Dernière(s) minute(s)

Dernières minutes du numéro 53 (10 février 2017)

  1. Lamentable, la droite sur la protection de l’enfance

Alors que la ministre de l’éducation nationale venait de faire voter au Parlement une disposition législative permettant de créer un régime d’autorisation d’ouverture des écoles privées afin de lutter plus efficacement contre les écoles religieuses intégristes et radicales, notamment coraniques qui se développent, 60 sénateurs de droite et 60 députés de droite ont saisi le Conseil constitutionnel contre cette disposition au motif qu’elle portait atteinte à la liberté de l’enseignement[1].

Admirable double langage de la droite qui prône sur les estrades la sévérité face au prosélytisme de l’islam radical et qui en sous main pour défendre soi-disant l’enseignement privé (catholique) fait annuler une disposition de salut public pour la protection de l’enfance face aux barbus. On en reste pantois.

Le Conseil constitutionnel a annulé cette disposition au motif que le texte de loi adopté ne précisait pas suffisamment les motifs ou critères sur lesquels une ouverture pourrait être refusée (voir la décision du Conseil constitutionnel en document média joint ccautorisationecoles2016745dc2016745dc). Cette décision est très discutable et on la critiquera comme elle le mérite prochainement (voir notre Tribune adressée à Marianne en document média joint tribune-sur-cc-26-01-17vdef). Mais que l’enseignement privé catholique, les islamistes et la droite, inénarrables associés sur ce coup, ne chantent pas trop victoire, ça va être très facile à réparer et on va même y travailler pour aider au besoin, si NVB, la ministre de l’éducation dont il faut saluer l’intention, n’est pas capable d’écrire une loi d’équerre constitutionnellement du premier coup.

Après tout c’était une de nos propositions pour l’école dans notre dossier publié en janvier dernier en numéro hors série consacré à l’islam radical. Alors, imaginez comme on est motivé !

2) Fillon, le créateur d’emplois qu’il vous faut !

On ne va pas ici, avec tous les médias, dézinguer l’ambulance, voire le corbillard, de François et Pénélope. D’autant que nous devons être à la hauteur de nos propres écrits sur la pseudo justice médiatique qui ne présente aucune des garanties que doit offrir un système judiciaire moderne[2].

Présomption d’innocence… Pénalement, on attendra donc que la justice passe pour en parler davantage. Mais au plan moral, quelle présomption d’innocence nous est opposable ? Aucune en démocratie bien au contraire (c’est à Fillon de rendre des comptes, article 15 de la DDHC de 1789[3]).

Nous nous bornons ici et à ce stade à précisément relever l’absence de toute morale chez les protagonistes de cette affaire lamentable où l’on s’échange les postes, les assistants, les centaines de milliers d’euros de fonds publics, voire même privés, pour s’assurer le revenu mensuel auquel on croit pouvoir prétendre… Ah les manoirs avec 14 chambres et autant de salles de bains, ah courses de bagnole, ça doit coûter un max!

Car, sans blague, de quoi, s’agit-il ? Fillon, élu national, touche, en sus de son indemnité mensuelle de député ou de sénateur, le montant réglementaire du Parlement pour rétribuer ses assistants parlementaires soit presque dix mille euros par mois. Normal, rien à dire sauf à remettre en cause ce dispositif, ce qui paraît nécessaire mais ce n’est pas notre sujet qui n’est aujourd’hui que celui d’un candidat bandit prêt à tout pour se faire un max de fric. Ce montant est versé sur son compte bancaire personnel[4] et le Fillon employeur en attribue une grosse partie à Pénélope, sa femme (travaille, travaille pas pour lui, on n’en sait rien… elle même dit que ce ne fut pas le cas).

Et on se demande comment ont été payées les charges sociales tant par les Fillon, pour la part de la salariée Pénélope qui était à leur charge, que par le Parlement qui dans ce système, acquitte la part employeur pour le compte de l’élu…. Aie, l’URSSAF risque en plus de s’en mêler, bordel !

« Qu’est-ce tu dis Béru ? » Travail fictif et en plus au black ! Vous appelez ça comment, vous ? Comme le dit le rédac chef du Canard déchaîné, le premier procureur des Fillon, c’est Pénélope qui a déclaré à de nombreuses reprises qu’elle n’avait rien à voir de près ou de loin avec les responsabilités de son mari et qu’elle n’avait jamais été son assistante. Un assistant parlementaire aurait-il dit ça de son député ou sénateur ?

Sans même entrer dans les questions pénales qui bénéficient de la présomption d’innocence, d’un point de vue moral on touche déjà au lamentable de chez lamentable si on y ajoute le cynisme de Fillon qui persiste à trouver tout cela normal, à incriminer la presse, le parquet, le pouvoir… Que sais-je encore ? Et à se présenter en victime d’un complot. Inconscient le mec.

Franchement. Il se moque de nous. La main sur le cœur, victime d’un complot étatique ? Comme Cahuzac sans doute ? On aura tout entendu.

3) Revenu universel : refuser la critique couillonne

Extraordinaire sujet de campagne électorale que celui-là, proposé par Benoit Hamon. Digne en effet d’un véritable choix de société et donc d’une élection présidentielle. On ne peut pas se plaindre d’un manque de vision de nos politiques et critiquer une telle proposition comme des tas de couillons l’on fait en se limitant à une analyse exclusivement comptable.

Le sujet est en effet d’abord philosophique : quelle société voulons nous ? Une société centrée sur le travail comme vecteur de réalisation et d’épanouissement ? Une société au contraire de l’homme libéré du trepalium ? On y reviendra car c’est un extraordinaire sujet, d’une profondeur sans égale mise à part peut être la question de l’écologie qui lui est d’ailleurs liée.

La question de la faisabilité est seconde, même si elle est aussi essentielle[5]. Mais ne la situons pas seulement au niveau des paquets de milliards à réunir : se pose surtout la question du niveau pertinent (Etat, Union européenne ?) pour s’engager dans une telle voie extrêmement coûteuse. C’est donc bien la question de la possibilité du revenu minimum dans un seul pays qui se pose de manière essentielle en matière de faisabilité.

 

Pour contribuer au débat et à la réflexion, DECODA vous fournit quelques billes ou fusées éclairantes. D’abord, la remarquable synthèse philosophique de Anne Chemin dans le Monde des Idées du 28 janvier dernier (Document média joint). Ensuite, quelques bonnes analyses glanées sur le net chez Xerficanal (vidéo de Olivier Passet) ou davantage de vulgarisation proposée par l’Obs[6]. A suivre donc.

4) Djihad judiciaire

Il y a les méchants qui menacent de mort et font peur, qui passent même à l’action violente les armes à la main, et puis il y a ceux qui, mine de rien, les aident, de pseudo gentils qui mènent le combat judiciaire. Un combat sans relâche attaquant devant les tribunaux, sous couvert d’islamophobie, tout ce qui critique l’islam d’une manière ou d’une autre. Ces dernières années les exemples foisonnent depuis le procès fait à CHARLIE après les caricatures de Mahomet en 2006.

Sachez le bien, en droit français la critique des idées, et donc des religions, est sans limite car c’est cela la démocratie et le débat qu’elle suppose et permet. Les limites concernent les personnes, les individus, qu’il ne faut pas injurier, diffamer, dénigrer, ostraciser, discriminer, etc. Les personnes bénéficient d’une protection juridique contre les excès éventuels de leurs contradicteurs, pas leurs idées ou leurs croyances. Aucune protection ne peut empêcher leur critique, leur mise en débat. Jamais ! Pas ici. Pas chez nous.

Les fanas du djihad judiciaire voudraient que cela change, que l’on rétablisse le délit de blasphème par exemple, ou que l’on érige  leur fameuse « islamophobie » en une homologue de l’antisémitisme, pour protéger leurs idées, leur religion de merde de toute espèce de critique. Mais cela ne marche pas. Ils perdent régulièrement leurs mauvais procès mais ils persistent pour maintenir une pression constante car ils ne lâchent rien. Ils perdent mais ils continuent, cela fait partie de leur stratégie judiciaire. Et ils pourchassent sans cesse dans une sorte de traque devant les tribunaux les tenants de la liberté critique sur l’islam.

Il faudra s’interroger sur les moyens de limiter cette capacité de nuisance, sans porter atteinte à nos principes fondamentaux et au droit au recours qui est constitutionnellement garanti à tous. On le fera dans un prochain numéro. Mais déjà, plusieurs procès en cours nous révoltent ; mais à des degrés divers car, parfois, les propos de certains critiques des islamistes présentent des faiblesses[7]. Comme on l’a déjà dit il ne faut offrir aucun procès facile à ces gens là.

5) Lutte contre le terrorisme, la vraie…

La vraie parce que ce n’est pas celle des pseudos experts de plateau TV dont on parle ici. Non, on parle d’un truc, qui n’est pas pour eux, ni pour les neuneus du « yaka »[8], on parle d’un truc solide, du lourd, et qui appelle un effort intellectuel pour comprendre et juger autrement qu’au comptoir l’anisette à la main ou en salle de rédaction avec une coupe de champ en paluche…

Lisez donc la circulaire d’application de la loi du 3 juin 2016 contre le terrorisme prise par le garde des sceaux qui donne des instructions aux parquets et à nos forces de police, vous ne comprendrez peut être pas tout car c’est ardu, mais vous verrez ce que c’est qu’une politique pénale bien conduite et qui se veut efficace[9].   Vous la trouverez en document média joint sur mon blog (cir_41696).

 

Notes de bas de page

[1] Voir http://www.marianne.net/agora-ecoles-privees-60-senateurs-droite-enterrent-reforme-republicaine-vallaud-belkacem-100249600

[2] Voir notre article dans Slate http://www.slate.fr/story/105077/medias-proces-equitable

[3] Article 15 : « La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration. »

[4] Compte solo ou compte joint ? On n’en sait rien. Si compte solo de FF, et qu’il n’a rien versé sur un compte ouvert au nom de PF, il ne l’a même pas payée sa salariée fictive ! Quoi qu’il en soit les enquêteurs trouveront, pas de souci : Fillon c’est super menteur sur tout, voir http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170131.OBS4664/francois-fillon-super-menteur.htm

[5] Et le sujet n’est pas binaire, philosophique ou comptable, on peut aussi s’interroger sur la manière de déconnecter de plus en plus travail et revenu sans s’empailler sur un sujet qui peut faire polémique (Victor…), car idéologique…

[6]http://www.xerficanal-economie.com/emission/Olivier-Passet-OPA-Le-revenu-universel-5763_3744367.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC180117;

http://www.xerficanal-economie.com/emission/Olivier-Passet-OPA-Tabou-de-campagne-les-non-dits-des-representations-du-travail-5831_3744417.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC010217

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/presidentielle-2017-primaire-gauche/20170118.OBS4005/que-repondre-a-votre-beau-frere-qui-est-contre-le-revenu-universel.html#xtor=EPR-3-[ObsDerMin]-20170119

[7] Voir notamment http://www.marianne.net/islamophobie-proces-honteux-fait-georges-bensoussan-100249383.html; http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/01/19/31003-20170119ARTFIG00152-proces-bruckner-une-defaite-pour-les-collabos-de-l-islamisme.php; http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/12/19/31001-20161219ARTFIG00194-primaire-a-gauche-et-laicite-le-coup-de-gueule-de-celine-pina-contre-hamon-et-peillon.php

Voir aussi la véritable chasse à laquelle se livrent les islamistes contre Gilles Clavreul le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme depuis qu’il a, à juste titre, fustigé le sinistre double jeu du CCIF et des Indigènes de la République

[8] Vous avez noté les blacks zélandais ont leur « haka » et nous nos blancs gaulois ont leur « yaka »…

[9] http://circulaires.legifrance.gouv.fr/pdf/2017/01/cir_41696.pdf

 

 

 

2 réponses à “Dernière(s) minute(s)

  1. Merci (entre autres) pour cette réaction sur le projet de refondre le code du travail, sous prétexte qu’il est trop épais et, par le fait, devenu « illisible ».

    1. Ce prétexte de « l’illisibilité du code du travail » est évidemment calibré comme une « petite phrase », pour faire mouche efficacement ; cette « petite phrase » cible les media et l’opinion publique ; elle ne cible pas les juristes.
    Tout cela est en effet bien drôle : Faudrait-il donc lutter contre l’illettrisme au MEDEF ?
    Mais, imagine-t-on vraiment un DRH qui ne comprendrait rien aux articles du code du travail ? Alors même que son patron lui demande de faire preuve d’imagination pour contourner ces mêmes articles ?
    – « Boss ! Je comprends rien, là ..
    – Ah good joke ! Oh, realy ? You are fired .. »

    2. Il faut surtout remarquer, que la droite et le patronat n’ont pas réclamé, dans le même temps, la refonte du code fiscal (plus épais et donc, à cette aune, encore plus illisible que le code du travail). La différence est que :
    – le code du travail protège les salariés (le patronat a tendance à considérer les « ressources humaines » comme une « variable d’ajustement » pour baisser ses coûts) ;
    – le code fiscal est truffé de dérogations ; sa saine lecture permet donc de faire de « l’optimisation fiscale ».
    C’est la gauche qui réclame une réforme fiscale, pour rétablir la progressivité de l’impôt (cf. l’économiste Piketty).

    3. Sous ce prétexte (trouvé par un bon communiquant), il y a certainement l’objectif de gagner en compétitivité ; c’est une « réforme structurelle ».
    Le problème est que les autres pays membres de l’UE font les mêmes réformes structurelles : comme il y a déjà une « spirale déflationniste » en matière fiscale, qui donne une prime au « moins disant fiscal » de l’année, il y aura une autre « spirale déflationniste » qui touchera à la protection sociale.
    Jusqu’où ira-t-on dans ces « réformes structurelles » ?
    Le plancher pourrait-être le niveau de la « charte des droits fondamentaux » de l’UE (cf. Traité de Lisbonne) ; cependant, la Pologne, le Royaume-Uni et la République tchèque ont négocié un régime dérogatoire à son application.
    Le plancher, à un niveau encore plus bas, pourrait être la charte sociale européenne du Conseil de l’Europe (ce serait alors le code du travail de nos amis russes et turcs).

    http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/ue-citoyennete/citoyennete-europeenne/pourquoi-charte-droits-fondamentaux.html#rub_55
    http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/socialcharter/Presentation/FAQ_fr.asp#1.__Qu%E2%80%99est-ce_que_la_Charte_sociale_europ%C3%A9enne_

    4. Le sous-objectif de ce prétexte est aussi de donner une large place aux négociations entre partenaires sociaux ; ce n’est pas forcément idiot ; à cet égard, qu’on se souvienne des lois Aubry sur les 35 heures, en effet, c’est une réforme qui avait été complètement négociée : voir l’exposé des motifs de la seconde loi Aubry :

    http://www.assemblee-nationale.fr/11/projets/pl1786.asp

    Mais, à la table de la négociation, il faut que s’asseyent des partenaires sociaux de force égale . A cet égard, croit-on vraiment qu’il y ait une égalité possible en période de crise économique ? En effet, les syndicats n’ont pas de moyens de pression : qui ferait donc grève pour les soutenir, quand il y a un chantage permanent à l’emploi ?

    Robert

    • excellent mon bon Robert !
      tellement bon que sauf contre ordre de ta part je vais publier ça dans mon prochain billet pour que tout le monde puisse en profiter car, hélas, tous mes abonnés ne sont pas abonnés aux commentaires
      il serait dommage que cela se perde dans les sables de wordpress !
      amitiés
      F

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s