Stupide, aveugle ou voyou, le Jojo ?

Premier anniversaire des « GJ » !
A la tienne « Jojo »
et à la santé du con qui paie…

De tous côtés l’on n’entend toujours que ça, un air jauni qui nous vient de là-bas : « Macron des sous ! ».

Ce premier anniversaire des gilets jaunes s’accompagne de son cortège de bêtises habituelles ânonnées par nos pauvres chéris devant des micros et des caméras complaisants; pauvres chéris qui, comme soeur Anne, attendraient toujours et n’auraient rien vu venir…

Depuis un an pourtant, sous la pression de la violence des factieux en jaune, l’exécutif a concédé par trois fois des mesures en faveur des ménages les plus modestes. On va vous rappeler précisément quand, combien et pour qui pour que vous n’oubliez surtout pas, quoi qu’on vous raconte aux JT. Puisque, y a toutes les chances que vous soyez, avec d’autres, du côté de l’addition sans être forcément passés à table, ou même au comptoir.

Récapitulons les trois moments où l’exécutif a consenti à lâcher 17 milliards d’euros (1). Pas rien, non ?

Le 14 novembre 2018 : E. Philippe, premiers cadeaux

On l’a presque oublié, mais le gouvernement n’a pas attendu l’acte 1 des gilets jaunes, le 17 novembre 2018, pour concéder certaines mesures. Trois jours avant, au micro de RTL, le Premier ministre fait des annonces à forte coloration écolo-sociale, destinées à désamorcer la colère qui vient. Le chèque énergie, dispositif permettant d’aider les plus modestes à payer leurs factures de chauffage et d’électricité, sera «élargi» à 2 millions de foyers supplémentaires pour en concerner 5,6 millions. Edouard Philippe y va aussi à fond sur les «primes à la conversion». Les 20% des Français les plus modestes auront droit à 4 000 euros (contre 2 500 euros jusqu’ici) s’ils se débarrassent de leur vieux diesel contre un véhicule propre, et les personnes qui souhaitent arrêter le chauffage au fioul auront droit à des aides pour leurs nouvelles chaudières. E. Philippe dit alors vouloir «faire en sorte que les Français puissent se libérer de cette contrainte extraordinaire d’utiliser le fioul pour se chauffer».

Enfin, le chef du gouvernement annonce vouloir «élargir» les indemnités kilométriques aux «petites cylindrées les moins polluantes» et «défiscaliser» les aides au covoiturage mises en place par les entreprises ou les «chèques carburant» que les régions pourraient créer. En revanche, il reste ferme sur la première revendication des gilets jaunes : «Non, on ne va pas annuler la taxe carbone.» Coût total de ces premières mesures : plus de 500 millions d’euros.

10 décembre 2018 : Macron ouvre grand le carnet de chèques

Les premières concessions d’Edouard Philippe, un mois plus tôt, n’ayant pas calmé la colère. Au contraire : les gilets jaunes occupent les ronds-points nuit et jour, défilent… La capitale et certains centres-villes sont le théâtre de scènes de violences inouïes. Dans une allocution télévisée depuis l’Elysée au plus fort de la crise, le président de la République annonce de nombreuses mesures qui vont peser dans les budgets de l’Etat et de la sécurité sociale : annulation des hausses prévues de taxe carbone (3 milliards d’euros rien que pour 2019), retour à un taux de CSG de 6,6% pour certains retraités (1,3 milliard), défiscalisation des heures supplémentaires (plus de 3 milliards), revalorisation et élargissement de la prime d’activité (2,3 milliards) : en quelques minutes, le chef de l’Etat lâche 10 milliards d’euros, dont la plupart bénéficieront aux Français situés dans le bas de l’échelle des revenus. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) de Sciences-Po Paris évoque quelques semaines plus tard un «rééquilibrage rapide et massif en faveur des ménages moins aisés».

Macron accepte alors d’alourdir le déficit public du pays en faisant le choix de «rendre du pouvoir d’achat». Ce qui permettra au passage de soutenir la croissance du pays. Bercy, les instituts économiques et la Banque de France font tous le même constat : ces milliards injectés permettront de «maintenir» la croissance française autour de 1,3 ou 1,4%, soit au-dessus de la moyenne de la zone euro. Selon différentes études économiques, ces «mesures d’urgences économiques et sociales» feraient augmenter le «revenu disponible» des Français (autrement dit leur pouvoir d’achat) de près d’un point.

25 avril 2019 : l’exécutif accorde une belle rallonge

Plusieurs mois ont passé. Les ronds-points se sont vidés et les «actes» organisés par les gilets jaunes sont plus ou moins clairsemés. Emmanuel Macron a joué la carte du «grand débat national» pour se donner de l’air et des marges de manœuvre politiques. Pour sa première grande conférence de presse organisée dans la salle des fêtes de l’Elysée, le Président annonce de nouveaux milliards qui, contrairement aux précédents, seront accordés en 2020 et non en 2019. Le chef de l’Etat confirme alors une baisse «significative» de l’impôt sur le revenu (5 milliards d’euros) et une «réindexation» sur l’inflation des pensions de retraite inférieures à 2 000 euros par mois (près de 2 milliards). En 2019, elles avaient été augmentées d’à peine 0,3%, soit moins que la hausse des prix, entraînant une perte de pouvoir d’achat pour les retraités.

Ces nouvelles annonces se sont traduites cet automne dans le projet de loi de finances pour 2020 et celui de financement de la sécurité sociale. Le gouvernement ayant pris soin de «cibler» les premières tranches de l’impôt sur le revenu et de «neutraliser» les plus hautes.

L’exécutif finance cette rallonge par les économies issues du coût moindre de la dette, bien moins cher grâce aux taux d’intérêt restés bas, et par le maintien d’un taux de déficit public à 2,2% du PIB l’an prochain quand il était attendu, en début de quinquennat, bien avant les gilets jaunes entre 0,9 et 1,4% (en points de PIB).

Donc 17 milliards de mesures au profit des moins favorisés en trois fois en moins de six mois. Très bien pour eux et pour la croissance, car cela caractérise une politique de gauche qui relance notre économie par des mesures en faveur de la demande; sauf que là c’est contraint et forcé (2).

On s’en félicite malgré tout, mais qu’aucun gilet jaune, ou niais assimilé, nous dise que rien n’est venu. Car ça c’est nous prendre pour des cons et pas seulement pour le con qui paie.

Et, à l’heure ou j’écris ces lignes quelques centaines de factieux sèment encore la violence à deux pas d’ici Place d’Italie au point que la manifestation qui y était autorisée a été interdite.

Anniversaire ou pas, arrête tes conneries Jojo, y en a marre ! En plus, y a plus personne, et depuis longtemps, qui vient à tes teufs…

 

 

Notes de bas de pages

(1) Données de ce billet largement et librement inspirées par un article de ce jour paru dans Libé (auteur, Lilian Alemagna) et frappant, à la surprise générale compte tenu de la ligne de ce canard, par sa lucidité en termes de politique des finances publiques

(2) Ne vous trompez pas de jugement politique sur ce billet; si Macron avait retrouvé sa jambe gauche plus tôt (comme on l’y invitait ici) en menant une politique moins dure socialement et économiquement, bref plus sociale-démocrate, pour le même montant, voire même pour moins cher, il aurait pu en capitaliser le bénéfice auprès de l’opinion; là ce n’est pas le cas car c’est vécu non comme une politique de conviction mais comme une faiblesse, un lâchage et les bénéficiaires continuent en prime à lui cracher à la gueule; il ne gagne rien à gauche chez ses opposants, même modérés, et perd chez ses soutiens à droite; 
Et ça donne des idées de violence à d’autres qui ne sont pas cons et voient ce qui paie et ce qui ne paie pas…. Décidément, la pensée complexe n’est plus ce qu’elle était et on est bien mal embarqués, non ?