La COP21 sur son 31

« La COP 21 sur son 31 ! »

Par Lucas Bodet,

Master2, Sciences Politiques-Relations Internationales, Parcours Francophonie et Mondialisation, Spécialité Développement Durable et Economie Sociale et Solidaire; Université Jean Moulin, Lyon 3

 

« Historique », « inattendu », « exemplaire », « inabouti »… Les réactions à l’Accord final obtenu lors de la COP21 à Paris sont encore chaudes que les premières analyses et les premières critiques se sont faites entendre. Et si tout le monde avait effectivement raison, mais chacun dans son coin ?

Cet accord universel pour lutter contre le changement climatique est Historique. Il est le premier à réunir 195 Etats depuis la nouvelle définition du système politique international à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Le consensus obtenu sur chaque mot et chaque formulation de l’Accord est Inattendu. Les déceptions nées des précédentes négociations climatiques et les nombreuses réticences de certains Etats ont longtemps laissé envisager un énième fiasco. Si tant est que l’on considère les conférences antérieures comme des échecs…

Exemplaire dans sa conception et dans sa construction, parce que des mentions inédites et ambitieuses ont été introduites, au bout d’un intense travail diplomatique. Pourtant, l’Accord de Paris peut paraître Inabouti dans certains aspects. Cela est autant dû à des absences dans le texte qu’à la structure même d’un accord international.

L’Accord de Paris : le contenu et les cons, tenants et aboutissements.

L’Accord international sur le climat, ou Accord de Paris, approuvé le 12 décembre 2015 par l’ensemble des 195 délégations présentes, doit s’ouvrir à la signature desdites délégations le 22 avril 2016 et jusqu’au 21 avril 2017. Ce texte de 39 pages (dans la version française) et de 29 articles a pour objectif de limiter les effets du réchauffement climatique.

Il y avait et il y a toujours urgence à agir : urgence climatique pour une partie du globe ; urgence politique afin de prendre les décisions qui s’imposent ; urgence économique ; urgence sociale ; urgence environnementale ; urgence sociétale ; urgence sanitaire… Il y a URGENCE !

Parce que NON, le réchauffement climatique n’est pas un complot du lobby des Piscinistes du Monde Entier (les PME dont on entend tant parler dans les médias…). Le réchauffement climatique est là, il existe, il est réel, point. Et il est désormais majoritairement imputable à l’activité humaine.

L’ère de l’anthropocène[1] dans laquelle nous nous trouvons actuellement oblige l’espèce humaine à prendre ses responsabilités. Tout l’enthousiasme né de cet accord provient de cette prise de conscience et de responsabilité.

Mélangez-y des modèles économiques centenaires et énergivores, des systèmes politiques encore plus anciens ; Ajoutez une pincée (ou une poignée) d’intérêts nationaux et industriels divergents, et saupoudrez le tout de confrontations diplomatiques et d’egos… Vous obtiendrez alors la meilleure mayonnaise pour accompagner vos fruits de mer et votre gastro-entérite !

Pourtant, contre toute attente, la Conférence de Paris sur le Climat, 21ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, a débouché sur un texte validé par tous les participants, sans pour autant constituer un document creux et vide.

Comment est-ce possible ? Parce que pour certains, il est déjà trop tard. Le cœur des négociations devait tourner autour de la limitation des émissions de gaz à effet de serre et du réchauffement climatique à 1,5 C°. C’est chose faite, et même plus encore[2].

Il est important de remettre les choses en perspective. L’Accord de Paris est considéré comme une réussite grâce aux échecs des réunions internationales précédentes. Notamment s’agissant de Copenhague. C’est à Copenhague que les Etats, sous la pression des Etats insulaires directement menacés, ont fixé cet objectif de 1,5 degrés.

On peut d’ailleurs faire de même avec toutes les conférences sur le climat, tous les Sommets de la Terre depuis Stockholm en 1972, pour y noter à chaque fois des progressions, mais également des freins (le contexte de Guerre Froide en 1982, la redéfinition du nouvel ordre mondial en 1992, le traumatisme post-11 septembre en 2002, la crise financière et économique en 2012…). Il aura fallu un fantastique mouvement de solidarité internationale en 2015 pour permettre à la France de décrocher un Accord universel. En 2015, Paris est à la fois l’aboutissement d’une aventure commune, mais également le point de départ vers autre chose… L’avenir nous dira de quoi il s’agit !

Les mentions de l’Accord nous offrent un aperçu de ce que pourrait être cet avenir, à conjuguer entre ATTENUATION du changement climatique et ADAPTATION aux effets du changement climatique[3].

ATTENUATION   Pour le premier, un calendrier biannuel des contributions nationales a été fixé. Cela signifie que tous les Etats parties à l’Accord devront, de la même façon qu’ils l’ont fait à l’approche de la COP21, afficher tous les deux ans des informations chiffrées sur leurs efforts en matière d’émissions de GES (ainsi que leur portée, leur champ d’application, accompagnés d’une planification, des hypothèses et des démarches méthodologiques mises en œuvre). L’Accord prévoit un mécanisme de révision quinquennal à partir de 2025, après son entrée en vigueur en 2020. Ce mécanisme de révision n’est pas limitatif pour les Etats souhaitant avancer plus rapidement, et ainsi revoir leurs contributions avant la date butoir. De nombreux Etats, dont la France, et plus largement l’Union Européenne, ont annoncé des contributions révisées rapidement (autour de 2020), face à l’urgence climatique pointée par les ONG pour lesquelles la date de 2025 est trop lointaine[4]. L’article 14 de l’Accord annonce d’ailleurs un premier bilan mondial des progrès effectués en 2023 et tous les 5 ans par la suite. En temps politique et diplomatique, c’est néanmoins une belle victoire.

ADAPTATION   « Conscientes que les changements climatiques sont un sujet de préoccupation pour l’humanité toute entière et que, lorsqu’elles prennent des mesures face à ces changements, les Parties devraient respecter, promouvoir et prendre en considération leurs obligations respectives concernant les droits de l’homme, le droit à la santé, les droits des peuples autochtones, des communautés locales, des migrants, des enfants, des personnes handicapées et des personnes en situation vulnérable, et le droit au développement, ainsi que l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et l’équité entre les générations ». Cette notion d’adaptation a été particulièrement développée, notamment par l’incorporation, dans les programmes d’aides au développement et de financement de l’action climatique, de mesures de protection contre les risques climatiques et de résilience aux changements climatiques.

En parallèle, l’Accord poursuit le travail entamé à l’ONU par l’adoption de la résolution « Transformer notre monde : le programme de développement durable à l’horizon 2030 » et le Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement.

Il est en effet important de ne pas isoler l’Accord de Paris du reste du système international. Une fois signé et ratifié, il s’inscrira totalement dans le corpus international, mais il doit toujours être rattaché à ceux (les textes hein, pour les femmes et hommes, on le verra plus tard…) qui l’ont fait, à toute sa famille d’accords, de programmes, de résolutions et de décisions.

Mais à quoi juge-t-on d’abord la crédibilité d’un accord conclu entre 195 parties ? Au financement bien sûr ! Sinon, autant écrire le discours de la prochaine Miss Univers…

L’Accord de Paris en ligne n’est pas la discussion informelle entre les joueurs de handball de Montpellier, mais une marque forte de l’aide financière consentie pour les pays en développement.[5]

Avec le Fonds Vert pour le climat (né comme vous vous en doutez… à Copenhague !), l’ONU rattache à la CCNUCC (Convention-cadre des Nations-unies sur le changement climatique) un mécanisme financier sans lequel aucune action ne pourrait être réellement entreprise. Ainsi, la COP21 fixe un objectif collectif de 100 milliards de dollars par an de la part des pays développés, niveau plancher en 2020 comme déjà prévu à Copenhague. Un nouvel objectif devra être fixé au plus tard en 2025.[6]

Pour rester dans les parallèles internes, le texte maintient le mécanisme international de Varsovie (2013) relatif aux pertes et préjudices liés aux incidences des changements climatiques. Il s’agissait d’un point réellement sensible des négociations, puisque les Etats-Unis souhaitaient éviter à tout prix cette question des pertes et préjudices. On se demande pourquoi d’ailleurs, tant les Etats-Unis ont fait preuve d’initiative et d’allant dans la conduite des négociations climatiques depuis 1972… Ah ironie, quand tu nous tiens ! Ils l’ont dans l’os, puisque la mention est bien présente dans l’accord. Sauf que, avec l’Oncle Sam, on se retrouve toujours du mauvais côté du manche. Avec l’appui d’autres Etats (ne soyons pas médisants), ils ont donc obtenu un compromis bénéfique, le texte ne mentionnant aucune reconnaissance d’une quelconque responsabilité ou obligation de compensation. Cela est remarquable d’une part d’un point de vue juridique, puisque la justice climatique (importante seulement pour certaines cultures dans l’action menée face aux changements climatiques) ne reste ainsi qu’un concept intellectuel, aux portes de l’intégration dans le système international. C’est somme toute assez logique, les riches ne vont quand même pas indemniser les pauvres (ah les cons!), victimes des effets du changement climatique.

En revanche, ils sont désormais plutôt d’accord pour transférer aux pauvres les moyens technologiques nécessaires pour qu’ils luttent eux-mêmes contre les impacts climatiques. « Les Parties, notant l’importance de la technologie pour la mise en oeuvre de mesures d’atténuation et d’adaptation en vertu du présent Accord et prenant acte des efforts entrepris pour déployer et diffuser la technologie, renforcent l’action concertée concernant la mise au point et le transfert de technologie » (Article 10, 2.). Avec une com’ au passage, ça permet de faire tourner tout ça plus rond. Surtout, cela s’inscrit dans un plan de travail 2016-2020 pour la coopération mondiale en matière de transfert de technologies, ce qui exploserait tous les records de cet Accord.

Pour les cancres du fond, près du radiateur, on retiendra principalement la tarification carbone et le respect des droits de l’homme, qui ont accaparé une grande partie du premier trimestre et du conseil de classe, mais qui brillent surtout par leur absence.

Pour la première, une formulation vague est mentionnée dans le dernier paragraphe du dernier article de la dernière annexe de l’Accord. Pour la seconde, à savoir la mention de respect des droits de l’homme, elle a subi les effets néfastes de sa camarade, la petite A. Saoudite. Son absence contraignante ou contrainte permettent donc : les déplacements forcés de population (pour ne pas les exposer aux risques climatiques), les emprisonnements des personnes représentant une menace pour la planète (pas les gros méchants industriels quand même, mais les djihadistes verts ça marche), la rupture de toute forme d’éducation et de développement pour cause de trop forte concentration de GES. « Et tout ira bien dans le meilleur et le plus propre des mondes » (Aldous Excès).

Non mais sans rire, ce texte est un putain d’Accord, un putain de texte qui donne envie d’y croire, sur la tête de ma Terre-Mère.

Diplomatie et contrôle des négociations, la leçon française.

Comme le show Talleyrand au Congrès de Vienne en 1815, ou le déballage génital de Dominique (De Villepin, pas l’autre) à l’ONU en 2003 sur l’Irak, la COP21 a été le théâtre d’une véritable démonstration diplomatique de la part de la France. En commençant l’année par le 7 janvier et en la finissant par le 13 novembre, la marge de manœuvre était fine, mais l’Etat a réussi haut la main l’organisation et la conclusion de la plus importante conférence internationale de tous les temps.

Réunir 195 chefs d’Etats et de gouvernements au même endroit et au même moment, en plein état d’urgence, est une véritable prouesse. La particularité de cette COP21 était son illisible déroulement d’avance. Il était impossible de prédire sa réussite et son échec, tout simplement parce que l’Etat français a su organiser ce que les autres n’ont pas réussi plus tôt : un espace de négociations, de discussions et de concertations internationales. Ce n’est pas pour rien que Laurent Fabius, président de la COP21, a délibérément esquivé la dernière tentative de blocage vénézuélienne pour annoncer l’approbation de l’Accord par consensus. D’après les observateurs, les négociateurs et toutes les personnes ayant pu assister aux réunions, c’est à un véritable travail d’orfèvre diplomatique que se sont employées les équipes de « facilitateurs » du ministère.

Depuis la nomination de la France comme organisatrice (et seule prétendante) et l’attribution de la présidence au Ministre des Affaires Etrangères (Laurent Fabius) plutôt qu’à la Ministre de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement Durable (Ségolène Royal), les déplacements et les rencontres se sont succédées autour du monde pendant 3 ans pour aboutir finalement, sur une salve d’applaudissements, quelques larmes, et un coup de marteau vert. Niveau suspense, rarement une conférence climatique n’aura été si indécise.

Pour l’Histoire, c’est Laurent Fabius qui restera évidemment. Le magazine américain Wired lui dresse d’ailleurs un portrait où il est surnommé « le gangster des négociations climatiques« . Il lui pronostique même pour 2016 le Prix Nobel de la Paix…

Après son ascension fulgurante au sein de la gauche caviar, les affaires du sang contaminé et du Rainbow Warrior, ce serait un joli pot de départ pour celui qui n’avait aucune culture sur le changement climatique à son arrivée au Quai d’Orsay. En allant même jusqu’à donner sa santé devant les caméras pour la cause, il sera celui qui a su accorder 21 ans de négociations climatiques pour arriver à un consensus sur un document unique d’une trentaine de pages.

Avec lui, il faut également noter le travail de Ségolène Royal, de Laurence Tubiana, ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique, de Nicolas Hulot, envoyé spécial pour la protection de la planète, et de toutes les femmes et hommes de l’ombre (il y fait moins chaud et la misère est plus dure au soleil…).

C’est sur la conduite des négociations que semblent se cristalliser les compliments. Laurence Tubiana, universitaire spécialiste du climat et des relations internationales, et directrice du centre de recherche IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales), a su mobiliser le réseau diplomatique français et animer les débats avec calme et retenue, en ménageant les Etats velléitaires et en leur accordant des rôles de facilitateurs des négociations. C’est d’ailleurs elle qui est restée debout sous les feux nourris des applaudissements avant d’être rejointe par Laurent Fabius.

Cela tient autant aux personnalités missionnées qu’aux axes de négociations. Pascal Canfin, conseiller principal pour le climat du World Resources Institute, insiste sur l’orientation prise par la France : « Un pilier consiste à lier l’accord, souvent qualifié de technocratique, au réel. On a pensé avec deux jambes: l’accord et l’agenda des solutions »[7]. La Conférence de Paris a ainsi été la première à avoir l’idée (lumineuse me direz-vous) d’établir un plan d’action parallèle à toute la durée de la COP21. En amont, de nombreuses conférences et réunions préparatoires se sont tenues, durant lesquelles les collectivités, les grandes entreprises et les différents acteurs étatiques sont intervenus pour évoquer des solutions.

Au total, c’est près de 11.000 engagements, provenant notamment de plus de 2000 villes et entreprises, qui ont été pris pendant la conférence de Paris. « Jamais une COP n’a été accompagnée par une telle mobilisation des acteurs et un tel foisonnement des initiatives », a loué samedi, à quelques heures de l’accord final, Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.

Un exemple tout simple de la gestion parfaite des négociations par la France : le dernier coup dans la manche. Afin d’éviter un désastre, une coalition « secrète » est née, regroupant plus de 100 pays, à l’initiative du Ministre des Affaires Etrangères des îles Marshall, Tony de Brum. A la lecture des articles relatant cette histoire (The Guardian, The High Ambition Coalition), on apprend que cette super-coalition a été maintenue secrète pendant tout le début du sommet, et qu’elle est apparue lors d’une prise de parole le 8ème jour, en défendant dans un premier temps un accord très ambitieux, et dans un second temps en plaçant de fait les autres Etats en position de minorité, ce qui, pourtant, en terme de négociations ne signifie rien de bon…

« C’est une grande habileté que de savoir cacher son habileté » François de la Rochefoucauld.

La société civile, The Force Awakens (Le Réveil de la Force), Episode II  à venir !

« De la culpabilisation à la coopération, comment la société civile est devenue le fer de lance de la riposte à l’urgence climatique ».

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur ce qu’il reste à faire !

Et, ce, dans une seconde livraison du bon Lucas le mois prochain toujours en « Thème du mois » et ce sera dans DECODA… et pas ailleurs[8] !

 

Notes de bas de page

[1] Selon laquelle les activités humaines ont désormais un impact global significatif sur l’écosystème terrestre.

[2] Article 2, 1. a) Contenant l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques.

[3] Article 6, 8. Les Parties reconnaissent l’importance de démarches non fondées sur le marché intégrées, globales et équilibrées dont les Parties disposent pour les aider dans la mise en oeuvre de leur contribution déterminée au niveau national, dans le contexte du développement durable et de l’élimination de la pauvreté, d’une manière coordonnée et efficace, notamment par l’atténuation, l’adaptation, le financement, le transfert de technologies et le renforcement des capacités, selon qu’il convient. Ces démarches visent à promouvoir l’ambition en matière d’atténuation et d’adaptation.

[4] http://www.terraeco.net/L-Accord-de-Paris-ce-qu-il-y-a-et,63116.html

[5] Article 9, 1. Les pays développés parties fournissent des ressources financières pour venir en aide aux pays en développement parties aux fins tant de l’atténuation que de l’adaptation dans la continuité de leurs obligations au titre de la Convention.

[6] http://www.terraeco.net/L-Accord-de-Paris-ce-qu-il-y-a-et,63116.html

[7] http://www.huffingtonpost.fr/2015/12/12/france-cop21-succes-echec_n_8791448.html

[8] En attendant, pour patienter un peu :

http://www.terraeco.net/L-Accord-de-Paris-ce-qu-il-y-a-et,63116.html

http://www.courrierinternational.com/article/vu-des-etats-unis-laurent-fabius-ce-gangster-des-negociations-climatiques

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/cop21-et-maintenant/

http://fr.scribd.com/doc/293239842/Accord-de-Paris-COP21

http://www.huffingtonpost.fr/2015/12/12/france-cop21-succes-echec_n_8791448.html

http://www.iris-france.org/68341-cop-21-quel-bilan/