Pour Arnaud Beltrame

Comme une adresse à qui de droit

Pour Arnaud Beltrame

Jusque là on avait nos soldats tués au combat sur sol étranger ou abattus froidement sur le nôtre, nos policiers attaqués, assassinés, des journalistes et des humoristes abattus comme des chiens, un curé égorgé dans son église sous les yeux de ses quelques fidèles, un petit entrepreneur décapité dont la tête était exposée en haut du grillage de son entreprise, et bien sûr des centaines de victimes innocentes dont des dizaines et des dizaines d’enfants lors des attentats depuis janvier 2015…

L’horreur était déjà là mais l’ennemi islamique nous dominait en quelque sorte de sa violence. Pour preuve, quelques uns d’entre nous, pourtant meurtris dans leur chair ou leur cœur, lui refusait même leur haine comme si ces nazis d’un nouveau genre et d’une exceptionnelle envergure dans l’horreur pouvaient bénéficier de compassion. Sans parler des benêts qui persistent à ne vouloir rien voir. Car nous avions aussi, déjà, nos pleutres refusant de voir l’évidence, se complaisant dans le déni, dans une irresponsabilité complice quand ce n’est pas dans un soutien plus sournois par opportunité idéologique ou politique.

Déni du réel, et, au fond comment ne pas le dire, de l’existence même de l’ennemi. En effet, outre la contestation que nous soyons en guerre alors que nous soldats meurent, le déni va jusqu’à supputer, à chaque fois que l’horreur surgit d’un attentat, que l’«on ne sait pas » même si tout l’indique, même si le forfait est avoué, même s’il est revendiqué. On jurerait que le déni ne sait pas, ne veut pas savoir car cela lui est insupportable, il veut attendre que le réel lui mette le nez dedans. A chaque fois, tous les éléments d’une présomption d’actes de terreur islamique sont là et, à chaque fois pourtant, dans les déclarations publiques, dans les médias, il faut attendre, que le réel déchire le déni pour qu’on désigne l’ennemi. Etrange aveuglement qui est plus indulgent que la présomption judiciaire elle même[1].

Alors intervient, selon un mode opératoire très rodé, dès lors qu’il faut bien se rendre à l’évidence de chaque nouvelle attaque, l’entreprise de disculpation par la grande secte sociologique avec ses causes exclusives tout autour du ventre, qu’elles soient économiques, sociales, coloniales, ou psychiatriques…

Le réel de ce que nous vivons nous enseigne que toutes ces « causes alibi » ne sont pas suffisantes (a-t-on vu déjà un terroriste qui ne se réclame que de sa misère sociale ?), ni même nécessaires (où a-t-on vu que les terroristes islamistes venaient tous de milieux défavorisés ?).   Pourquoi donc s’attarder sur des causalités non essentielles au point de méconnaître la cause première, l’islam politique et son idéologie rétrograde, la guerre qu’il nous a déclarée et qui est portée sur notre sol par tous ceux qui au fond nous haïssent du fait de nos valeurs qu’ils récusent ?

Poser la question c’est y répondre : pour disculper une confession rétrograde ou refuser de la mettre en cause car elle est la religion des opprimés ou d’un électorat qu’il ne faut pas perdre…

C’est en outre faire un trop beau cadeau à l’islam radical que de trouver chez ses sbires des « explications » qui n’en sont pas. Eussions-nous un seul instant, même de déraison, cherché dans les comportements des nazis, et de leurs collaborateurs dans nos rangs, dans leur psychologie, dans leur histoire sociale personnelle des causes explicatives qui eussent pu occulter l’horreur de leur idéologie politique, la responsabilité de leurs dirigeants et la leur propre ? Que non ! Nous les avons combattus, éliminés physiquement, et nous avons exécutés quand il le fallait leurs dirigeants et leurs complices chez nous et sans état d’âme[2].

Telle était notre cercle de misère, entre déni misérable et « causes alibi ». A pleurer.

Et puis survînt Arnaud Beltrame, admirable, qui donnât sa vie pour qu’une inconnue (qui sait peut-être humainement inintéressante, qui sait peut-être même humainement immonde mais peu lui importait), puisse continuer à vivre, alors qu’il était, lui, riche d’une vie déjà admirable et promise à de très belles destinées…

Mais Arnaud ne s’est même pas posé la question, une question qui eût été pour lui minable, parce qu’un véritable héros ne se pose pas ce genre de question, ne fait pas ce genre de mise en balance face à l’ennemi, en l’occurrence face au barbu qui tue. Ses valeurs personnelles et celles de la gendarmerie de la Nation (« Honneur et Patrie »), lui intimèrent le possible et probable sacrifice de sa vie face à l’ennemi et là, pour lui, le déni n’eût pas sa place.

Alors pour que tu ne sois pas mort pour rien, Arnaud, nous allons enfin collectivement nous réveiller et faire un effort d’intelligence.

Réaliser que, puisque avec ton assassin (un parmi 15 à 20000 radicalisés islamiques en France selon les services de renseignements qui les comptent en les fichant à défaut de pouvoir surveiller chacun d’entre eux) tous s’accordent à dire que rien n’indiquait qu’il allait passer à l’acte, il nous faudra bien admettre que chacun de ses 15 à 20000 semblables peut basculer comme lui dans l’horreur. Ils représentent en effet la même potentialité de violence barbare du fait de leur radicalité. C’est donc la radicalité islamique qui est le danger qui, fondamentalement, doit être combattu et pas le seul terrorisme lorsqu’il est trop tard.

Mais comment ? Nous sommes une démocratie et nous devons au moins à tous ceux qui sont morts pour elle et la République, de le rester fièrement et campés sur nos valeurs.

Eloignons donc de nos esprits et de nos cœurs tout renoncement à ce qui nous constitue au plus profond, notre essence et la plus grande humanité de notre civilisation que l’engeance musulmane radicale veut d’ailleurs abattre ; ce serait lui en effet rendre service. Et c’est la où le FN et ses soudards ne valent pas mieux que les terroristes[3] puisqu’ils sont prêts à tout pour conjurer le danger de la radicalité musulmane, au prix de renoncer à nos valeurs et principes fondamentaux auxquels ils ne tiennent pas plus que ça d’ailleurs. Alors, les résolutions des crétins de comptoir et des salauds, genre OAS « Foutez les tous sur un bateau, destination le fond de la Méditerranée » renvoyons les au seul endroit où elles méritent d’être, « aux chiottes ! »[4].

Mais, aujourd’hui, pour l’honneur infini d’Arnaud Beltrame, sortons des pleurnicheries et des pseudo causes. Identifions le mal, outre le terrorisme islamiste que nos soldats combattent bien sûr les armes à la main. Ce mal c’est la radicalité et le fondamentalisme musulmans. Combattons les avec les armes de la démocratie que sont le combat idéologique et le combat par le droit. Nous avons en effet des armes juridiques pour éradiquer l’expression de cette idéologie, à défaut de pouvoir l’interdire dans les têtes de ceux qui y adhèrent (car ça une démocratie ne peut pas le faire). Nous pouvons interdire son expression dans le champ public et civil par le discours, les actes ou les signes ostensibles.

Cela, l’ordre public nous permet de le faire et de le justifier surtout que nous sommes en guerre. Nous avons montré dans un papier publié par Marianne que nous étions en droit d’utiliser ces armes juridiques réductrices des libertés pour nos ennemis[5]. Nous avons montré aussi que la CEDH elle même avait admis, voilà déjà presque quinze ans, que cette idéologie islamiste totalitaire ne pouvait réclamer la protection de nos valeurs démocratiques et de nos principes fondamentaux pour prospérer car fondamentalement, récusant ces valeurs et principes, elle ne peut s’en prévaloir[6].

Cette défense, avec mes co-auteurs Jean et Bruno, on l’a pensée et conçue. On l’a écrite. Maintenant, pour Arnaud Beltrame ayons, M. Macron, le courage de le faire ! Comme on l’a fait de manière durable pour l’idéologie nazie, proscrivons chez nous toute expression du fondamentalisme musulman (l’islam politique et sa charia). Et pour ceux à qui ça ne conviendrait pas, notre démocratie ne retiendra bien sûr personne puisque existent d’autres cieux plus favorables à leur barbarie et qu’il serait trop bête de les en priver. Notre démocratie n’est pas à la carte. Elle est au menu et c’est celui de la République : il est imposé et non négociable. Qu’on se le dise !

 

 

Notes de bas de pages

[1] La présomption judiciaire, à défaut de preuve (aveu, témoignage ou preuves matérielles objectives) se construit en effet sur un faisceau d’éléments qui concourent à établir la vérité judiciaire dans l’esprit du juge ; ici le faisceau d’éléments objectifs existe, et même souvent l’aveu et le témoignage, mais malgré tout le doute doit continuer à bénéficier à l’accusé que l’on n’ose pas nommer : l’islam ET sa dérive radicale ; je dis ET et je lie islam et islamisme car il y a un continuum entre cette religion et sa dérive il n’est que de voir les réactions des musulmans égyptiens (non terroristes) qui applaudissent à une perspective d’interdiction de l’athéisme…

[2] Je ne suis pas favorable au rétablissement de la peine de mort, mais veux faire observer qu’un nouveau procès international de type Nuremberg sera peut être un jour constitué, par convention internationale ad hoc, du droit et des peines dont les Nations civilisées voudront bien pour l’occasion se doter compte tenu, comme pour l’holocauste, de l’horreur des actes commis et jugés

[3] Quand aux insoumis, tels Stéphane Poussier et ses semblables, qui font l’apologie du terrorisme en se félicitant de la mort d’un gendarme ils me dégoutent et nous n’appartenons plus au même monde… Les éructations de Mélenchon il y un an contre Cazeneuve avaient ouvert la voie et ne valaient pas mieux…

[4] De même tous ceux qui veulent mettre en rétention administrative tous les fichés « S » dans un gigantesque Guantanamo sont des rigolos qui ne pourront pas le faire dans un état démocratique…

[5] Voir notamment : http://www.marianne.net/agora-les-4-principales-questions-que-pose-islam-radical-notre-etat-droit-100249137.html; voir aussi sur ce blog la même étude dans notre Numéro hors série sur l’islam radical : https://francoisbraize.wordpress.com/islam-radical-et-etat-de-droit-janvier-2017/

[6] Voir Cour européenne des droits de l’Homme: cedh-charia-n003-697689-705588 et

 cedh-arr_c3_aat_20refah_20partisi_20c_3a_20turquie_20_28grande_20chambre_29_20du_20_3a2003 ; :http://hudoc.echr.coe.int/eng#{« dmdocnumber »:[« 702044], »itemid »:[« 001-64174« ]} ;http://www.blog.sami-aldeeb.com/2011/01/18/la-loi-islamique-est-incompatible-avec-la-democratie-et-les-droits-de-lhomme/

 

 

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