Finir le travail ?

In limine litis…

Que faire les 11 et 18 juin quand on est républicain et de gauche ? Quand on est authentiquement social-démocrate. Apporter notre voix à un candidat de LRM pour donner une majorité parlementaire encore plus large au nouveau président?

On dirait qu’il n’en a même pas besoin. La situation est en effet différente de celle qui se présentait lors de l’élection présidentielle pour laquelle il fallait éviter un scénario cauchemardesque avec un second tour opposant la droite républicaine au FN. Il fallait faire barrage.

Là, pour voter pour les candidats LRM il faut adhérer au projet et sans trop de réserve ou de prévention. Et c’est là que le bât blesse pour ce qui nous concerne, il faut bien le dire. Sur deux points même si nous adhérons à de nombreux autres volets du projet de LRM. Et ces deux points sont fondamentaux.

D’une part, concernant les valeurs républicaines, l’égalité homme/femme et la laïcité, la mollesse de LRM ne nous convient pas. Pas vraiment. On l’a déjà dit. On le répète, rien n’ayant changé.

De même, sur le plan économique et social  le projet LRM est social libéral et s’apparente à ce qu’ont promu et mis en place en leur temps Blair ou Schröder dans leurs pays respectifs… Cela ne nous convient pas non plus quand on voit la précarisation des salariés qui en résulte dans ces pays. Comment être de gauche et soutenir l’accroissement de la précarité dans le travail, même pour réduire le chômage ?

LRM s’aligne trop sur l’idéologie libérale dominante en Europe. On ne regagnera pas l’électorat populaire de cette manière et on ne fera ainsi que nourrir les forces de la France insoumise et du Front national, ou encore l’abstention.

Bref, le pas est trop grand pour adhérer purement et simplement à un tel projet et voter dès le premier tour pour un candidat LRM aux élections législatives. L’envie que ce jeune président réussisse dans ses objectifs de redressement et de renouvellement, chez nous aussi très forte, ne suffisent pas à contrebalancer cette gêne pesante. On avisera pour le second tour sur ce qu’il conviendra de faire mais là, au premier, on ne peut pas faire comme si de rien n’était.

Comme aucun des autres candidats dans ma circonscription, ni plus généralement aucun autre parti, ne correspond au fond désormais à notre exigence sociale démocrate et républicaine, on votera donc a priori « blanc » au premier tour.

Pour en sourire car cela ne met pas en joie, on s’est  enlevé par cette expression dans ce billet une boule à l’estomac qui grossissait au fil des jours depuis quelques temps. Mais, en toute immodestie comme pour les stances du CID avant de décider de venger Don Diègue en tuant le père de Chimène, on ne croit pas au caractère délibératif de ce propos mais plutôt à la justification d’une décision inconsciemment déjà prise ! Une décision au fond de gauche. Fondamentalement de gauche et pas pour des chimères.

Publicités