La fête à neuneu !

Faut quand même pas trop déconner… [1]

On avait promis de revenir sur le turbin suite au billet « La Marine… c’est le pompon » qui soulevait des questions de droit pénal et de procédure pénale intéressantes, peu traitées ou maltraitées par des médias qui n’y comprennent pas grand chose.

Une parenthèse : médias peu compétents et surtout fainéants… oui je sais, je le répète sans arrêt mais je ne vais pas m’arrêter car la pédagogie c’est la répétition ; d’ailleurs, sur ce billet j’ai perdu une abonnée journaliste qui en a eu assez de mes attaques répétées contre ses confrères. Pauvres chéris…[2]

Mais, revenons à Neuneu et consorts, ceux qui crient dans les meetings FN : « On est chez nous ! On est chez nous ! ». Ceux qui aiment si peu les arabes et les noirs au point de croire une blonde qui leur dit qu’elle peut les en débarrasser… Pauvres neuneus dont certains ont cru auparavant le papa OAS qui voulait déjà tous les foutre à la mer. Il est marrant Neuneu, il croit aussi au « Tous pourris », « Tous les mêmes » que lui chantent en cœur la blonde et ses amis, les doigts pleins de confitures estampillées « RF » et « UE ». C’est de la confiture de pomme, banane !

Renseigne toi avant de voter, ils t’extorquent ta voix avec leurs salades faisandées par leurs haines recuites. En fait, ce sont les pires bandits, les « Têtes hautes et mains propres ». Ils ne respectent rien, même pas la République et ses institutions qu’ils veulent occuper, oui, oui, « occuper » comme les amis de leurs pères en 40 !

Ainsi, au FN, on ne défère plus aux convocations de police ou de la justice, ben voyons pourquoi se gêner ? Neuneu gobe. Tous les loulous de Poméranie, dealers ou voleurs même prénommés Mouloud vont faire de même. Le FN est le parti qui a aujourd’hui le plus de casseroles au cul et ses dirigeants sont les voyous les plus cyniques[3]. Ces gaziers y z’ont rattrapé largement le Sarko, autre grand collectionneur spécialiste de la batterie de cuisine.

Sans blague, vous vous y perdez dans les arguties juridiques des uns et des autres sur toutes ces procédures en cours concernant le FN et ses déjà nombreux mis en examen ou renvoyés direct en correctionnelle ? Emplois fictifs, financements illégaux de campagne électorale, publication prohibée d’images d’atrocités islamiques, fraude fiscale et blanchiment d’icelle, détournements de fonds publics et privés, abus de confiance, injures et diffamations diverses, propos racistes et xénophobes, incitation à la haine…

C’est drôle, le palmarès du FN on dirait le plan détaillé du code pénal[4] ! DECODA va vous faire un petit point aidé par son ami Bruno, en assistance rapprochée.

Exemple : le refus de « la garce de la marine »[5] de déférer aux convocations des autorités judiciaires sur les infractions dont elle est plus que suspectée. Elle prétend plein de trucs la blonde : qu’elle ne peut être mise en examen du fait de son immunité parlementaire, que la justice n’est pas un « pouvoir » mais une « autorité », qu’elle peut ne pas déférer à une convocation judiciaire en période électorale, etc. etc. Tout ça c’est du faux de chez archifaux, des craques, des charres[6], du pipo pour les neuneus et les naïfs.

D’abord « l’immunité parlementaire», ce fameux raccourci débile que nos bons médias font d’une réalité complexe (irresponsabilité et inviolabilité du parlementaire, article 26 de la Constitution) : le parlementaire ne peut être poursuivi pour ses prises de position et ses votes dans le débat politique et de son Assemblée (c’est l’irresponsabilité) et il ne peut être contraint physiquement dans sa liberté d’aller et de venir par les deux autres pouvoirs, exécutif ou judiciaire (c’est l’inviolabilité).

Il s’agit donc, par l’inviolabilité, de garantir que le mandat du parlementaire pourra s’exercer sans obstacle qui pourrait y être mis par un autre des deux pouvoirs. Un avatar bien normal donc de la séparation des pouvoirs et une garantie pour la démocratie[7].

L’article 26 de la Constitution est très précis : le Parlementaire « ne peut faire l’objet, en matière criminelle ou correctionnelle, d’une arrestation ou de tout autre mesure privative ou restrictive de liberté qu’avec l’autorisation du bureau de l’assemblée dont il fait partie. ». L’inviolabilité existe et elle est bien définie pour le protéger. Elle n’empêche nullement l’enquête préalable sur des faits susceptibles de constituer des crimes ou des délits, ni l’instruction de ceux-ci par un magistrat. D’ailleurs si l’enquête ou l’instruction étaient impossibles sur quoi demanderait-on au bureau de l’Assemblée dont le parlementaire fait partie de lever son inviolabilité ? En réalité, l’inviolabilité n’empêche, sauf autorisation du bureau de l’assemblée, que les mesures restrictives de liberté que le texte mentionne lui même. L’article 26 n’empêche nullement une mise en examen qui n’est pas une mesure privative ou restrictive de liberté.

Marine, c’est drôle, a la « pen »[8] dure. Elle considère aussi qu’elle peut ne pas répondre à une convocation des autorités judiciaires en l’occurrence celle des juges d’instruction.

Des juges qui ont réunis assez d’éléments pour la mettre en examen, voire peut être même la déférer direct en correctionnelle comme les dix autres dirigeants nationaux du FN, ainsi que le FN lui même en tant que personne morale, déjà renvoyés en correctionnelle pour les faits relatifs à la campagne de 2012.

Là aussi, mensonges. Elle ne peut refuser de déférer à la convocation et elle encourt pour cela, comme tout citoyen, une contravention non négligeable. Elle oublie de le dire. Elle traficote la réalité. En vrai, la réponse est dans l’article 80-1 du code de procédure pénale. En application de cet article, la mise en examen est décidée par le juge d’instruction à l’encontre d’une personne qu’il a soit préalablement entendue, soit déjà affublée du statut de témoin assisté.

Or, pour être entendue, MLP doit venir devant le juge d’instruction et si elle ne le veut pas, faisant ainsi obstacle à la justice, le juge ne peut user des moyens de contrainte qui sont à sa disposition (mandat d’amener devant lui, voire mandat d’arrêt) puisqu’elle est parlementaire et ne peut subir de mesures restrictives de liberté, ce que sont mandat d’amener et mandat d’arrêt.

Ce n’est donc pas qu’elle peut en droit ne pas déférer à une convocation, c’est que le juge ne peut la contraindre à cause de son inviolabilité parlementaire. Pour le dossier des emplois fictifs du FN extorqués au Parlement européen (PE), il faudrait que le juge français demande la levée de son inviolabilité par le PE, comme cela vient d’être effectué pour les faits de publication par elle d’images d’atrocités islamiques. Nul doute que le PE, victime des agissements du FN, le ferait sans trop hésiter puisqu’il a déjà tous les éléments réunis contre le FN par son propre parquet financier.

En bref résumé conclusif car le sujet est juridiquement complexe et appelle précision et finesse : « l’inviolabilité » parlementaire n’empêche nullement une mise en examen, MLP ne peut refuser de déférer à une convocation judiciaire et commet une infraction en le faisant, les juges doivent l’entendre pour pouvoir la mettre en examen mais ils ne peuvent la contraindre à venir devant eux du fait de son « inviolabilité » parlementaire.

MLP se soustrait donc délibérément à la justice de son pays comme un vulgaire bandit de grand chemin et alors qu’elle concourt pour une fonction par laquelle, si le malheur en advenait, elle devrait être la garante de la justice ! Au moins, l’autre grand failli moral de cette campagne présidentielle, François Fillon[9], n’a pas l’outrecuidance des salauds du FN et va déférer à sa propre convocation prévue pour le 15 mars, mettant ainsi sa candidature encore davantage en péril.

C’est la différence, une de plus, entre un républicain et une arriviste à tout prix. Il est vrai qu’elle a tellement de saloperies à faire la pauvre chérie une fois parvenue au pouvoir que ce serait vraiment con qu’elle s’en prive d’elle-même. Et puis franchement l’honneur, ses groupies et ses électeurs s’en tapent.

Quand à ceux de Fillon, quand ils vont se rendre compte qu’il aurait pu faire comme MLP et envoyer péter le juge qui le convoque le 15 mars prochain, une partie va être folle de rage, une autre se dira que, finalement malgré ses dérives, il lui reste un peu de dignité républicaine. C’est ce qui fera, pour nous, que si advenait un deuxième tour opposant MLP et 2F nous prendrions, même écœurés, alors parti pour Fillon pour la faire perdre et écarter le pire, sa présidence et la honte pour la France.

Quant à l’idée d’une « trêve judiciaire » à l’approche d’une élection que prétendent invoquer certains suppôts du FN ou même de 2F[10] et qui devrait conduire la justice à lever le pied vis-à-vis des candidats, c’est une blague honteuse pour tout démocrate digne de ce nom et qui n’a pas perdu le nord.

En blaguant un peu, il ne pourrait en être autrement que si l’élection n’était pas le moyen d’accéder à une forme d’impunité grâce aux immunités présidentielles ou parlementaires que notre droit confère pour de nombreuses années à nos chers élus nationaux. L’une ou l’autre, trêve ou impunité, mais peut être pas les deux. Faut quand même pas déconner.

En fait, très sérieusement là : rien, plus rien, pour tous les truands, y compris en col blanc, tolérance citoyenne zéro !

 

Notes de bas de pages

[1] L’échéance approche : maintenant on ne rigole plus, pas de quartier, on défonce les mensonges, approximations et idées à la gomme… et celles et ceux qui les portent. Pour eux, plus la moindre mansuétude de bon démocrate benêt acceptant toutes les opinions car, comme en 40, la patrie républicaine est en danger dès lors qu’elle est à portée de leurs sales pattes… Donc, attachez vos ceintures et en voyage Simone… Marine !

[2] Franchement est ce ma faute s’ils sont nuls et ne travaillent pas ? Moi, je ne suis pas très doué mais je bosse pour ne pas trop passer pour une brêle. Je les invite à partager cette religion de modestie et de courage, s’ils le peuvent. S’ils le font, je les aime davantage et les encenserai à chaque ligne, promis ! Mais, je suis tranquille ce ne sera pas le cas, c’est couru d’avance. Question de culture, d’éducation et de système médiatique. Responsabilité individuelle et collective, mais la dernière n’est pas l’excuse de la première. Fermons la parenthèse et mort aux cons!

[3] Entre autres, voir la récap des casseroles https://carolinefourest.wordpress.com/2017/02/24/les-bonnes-affaires-du-fn/; neuneus et consorts devraient s’y fier à la Caroline, tous les islamistes dignes de ce nom la traquent pour lui faire la peau…

[4] D’ailleurs bon nombre des élus du FN sont écoeurés de cette situation et de la réalité de ce parti puisque près de 400 élus FN sur 1500 ont jeté l’éponge après leur élection et ont démissionné (voir : https://www.franceinter.fr/emissions/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-de-la-redaction-02-janvier-2017)

[5] Féminin singulier de l’expression célèbre « les gars de la marine »…. Rien d’autre, promis

[6] Pardon à tous mes « Charre » bien aimés parmi mes bien aimés abonnés…

[7] Au passage pour la blonde, qui mérite sa couleur, on a bien dit « séparation des pouvoirs » et non pas  séparation des « autorités »… MLP est allée en effet soutenir que, selon notre Constitution, la justice n’est pas un « pouvoir » mais une « autorité » pour étayer son assertion selon laquelle cette dernière ne peut contraindre un « vrai » pouvoir comme le pouvoir parlementaire… C’est tellement con qu’on en reste pantois ; elle doit être conseillée par des piliers de bistrot imbibés à la Kro ou alors, sachant à quels neuneus elle a à faire, elle est prête à soutenir n’importe quoi. En réalité et sans blague, l’article 66 de la constitution qualifie le pouvoir judiciaire « d’autorité » pour le désigner comme gardien de la liberté individuelle et non pas pour lui conférer une qualité amoindrie par rapport aux deux autres pouvoirs législatif et exécutif. D’ailleurs, depuis Locke et Montesquieu, il y a quatre siècles et plus, chacun sait, sauf au FN, qu’il s’est agi, pour construire les démocraties, de scinder en plusieurs pouvoirs la « personne du Roi » qui cumulait les trois fonctions : celle de faire les lois (pouvoir législatif), celle de les faire appliquer (pouvoir exécutif) et celle de juger de leur application et de leur respect (pouvoir judiciaire), ce qui s’appelait le despotisme. C’est du droit constitutionnel de 1ère année ou de l’instruction historique et civique de base ; voir à cet égard : http://www.droitconstitutionnel.net/separationdespouvoirs.html. Pour finir en blaguant, tant cette bêtise est triste chez ceux qui y croient, comme la Constitution actuelle ne qualifie ni l’exécutif, président et gouvernement, de « pouvoir », et pas davantage le Parlement, on propose aussi, avant de prendre notre carte de membre d’horreur du FN, de dénier à ces deux là aussi la qualité de « pouvoir », comme ça la fête à neuneu sera complète…

[8] « Pen » en breton veut dire « tête »

[9] Putain le mec Fillon, y paie en cash au delà des seuils légaux pour des dizaines de costards de nabab financés par des amis à lui et quand on s’en étonne, il répond juste « Et alors ? ». Quand on disait dans les billets précédents qu’il avait un fil à la masse…

[10] Tel un ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel qu’on aimait bien, sans doute tout entier imprégné des convenances et opportunités qui peuvent hanter les couloirs du Palais Royal jusqu’à son aile Montpensier, qui ne s’est pas couvert de gloire sur ce coup en soutenant l’idée d’une trêve électorale pour les forbans politiques. Pour leur permettre de tromper un peu plus les électeurs qui eux continueraient à subir la tolérance zéro ? Bref, deux poids deux mesures selon que vous serez puissant ou misérable… Tu as perdu le nord, Jean-Eric, et on t’a connu mieux inspiré

Texte du billet en document média joint en une ou deux colonnes :

La fête à NeuneuVD1C

La fête à NeuneuVD2C

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