Lutter contre la radicalisation, sans avoir le droit de la désigner nommément !

Signalé dans la catégorie « Les beaux textes qu’on aime » : un excellent article qui dit les choses comme elles sont. Ce qui est rare.

On le sait, ne pas le faire conduit tout droit au Front national, ou à ses semblables même en ayant pris le détour Macron…

Un article de trois spécialistes que vous ne retrouverez pas, ne cherchez même pas,  dans les rangs de l’Observatoire aveugle de la laïcité de JL Bianco ou de tous les tenants d’une laïcité flanquée d’un des adjectifs de la soumission…

Lisez le donc ci-après reproduit in extenso par DECODA qui ne pourrait y ajouter que du bavardage et du bruit. Avec cependant une réserve juridique qu’on explique dans un NDLR final après l’article pour ne pas se tromper sur les moyens d’atteindre l’objectif que l’on partage : ne faciliter en rien le djihad judiciaire que les islamistes et leurs alliés volontaires poursuivent contre des républicains sincères, y compris parfois musulmans. Tout y est dit.   [1]

Comment lutter contre la radicalisation sans avoir le droit de la désigner nommément

Procès en appel contre Bensoussan étonnamment soutenu par le Parquet  [2]

 

Les auteurs :

– Barbara Lefebvre est enseignante. Elle est co-auteur des Territoires perdus de la République (2002, rééd. Pluriel 2017) et vient de publier Génération  « J’ai le droit »  (éd. Albin Michel, 2018).

– Jacques Tarnero est chercheur à la Cité des sciences et de l’industrie et documentariste français, membre du Cercle de l’Oratoire. Il a été président de la Commission d’études politiques du CRIF. Il est contributeur régulier de Hatikva75, B’nai brith et Europe-Israël News.

– Caroline Valentin est coauteur d’Une France soumise, Les voix du refus (éd. Albin Michel, 2017).[3]

*

« C’est au moment même où le gouvernement énonce toute une batterie de mesures «anti radicalisation» que notre justice poursuit ceux qui furent parmi les premiers à décrire la menace islamiste.

Georges Bensoussan a été relaxé en première instance, en mars 2017, de tout propos diffamatoire ou raciste à l’égard des musulmans. Après avoir été débouté de sa plainte, voilà que le Comité contre l’islamophobie en France, (CCIF) persiste et signe dans une procédure d’appel qui se tiendra d’ici quelques semaines, soutenue par le ministère public, la Ligue des droits de l’homme et le MRAP. Faut-il imaginer que le procureur de la République soit myope au point de n’avoir pas repéré que sous la plainte intentée par le CCIF se dissimulait une stratégie visant à rendre respectable la radicalisation islamique? Comment la justice peut-elle être aveugle devant l’apparence antiraciste de cet épigone des Frères musulmans? Pourquoi n’a-t-elle pas déclaré cette plainte irrecevable?

Dans les projets du gouvernement en matière de lutte contre la radicalisation il est proposé (entre autres) un repérage des signes de radicalisation. Une politique de prévention des risques ne saurait être désormais menée à bien sans cette observation des symptômes annonçant des logiques menaçantes.

L’épreuve judiciaire à laquelle Georges Bensoussan est assigné révèle les incohérences d’une politique qui prétend ne pas avoir peur des vérités dérangeantes.

Quand le livre Les territoires perdus de la République fut publié en 2002, une chape de silence l’accueillit tant le politiquement correct ne voulait pas paraître «stigmatisant» envers les «jeunes des banlieues» en «difficulté» dans les «quartiers sensibles». Que d’euphémismes, que de termes aseptisés pour ne pas parler clair, ne pas nommer les choses. Ni la qualification d’islamophobe ni le concept d’islamophobie n’étaient encore en vogue.

Ces témoignages sur la croissance de l’antisémitisme et du sexisme auraient dû attirer l’attention des pouvoirs publics et des commentateurs médiatiques (aujourd’hui friands des «balances» de tous les porcs ou supposés tels). Il n’en fut rien: les impératifs du «vivre-ensemble» primaient sur le réel.

L’ouvrage ultérieur piloté par Georges Bensoussan, Une France soumise (2017) devait confirmer, en pire, le diagnostic précédent. La pénétration islamiste se confirme dans tous les milieux (scolaire, hospitalier etc.) sans que des réponses adéquates soient apportées pour lui résister. La culpabilisation par le biais de l’antiracisme dont s’affublaient les islamistes traçait son chemin auprès des «progressistes», «insoumis» et autres «indignés».

L’épreuve judiciaire à laquelle Georges Bensoussan est assigné révèle la gravité des incohérences d’une politique qui prétend ne pas avoir peur des vérités dérangeantes. Avant lui Charlie Hebdo, Pascal Bruckner, Mohamed Louizi ont déjà été ou sont toujours l’objet de poursuites, confrontés à la sinistrose des prétoires. Être obligé de se justifier, de dire le bien-fondé de ses propos, perdre du temps et de l’énergie, payer des frais de justice, tout ceci s’inscrit dans une méthode qui utilise les mécaniques de la justice pour mieux épuiser les critiques et faire taire les opinons lucides. Ce djihad judiciaire, la justice elle-même en est victime. Pourquoi encombrer les tribunaux de ces procès? Pourquoi mobiliser tous les moyens de la démocratie alors que ceux-ci sont précisément dévoyés par ces plaintes? Est-on dupe à ce point dans les instances de la justice des lanternes islamistes? Et pendant ce temps, tant de justiciables doivent attendre des mois sinon des années pour voir aboutir leur procédure au civil ou au pénal. Pour certaines associations militantes bien conseillées et pouvant assumer le coût financier des procédures, la justice sait aller vite.

Nous n’avons pas à nous soumettre à ces nouveaux suprématistes identitaires.

Comment comprendre le moment présent? Une guerre a été déclarée à l’Occident, spectaculairement depuis 2001 avec l’attaque des tours de Manhattan, mais cette attaque aura été précédée par l’offensive idéologique de l’OCI (Organisation de la Conférence Islamique) menée lors d’une conférence de l’ONU à Durban durant l’été 2001 pour dénoncer le racisme dans le monde, où il fut essentiellement question de dénoncer Israël comme État raciste et le sionisme comme un autre nazisme. Inscrire le blasphème anti religieux comme une manifestation raciste en fut l’autre enjeu majeur. L’OCI dispose de nombreuses institutions dans tous les domaines (économique, culturel, éducatif, social, environnemental) pour diffuser son idéologie, via aussi un incroyable réseau d’ONG.

Si la France est agressée par la même idéologie depuis près de trois décennies, alors la République doit dire les choses clairement et ne pas se contorsionner pour nommer l’ennemi. La simple expression de «lutte contre la radicalisation» pâtit de l’absence d’un adjectif. Pourquoi celui d’ «islamique» n’est-il pas ajouté? Quelle crainte inspire-t-il? Comment peut-on tomber dans le panneau conceptuel d’une «islamophobie» assimilée au racisme: les crimes commis au nom de l’islam, les Allah Akbar criés par celui qui égorge pour venger le prophète, ne devraient-ils pas légitimement inspirer de la crainte (phobie = peur)? Pourquoi ce qui est présenté comme une religion de «paix et d’amour» devrait échapper à la critique des pratiques commises en son nom? Pourquoi un texte, bien que considéré par ses adeptes comme dicté par Dieu lui-même, devrait échapper à l’analyse de la raison critique? Il existe en islam et dans le monde musulman suffisamment d’esprits lucides pour avoir dit, souvent au péril de leurs vies, que ça n’est pas rendre service aux musulmans que de ne pas les mettre face à cette réalité: c’est à l’intérieur de l’islam que l’islam joue son avenir. Si l’islamisme dévore la quête de spiritualité née du côté de La Mecque, c’est dans le chaos que l’islam ratera son rendez-vous avec la modernité.

En attendant, nous qui vivons en démocratie, dans des États de droit, qui plus est dans une République laïque, nous n’avons pas à nous soumettre à ces nouveaux suprématistes identitaires. Nous devons continuer à cultiver le doute critique y compris sur les religions établies, aller chercher dans leurs textes et dans leur confrontation avec l’histoire, les éléments qui nous permettent de mieux saisir les ferments idéologiques qui nous menacent et les remèdes pour les neutraliser. »

 

Notes de bas de pages

[1] Comité Contre l’Islamophobie en France

[2] Les titre et sous titre sont de notre cru

[3] Article publié par Le Figaro Vox le 28 février 2018 et signalé à notre attention par l’ami Jean  : http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2018/02/28/31004-20180228ARTFIG00140-proces-en-appel-de-georges-bensoussan-les-incoherences-du-gouvernement.php

 

Texte de l’article en fichier média joint :

Procès en appel de Georges Bensoussan

 

NDLR : Ce texte qui n’est pas la production de juristes est juste dans son analyse de la situation, mais inexact dans son appréciation sur nos instances juridictionnelles et notamment sur le Parquet qui n’aurait pas classé des plaintes qui le méritaient : en matière de diffamation la mise en examen est automatique depuis la loi du 29 juillet 1881 et la jurisprudence qui l’a mise en oeuvre et, ce, pour nous protéger des campagne de presse malveillantes. Même s’il n’est surtout pas obligé de soutenir l’appel, le Parquet ne peut classer. A l’heure de la médiocratie médiatique qui est la nôtre,  de neuneu roi sur les réseaux sociaux et de la Génération « J’ai le droit » que dénonce d’ailleurs Barbara Lefèvre, il est impératif de conserver cette particularité du droit de la diffamation qui a fait ses preuves et de trouver d’autres outils que sa suppression pour remédier à ses inconvénients. DECODA y reviendra, promis.

*

Et puis, dans le prolongement des travaux de Georges Benssoussan, lisez, à propos de l’excellent rapport du préfet Clavreul sur la réalité des dérives au quotidien et pour quelques remèdes :

http://www.ufal.org/laicite/le-rapport-clavreul-fait-sortir-du-bois-les-laiques-honteux/

 

Publicités