« Gunfight at the french O.K. Corral ! »

Règlements de comptes à French Corral !

Et voilà, c’est fait ! Et bien comme il faut. A chaud, tenons-nous en donc à l’essentiel.

La blonde à neuneu est deuxième, alors que des mois de sondages la promenaient largement en tête au premier tour. Souvenez-vous, cette promesse de honte nationale et internationale que nous serinaient tous les benêts des médias. FN, premier parti de France ? Battu par une jeunot et son mouvement « En marche ! » qui n’est même pas un parti, qui a moins d’un an et qui devait être une bulle sans lendemain. Quand un pays veut rester dans l’honneur, il le peut malgré tous ses Cassandre.

C’est en effet déjà une première victoire qu’un candidat républicain soit en tête, avant d’écrabouiller sans coup férir la Marine au second tour. Mais pour ça il faut que le front républicain joue à plein.

Justement, Fillon et Hamon ont été très dignes dans leur défaite et, en républicains, ont appelé à faire barrage aux thèses xénophobes de la haine et du repli.

Mélenchon, quant à lui, nous a scotchés par une déclaration qui a fait, dans son ton et ses mots, ressurgir le Mélenchon agressif, au fond méchant et bête, de 2012. Comme si, lui aussi, s’était, le temps qu’il fallait en 2017, dédiabolilisé et donné un masque avenant, intelligent et sympathique, masque qui s’est brusquement déchiré hier au soir. Il suait la rancœur et la haine et faisait peur à voir et à entendre. Une âme noire. Macabre.

S’il était dans son droit de s’en remettre à l’avis de ses « insoumis » pour une future consigne de vote, il était en devoir, ne lui en déplaise, en républicain de prendre ses responsabilités face au danger fascisant et raciste. Et il ne l’a pas fait. Le masque est tombé. Le  mauvais homme est bien là, derrière, caché dans l’ombre et il a renvoyé dos à dos, MLP et Macron. A peine croyable.

On est ici, in fine, très heureux de ne pas avoir cédé à ces sirènes de la gauche dure qui auraient pu nous être sympathiques en tant qu’autre rempart au FN et à la casse sociale de la droite, tant le monde libéral dérégulé est odieux. On aurait pu le faire si ces sirènes ne s’étaient pas assorties d’une lamentable position sur l’Europe et d’une politique internationale de compromission avec ce qu’il y a de pire, sans même parler d’une certaine mansuétude pour l’islam, très classique chez les islamo gauchistes[1]. Deux axes de renoncements et une lâcheté pour nous insupportables. Il est vrai que ça faisait beaucoup d’impasses…

Ils pourront tant qu’ils veulent, du côté des ses soutiens jouer de la rhétorique jésuite ou trotskyste, il n’en demeure pas moins qu’il avait l’air avec sa violence à peine contenue d’un aigri et d’un fou. On en est encore sous le choc, comme sous celui, le soir même, des violences publiques délibérées de certains de ses amis à Paris.

Mais, au fond, l’avantage est que c’est maintenant très clair. S’il advenait que la France insoumise n’appelle pas clairement à voter contre le FN au second tour, la rupture avec cette « gauche » serait alors pour nous définitive car on ne peut pas, de quelque manière que ce soit, se laver les mains ainsi du sort du pays et des valeurs républicaines.

Ceci étant dit aussi nettement que souhaitable, les règlements de compte vont se multiplier à French Corral au delà de celui dont on pose ici les prémisses. Et ca va défourailler sec, les deux « grands » partis de l’alternance républicaine depuis bientôt 40 ans étant éliminés du second tour de la présidentielle. Il va leur falloir trouver des responsables et, encore mieux si possible, des boucs émissaires.

Ca a commencé à droite avec tous ceux qui désignent Fillon à la vindicte militante, oubliant qu’ils l’ont soutenu mordicus et peut être même contraint à continuer à défaut de plan « B » accepté par la « Sarkozie »… Mémoire courte pour militant déçu mais pas assez con pour imputer cela à un complot venu d’un capitaine de pédalo qui donnerait des leçons à Machiavel.

Du côté du PS, le débat est clair, ce parti ne peut pas exister sur la ligne frondeuse dès lors qu’existe la France insoumise de Mélenchon. Quel espace politique lui reste t-il avec d’un côté Mélenchon et de l’autre un Macron flamboyant sur une ligne centriste « droite ET gauche » ? Ligne qui commence à être plébiscitée dans les urnes par les français après les décennies où ils le rabâchaient dans les sondages. La réponse est simple : aucun espace. Il ne faut pas s’en réjouir. Il faut donc tout faire pour ne pas en rester là.

Dans un monde hypercomplexe, même si le clivage républicain droite/gauche n’est plus, sur certains sujets, pertinent aucun autre ne peut lui être substitué comme davantage opérationnel sur tout le champ politique d’organisation de la Cité.

Si les républicains intelligents des deux camps peuvent travailler ensemble dans un schéma centriste il n’y a aucun doute, ce ne peut être la seule issue par rapport aux extrêmes de droite et de gauche, réunis dans une même hostilité à notre système politique. Nous avons besoin du maintien d’une possibilité de gauche de gouvernement pour à coup sûr réduire les extrêmes.

Ce doit être une option possible et forte. Et pour cela il faut que la gauche ne se réduise pas à celle des luttes sociales et qu’une ligne sociale démocrate se reconstruise. Ce n’est pas parce que Emmanuel Macron donne un vrai corps au Centre que l’un des deux camps politiques doit disparaître ou être réduit à ses extrêmes, perspective mutilante.  On ne va quand même pas se retrouver avec deux extrêmes plus ou moins infréquentables et un magma au centre réunissant tout ce qui se compte comme républicains. Quelle misère…

Bref, ne nous laissons pas condamner au piège insidieux soit les extrêmes, soit le centre. Il faut refaire le boulot : réduire les extrêmes à leur plus simple expression, celle de groupuscules sans devenir qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Pour cela, il va falloir sortir des simples incantations et trouver des solutions qui ramènent aux options républicaines et européennes dans une économie de marché mieux régulée, les électeurs frontistes, ou insoumis. Gros boulot.

A Macron de s’y coller d’abord en ayant l’intelligence, par certaines évolutions de son programme, de construire le rassemblement qu’il souhaite opérer. En somme, des gages à droite ET des gages à gauche. Pas facile, le Centre… A moins que ces foutus gages soient les mêmes : une plus grande intransigeance sur les valeurs républicaines, davantage de justice sociale mais aussi d’efficacité économique et, vite, des résultats. Le pourra t-il ? Le voudra t-il ?

A cet égard, il va déjà profiter des résultats de la politique conduite sous Hollande et Valls qui se dessinent de plus en plus nettement de manière positive en ce début 2017[2]. Ici on préfère que ce se soit lui plutôt que Fillon, Hamon ou Mélenchon qui en tire bénéfice. Ils ont trop craché dessus.

Sacré challenge, mais jouable. D’autres pays, notamment au Nord de l’Europe (non british), y ont réussi et il paraît que le jeunot veut s’en inspirer.

Alors… A suivre et s’il échoue il faut qu’une gauche de gouvernement se tienne prête. Elle est à reconstruire dans une clarification réelle ! Les Républicains à droite ont le même travail à faire.

Après le règlement des comptes, ou « gunfight » des deux côtés du french Corral.

 

 

Notes de bas de page

[1] Sa position est habile pour ne pas s’aliéner le vote des « territoires perdus de la République » en s’attaquant directement à l’islam radical, qui doit être désigné pourtant pour ce qu’il est, une religion totalitaire : JL Mélenchon prend une position d’application stricte de la loi de 1905, d’abrogation du concordat d’Alsace-Moselle et des lois Debré sur le financement de l’école privée, qui lui permet de fait de ne heurter de front que l’électorat des confessions classiques et pas l’islam qui ne profite pas, ou peu, de ces accommodements déraisonnables…  

[2] Rappelons aux pisse-froid et à ceux qui n’y comprennent rien que tous nos indicateurs économiques sont désormais au vert y compris sur l’emploi avec la perspective de création de deux millions d’emplois cette année. Il aurait pu partir sur de plus mauvaises bases, comme Hollande en 2012 par exemple…

 

Texte du billet en document joint : Règlement de comptes à OK corral