Le cout réel de l’immigration : le Front national raconte des histoires !

Le Front National, pour justifier sa ligne politique de réduction drastique et brutale de l’immigration et, donc, de la présence d’étrangers en France, avance dans son programme que l’immigration à un « coût » de 70 milliards d’euros par an, sur la base des travaux d’universitaires isolés qui appartiennent tous à la mouvance d’extrême droite et/ou aux catholiques radicaux (Bichot, Dupâquier et Laulan qui avancent d’ailleurs des chiffres différents).

Un « coût » de 70 milliards ? Pour être plus clair cela veut dire, ne vous y trompez pas, qu’il s’agit d’un déficit… C’est à dire que ce que « coûtent » les étrangers présents en France à l’économie nationale est supérieur de 70 milliards à ce qu’ils « rapportent » et, ce chaque année. (NDLR : d’ailleurs, lors d’un récent meeting dans le cadre de la campagne pour les élections européennes, JM Le Pen vient de corser encore cette pseudo facture en annonçant un coût de 100 milliards d’euros par an; quitte à raconter des craques, il vaut mieux le faire sur des chiffres ronds qui marquent bien les esprits : 70 milliards ça n’a aucune allure, 100 en revanche, ça c’est du chiffre !)

Au delà du caractère discutable d’une telle comptabilité au regard des valeurs traditionnelles de ce pays en matière d’accueil, allons y néanmoins. Chiche ! Jouons le jeu, vérifions ces données et ce « coût ».

Prenons le FN sur son propre terrain, puisque les vertus républicaines ne semblent plus être les points cardinaux d’une majorité de français qui, d’après ce que nous disent nos bons « oracles sondagiers », seraient 70% à trouver « qu’il y a trop d’étrangers en France ».

Mais, si le chiffre du FN (70 milliards de déficit annuel) est inexact, cela voudra dire que cette comptabilité n’est qu’un alibi. Qu’en réalité, rien n’a changé, qu’il s’agit toujours de l’aversion de l’étranger, de l’Autre, et donc, qu’avec son habillage ethnique ou religieux, qui lui va si bien au teint, il s’agit simplement de xénophobie…(NDLR : là aussi la dernière sortie marseillaise du papa dégeu à la fifille fréquentable, avec ses espoirs placés dans le virus Ebola pour régler nos problèmes d’immigration, laisse à penser que ces gens sont la lie de l’humanité, y a pas de doute !)

Alors, qu’en est il du déficit de 70 milliards annuel dû à l’immigration, avancé par le FN dans son programme ? On va vous démontrer que c’est faux. On va se mettre en premier lieu d’accord sur les données chiffrées démographiques sur des bases incontestables (I) et, ensuite, on en tirera les conséquences qui en découlent concernant le « coût » réel de l’immigration (II).

I. Au delà des sentiments, des impressions ou des fantasmes, retenir des chiffres sérieux et incontestables

1) En premier lieu, sur ma gauche et ma droite, il va falloir admettre que l’immigration est un sujet sérieux qui doit être traité comme tel, c’est à dire pas de manière impressionniste, subjective et passionnelle.

Le ressenti individuel, du genre « il y a trop d’immigrés en France» comme le pense aujourd’hui, paraît il, 70% des français, doit être enregistré pour ce qu’il vaut on le verra plus loin, mais ne peut se substituer aux données chiffrées objectives. Au contraire, c’est à l’aune de ces données qu’il faut croiser ce sentiment pour mieux le toiser.

C’est comme pour la température, il y a la température réelle et la température ressentie. Seule la première est objective. Pour la seconde, si on a froid, on met un pull ou si on est grippé on se soigne, on ne monte pas le chauffage pour tout le monde… et vice versa. Le sentiment selon lequel il y aurait trop d’immigrés, comme d’ailleurs, celui des 30% qui ne pensent pas cela, n’est qu’une impression subjective sans valeur scientifique objective.

En effet, pour poser la question du sondage qui a donné cette mesure de l’opinion, comme pour y répondre, personne n’a défini ce qu’on englobait dans la notion « immigrés ». S’agit-il des étrangers en situation régulière et aussi des clandestins? S’agit-il des enfants d’étrangers nés en France et donc français, de deuxième génération voire de troisième génération pourquoi pas ?

On ne le sait pas. Sans même parler de la part d’inavouable de cet impressionnisme qui peut englober dans la notion « immigrés » tout ceux qui en présente le « faciès », comme les centaines de milliers de français des départements d’outre-mer présents en métropole ou les 3,5 millions de magrébins bien français.

Donc le sentiment n’a aucun intérêt puisqu’il n’est pas rationnel et ne peut permettre de construire une véritable politique républicaine, mais seulement, bien sûr, un discours populiste et xénophobe fondé sur de l’impressionnisme comme alibi de sa honte ou son opposé le prêchi prêcha bien angélique, faisant fi des réalités.

Pour quantifier l’immigration, il faut donc s’en tenir non pas aux appréciations populistes ou angéliques qui, n’étant que des paroles militantes, ne valent strictement rien d’un point de vue scientifique même si, ici, on ne les place pas sur le même plan, loin de là. Il faut s’en tenir aux données chiffrées des organes officiels internationaux (ONU), européens (OCDE, UE) ou français (INSEE, INED et OFCE).

2) Ensuite, sauf à vouloir prendre le risque de ne pas être soi même pris au sérieux, il ne faut pas s’en tenir aux données sur l’immigration officielle et régulière, mais prendre en compte aussi l’immigration irrégulière et illégale.

Ce qui est à considérer ce sont tous les étrangers, au sens de non nationaux, présents sur notre territoire que leur situation soit régulière ou non. Ce qu’on appellera ici « immigration » est donc l’ensemble des étrangers présents sur le territoire national à un moment donné. Sur ces bases, on peut avancer sur un chiffrage sérieux et exact de l’immigration, en dehors des sentiments, des impressions ou des fantasmes.

Les données quantifiées incontestables dont on dispose concernant la France indiquent d’après les Nations unies, qui ont une définition large de la notion d’immigré, que la France compte 7,2 millions d’immigrés soit 11% de sa population. En revanche, selon l’INSEE les immigrés sont 5,3 millions, soit 8%.

La différence tient au fait que l’INSEE ne prend en compte, dans son évaluation du nombre des immigrés, que les personnes étrangères présentes en France et nées étrangères à l’étranger. Ce qui peut sembler normal, les personnes nées françaises à l’étranger et venant en France ensuite ne pouvant être considérées, dans notre approche de l’immigration et à la différence de celle de l’ONU, comme des étrangers puisqu’elles sont françaises.

En conséquence, nous comptons 5,3 millions d’étrangers présents en France en situation régulière. Qu’il s’agisse des données de l’ONU ou de celles de l’INSEE la France n’est pas en tête du hit parade des pays d’immigration. Elle vient largement derrière les USA, la Russie, l’Allemagne et se situe à la même hauteur que le Royaume Uni.

Ce chiffre (5,3 millions d’étrangers) s’accroît d’environ 100.000 étrangers par an, puisque, si nous accueillons, depuis plus de dix ans, autour de 200.000 nouveaux entrants étrangers chaque année, il en repart, ou disparaît, chaque année également, environ 100.000, librement, de facto (par décès), ou forcés.

Le chiffre de 5,3 millions d’étrangers a été fourni par l’INSEE en 2010 sur la base du dernier recensement. Il faudrait donc lui ajouter quatre années d’entrées d’étrangers selon le même ratio de 100.000 par an, soit au total 5,7 millions d’étrangers. Mais en même temps, chaque année nous naturalisons un peu plus de 100000 étrangers qui deviennent ainsi français et réduisent le nombre d’étrangers présents en France.

En conséquence, les deux flux s’annulent (+100.000 d’un côté, – 100.000 de l’autre) et ceci permet d’affirmer qu’aujourd’hui les étrangers en situation régulière sont au nombre de 5,3 millions en France, chiffre relativement constant depuis une décennie.

Mais alors, comment comprendre ce qui se passe dans la tête d’une partie de nos concitoyens, au delà de ces données au caractère scientifique indiscutable ?

Pour faire cette analyse, il faut changer de registre et passer à un terrain plus subjectif, pour percevoir l’origine du sentiment exprimé par 70% des français selon lequel il y aurait trop d’immigrés dans notre pays. Au delà même du rôle des médias, il faut, pour cela, admettre une autre comptabilité, peu glorieuse, mais qui est faite, indubitablement, par nos concitoyens dans leur perception du phénomène de l’immigration.

Plus ou moins consciemment, nos concitoyens ajoutent aux étrangers comptabilisés scientifiquement, les personnes qui, bien que françaises, ont une origine ou une ascendance étrangère et souvent même une apparence étrangère notamment par la couleur de leur peau. Cette comptabilité implicite, qui n’a aucun sens puisqu’elle additionne des étrangers et des français, aboutit à un chiffre plus élevé que 5,3 millions de plus de douze millions de personnes. Cette comptabilité, funeste au regard de l’approche républicaine, est en plus parfaitement vaine au regard des possibilités d’évolution de la politique del’immigration puisqu’elle additionne de véritables étrangers et près de deux tiers de français, immigrés naturalisés, ou enfants d’immigrés nés sur le sol français, contre lesquels personne ne peut rien.

Elle nourrit néanmoins, même si on peut le regretter, le sentiment sur l’immigration d’une partie de nos concitoyens.

En quittant le domaine des perceptions subjectives et en revenant aux données objectives et sérieuses et donc au chiffre de 5,3 millions d’étrangers présents en France en situation régulière, doit être ajouté le nombre des étrangers en situation irrégulière pour disposer d’une appréciation complète et honnête de la situation de l’immigration dans notre pays.

Par définition, ce qui est clandestin est caché et ne peut être que difficilement connu et mesuré. Tel est bien le cas des étrangers en situation irrégulière. Des évaluations existent néanmoins et il faut les prendre en compte dans notre calcul.

Compte tenu des divers facteurs déterminants le nombre des clandestins et de leur permanence, le nombre d’étrangers en situation irrégulière est un stock relativement stable depuis une dizaine d’années en France. En effet, on sait que la majorité des situations irrégulières nait de la fin des droits attachés à une situation régulière par expiration des titres de séjour (90%) ; on sait aussi que le nombre annuel de reconduits à la frontière est à peu près constant (36.000 en 2012), ainsi que le nombre estimé de nouveaux entrants irréguliers chaque année ; de même le nombre des régularisations qui, intervenant par vague jusqu’à une certaine époque (début des années 2000), n’interviennent plus depuis 2002 qu’au cas par cas ne subit plus de variations brutales.

Le nombre des clandestins a ainsi été évalué par le ministère de l’Intérieur à 200000 étrangers et, par le Bureau international du travail, à 400.000 étrangers clandestins présents sur notre territoire.

La fourchette, 200.000 à 400.000 étrangers en situation irrégulière, est sans aucun doute exacte pour un motif très simple : le nombre de bénéficiaires de l’Aide médicale d’Etat (AME), qui est un indicateur fiable du nombre de clandestins en France, puisque c’est l’aide médicale qui leur est réservée. Fin 2011, on comptabilisait 209.000 bénéficiaires de l’AME.

Compte tenu du fait que tous les étrangers en situation irrégulière ne se déclarent pas à l’AME, le chiffre du BIT (400000 étrangers clandestins) doit être proche de la réalité. On le retiendra donc.

Au total, pour calculer le « coût » de l’immigration, le véritable nombre d’étrangers présents en France s’élève, en additionnant les personnes en situation régulière et celles qui ne le sont pas, à environ 6 millions, soit 9% de la population française. Tout le reste n’est que littérature et fantasmes.

II. En tirer les conséquences qui s’imposent concernant le calcul du « coût » de l’immigration

1) Méthodologiquement, si l’on veut être sérieux dans cette comptabilité, il faut identifier le « coût/rapport » unitaire moyen d’un immigré. Pour cela il faut diviser la différence entre la somme de tout ce qu’ils versent (a) et la somme de tout ce qu’ils perçoivent ou génèrent comme dépenses publiques (b), par le nombre d’étrangers présents sur le territoire (x). La formule magique est donc « (S (a) – S (b)) / x ». Enfantin, non ?

Si vous voulez vous amuser davantage encore, vous pouvez définir d’autres jeux et appliquer le raisonnement aux juifs, aux francs maçons, aux tziganes ou aux homosexuels, mais il ne faudra pas oublier de déduire les coûts de l’extermination sinon le calcul sera inexact, ce qui serait dommage. Dans cette énumération dont le classicisme rappelle les meilleurs souvenirs, vous aurez observé que l’on ne cite plus les communistes, car c’est une espèce en voie de disparition…

Mais, pour redevenir sérieux, on veut tenir l’engagement et calculer le véritable coût de l’immigration pour démonter l’argumentaire du FN à 70 milliards de déficit annuel dû à l’immigration. Donc, on va le faire et sérieusement. En plus, c’est assez facile quand on a réussi à définir, comme on vient de le faire, le nombre d’étrangers présents sur le territoire national puisque c’est d’eux seuls qu’il peut s’agir et pas des citoyens français… même basanés ou même, sans cela, simplement musulmans.

2) Des universitaires français de l’Université de Lille travaillent sur le sujet du coût de l’immigration depuis plus de dix ans, en équipe, ce qui est une garantie de sérieux, et avec des directeurs de recherche successifs différents, ce qui en est une autre.

Il s’agit d’un travail universitaire indépendant, d’un travail de longue haleine, méthodologiquement éprouvé au fil du temps. Bref, tout le contraire d’études de circonstance, ou de commande, idéologiquement utilitaristes pour ceux qui les réalisent ou ceux les commandent.

Les conclusions de ces études sont sans ambiguïté, le solde entre ce que « coûtent » et ce que « rapportent » les immigrés (au sens d’étrangers présents sur le territoire) en termes de dépenses et de recettes publiques est positif. Il varie dans une fourchette entre 4 et 12 milliards d’euros selon les époques sans même prendre en compte les apports non mesurables car non monétaires. L’étude prend bien en compte tous les « coûts » et tous les « apports » des immigrés en termes de dépenses ou de ressources publiques.

En revanche, les analyses de cette étude ont été critiquées, à juste titre, car elles n’ont porté que sur les étrangers en situation régulière. Il est possible de compléter cette analyse en prenant en compte les clandestins. Et on va le faire ici pour clore toute discutaillerie !

Même si les clandestins n’ont pas les mêmes droits que les étrangers en situation irrégulière et, donc qu’ils « coûtent » moins aux finances publiques (ni par définition les mêmes devoirs en termes de cotisation ou d’imposition et, donc, qu’ils « rapportent » moins aussi), il est parfaitement possible d’extrapoler les données connues pour les étrangers en situation régulière à ceux qui ne le sont pas pour avoir un chiffrage plus complet. Le calcul n’est pas très compliqué. Même pas besoin d’être polytechnicien !

Par convention pour simplifier, on admettra que l’étranger en situation irrégulière a le même « coût » pour les finances publiques que l’étranger en situation régulière, alors même que c’est faux puisqu’il a beaucoup moins de droits par exemple en termes de prestations sociales du fait de sa clandestinité.

De même, pour éviter d’être critiqué du fait d’une sous évaluation, on admettra qu’il ne « rapporte » rien en termes de recettes publiques alors même aussi que c’est faux puisque par exemple, comme tout le monde, il paie les impôts sur la consommation (TVA). Néanmoins, on fera l’impasse sur ces recettes publiques dans une première analyse qui se veut simple et sans raffinement excessif.

Le montant unitaire moyen des dépenses publiques pour un étranger en situation régulière est de 9.000 euros par an selon l’étude précitée. Si l’on multiplie ce coût moyen par le nombre de clandestins retenu plus haut (400.000 étrangers en situation irrégulière), on obtient un montant de charges supplémentaire dû à l’immigration irrégulière de 3,6 milliards d’euros de dépenses publiques annuelles. Ce montant de 3,6 milliards d’euros vient s’ajouter aux dépenses publiques consacrées aux étrangers en situation régulière (47,9 milliards, on le rappelle), soit au total 51,5 milliards. En revanche, comme on l’a dit, et comme une fleur faite à Marine, on considère qu’ils ne « rapportent » rien.

 

P’tite récap (Cf. Le Monde.fr, Courrier international, 2 décembre 2010)

Nombre      coût unit moyen        Charges      Produits    Solde

Réguliers             5,3                 9000                            47,9           60,3          +12,4

Clandestins       0,4                 9000                              3,6              0               – 3,6

Total                      5,7                  9000                             51,5           60,3         + 8,8

 

Le « surcoût » lié aux étrangers en situation irrégulière que l’étude n’avait pas pris en compte à tort, n’est donc pas de nature à changer significativement le solde positif du bilan économique de l’immigration. Il ne représente que moins de 8% des montants générés par l’immigration régulière.

Pour être encore plus clair, il faudrait sur notre territoire qu’il y ait près de 1,5 millions d’étrangers en situation irrégulière, au lieu de 400.000, pour que le solde des coûts/recettes de l’immigration devienne négatif d’un premier euro.

Il faudrait près de 14, ou 15, millions d’étrangers, réguliers et non réguliers, en France pour justifier les chiffres du front national (70 milliards de déficit annuel des finances publiques liés à l’immigration). L’absurdité de ces chiffres saute aux yeux !

En conséquence, la seule « explication » possible aux données avancées par le Front national (70 milliards de déficit public annuel dû à l’immigration) est que le FN ne doit pas se limiter aux étrangers présents sur le territoire (réguliers ou non, comme on vient de le faire), mais qu’il englobe dans son calcul du coût de l’immigration des personnes qui, françaises par le droit du sol, la naturalisation ou même leur simple origine, ont l’apparence de l’étranger par leur faciès, leur religion et/ou leur culture.

En quelque sorte, fidèle à sa tradition xénophobe, il vient, comme par hasard, traduire en chiffres le sentiment d’une partie des français selon lequel « il y a trop d’immigrés en France. » Aucune science, aucune rigueur, aucune rationalité là dedans, juste un sentiment : le rejet de l’étranger ou de celui qui en a l’apparence.

Au delà du caractère discutable de cette entreprise, cela démontre que rien n’a changé au FN. Cela devrait suffire à discréditer sa recherche de respectabilité, son programme concernant l’immigration et son ambition d’accéder aux responsabilités.

Même ceux tentés par le bleu Marine, et qui ne sont pas tous, loin de là, des gens de l’extrême droite fascisante, devraient partager cette appréciation puisque, si par impossible le FN parvenait au pouvoir avec sa préférence nationale, il ne pourra rien faire, et on s’en félicite, de ce qu’il promet s’agissant des français d’origine ou d’aspect étranger par leur faciès, leur religion ou leur culture !

Qu’on se le dise, brave gens, vous vous faites enfumer par le FN ! Pour les autres (les pas braves gens), qu’ils aillent au diable !

 

3 réponses à “Le cout réel de l’immigration : le Front national raconte des histoires !

  1. Voilà un article qui a du souffle ; merci.
    J’ajouterais quelques considérations sur la notion de « xénophobie », qui sont en lien avec l’actualité (avril 2015).

    1. Le site Wikipedia rappelle que le mot « xénophobie » a été créé par Anatole France, au temps de l’affaire Dreyfus ; voilà une piste intéressante.
    Pour aller plus loin, voir le site : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mots_0243-6450_1984_num_8_1_1147
    « Xénophobie » est composé de deux mots grecs « xenos »=étranger, « phobos »=peur. Pour autant, comme le rappelle le site ci-dessus, la notion est largement méconnue du monde antique (le mot est un néologisme du 19ème siècle).
    A l’inverse, le « droit d’asile » est unanimement reconnu et respecté.
    On prendra deux exemples, l’un tiré de l’Odyssée, l’autre tiré des légendes nordiques (cf. Wagner).

    a-) Ulysse croit trouver l’hospitalité dans l’antre du cyclope Polyphème (qui est un peu anthropophage) ; il offre un cadeau à Polyphème (du vin noir de Marôn), qui plait beaucoup puisque Polyphème lui trouve un goût semblable à celui de « l’ambroisie et du nectar ».
    Mais le cadeau que Polyphème offre en retour à Ulysse n’est que la promesse qu’il ne le mangera qu’en dernier – après avoir dévoré tous ses compagnons !
    Pour un grec, il est proprement inconcevable, non seulement que Polyphème soit anthropophage, mais aussi qu’il refuse de donner l’hospitalité à qui la demande.
    Au demeurant, quand on ouvre un dictionnaire de grec, on voit que la racine du mot « xenos »=étranger (« xen ») est celle là même qui forme les mots :
    – xenizô : je reçois un hôte, je donne l’hospitalité ;
    – xenia : le lien d’hospitalité (au féminin) ; au neutre pluriel, ce sont les cadeaux qui sont offerts à un hôte.
    [On peut donc aussi créer sur la même racine, le néologisme « xéniophobe »= »celui qui a peur des cadeaux et qui les revend, illico, sur Ebay » (xenophobe et xeniophobe sont évidemment des Beaufs)].

    b-) A l’acte I de l’opéra de Wagner, La Walkyrie, le héros Siegmund, blessé, reçoit l’hospitalité du guerrier Hunding (puisqu’il la demande), alors même qu’ils sont ennemis (voir Wikipedia).

    2. Il est donc clair que celui qui est « xénophobe », en tant que réactionnaire, ne tire pas ses références culturelles et identitaires d’un modèle ancien nordique ou antique.
    Pour moi, ses références sont simplement anti-dreyfusardes et poujadistes ; c’est donc une xénophobie de « tiroir-caisse », qui a repris de l’élan avec des éléments de langages qui viennent des eurosceptiques britanniques et du « tea-party » américain (cf. « assistanat »).
    Hé, les gars ! faut arrêter avec la « comptabilité en partie double » ! (au demeurant, j’ai vu quelque part une étude anglaise selon laquelle le montant des impôts payés par les immigrés était supérieur à celui des dépenses sociales occasionnées).

    3. L’actualité conforte les éléments, ci-dessus ; en effet, M. Le Pen (père) vient de donner des indications sur son parti : « Au Front national il y a de tout vous savez. C’est un grand rassemblement de patriotes : fervents gaullistes, il y a aussi de fervents pétainistes il y a aussi de fervents patriotes, il y a d’anciens communistes, d’anciens partisans de l’Algérie française, beaucoup de gens comme ça, c’est vrai ».
    Il n’y a rien à ajouter (« c’est beau comme l’antique »).

    Robert

    • Merci Robert, superbe commentaire et avec l’humour qui sied à tous les sujets, surtout dans DECODA(NA)GES !
      L’étude anglaise que tu mentionnes conforte donc mes analyses sur les salades du FN.
      NB : pour les autres lecteurs Robert, récent abonné, réagit à un ancien article publié il y a un an.
      François

  2. Pingback: Sans pudeur de gazelles… | DECODA(NA)GES . . . . . . . . . . prénom CHARLIE !

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