IFOP 2019 : les musulmans en France

…30 ans après l’affaire du foulard à Creil, le tchador n’a pas dit son dernier mot

 

L’IFOP vient de rendre publics les résultats de son étude sur les musulmans en France.  Une excellente interview de Jérôme Fourquet au Point rend très bien compte des résultats de cette étude qui montre une évolution des opinions ou demandes qu’expriment une part plus importante des musulmans qu’il y a trente ans. Allez-y voir de plus près.  Cela doit conduire à la plus grande vigilance vis-à-vis des revendications religieuses, politico-religieuses ou communautaristes qui s’expriment toujours davantage sous l’aiguillon des militants de l’islam politique intégriste (1).

A cet égard, on ne peut que faire le lien avec les positions des tenants d’une laïcité ouverte prêts à des accommodements à l’école ou dans l’espace public qui prennent tout leur relief déraisonnable au vu des résultats de l’étude de l’IFOP… Rien de tel que de lire à ce propos le débat épistolaire entre Laurent Bouvet (Printemps républicain) et Alain Bergounioux (Fondation Jean Jaurès) à ce sujet, publiés par le site Telos. On vous y donne accès après l’interview de J. Fourquet sur l’étude de l’IFOP. 

 

I – Etude IFOP, l’interview de Jérôme Fourquet

Le Point : Il y a trente ans éclatait « l’affaire des foulards » à Creil. Est-ce un tournant important dans la société française?

Jérôme Fourquet : A partir du début des année 1980, il  y a une prise de conscience collective, par la société française, non seulement de la réalité de la présence d’immigrés de culture musulmane sur son territoire, mais aussi du fait que cette immigration a vocation à rester sur place. La première date symbolique, c’est 1983, avec la Marche des beurs et les grèves  dans l’automobile. On commence à parler de « la deuxième génération ». 1989 est une autre date clé, avec cette fois-ci une prise de conscience des défis que représente cette immigration musulmane, notamment sur le principe de la laïcité. Les signes religieux dans les établissements publics ne sont alors plus une problématique dans une société française qui est en train de s’apaiser sur la guerre des deux écoles, et qui, comme l’écrit Marcel Gauchet en 1985 dans le « Désenchantement du monde », a déjà bien entamé son processus de sortie de la religion. L’affaire de Creil repose subitement la question de la manifestation du religieux dans l’espace public et, comme le montre bien le livre que vient de publier la Fondation Jean Jaurès, « Les foulards de la discorde », ce retour du religieux, mais musulman, est particulièrement problématique pour la gauche française. La laïcité, élément structurant de l’identité de la gauche française, avait toujours été pensée dans le contexte de l’opposition au catholicisme. Là, elle se retrouve confrontée à la religion musulmane, ce qui change énormément de choses.

Plus globalement, l’affaire de Creil va susciter un intense débat dans la société française autour de l’interrogation sur l’acclimatation possible de l’islam à notre modèle républicain. 1989 ouvre en quelque sorte une nouvelle ère et acte médiatiquement et sociologiquement l’existence de l’islam en France. L’Ifop, qui a pour vocation de suivre les évolutions de fond de la société française, a d’ailleurs commencé cette année-là à sonder et interroger la population de confession ou de culture musulmane. 30 ans après cet évènement marquant, le Point et la Fondation Jean Jaurès, ont demandé à notre institut de jeter un nouveau coup de projecteur sur cette population de confession ou de culture musulmane.

Pour lire la totalité de cette très intéressante interview se reporter au document joint :

Etude IFOP 2019-interview J.Fourquet

 

Pour retrouver l’intégralité des résultats de l’Etude de l’IFOP :

https://www.lepoint.fr/societe/exclusif-jerome-fourquet-le-tchador-n-a-pas-encore-dit-son-dernier-mot-18-09-2019-2336481_23.php

 

II – Le débat entre Laurent Bouvet et Alain Bergounioux : « laïcité exigeante » contre « laïcité ouverte »…

 

L’échange épistolaire entre ces deux auteurs est accessible aux liens ci-dessous :

https://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/lettres-sur-la-laicite.html

https://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/lettres-sur-la-laicite-suite.html

 

J’ai laissé délibérément de côté la troisième livraison fournie par le site Telos qui ne donne en dernier lieu la parole qu’au seul Bergounioux ce qui rompt l’équilibre dans la présentation des points de vue qui avait prévalu jusqu’alors…  De quel droit devrait-il être seul à conclure ?

J’en ai fait l’observation à cette publication que j’apprécie; elle n’a pas daigné répondre. Tout fout le camp…

Conclusion

puisqu’il en faut bien une pour que les choses soient claires

30 ans après l’affaire des foulards de Creil et à l’heure du burqini, l’étude IFOP nous montre bien qu’il faut ne rien lâcher et telle est et reste notre ligne politique. Cette ligne est celle la défense de la laïcité à la française et des droits des femmes, valeurs éminemment républicaines,  qu’aucune raison ne peut conduire à abdiquer face aux intégristes musulmans, ni, c’est entendu sauf pour des ânes, à devoir abandonner à l’extrême droite (2)

Si, donc, le Tchador n’a pas dit son dernier mot gardons nous bien de le lui laisser !

Pour finir sur l’avatar contemporain de ce vêtement trente ans plus tard, le burqini, une excellente synthèse a été faite par un collectif pour montrer l’inanité des arguments de ceux qui se déclarent favorable au laisser faire sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres.

En effet, ce collectif de quatorze personnalités, dont la sociologue Nathalie Heinich, l’urgentiste Patrick Pelloux et le philosophe Pierre-André Taguieff, s’indignent des arguments invoqués par les militantes qui réclament le droit de porter le maillot de bain islamique à la piscine

Lisez et faites circuler c’est excellent !

Piscine et « burqini » 

 

Un immense merci à toutes celles et tous ceux qui m’ont alimenté des informations qui ont permis la réalisation de ce billet, ils n’ont pas perdu leur temps !

 

 

 

Notes de bas de pages

 

(1) Voir à cet égard l’offensive, chaque été désormais, de ces militants sur la question du burqini dont on a rendu compte ici même :

https://francoisbraize.wordpress.com/il-est-pas-beau-mon-burkini/

ou encore l’offensive permanente sur la question des signes religieux en sorties scolaires à propos desquelles les choses ont été dites clairement depuis longtemps sur leur caractère inadmissible :

http://www.mezetulle.fr/accompagnateur-scolaire-ou-maman-voilee/

http://www.slate.fr/story/95391/laicite-ecole-parents-signes-religieux

 

(2) Pourquoi avoir avancé, au prix de combats très lourds, vers l’émancipation en nous libérant de l’emprise des curés et de l’église depuis plus d’un siècle pour au final aller vautrer notre République et notre société civile sous le joug d’un islam politique rétrograde  et de ses imams autoproclamés ? Franchement… Faut être un peu con, non me dit CHARLIE  ?