On ne rigole plus…

Que vaut-il mieux ? Flatter la bassesse, la veulerie et la médiocrité de certaines propositions ou positions politiques en les traitant comme normales dans le paysage ? Ou au contraire dire ce qu’elles sont ?

L’addition, elle, est pourtant simple, tant qu’il est temps avant de devoir la payer : à cette heure environ 50% des français[1] se disent prêt à voter pour une brochette de candidats qui soit sont aux prises avec la justice de leur pays[2], soit veulent construire leur succès électoral sur des thèses xénophobes, soit les deux avec le cocktail que présente Marine Le Pen.

On ne peut que douter de l’efficacité du « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » que l’on pratique en France depuis plus de trente ans en admettant au jeu démocratique, et sans même plus tordre le nez, les idées antirépublicaines du FN [3].

La mansuétude et même l’empathie n’ont pas enlevé un électeur au Front national. Au contraire, la dédiabolisation a permis d’une part la légitimation de certaines de ses thèses, que d’autres peuvent reprendre en présentation plus convenable[4], et d’autre part et surtout elle a permis sa progression. Une femme à la place du vieux grimaçant de haines recuites et hop le tour est joué, même si c’est sa fille.

Les médias benêts et friands qui ne voient même pas la différence entre une démocratie individualiste béate à l’américaine et une République comme la nôtre, s’engouffrent dans la brèche. Les naïfs emboitent le pas en bons démocrates ouverts à toutes les idées, n’est ce pas ?

Le Fhaine est ainsi installé par des ânes dans « l’offre politique » comme si de rien n’était. Nickel, en peu de temps voter FN n’est même plus une honte. Désolé nous on n’en mange pas et on dit ce qu’il en est, n’en déplaise.

Avec ces 50% prêts à voter pour des futurs repris de justice ou/et des xénophobes, il ne faut pas oublier un autre cinquième environ de l’électorat qui, derrière Mélenchon, semble prêt aussi in fine à sortir de la construction européenne et de l’euro en soutenant un programme incompatible avec les principes actuels de l’UE[5].

L’Europe pour le gaillard Mélenchon ? Simple, on l’obligerait à ratifier sa politique ou bien on en sortirait. Comme il dit: « on la change ou on la quitte » ! Autant le dire de suite, la sortie est assurée et le repli aussi, repli obligé même masqué sous une apparence révolutionnaire sympathique par rapport à l’ordre économique établi. Les fils de l’internationalisme ouvrier qui veulent nous mettre en prison dans une sorte de camp de vieux sécurisé et barricadé… Ils veulent nous albaniser !

On croit à un cauchemar, mais non c’est bien le mental réel de près de 70% des électeurs de ce pays que l’on décrit là. En douze jours, l’heure n’est plus à s’interroger sur les causes de ce qui a été raté pour en arriver là. Elle est à se positionner pour éviter le pire d’autant que les scores se resserrent entre les candidats et le quatuor des favoris.

Ce qu’il faut éviter c’est la honte pour notre pays et le désastre économique garanti par certains programmes[6].

La honte ce serait de voir le FN aux manettes et une flétrissure des principes républicains par des descendants de Vichy, qui au surplus se soustraient à la justice de leur pays. Cette honte a pour nom Le Pen. La honte ce serait de voir un mis en examen bien gavé sur fonds publics élu par les français. Cette honte a pour nom Fillon. La honte ce serait de tourner le dos à l’Europe même sur des principes de gauche et de générosité sociale. Cette honte a aussi pour nom Mélenchon[7].

Pour éviter cela pas une voix ne doit se perdre et, ce, dès le premier tour. Pas une ! Plus une ! Même pas sur le candidat du parti socialiste, Hamon, la fronde en totale décrépitude, et qui sombre lentement mais sûrement. Le Titanic et son orchestre…

Dans de telles circonstances, quelle responsabilité que celle de se disperser sur d’autres candidats ou de gaspiller son bulletin en votant blanc puisqu’ils ne sont pas comptabilisés. Responsabilité écrasante, sauf pour les inconscients.

Une seule solution si l’on ne veut pas des trois susnommés, ni d’un duel entre deux d’entre eux au second tour qui nous condamnerait à devoir choisir entre la peste et le choléra. Une seule solution malgré toutes nos réserves ou hésitations qui à cette heure ressemblent de plus en plus à des « pudeurs de gazelles ».

Il n’y a plus lieu d’hésiter que l’on soit de droite ou de gauche, libéral ou social démocrate, il faut voter Macron dès le premier tour et en masse. Pour écraser la haine et la bêtise, pour redonner avec des gens ouverts, loin de tout repli sur soi, un peu d’optimisme à ce pays.

Notes de bas de page

[1] Les électeurs du Front national (24%) + ceux de Fillon (19%) + ceux de Dupont Aignan (5%) + ceux de quelques micro candidats (x%)…

[2] Rappelons que Fillon est mis en examen de plusieurs chefs d’infractions graves et que la blonde n’y a échappé qu’en refusant de déférer aux injonctions de la justice de son pays… superbes inconscients de la secte du «tous pourris » qui continuent à la soutenir comme si de rien n’était (voir à cet égard pour mieux mesurer ce dont les bandits du FN sont capables http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170411.OBS7855/un-assistant-parlementaire-du-fn-paye-31-000-euros-pour-un-sms.html#xtor=EPR-2-%5BObsActu17h%5D-20170411); rappelons en outre que nonobstant la présomption d’innocence la mise en examen, anciennement « inculpation », suppose des charges précises et concordantes de commission d’une ou, en l’espèce, plusieurs infractions ; la présomption d’innocence a perdu de sa blancheur Omo et on vire déjà au gris ; mais neuneu FN et LR  n’en ont manifestement rien à braire

[3] Depuis toujours le programme de l’extrême droite et du FN est un programme qui n’est pas républicain sur certains points même si ce parti joue le jeu des institutions démocratiques car c’est son intérêt politique et financier : en effet, la République ce n’est pas la préférence nationale et le repli apeuré derrière nos frontières ; on y reviendra prochainement de manière plus détaillée mais la modification constitutionnelle proposée par MLP pour inscrire la préférence nationale dans la Constitution de 1958 sera retoquée par le Conseil constitutionnel comme contraire à « l’identité constitutionnelle de la France » traduite par son bloc de constitutionnalité construit depuis la DDHC de 1789 ; MLP se prendrait donc une baffe judiciaire trumpienne sur ce sujet ; c’est heureux, les neuneus de par le monde subissent les mêmes punitions, celles que méritent la bêtise et l’incompétence

[4] Sans citer de noms les « petits » candidats sont nombreux sur le terrain du repli débile derrière des lignes Maginot de pacotille…

[5] Mélenchon entre autres « babioles » souhaite les 32 heures, restaurer la retraite à 60 ans, lancer un plan d’investissement de 100 milliards d’euros, supprimer le CICE, instaurer une gratuité totale des soins, accroître les indemnités de chômage, créer une allocation autonomie pour les jeunes, nationaliser les industries d’armement et la production d’électricité… Le tout financé par un accroissement des prélèvements obligatoires de 45% à 49%, une augmentation de l’impôt sur le revenu jusqu’à 90%, une hausse de l’ISF, une inflation à 4% en fin de période, et une création monétaire conséquente (en francs) qui financerait notre dette publique quand il ne s’agirait pas de faire défaut…

[6] Les marchés financiers, auxquels on doit beaucoup d’argent (2200 milliards) et qui nous prêtent encore à taux zéro, nous guettent ces « salauds » d’après les adeptes de la secte de la pensée magique. On pourrait peut être aussi en sortir, non ? Tant qu’on y est à sortir de tout… L’Albanie et l’Argentine enfin réunies sous la bannière de Jean-Luc…

[7] D’ailleurs que ces candidats malgré tout républicains, Fillon ou Mélenchon, s’il advenait que l’un d’eux soit au second tour en mesure de faire barrage à Le Pen, sache bien que l’on ne nous refera pas le coup de 2002 (Chirac élu aussi par la gauche, en gardant intégralement son programme de droite) et que s’ils veulent nos voix pour battre la blonde ils devront apporter quelques tempéraments à leur programme respectif ; pas question qu’on leur donne un blanc seing, sur la folie libérale de casse sociale de l’un et la démagogie sociale et le caractère anti européen de l’autre, juste pour éviter la pouffe ; comptons sur les ralliements politiques des uns et des autres le moment venu pour le leur rappeler et poser les exigences qui s’imposent…

 

Texte en fichier joint : billet d’actu1104

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