politique total, la loi de 1977 a été modifié avec l’accord du gouvernement Mauroy et exit la mission d’architecte social des CAUE ! Ainsi, tout le dispositif de la loi de 1977 a été mis par terre et le pays s’est couvert de maisons réalisées pour leur immense majorité sans architecte.

Voilà, brièvement résumée, l’histoire de l’architecture ordinaire et du cadre de vie en France sur ces quarante dernières années.

Aujourd’hui, pour autant les constructions individuelles ne sont pas moins onéreuses dans notre pays par rapport aux pays dans lesquels les architectes sont massivement sollicités, car, il faut le dire, les marges économiques correspondant à leurs honoraires ont été captées par les autres acteurs de la construction.

Bref en France, on a le prix mais sans la qualité des constructions qui va avec, et l’Etat forme à grands frais (à bac+6 voire davantage) des professionnels de l’architecture et de la conception que nos concitoyens et leurs élus n’emploient pas…

Certes nous ne sommes plus en 1977, ni dans les années 80, et il est inutile de rêver refaire l’histoire ou de légiférer aujourd’hui, de nouveau, sur les bases prévues à l’époque de Michel D’Ornano et du premier ministère du cadre de vie.

Il ne s’agit pas non plus de prendre une revanche mais de repartir sur de nouvelles bases tenant compte des évolutions qui se sont produites pour stopper le désastre en cours et que l’on a décrit au début de cet article. Il faut en effet tenir compte de l’histoire qui s’est déroulée pour imaginer un nouveau dispositif donnant, dans un objectif de qualité architecturale, urbaine et paysagère, une utilité publique nouvelle à l’architecture. Elle peut être en effet un des chemins qu’une société choisit pour refuser de subir ce qui est en train de lui arriver.

Cela suppose une volonté politique qu’aucun pouvoir n’a jamais osé porter depuis quarante ans. Cela n’interdit pas, néanmoins, d’en rappeler les principes d’action ainsi que les conditions et modalités de ce que pourrait être un changement positif. Sait on jamais ? Ce sera l’objet d’une seconde partie consacrée au « Comment ? » dès notre prochain numéro.

Vous verrez ce n’est même pas très compliqué, et il y a des choses beaucoup plus difficiles que cela à mettre en œuvre. Comme souvent tout a déjà été pensé et écrit et la boite à outils est prête… Il suffit de décider de s’en servir !

A suivre [5]

Dernière(s) minute(s)

1) Affaires : c’est clair Sarkozy et ses groupies se moquent du monde

Sarkozy apparaît dans sept affaires pénales. Elles sont instruites par des juges dont tous loin de là ne sont pas adhérents au syndicat de la magistrature. Le méchant juge Gentil qui a instruit l’affaire Bettencourt n’en était pas. Peut être est ce pour cela, dans la logique sarkozienne, qu’il a rendu finalement une ordonnance de non lieu. Je blague, moi je fais confiance à tous les juges.

Ceci dit pour sa dernière casserole, le trafic d’influence et la corruption active, il a fait fort l’ex président de sa République bananière adorée !

Il est allé se prévaloir lors de sa dernière interview télévisée d’un enregistrement sur son téléphone officiel qui prouverait selon lui qu’il n’est pas intervenu en faveur du juge Azibert, qui aurait tant aimer tâter du Conseil d’Etat de Monaco. Cet enregistrement fait suite à un autre, plusieurs jours avant sur son téléphone spécial magouille sous un faux nom, où il dit qu’il interviendra car il ignore être écouté. On a sans doute mauvais esprit, mais, si j’avais été dans sa situation j’aurai fait comme lui : sur le téléphone sécurisé magouille j’aurai parlé librement de ce que j’allais faire et sur le téléphone officiel que je sais écouté, j’aurai dit que je ne le ferai pas pour me dédouaner d’avance. Simple non ? Pas de pot les deux bigophones étaient sur écoutes…

Juste indigne tout ça[6], et normalement ça devrait lui péter à la figure, juge de gauche ou pas, car même les juges de droite sont des gens honnêtes qui font appliquer la loi. A mon avis, vu comme ses « potes » de l’UMP le soutiennent, il est mort politiquement, Sarkozy et il ne candidatera pas la présidence de l’UMP, ou de sa suite.

Ce ne sera pas une grosse perte car on n’a jamais vu un ancien président s’en prendre à la justice comme il l’a fait, même s’il a le droit de se penser innocent et qu’il a été traité trop sévèrement par la garde à vue.

2) Economie : comme un doute ?

Le CICE a commencé à être mis en œuvre et quelques milliards d’euros ont été livrés aux entreprises en allègements de charge. Résultat en termes d’emplois, rien ou pas grand chose. Qu’est ce qu’elles fichent ? Faudra qu’on leur en donne combien [7]?

La loi de simplification vient d’être adoptée et va leur simplifier la vie, très bien. On va voir les résultats.

De même, le Pacte de responsabilité a été adopté par le Parlement et les milliards d’allègements de charge vont là aussi commencer à tomber. Gattaz au lieu de jouer à « Toujours plus », respecte tes engagements, fais ton boulot mobilise les entreprises en faveur de l’emploi au lieu de développer avec d’autres la sinistrose notamment dans les colonnes du Figaro !

Gattaz tu auras des comptes à rendre. Comprend bien, tes amis de l’UMP en capilotade ne sont pas prêts de revenir au pouvoir. Tu ne peux rien espérer de ce côté là. Donc vas y fonce, sinon on sera un maximum à tomber du côté des « irresponsables », ici plutôt de gauche, mais fais gaffe il y en a d’autres, au teint brunâtre, bien pire que ceux de gauche dès lors qu’ils virent au national socialisme… Et comme tes amis de l’UMP ne veulent plus du front républicain, nous on se sent de moins en moins liés !

D’ici fin 2015, on saura si on a vraiment le patronat le plus bête du monde, pour cela il suffira de regarder les chiffres de l’investissement et du chômage.

Ou bien les milliards d’allégements de charges, sans précédent, auront produit des effets sur l’investissement et l’emploi, ou bien ils n’auront servi qu’à reconstituer les marges des entreprises et le bien être des actionnaires. Nous serons alors fixés.

3) Revendications et barbaries identitaires en tous genres

On aurait pu penser que la mondialisation et le dépassement des Etats Nation allait nous élever vers le haut grâce à un cadre international régulé et plus civilisé, avec une flèche du progrès résolument dirigée vers le développement humain.

Que nenni, on s‘est bien trompé ! On voit ressurgir de multiples revendications identitaires infra nationales, régionales, communautaires, ethniques, religieuses, j’en passe et des meilleures et qui ne sont pas folkloriques avec leurs sinistres cortèges d’horreurs.

Et certains, notamment tous les communautaristes ethniques, culturels ou religieux, surfent dessus très opportunément, bien sûr.

a) Le sommet de l’identitaire barbare, quand on veut bien mesurer exactement la portée de certains évènements, consiste à dénier à une personne l’appartenance au genre humain pour des motifs tenant à la couleur de sa peau. C’est un sport dans lequel excellent certains au Front national.

Certains comme une certaine Anne-Sophie Leclère, candidate du FN, qui sur son blog a commis ce crime contre l’humanité en assimilant C. Taubira à un singe et qui a maintenu devant les caméras de TV son « appréciation ».

La blonde s’est pris 9 mois de taule, ferme, et une forte amende sans même avoir eu le courage de se présenter à l’audience. Peine exemplaire et d’une grande sévérité pour la première fois dans les annales judiciaires.

Mais, après tout, et s’il fallait en effet arrêter les conneries de ce genre et dire « Stop ». Pour ça rien de mieux que les juges, in fine, face à la pleutrerie ou à la démagogie de nos médias et de nos élites politiques.

Au FN, et à droite, incroyable, on ne croit plus à l’exemplarité de la peine et on s’insurge contre cette sévérité. A gauche on se félicite de cette sévérité. Bref tout le monde est à contre emploi, c’est assez drôle.

Ici on dira juste, très trivialement, que c’est bien fait pour sa pomme à la blonde. On en est ravi, tellement on en peut plus de cette haine devenue déculpabilisée et très ordinaire. Peut être qu’en taule elle réalisera mieux l’intérêt des peines de probation que la loi Taubira entend développer contre l’avis de tous les réacs de ce pays et au premier chef du Front national.

b) Les russophiles d’Ukraine et leurs soutiens à Moscou sont des barbares

C’est sur une revendication identitaire également que certains extrémistes russophiles se sont emparés d’une pseudo souveraineté dans l’est de l’Ukraine.

Ils ont, ces fumiers, c’est patent, abattu un avion civil tuant 298 personnes. Ils l’ont avoué dans leurs échanges sur les réseaux sociaux, même si ces aveux ont été ensuite opportunément gommés.

Nous n’aurons pas de répit tant qu’ils ne seront pas brisés dans leur élan et traduits avec leurs complices russes devant la Cour pénale internationale de la Haye.

Souvenez vous, La Haye c’est aux Pays-Bas et la devise de ce pays, dont est originaire la majorité des victimes passagers de l’avion abattu, est « Je maintiendrai ».

Même que c’est en français dans le texte !

Ici on leur fait confiance aux Pays Bas pour mettre la même pugnacité à ce que les coupables soient punis, comme ils se sont opposés, sans faiblir un instant, à ce que Serbie et Croatie puissent entrer dans l’UE tant que les tortionnaires serbes et croates n’ont pas été déférés devant cette même Cour pénale internationale.

c) L’Etat islamique d’Irak et du Levant et son califat de pacotille relèvent, eux, de la barbarie identitaire religieuse.

Ce califat, association dans une même dictature du politique et du religieux, fondé sur l’islam le plus radical, est une horreur absolue. Il va rassembler, dans une adoration crétine, tous les djihadistes que compte la planète et il va exacerber les conflits identitaires au Proche Orient.

De son côté, la droite radicale au pouvoir en Israël, sur une logique identitaire culturelle et religieuse également, poursuit et amplifie une politique qu’elle considère de survie face à ceux qui, comme le Hamas, veulent toujours détruire Israël et les juifs, mais une politique qui est en réalité une impasse de la haine réciproque.

Ce califat, qui s’approprie une partie du territoire de l’Irak et de la Syrie est une imposture barbare qui peut faire rire tant elle est grotesque, car on pense irrésistiblement à Iznogood.

Mais, ce califat ne fait plus très vite rire du tout quand on constate déjà le traitement infligé aux chrétiens d’Orient qui vivaient en bonne harmonie, depuis des siècles, à Mossoul avec les autres communautés.

Serons nous assez faibles dans nos têtes pour supporter longtemps cet affront fait à la diversité du genre humain et à ses libertés fondamentales ? Quelles que soient les responsabilités d’une partie de l’Occident dans le désastre irakien, puis plus récemment dans le désastre syrien, l’inacceptable, reste fondamentalement l’inacceptable. N’inversons pas les rôles.

L’instauration d’un califat annexant une partie d’Etats souverains, comme la Russie a annexé la Crimée, est inacceptable si un ordre international véritable existait. Il n’existe pas et reste encore à créer. Il ne pourra être que laïque et, par voie de conséquence, fondamentalement anticlérical.

Les appareils religieux, organisés ou non puisqu’on nous dit que l’islam ne l’est pas, n’étant, pour toujours, que des appareils d’asservissement des hommes et des femmes et des instruments de domination au service de toutes les folies des hommes. Donc à bas le Calife et le califat.

d) Plus soft, mais dans le même registre, le ridicule médiatique et de certains politiques sur la réforme des régions est néanmoins consternant du fait de son soi-disant ressort identitaire.

Les bretons, et leurs bonnets rouges, veulent rester entre eux, les nordistes ne veulent pas des picards, les languedociens font la gueule aux autres sudistes que sont les gens de Midi-Pyrénées, etc. etc. sans même parler des gens du Limousin ou de Poitou-Charentes que d’autres dépèceraient bien au gré de leurs intérêts… Spectacle navrant, exacerbé par tous les crétins des médias qui ont tour à tour présenté l’exercice (pourtant indispensable pour la modernisation du cadre territorial de la République) de manière provocatrice et erroné.

Ils ont titré d’abord bien sûr sur « Hollande qui redécoupe la France » alors qu’il s’agissait d’un simple projet de loi gouvernemental soumis à la décision du Parlement, puis, lors de l’examen du projet au Parlement, ils ont présenté les débats par le petit bout de la lorgnette, identitaire à tire l’arigot. Là aussi, que le ressort identitaire fonctionne lors des micros trottoirs n’étonne pas, mais franchement chez les commentateurs, journalistes ou hommes politiques informés, comment peuvent ils tomber dans ce panneau ou jouer de ce registre ?

La réforme territoriale des régions n’a rien à voir avec de quelconques identités, sauf peut être des identités rêvées ou fantasmatiques. Pour deux motifs.

D’abord, les 22 régions actuelles, dont on parle du redécoupage, ont été créées par la loi en 1972, après l’échec du Général de Gaulle et de son référendum le 10 avril 1969, pour exercer des compétences économiques. Avant, il n’y avait pas de collectivités territoriales régionales en France ! Si on est sérieux, elles n’ont rien à voir, de près ou de loin, avec une quelconque forme d’identité.

Ensuite, le redécoupage par fusion n’est pas davantage destiné à préserver ou favoriser ces mêmes identités, inexistantes, ou inintéressantes au regard de la question de la taille de ces régions.

Le redécoupage a pour seul objet de donner aux régions la taille correspondant aux enjeux d’aujourd’hui, au regard de leur mission de développement économique et à terme de favoriser la réduction du nombre des niveaux par le transfert d’une partie des missions des départements. Donc, par impossible, même une identité avérée ne peut être un motif de bloquer un regroupement s’il est nécessaire. Ce n’est pas le sujet et ne peut arrêter le mouvement sauf à vouloir se figer sur le passé. On n’est pas dupe si les bretons se crispent sur des frontières « historiques » soi-disant indépassables c’est pour réserver un avenir à leur revendication identitaire et, ce, pour certains jusqu’à l’autonomie. Ils peuvent raconter leurs salades mais on ne gobe pas ces conneries…

Donc exit les identitaires attardés sur ce sujet là aussi ! Ils n’ont rien compris, tout à leurs fantasmes. Les fantasmes régionalistes ne sont pas le sujet à traiter dans la réforme des régions. Le Parlement réduit encore le nombre de 14 à 13, bravo on est sur la bonne voie. Moi j’en ferai sept ou huit, pas davantage.

Chiffres clés

La rubrique des chiffres qui tuent…

La règle du dixième a encore frappé !

Après les membres de l’exécutif, la loi sur la transparence, tant décriée par tant de benêts de première, produits ses effets sur le Parlement, députés et sénateurs. Et là deux surprises du chef.

D’abord, des crétins ose s’insurger contre cette obligation de transparence ! Plutôt de droite, y doivent avoir plus à cacher…

Mais surtout on y découvre que 10% des députés et sénateurs, donc un dixième, ont une autre activité que nous représenter et de voter la loi et pour certains de manière si lucrative (ça se mesure en centaine de milliers d’euros annuels) qu’on se demande quel est leur emploi principal.

Et puis, autre surprise, 10% des mêmes emploient un de leur parent (leur femme notamment) auprès d’eux sur fonds publics. Rien n’est illégal pour l’instant dans tout ça mais ça pue tellement la dérive bananière qu’il faut que ça le devienne et vite !

La palme à Collard, du FN, qui touche 400000 euros pour son activité (annexe) d’avocat et emploie sa femme, à deux titres, au cabinet d’avocat et à l’assemblée nationale ! Heureusement que les républicains l’ont niqué aux municipales, sinon, en plus, il aurait pu piquer une indemnité de maire et donner un troisième boulot à sa femme.

Je serai Marine, je lui demanderai de choisir ou les 400000 euros ou elle. A la place de Collard, je sais ce que je choisirai.

Le(a) crétin(e) du mois

Ce mois ci, titre collectif décerné à l’ensemble des médias pour le traitement de la question des manifestations pro palestiniennes.

Je suis certain que vous pensez, tous ou presque, que le gouvernement autorise les manifestations sur la voie publique, tellement l’espèce « cretinus mediaticus » vous le serine depuis plusieurs jours.

Comme ça c‘est plus simple pour ces ânes de rentrer, pour faire du scoop, dans tous les discours simplistes des benêts des deux camps, type Morano/Estrosi ou Besancenot/Mélanchon : faut toutes les autoriser ou faut toutes les interdire les manifs pour Gaza !

Et bien non, ce sont juste des ânes, le régime des manifestations est un régime de liberté et de déclaration et pas un régime d’autorisation administrative, comme pour la création des associations, aucune, vous lisez bien, aucune n’est autorisée. Au vu de la déclaration d’intention de manifester, les pouvoirs publics jugent des menaces éventuelles à l’ordre public et peuvent demander des modifications, notamment sur le parcours prévu. Si les organisateurs refusent les modifications la manif peut être interdite. Mais elle n’est jamais autorisée.

C’est ce qui s’est passé pour celles des 19 et 26 juillet à Paris et les pouvoirs publics ont apprécié les menaces tenant à un parcours côtoyant plusieurs synagogues parisiennes et/ou des organisateurs incapables d’en assurer le service d’ordre. Les crétins irresponsables qui les organisaient ont refusé de modifier leurs parcours, elles ont été interdites. Ils ont ensuite violé l’interdiction, tenu leurs manifs[8] et on sait ce qui s’est passé. La police nationale, on doit l’en remercier, a réussi à empêcher les affrontements intercommunautaires que les excités des deux camps recherchaient. En revanche, d’autres manifs, en Province puis celle du 23 juillet à Paris organisées par des gens plus sérieux, ont pu se tenir et se dérouler normalement.

Bref, dans tout ça, souvenez vous, pas de logique binaire : du type tout interdire ou ne rien interdire s’agissant des manifs pour Gaza, d’autant qu’il n’y a pas de régime d’autorisation des manifestations. A apprécier au cas par cas.

Pour cela, je fais plus confiance aux préfets et aux fonctionnaires du ministère de l’intérieur pour mesurer les dangers d’une situation qu’aux médias qui ne maîtrisent même pas le régime de base de nos libertés constitutionnelles !

La p’tite biblio

Philo

D’une part, un remarquable article du philosophe Jean-Yves Heurtebise « Pourquoi tant de FN en France ? Genèse d’un néo-radicalisme majoritaire »[9].

A lire sur : http://www.sens-public.org/spip.php?article1091

Afin de bien mieux combattre, il faut avoir compris correctement ! L’article nous y aide, enfin ceux qui le souhaitent.

D’autre part, un article intéressant du professeur Raout sur l’inanité scientifique, au regard de la théorie quantique, des préjugés relatifs à la couleur de la peau :

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/didier_raoult/

Music- Hall

Genre artiste de Music-Hall au sens d’artiste complet, un régal l’artiste Ary Abittan !

Vous savez… l’acteur qui joue le gendre juif dans « Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu ? » et l’amant de commande, bien débile, dans « Hôtel Normandy ». Un humour décapant, une drôlerie comme on en a pas vu depuis longtemps avec tous ces comiques contemporains exclusivement formatés Canal+. Et, en plus, il chante superbement… Un p’tit Montant je vous dis ! P’tit ? Faut voir…

[1] On en reparle dans ce numéro en rubrique « Dernières minutes » mais il s’agit du Scandale Bygmalion et des comptes de campagne 2012 avec plusieurs millions d’euros de dépassement (18 millions d’euros sur les 70 de la faillite des comptes de l’UMP de l’ère Copé), du scandale des sondages de l’Elysée sans mise en concurrence et du scandale de l’arbitrage truqué en faveur de Tapie….

[2] Dans ce contexte national, on n’entend pas assez d’ailleurs la voix de la France sur la nécessité de construire un autre ordre mondial que celui de la finance et de sa jungle bien dérégulée par nos bons voyous ultra-libéraux

[3] Le récent rapport de Jean Pisani-Ferry, Commissaire général à la stratégie et à la prospective, remis au Président de la République le 25 juin dernier conclut exactement dans le même sens : il faut réformer les institutions et changer les règles du jeu économique

[4] « Le débat », mai-août 2009, dossier « De l’architecture spectacle à l’architecture de crise », article de Claude Franck, « Un monde d’objets », page 153

[5] Le député Patrick Bloche vient de remettre au Gouvernement un rapport d’information adopté par l’Assemblée nationale qui fait un certain nombre de propositions intéressantes mais pour nous largement insuffisantes. On y reviendra aussi.

[6] Voir à cet égard la remarquable chronique de Gérard Courtois (Le Monde daté du 9 juillet dernier) dans laquelle l’auteur nous explique ce qu’auraient du être les mots d’un véritable homme d’Etat en semblable circonstances

[7] Encore une augmentation du chômage de 0,3% en juin, sauf pour les emplois des jeunes qui bénéficient de contrats aidés sur fonds publics

[8] A deux reprises donc, alors que leurs recours contre les mesures d’interdiction avaient été rejetés par les tribunaux, jusqu’au Conseil d’Etat…

[9] Merci à une de mes followers d’élite, Catherine B. qui m’a aimablement signalé cet article

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