Sans pudeur de gazelle…

 

Il faudrait faire bref à trois jours de l’échéance à laquelle des choses essentielles vont se jouer. Et parler surtout à celles et ceux, républicains de droite et de gauche, qui hésitent encore pour leur vote, ou même pour aller voter. Mais, il y a tellement en jeu que mégoter sur les arguments serait une erreur. Alors, il faut y aller et franc jeu. Encore davantage depuis le pugilat d’hier au soir.

 

1) D’abord, avec ceux décidés fermement à voter pour le Front national : on a l’impression que l’on ne peut plus rien pour eux, mais ça ne nous fera pas taire. S’ils ne le savent pas, on le leur dit en clair : c’est la mine de la haine et du déshonneur qu’ils doivent voir quand ils se regardent dans une glace. Ce qu’ils nous préparent par leur vote n’a pas de nom, sinon celui de la bêtise et de l’infamie[1].

On l’a encore vu hier au soir lors du débat de l’entre deux tours lors duquel une Tatie Danièle immonde, agressive, vulgaire et ricanante a fait étalage de toute sa haine[2]. Une caricature de poissonnière. Alignant les mensonges qui prennent deux secondes à être formulés et appellent 2 minutes pour y répondre[3], les attaques ad hominem, l’invective et la démagogie alliée à l’incompétence, elle a abaissé le débat comme on ne l’avait jamais vu en cinquante ans. Bref, une sorte de Trump en jupons et si elle a le niveau, c’est celui du bistrot le plus minable. Elle a consterné tout le monde et même les médias qui lui servent sa bonne soupe de la dédiabolisation en continu ont dû en convenir : elle s’est faite ratatinée par un jeunot de 39 ans qui l’a défoncée. Elle a perdu l’élection présidentielle hier au soir car elle n’en est pas digne.

Et nous, pauvres citoyens, alors dans tout ça ? Et bien je vous le dis, depuis l’horreur de hier au soir et au moins jusqu’à dimanche soir, je ne sais pas vous, mais moi, c’est sûr, « JE SUIS MACRON ! »

Mais revenons au fond des choses et à l’essentiel. Le militant FN n’aime pas les « bougnouls », les « bicots », les « négros » et autres « niakoués », comme ils disent entre eux, un peu pour l’instant encore à voix basse. Ce n’est pas avec ça qu’on construit un pays : on prépare seulement des guerres civiles. On espère donc que leur blonde va se faire écrabouiller à ce deuxième tour après avoir été battue au premier par le premier jeunot venu, et ravagée par le même entre les deux tours devant des millions de téléspectateurs.

Car, franchement, même pour le plus obtus des électeurs du FN, n’y a t-il pas de quoi se lasser de gaspiller ainsi sa voix à chaque fois sur des trucs insensés. Qui peut croire en effet que les français musulmans vont pouvoir être reconduits à la frontière, ou expulsés, par la blonde et ses soudards et qu’ainsi on réglera le problème, réel, que peut poser en France l’islam radical qui piétine nos valeurs et principes fondamentaux ? Faudra t-il être pratiquant ou suffira t-il de porter un nom  ad hoc  comme à Béziers ?

Seuls des débiles profonds au cerveau bouffé par la haine peuvent le croire possible[4]. Qui peut croire qu’on sort de l’euro… sans en sortir ? Dupont-Aignan-La-Joie, peut être ? Et la préférence nationale, « visage aimable » de leur xénophobie, ils en disent quoi, neuneu et consorts au regard de l’identité constitutionnelle de la France depuis plus de deux siècles ? Je crains qu’ils s’en tapent, mais pas nous et cela leur reviendra en pleine figure très vite comme Trump et ses décrets débiles sur l’immigration suspendue… Donc, pourquoi choisir toutes ces conneries et cette ignominie ? La haine, juste la haine… C’est vieux comme la bêtise, l’ADN du Front.

En plus, MLP et ses sbires pataugent lamentablement dans leur programme ne sachant plus trop si la France sort de l’euro ou pas… Alors que leur programme économique et social le suppose nécessairement. La blonde en est à copier ses discours sur ses petits camarades droitiers tant elle n’a plus d’idées pour ce second tour. Elle est perdue, voilà la vérité. Perdue de chez perdu et elle serait pitoyable si elle pouvait inspirer de la pitié. Non, pathétique et grotesque tels sont les bons mots. Avec et après la haine, le ridicule. Diabolique et effrayant en somme.

Des zozos intégraux portés au pouvoir par des neuneus, voilà ce qui nous guette avec le FN.

 

2) Mais la nouveauté dans cette élection c’est que lorsque l’on parle de la blonde, cela vient à concerner une partie de la gauche, celle de la brute.

En effet, près de 20% des électeurs de Mélenchon s’apprêtent, apprend t-on scotché, à rejoindre, et de plain pied, cette merde idéologique qu’est le FN. En outre, lors de la consultation en ligne organisée pour ses militants dits « insoumis », plus de 65% de ceux qui ont répondu disent ne pas choisir entre le Front national et un « social libéral »[5]. Bilan des courses : honteusement complice du FN, directement ou indirectement, elle est belle la gauche de la gauche. Elle dort debout ou quoi ? Le jour aussi ?

Qu’a t-on désormais encore à voir franchement avec ces gens là? C’est un crime impardonnable contre l’esprit qui vient s’ajouter au délit récurrent de fronde contre la social démocratie, délit continu depuis cinq ans. Pendant très longtemps, plus rien ne pourra être comme avant et, en effet, le mot adapté est bien « irréconciliables ». Ils nous avaient déjà écœurés par leur propension à la mansuétude avec l’islam radical, là ils achèvent le travail en préférant les néo nazis à un centriste, ou en refusant massivement de choisir entre les deux.

 

3) Alors ne vous faites pas enfumer, tenez-vous en à l’essentiel et faites en sorte autour de vous que chacun fasse pareil. N’en déplaise, Emmanuel Macron c’est la République à cette présidentielle, le centrisme politique, économique et social et, donc, rien d’infamant. La blonde et ses amis c’est l’exact inverse.

En outre, aucun doute non plus, E. Macron, lui, n’interdira pas que l’on s’oppose à sa politique et n’entend pas mettre la liberté de la presse sous le boisseau d’un ordre professionnel, comme c’était la mode au bon vieux temps du maréchal, le grand père de Tatie Marine.

Désolé mais dans de telles circonstances, d’un point de vue républicain et de celui de l’honneur qui s’y attache, le vote blanc n’existe plus, ni l’abstention comme l’explique très bien C. Kintzler sur son blog[6]. Il faut s’engager, car l’essentiel est en jeu[7].

Celles et ceux qui s’apprêtent à méconnaître cela à ce second tour seront déshonorés et risquent en fait très gros, outre qu’ils laissent, cynisme absolu, à d’autres le soin de faire le boulot. En faisant monter le poids du FN jusqu’au risque de son succès, ils contribuent au risque de leur propre disparition que ne manquera pas d’organiser un pouvoir autoritaire d’extrême droite. Toute l’histoire est en ce sens. Comme leurs aïeux (le parti communiste allemand de Weimar par exemple), ils seront punis par là où ils auront pêché.

Même l’ultra gauche devrait donc, dans ce qui serait son honneur, contribuer à écrabouiller le chancre brunâtre et pour cela voter pour E. Macron. Il faut faire passer au FN le goût d’y revenir en s’imaginant qu’il est en France la principale force d’opposition, et qu’il peut tranquillement attendre son tour.

Même Y. Varoufakis, B Sanders et J. Stiglitz, hommes de la gauche de la gauche s’il en est et pas d’opérette eux, l’ont compris et l’ont dit. Mais, chez nous, une partie de notre gauche est perdue et ne comprend plus rien. A rien. La fête à neuneu est aussi en son sein maintenant. C’est clair.

Cette gauche de la gauche, dévoyée dans et par sa radicalité, n’est plus en somme que le miroir d’un pays où le vide dans les citrons semble devenir sidéral, au point de la perte des repères les plus essentiels. Quelle tristesse.

 

Notes de bas de pages

[1] Et quoi qu’en pensent tous ceux qui se couchent avec un bulletin blanc ou sans bulletin du tout et qui, abandonnant l’antifascisme, se déshonorent tels de vieux staliniens ; voir à cet égard, la prise de position de H. Pena-Ruiz dans Le Monde daté du 3 mai qui trahit l’anti fascisme, la démocratie et gomme tout le XXème siècle et ses enseignements ! Tout à leur radicalité revivifiée, et quasi ridicule car la France est encore le havre des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques et que l’austérité dont ils se gargarisent n’y existe pas, lui et ses amis font peur car ils sont de nouveaux staliniens. En outre, Pena-Ruiz en bon nouvel adepte de la cause exclusive, économique et sociale, et, aveuglé par sa séduction, oublie que les militants du FN et ses électeurs chantent à tue-tête « On est chez nous ! » et pas « On veut des sous ! ». Quand ils ne sont pas racistes, c’est à l’islam conquérant que les électeurs du FN veulent s’en prendre, beaucoup plus qu’à d’éventuels patrons exploiteurs… Sinon, ils seraient déjà tous chez Mélenchon ! Pauvre Henri, tu n’as rien compris…

[2] Si vous avez manqué ce moment d’anthologie de la merde, visionnez le après coup… édifiant !

[3] Voir http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/05/03/des-intox-du-debat-entre-emmanuel-macron-et-marine-le-pen-verifiees_5121846_4355770.html

[4] Le FN n’est pas un parti républicain (voir notre article http://www.slate.fr/story/89331/fn-dissolution) et ses analyses sur l’immigration sont ineptes (voir notre article https://francoisbraize.wordpress.com/le-cout-reel-de-limmigration-le-front-national-raconte-des-histoires/), mais le vote FN n’est pas le fait que d’électeurs racistes, le croire est une erreur profonde et dispense de toute auto critique à gauche qui peut ainsi persister dans ses erreurs qui lui aliène le vote des classes populaires (voir notre billet https://francoisbraize.wordpress.com/2017/04/29/comme-une-ode-a-neuneu/)

[5] En fait les électeurs de Mélenchon sont moins radicaux que ses militants et 50% disent être prêts à voter pour E. Macron à ce second tour pour faire barrage au FN

[6] Voir sa prise de position lumineuse http://www.mezetulle.fr/oser-betement-bulletin-macron-tenaille-chantage/

[7] Et puis il faut que nos bons gauchos d’opérette arrêtent les âneries ! E. Macron « candidat de la finance » et infréquentable au point de le mettre sur le même plan que le FN ? Ils nous prennent pour des billes en voulant nous faire gober que quelqu’un peut être réduit à ce qui a été son cadre d’emploi pendant deux ans. Il faut qu’ils lisent vraiment le programme du jeunot (assurance chômage pour tous, conservation des 35 heures comme base légale, investissements massifs de l’état dans les fonctions régaliennes, revalorisation du minimum vieillesse et handicap, réorganisation de la formation professionnelle, dispense de la taxe locale d’habitation pour 80% des français, remboursement intégral des soins notamment dentaires, drastiques moralisation et transparence de la vie politique, dose de proportionnelle dans la représentation nationale, etc.) qui n’est pas un programme de régression sociale comme l’était celui de Fillon, mais un programme progressiste, social démocrate à la scandinave et porteur de la flexisécurité ; quand ils l’auront lu, s’ils persistent, ces crétins devraient alors aller buter Henri Emmanuelli dans sa tombe pour avoir lui aussi (quel salaud !) bossé encore plus longtemps dans la même banque que le jeunot…

 

Texte en fichier joint : Sans pudeur de gazelleVD

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