Lamentables fossoyeurs…

La préoccupation de celui qui est démuni de tout, d’un malade en fin de vie, même du dernier des clochards, c’est tenter de rester digne. La dignité ? Eux n’en n’ont plus depuis longtemps. L’indignité leur sied au teint et au fond. Ils n’ont que le culte de l’image, la leur ou celle du réel qu’ils prétendent accompagner et qu’ils n’enrobent que de leur médiocrité.

La « séquence » qu’ils commentent, comme ils disent, est leur nouvelle religion de l’instant, leur chapelle consacrée avec sa petite flamme rouge au dessus de la caméra qui indique que leur Jésus est là, leur crèche de la nativité. Et, ainsi, c’est Noël tous les jours. Du moins, ces crétins le croient encore, ainsi que leurs pauvres victimes qui les suivent.

Ils tuent ainsi en ce nom à jets continu ceux qui ont l’heur de ne pas leur plaire ou de ne plus leur plaire. Et ils servent la soupe à tous ceux qui n’ont d’autre envie que d’y cracher leur venin mortel. Pour nourrir la « séquence », il faut bien tuer pour vivre. Et ils mesurent d’heure en heure une opinion qu’ils forment et déforment, au gré des effets de ce qui n’est que la lamentable servitude volontaire de leurs victimes.

Mais les bâches se succèdent pour eux ces derniers temps et la capacité d’analyse prédictive de nos ridicules pythies modernes n’existe plus, même avec leurs sondages en chapelets tout autour du ventre. La litanie de leurs erreurs en 2016 est longue comme une année sans pain : Brexit, Trump, Sarkozy, Fillon et maintenant Hollande… Quelle nullité enfin éclatante et en quelques semaines seulement.

Et ils nous ont bâti pendant quatre ans un « Hollande Basching » tous azimuts et de chaque seconde, accompagnant et précédant souvent tous les médiocres qui n’avaient de cesse de cracher à la gueule du Président par plaisir, ou pour savonner la planche de la social démocratie que ce soit depuis la droite ou depuis la gauche. Et aujourd’hui, ils se ruent sur la dépouille pour finir de la dépecer. Envie de vomir.

Certains ont joué ce jeu de tir au pigeon permanent par intérêt politique personnel en mentant constamment sur les réalités pour mieux abuser l’opinion. On a le droit de penser que Hollande n’a trahi aucun de ses grands engagements politiques de campagne, et que celui qui vous dit le contraire vous ment, même si le Président en exercice n’a pas tout pu faire comme il l’aurait souhaité, ni peut être comme il aurait dû, ni réussi tout ce qu’il entreprenait[1]. Et comme les menteurs sont toujours là, à gauche, devant vous, méfiez vous de ce qu’ils racontent. Hollande ne s’était pas engagé sur le programme de Mélenchon, non. Ni même sur celui de la firme Habitat ou celui de Toutankhamon.

Donc franchement, en cette fin d’année 2016, on aurait envie qu’ils dégagent tous, car ce sont eux les chiens[2] qui ont liquidé le bonhomme et une politique sociale démocrate qu’on va regretter très vite.

Regretter, sauf évidemment pour les adeptes de la marine, de la droite ultra libérale et réactionnaire ou des délires bien niais de la gauche de la gauche. Ca fait du monde mais c’est inopérant, juste négatif, incapables de s’unir sur quelque programme que ce soit sinon celui d’empêcher. Alors, face à ce désastre qui est le leur, pas le nôtre, ni celui de Hollande, que pouvons nous faire ? Laisser les « associés » inénarrables continuer à enfumer le « peuple »[3] encore longtemps ?

Dépasser le clivage droite/gauche et soutenir Macron pour recomposer le paysage politique à partir d’un point (le centre ?) réunissant les hommes de progrès refusant les doctrinaires libéraux ou gauchisants, tous aussi obtus et figés, des quasi morts-vivants ? Intéressant, mais on aurait un peu l’impression de miser, cinquante ans plus tard, sur Lecanuet junior. Faudra voir le programme du jeunot, on l’attend et sur les valeurs républicaines et sur la protection de notre modèle économique et social.

Miser sur le « républicanisme » de Valls ? Il nous convient bien a priori car il n’a rien d’un truc en « isme » : il constitue l’attachement même aux valeurs républicaines et à l’identité constitutionnelle de la France qui ne s’incline devant aucun communautarisme, d’où qu’il vienne et que d’autres à gauche ont lâchement abandonné.

Valls ne tiendra pas longtemps hélas car, dans ces primaires de la gauche qui n’auront pas à liquider Hollande à la différence de celles de la droite pour Sarkozy, ses adversaires pourront liquider tranquillement le « complice » de la politique conduite. Et Valls contraint de réunir le camp des gauches[4] pour emporter la primaire devra, en premier lieu, atténuer son « républicanisme ». Bordel, ça fait chier car on a l’impression qu’on n’en sortira jamais des niaiseries de la gauche.

Alors…. Franchement ? Ben, je crois qu’on est dans la mouise même si Hollande n’avait pas d’autre solution, empêché par la perspective d’une primaire jeu de massacre dont il ne pouvait se sortir. Même si aussi, ici, on se fout un peu des questions de personnes, on sait que derrière la personne attaquée, et en l’occurrence abattue, se trouve le plus souvent une ligne politique. Ce fut le cas de Hollande pour la ligne sociale démocrate, ça va commencer pour Valls. Et ça viendra pour Macron… même si on ne le leur souhaite pas.

Mais, attendons que tout cela se décante un peu et ne nous précipitons pas tête baissée dans le panneau. Un peu d’intelligence et de prudence. Ne rien se laisser dicter par la médiocratie, même pas le calendrier. En fidélité en somme.

 

Notes de bas de pages

[1] On reviendra sur les coupables sans relâche, on ne les lâchera pas, jamais, qu’il s’agisse de la déchéance de nationalité qu’ils ont flinguée sur de faux arguments alors qu’elle existe déjà et n’en disent rien, du soi-disant virage de la politique de l’offre que des crétins qui ne savent rien non plus sont allés, pour le scoop, inventer de toutes pièces et sans rapport avec le réel (la part que représente le soutien à l’offre en France s’élève à moins de 9% des dépenses publiques et 10 milliards de pacte de responsabilité par an correspondent à moins de 0,1%, des dépenses publiques annuelles… Tu parles d’un virage vers l’offre avec une augmentation de 0,1% !), qu’il s’agisse de la politique de l’emploi, du celle de l’école ou de la santé et de toutes les autres sur lesquelles ils n’ont eu de cesse de vomir, car on voit bien l’alternative, elle a le visage de Fillon et de ses purges ou le caractère brunâtre que l’on exècre …

[2] Avec en tête de gondole, super salaud, l’apprenti dictateur chaviste qui refuse une primaire des gauches et persiste à jouer en solo, délibérément contre son camp, la gauche, et pour sa seule pomme

[3] « Guillemets » pour le peuple au passage car il n’existe pas. En République, ni bananière, ni bonapartiste, il n’est qu’une chose politiquement et institutionnellement : la règle de la majorité qui fonde, temporellement, une capacité à appliquer un programme et avec la possibilité de l’alternance. Rien d’autre.

[4] Camp de la gauche et de tous les zozos à 14 ou 15 candidats pour 35/40% de voix maxi…