Le tour est joué !

« Macron m’a tuer ! »

Et voilà, c’est fini, le vieux monde politique connaît encore quelques soubresauts mais l’entreprise « En marche » a accompli sa conquête. Les cadavres et dépouilles des vieilles canailles jonchent les bords du chemin sur le côté gauche, comme sur le côté droit…

Les derniers gémissements pitoyables de certains sont même écœurants sur la soi-disant incompétence des wagons de néophytes portés à la députation, quand ne s’y ajoute pas le sexisme de quelques uns qui en sont encore au moyen-âge des idées (tel Jacques Myard qui renvoie celle qui l’a écrabouillé – Yael Braun-Pivet – à ses lessives et confitures). Il était temps qu’ils dégagent. Le dégoût du politique qui engraisse l’abstention à des niveaux records ce sont eux les responsables car le désastre est leur bilan, pas celui du Jeunot et de ses amis.

Donc voilà, les choses sont désormais en place et ils vont pouvoir travailler, mettre en oeuvre le programme du candidat. Nous avons accompagné ces quelques mois de folie d’une douzaine de billets dans une « séquence », comme disent les ânes des médias, qui restera dans les annales de notre histoire politique.

Depuis les primaires de l’automne de l’an passé jusqu’au second tour des législatives du 18 juin de cette année, la période fut exceptionnelle en permettant de dégager une classe politique et en portant aux pouvoirs, exécutif et législatif, un mouvement qui n’existait pas il y a quinze mois. Qui l’eût cru, qui l’eût dit ?

Nos grandes pythies ont tour à tour dit, à chaque étape, que c’était impossible. Et pourtant cela fut. Quelle leçon. Le « dégagisme » ne les concerne pas pour autant et c’est bien dommage car on aurait besoin d’air frais de leur côté aussi. N’est ce pas ?

Voilà t’y pas qu’ils se sont arrogé le pouvoir de décider du maintien ou pas d’un ministre, ou d’un élu, sur simple campagne de presse. La classe politique affaiblie a trop vite accepté cette accaparement que rien ne justifie puisque le procès médiatique n’offre aucune des garanties que l’on est en droit d’attendre, dans une démocratie, d’un procès équitable. Même le Jeunot plie le col devant l’engeance médiatique, renonce à son principe selon lequel on ne démissionne que si l’on est mis en examen et, ainsi ce jour, doit se séparer de ses ministres Modem comme Hollande avait dû en quelques heures sacrifier Le Roux à la vindicte. On y reviendra dans le prochain numéro de DECODA car cela chiffonne la raison.

La « séquence » des billets d’Actu quasi hebdomadaires est terminée, on espère que vous avez pris autant de plaisir à les lire qu’on en a pris à les écrire dans une actualité brûlante pendant plusieurs mois. L’un deux « La blonde, la brute et le truand » a même battu tous les records  (avec plusieurs centaines de consultations en une seule journée) et on en est ravi. Ce fut un immense plaisir que de s’adapter aux circonstances qui étaient exceptionnelles. Un grand merci à mon Comité de relecture qui a su répondre présent parfois dans des délais extrêmement brefs, quand je prenais la peine de le consulter…

On va revenir à un format plus « normal » pour DECODA avec le billet mensuel qui va faire son retour tonitruant et, ce, dès fin juin avec ses grands sujets et ses petites actualités. On restera vigilant sur la politique conduite par la « REM » car, on l’a dit et on le répète, certains points du programme du Jeunot ne sont pas satisfaisants et ne vont pas laisser le pays inerte, ni nous non plus. N’en doutez pas avec en prime des médias incorrigibles aux aguets.

Souhaitons nous que le Jeunot réussisse car les grands partis classiques ayant été pliés par le pays, il ne restera plus à ce dernier, si le Jeunot échoue, que les extrémistes insoumis ou frontistes. Caribe ou Scylla. Merci bien, pour la chute chacun aura son ordre de préférence. Mais dans les deux cas, c’est la France qui tombe et notre idée de la République et de l’Europe qui l’accompagne.

Un dernier point sur la séquence… Elle n’est peut être pas finie au fond. C’est tout le sens de la réforme institutionnelle du mode de scrutin par introduction de la proportionnelle qui va permettre au Jeunot d’achever le travail.

Car si les médias n’y voient que goutte, certains spécialistes eux ont compris. Contre les appâts rances, la proportionnelle va finir de plier les grands partis classiques…[1]. Rien de plus normal au fond : face à tant de bêtise et d’ignorance, la stratégie qui a déjà réussi contre toute attente sera intelligente jusqu’au bout, n’en doutons pas, face à tous ceux qui ne voient rien et risquent fort de continuer.

 

 

Notes de bas de page

[1]http://theconversation.com/la-proportionnelle-derniere-etape-de-la-strategie-demmanuel-macron-79286?utm_medium=email&utm_campaign=The%20Conversation%20du%20week-end%20-%2076426005&utm_content=The%20Conversation%20du%20week-end%20-%2076426005+CID_0aaddb92adc175d69523dd84a47fe820&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=La%20proportionnelle%20dernire%20tape%20de%20la%20stratgie%20dEmmanuel%20Macron

 

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