Empaffé…

 

Tandis que la classe politique s’empaille au Parlement, et devant micros et caméras de nos bons neuneus, sur le cas d’un triste soudard appartenant aux équipes de l’Elysée et qui s’autorise un baston sur des manifestants alors que sa présence n’est autorisée au sein des forces de l’ordre présentes sur la manifestation du 1er mai qu’en tant qu’observateur (puisqu’il n’est pas policier), le gouvernement poursuit son oeuvre de réforme gaillardement…

Sur la réforme constitutionnelle que l’on soutient ici comme on l’a déjà écrit dans un précédent billet (https://francoisbraize.wordpress.com/2018/05/23/reforme-de-institutions-silence-on-enfume/), l’exécutif vient de déposer un amendement qui est un véritable scandale, sans que personne ne moufte dans les médias, et ni à droite, ni à gauche, ni au centre.

Voir : https://www.francebleu.fr/amp/infos/politique/le-droit-local-d-alsace-moselle-bientot-dans-la-constitution-1531913397

Il s’agit par cet amendement d’inscrire dans la Constitution la spécificité du droit local en Alsace et Moselle de manière à faire tomber la jurisprudence du Conseil constitutionnel qui a décidé que ce droit spécial ne pouvait être modifié désormais par le législateur que pour le rapprocher du droit commun du reste du territoire de la République (bref, le législateur ne pouvait y toucher que pour l’abroger progressivement). On allait, dans la logique d’un régime d’un autre siècle et d’autres temps, maintenu transitoirement, vers sa déconstruction et vers l’unité de la République.

Au contraire ce régime spécial, avec cette modification de la Constitution portée par le pouvoir présidentiel, pourra être approfondi, complété, enrichi par le législateur de nouvelles dispositions dérogatoires et en toute constitutionnalité désormais. « Merci Macron ! », « Merci Macron ! » peut chanter le coeur des curés, rabbins, pasteurs et autres consorts…

Vous voyez ce que cela veut dire pour le maintien du Concordat napoléonien et l’absence de séparation des églises et de l’Etat dans ces départements… Non ? On passerait ainsi d’un régime transitoire fragilisé par le Conseil constitutionnel a un régime constitutionnellement définitif. Ainsi, les autres cultes, et notamment le culte musulman, qui ne profitaient pas de ce régime qui voit salarier les religieux de ces confessions par l’Etat, pourront y entrer de plain pied !

Macron non content de vouloir réparer un lien abimé selon lui avec l’église catholique (alors qu’il a été rompu par la loi de 1905, voir notre article : https://francoisbraize.wordpress.com/la-rupture-du-jeunot/) (1), poursuit son oeuvre destructrice de notre laïcité et sauve définitivement le Concordat napoléonien en Alsace-Moselle en lui donnant en outre le moyen d’être étendu à toutes les confessions qui le réclameront.

Et si, comme on l’a dit, notre Etat salarie dans ces départements les curés, rabbins et pasteurs, désormais le culte musulman, ou celui des adorateurs de la petite cuillère, sera fondé constitutionnellement  à le réclamer !!!!

Avant cet amendement on ne pouvait constitutionnellement leur donner satisfaction, désormais avec cet amendement on sera tenu de leur donner satisfaction au nom d’un autre principe constitutionnel, le principe d’égalité.

Comment appelez vous un président qui met cela à son tableau de chasse ?

Moi, je n’ai qu’un mot de disponible en restant bien élevé, c’est « empaffé » !

 

 

 

Note de bas de page

(1) voir aussi mon article publié par C Kintzler sur son blog :

http://www.mezetulle.fr/la-republique-laique-et-les-cultes-reconnaissance-meconnaissance-connaissance/

et ici sous le titre de « Mon nom est Personne »

 

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