Quel est ce mystère ?

L’islamo-complaisance

DECODA reproduit ci-après le texte de Renée Fregosi, extrait de l’ouvrage collectif paru le 10 novembre 2022, « Penser Salman Rushdie » ouvrage qui entend se dresser contre toutes les lâchetés et bêtises face à l’immonde totalitarisme qui partout entend avancer ses pions (barbus)… et ses pionnes (voilées).

On aime ce texte remarquable car aucun des coupables ou des complices n’est épargné, fût-ce même parmi certains de nos amis de gauche. L’insouciance n’est plus de mise, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas car tous les éléments d’une analyse lucide sont présents, offerts, il n’y avait, il n’y a, qu’à s’en saisir.

Mais, il n’y a, on le sait, pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir….

Tant que la gauche, radicale et celle convertie à un libéralisme économique très peu bridé, préfèrera à cette analyse lucide et sans concession une idéologie en forme de soupe multiculturelle ou, au mieux, un angélisme de bobo protégé des misères des quartiers perdus de la République, le Rassemblement national aura de beaux jours devant lui. On ne peut politiquement impunément cracher à la gueule du peuple très longtemps, le zozo bien pensant oublie que c’est lui qui a les manettes…

Alors, si le malheur advient en France en 2027 (ou même avant) les électeurs populaires s’étant encore plus (et plus vite) détournés d’eux, vous verrez qu’ils auront le toupet de s’en lamenter alors qu’ils en auront été la cause.

Comme une parodie ridicule du vieil adage des cyniques, devenu celui de pauvres glands :

« Quel est ce mystère ? Feignons de n’y être pour rien… »

On trouve la publication initiale du texte de Mme Fregosi au lien suivant :

« L’ennemi emblématique désigné de l’islamisme

En 1989, l’injonction faite aux « vrais croyants » de tuer Salman Rushdie et tous ses complices illustrait on ne peut plus clairement ce qu’il en était de l’offensive néo-islamiste mondiale. Depuis 1979, les signes de la montée de l’intégrisme musulman s’étaient multipliés mais c’était surtout les attentats terroristes (dont les commanditaires n’étaient pas toujours bien indentifiés) qui frappaient les esprits et les démocraties ne semblaient pas comprendre le phénomène polymorphe global, en cours de développement. Alors que cette même année 1989 était marquée en France par l’affaire des collégiennes voilées de Creil, dite de façon euphémistique « affaire du foulard », les réactions pour s’opposer à ce qu’on appelait à l’époque « la monté de l’intégrisme musulman », faisaient dramatiquement défaut, et les soutiens à Salman Rushdie ont été fort peu nombreux. 

Aujourd’hui, l’offensive islamiste djihadiste « salafo-frériste » ne peut plus faire de doute. Et l’agression assassine contre Salman Rushdie qui répond tardivement au premier appel islamiste à tuer les « impies » hors des « terres d’islam », s’inscrit désormais dans une longue litanie d’attentats et d’assassinats perpétrés pour ce motif à travers le monde au nom « d’Allah le très grand ». Le think tank français Fondapol recense entre 1979 et mai 2021, « 48 035 attentats islamistes dans le monde, qui ont provoqué la mort d’au moins 210 138 personnes », et leur augmentation est exponentielle : « 1979-2000 : 2 194 attentats et 6 817 morts ; 2001-2012 : 8 265 attentats et 38 186 morts ; 2013-mai 2021 : 37 576 attentats et 165 135 morts »1.

Á travers les individus massacrés par les islamistes, c’est la libre pensée et la libre disposition de son corps qui sont visés, autant de problématiques soulevées bien sûr par Les versets sataniques. Parodier de « saintes écritures », moquer l’hypocrise puritaine d’un prophète débauché ou simplement poser d’éternelles questions métaphysiques et existentielles sans réponse absolue, autant de propos inadmissibles pour une orthodoxie combattante, rejetant tout autant l’humour que le doute et la critique. Au-delà de l’Occident, de son humanisme et de son universalisme, c’est la culture émancipatrice en général qui est la cible. De l’extermination de l’intelligentsia algérienne par le GIA aux enfants assassinés dans leurs écoles au Pakistan, des Bouddhas de Bâmiyân aux manuscrits précieux de la mosquée de Tombouctou, du musée du Pardo à Tunis aux monuments de Palmyre, c’est l’éveil des consciences au libre examen et au libre choix qui est réprouvé comme tous les plaisirs des sens, les images, la musique, la dance, jusqu’à la beauté des paysages, et ceux du sexe dans tous ses émois évidemment.

Car, on le rappelle souvent, les musulmans sont les « premières » victimes de l’islamisme, ce qui est indéniable du point de vue du nombre : « Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, l’Asie du sud et l’Afrique subsaharienne ont concentré 95,7 % des attentats islamistes entre 1979 et mai 2021 »2. L’offensive islamiste mondialisée comporte en effet deux volets dont le premier consiste dans la réislamisation du monde dit musulman, prônée à l’origine par Hassan al-Banna dès les années 20. Contre la modernité incomplète imposée par le colonialisme occidental puis le kémalisme et les nationalismes arabes, les néo-islamistes inspirés notamment par Sayyid Qutb, l’ayatollah Khomeini ou Youssef al-Qaradawi réactivent un islam traditionnel rigoriste et alimentent une nouvelle mystique de la conquête conçue à la fois comme une reconquête y compris territoriale des espaces historiques des différents califats (dont Israël bien sûr) et comme une expansion planétaire à travers la diffusion des grands principes de la Charia. Des spécialistes comme Gilles Kepel3 ou Michaël Prazan4 ont parfaitement explicité cette logique totalitaire qui vise donc également l’Occident. 

Le second objectif de l’offensive islamiste consiste ainsi dans une islamisation de l’Europe et tout particulièrement de la France, ancienne puissance coloniale et terre d’une immigration musulmane importante. Il ne s’agit pas ici de convertir à l’islam l’ensemble des populations mais de travailler les mentalités en général et les décideurs, afin d’en faire admettre les grands principes intégristes : la reconnaissance comme crimes du blasphème et de l’apostasie, la séparation des sexes, le communautarisme induisant des droits distincts entre les individus, le voilement du corps des femmes, l’interdit des mariages mixtes sans conversion préalable à l’islam, l’adoption systématique des tabous alimentaires dans les cantines collectives… Pour cela les islamistes usent à la fois de la manipulation de segments de la population immigrée, de l’action de leurs idiots utiles5, de la persuasion par l’infiltration institutionnelle, et de la stratégie de la tension par la violence. 

En France on connaît ainsi régulièrement une succession d’assassinats et d’attentats contre des personnes juives considérées par les islamistes comme l’ennemi ancestral des musulmans, de journalistes, d’enseignants, de gens libres de jouir des plaisirs de la vie dans les rues et les cafés, ainsi que la multiplication des dégradations de lieu de cultes et de cimetières juifs et chrétiens. Et on constate par ailleurs tous les jours la diffusion « douce » tous azimuts de l’idéologie des Frères musulmans. Pourtant un grand nombre de responsables politiques s’obstine encore à la nier ou à la minimiser et la tentative d’assassinat de Salman Rushdie n’a pas suscité un soutien franc et massif de la part de tous les démocrates. Certes, en France, « la classe politique condamne »6 mais nombre d’élus et de représentants de la société civile esquivent encore en préférant parler de « fanatisme », « d’obscurantisme », de « menace permanente »7 plutôt que de désigner clairement l’ennemi islamiste.

Les idiots utiles de l’islamisme

Depuis l’attentat spectaculaire d’Al Qaïda sur les Tours jumelles en 2001, alors que le djihad se manifestait à la face du monde dans toute sa portée, une certaine gauche s’est fait clairement l’idiote utile de l’islamisme : poursuivant son soutien aveugle de longue date à « la cause palestinienne », la gauche de la gauche politique et intellectuelle défend systématiquement les revendications de l’islam politique sans se soucier de leur caractère anti-démocratique, antirépublicain, sexiste et antisémite, ni même de leur violence terroriste. 

Jean Baudrillard8 ou Jacques Derrida9 ont quasiment justifié les attentats du 11 septembre 2001 et Noam Chomsky10, ceux de janvier 2015 à Paris. Hors de question pour eux de prendre la défense d’un Salman Rushdie, qu’ils auraient facilement qualifié de traître de la même façon que Boualem Sansal, Kamel Daoud ou Zineb el Rhazoui sont aujourd’hui insultés et traités de « supplétifs indigènes » 11des réactionnaires « néocoloniaux ». Car les intellectuels « d’origine musulmane » sont assignés à la religion musulmane et sont conspués lorsqu’ils proclament leur athéisme ou même leur opposition aux versions fondamentalistes de l’islam. Alors qu’ils sont en danger de mort, accusés par les islamistes de blasphème et d’apostasie, leurs critiques de l’islamisme ou leur simple revendication de la liberté de conception de l’islam sont considérées par cette gauche-là comme des manifestations « d’islamophobie » et de racisme.

L’islamo-gauchisme, défini par Pierre-André Taguieff12, assimile en effet l’islamisme à l’islam, l’islam aux populations immigrées maghrébines et africaines, et les immigrés aux nouveaux « damnés de la terre ». Et en cela, l’extrême gauche entre absolument dans le jeu des islamistes eux-mêmes en lutte contre les sociétés occidentales. Retrouvant la logique des « avant-gardes » minoritaires qui réalisaient la « jonction avec le peuple » en investissant des mouvements nationalistes de masse cette gauche considère désormais volontiers les mouvements islamismes comme un cheval de Troie pour sa propre stratégie anticapitaliste. L’islamisme est pour eux un allié « objectif » contre l’Occident honni, dans une haine de soi qui rappelle celle qui animait hier les marxistes bourgeois rachetant leur faute d’appartenance sociale honnie en allant convertir les masses prolétariennes jusqu’à « l’établi » des usines.

On connaît également l’islamo-clientélisme de droite comme de gauche qui, pour engranger des voix de Français d’origine immigrée, prône le « pas de vague » et le « rien à voir avec l’islam » et qualifie aussitôt les assassins islamistes de « loups solitaires » et de « déséquilibrés ». Céline Pina13 l’a bien décrit. On dénonce moins une autre forme d’islamo-complaisance tout aussi coupable, l’islamo-négligence qui minimise la dangerosité de l’islamiste : l’islamisme serait un phénomène secondaire, voire négligeable au regard de la menace de l’extrême-droite. Une variation de ce type de position consiste dans l’invention de « la tenaille identitaire ». Les renvoyant dos-à-dos, accusées ensemble de s’entretenir mutuellement, les deux menaces sont présentées comme antagonistes et symétriques, et le supposé danger que représenterait l’extrême-droite fait dans cette vision « équilibrée » immanquablement pendant aux assauts islamistes bien réels. 

Pourtant c’est l’islamisme qui appelle à se « venger » des prétendues offenses à l’islam formulée par Salman Rushdie et tente de l’assassiner. C’est l’islamisme qui tue, persécute et terrorise les musulmans non conformes, les Juifs, les chrétiens, les Yézidis, les apostats, les athées, les libres penseurs et tous les vecteurs de la liberté d’expression. Pas tant les groupuscules néo-nazis lorsqu’il en reste. La menace constante sur l’existence de l’État d’Israël et sur la vie des Israéliens, c’est l’extrémisme musulman avec ses roquettes, ses assassins au couteau et la recherche de l’arme nucléaire. Plus tant les alliés nazis du nationalisme arabe d’hier. L’ennemi en première ligne contre la laïcité aujourd’hui, c’est l’islamisme. Moins l’extrême-droite devenue populiste qui en a même fait sa nouvelle mascotte.

Quant à l’argument du « faire le jeu de l’extrême-droite » en refusant de dénoncer les exactions islamistes ou en usant de la rhétorique de l’excuse sociale et coloniale, il est d’autant plus fallacieux que les vrais alliés de l’extrême-droite héritière de l’antisémitisme nazi et du pétainisme rétrograde et misogyne ce sont précisément les islamistes. Plutôt que de s’opposer, les islamistes et la frange la plus réactionnaire de la droite catholique n’étaient-ils pas unis dans la lutte contre le mariage homosexuel ? Le retour au sein des sociétés occidentales « libérées », d’un certain conservatisme prude et oppressif notamment pour les femmes, ne serait-il pas d’ailleurs dû en grande partie à la convergence entre la pression qu’exerce l’islamisme et de vieux courants religieux traditionnalistes et intégristes qui de ce fait, retrouvent vigueur ? Leur « réaction » commune étant il est vrai, favorisée par l’extrémisme délirant du wokisme militant, lui-même paradoxalement très puritain. 

« L’islamo-nazisme » est d’ailleurs une constante historique, du grand mufti de Jérusalem proposant à Hitler la formation d’une division SS musulmane, aux anciens nazis, pour certains convertis à l’islam, accueillis chaleureusement après 1947 par les régimes arabes au Moyen-Orient pour lutter contre le jeune État d’Israël. L’alliance islamisme-extrême droite se poursuit aujourd’hui en Amérique latine par exemple où le Hezbollah est tout autant lié à d’anciens partisans des dictatures des années 70 qu’aux régimes castristes de Cuba ou du Venezuela. C’est aussi le même antisémitisme qui anime les négationnistes nostalgiques du nazisme que Dieudonné invitait volontiers à ses meetings-spectacles dénonçant par ailleurs la fameuse « islamophobie ». 

Mais au sein de la gauche et de l’écologie politique, on s’engage en faveur du burqini dans les municipalités ou en faveur du voile à l’université, au sein d’associations sportives on tente d’imposer le hidjab sur les terrains de jeu et dans l’athlétisme féminin, au sein d’associations humanitaires promouvant le « vivre ensemble » on acquiesce  aux pratiques d’un islam intégriste, et jusqu’au cœur d’associations de défense de la laïcité on défait les principes laïques au nom d’une laïcité « ouverte » fondée sur la « liberté religieuse » et non plus sur la liberté de conscience. L’école bien sûr, mais aussi les autres services publics et l’appareil d’État font partie des enjeux de l’entrisme islamiste. On le voit ainsi à l’œuvre à la Fondation de l’islam de France qui sous couvert de laïcité banalise l’expansion de l’islam en France.

Comment face à ces réalités, des gens de gauche, défenseurs de la démocratie, de la laïcité, des libertés publiques et individuelles ne considèrent-ils pas que l’islamisme est la menace la plus immédiate ? Certes, il faut saluer l’engagement anti-islamiste « d’intellectuels de gauche » comme Jacques Julliard ou Georges Bensoussan ainsi que de quelques figures très minoritaires comme Manuel Valls désormais hors-jeu. Mais malgré des pans entiers de l’ancien électorat socialiste désillusionné, réfugié dans l’abstention ou même passé au RN, les dirigeants de cette « gauche zombie »14 comme l’appelait Laurent Bouvet, mais aussi de nombreux militants laïques qui n’ont pas actualisé leurs analyses, persistent à ne pas s’engager résolument contre l’offensive islamiste.

« Le nouveau Parti socialiste » rompant en 1971 avec la ligne de la défunte SFIO, n’avait jamais été très allant pour défendre les principes laïques. Et il s’est montré particulièrement rétif à lutter contre les nouveaux ennemis de la laïcité que sont les islamistes lorsqu’ils commencèrent clairement à tester les défenses républicaines à partir de 1989. Pour finir, le candidat calamiteux du PS à la présidentielle de 2017 était un parfait représentant de l’islamo-gauchisme. Mais c’est aussi l’islamo-complaisance clientéliste et surtout l’islamo-négligence culpabilisante des divers secteurs de la gauche démocratique, qui affaiblit la lutte contre l’islamisme. Ainsi, les expressions alambiquées ou édulcorées de la gauche institutionnelle partisane et journalistique après la tentative d’assassinat de Salman Rushdie étaient-elles aussi scandaleuses que tristement prévisibles.

La langue de l’islamisme et la dhimmitude

L’utilisation de l’expression « ouvrage controversé » employée par l’Agence France presse15 et reprise sans broncher par nombre de médias et de responsables politiques français, est tout à fait symptomatique d’une islamo-complaisance que l’on pourrait assimiler à de la soumission de Dhimmis. Pour ne pas courroucer les islamistes, il conviendrait de faire montre d’une certaine réprobation à toute remise en cause de la religion musulmane, aussi poétique, métaphorique ou même supposée, soit-elle. Car les Occidentaux vivent désormais eux aussi sous la menace et dans la peur des représailles djihadistes. Mais s’ils croient pouvoir les éviter par la manifestation systématique d’une complaisance à l’égard de l’intégrisme islamiste, c’est ne rien avoir compris à la logique conquérante de ce mouvement politico-religieux : quoi que l’on fasse pour les contenter, les combattant de « la vraie foi » tentent d’avancer et d’imposer leur domination sur les esprits et les corps de tous.

Car, l’idéologie islamiste s’immisce de multiples façons et conditionne aussi les individus à leur insu. Comme la « langue du IIIème Reich »16, le vocabulaire de l’islamisme se diffuse en population générale. Rapportant les propos de Ramin Parham, un ancien militant iranien d’extrême gauche un temps fasciné par la révolution khomeyniste puis réfugié en France, Michaël Prazan note que la condamnation à mort de Salman Rushdie a « fait entrer le mot de « fatwa » dans le vocabulaire et les dictionnaires » et constitue un « prodigieux moyen de communiquer à moindre frais ». « Cette fatwa est diffusée par les médias, la technologie et la culture occidentales, propageant la terreur incarnée par l’Iran : terreur depuis lors intériorisée, et qui va se sédimenter petit à petit, jusque dans les recoins de tous les comités éditoriaux du monde occidental. Á partir de là, chaque journal se posera la question des conséquences avant d’écrire quoi que ce soit qui touche à l’islam et à ses lois »17. On touche là un point essentiel de la dhimmitude : la transformation d’une imposition en servitude volontaire.

La dhimmitude est ce statut subalterne de populations sous domination musulmane, opprimées en raison de leur sexe ou de leur non appartenance à « la communauté des croyants » c’est-à-dire les musulmans. Les femmes, considérées comme inférieures et impures de par la volonté divine, sont soumisses aux hommes et leur doivent obéissance sous peine de châtiments allant jusqu’à la peine de mort par lapidation. Les Juifs et les Chrétiens vivant en « terre d’islam » n’y sont tolérés que s’ils acceptent leur condition humiliante et les taxes qui y sont afférentes, et encore sont-ils toujours sous la menace de mauvais traitements sporadiques ou d’expulsion brutales sans autre motif que l’humeur des musulmans. L’imposition de la dhimmitude n’est pas une réaction à une quelconque agression mais une injonction de l’islam conquérant et son système est à nouveau d’actualité dans l’offensive néo-islamiste mondiale.

Alors, reculer sur les principes laïques qui fondent la République française comme sur les mœurs sécularisées adoptées en général par toutes les sociétés occidentales (individus libérés de l’emprise religieuse dans ses choix de vie), ne constitue pas un modus vivendi « raisonnablement accommodant » avec l’islam. Il est tout à fait illusoire et donc déraisonnable de croire que l’intégration des interdits de l’islam rigoriste dans nos sociétés et a fortiori dans notre droit, favoriserait une modération de l’islamisme : tout au contraire, interprété comme un signe de faiblesse, les islamistes poussent plus avant leurs exigences et accroissent leur influence. Non seulement il ne convient pas de jouer au plus fin avec l’islamisme mais encore faut-il en déjouer vaillamment tous les pièges.

La banalisation du voilement des femmes est certes emblématique des progrès de l’islamisme dans les pays dits « musulmans » comme en Occident. Mais c’est sans doute la partie la plus visible de l’offensive, le chiffon rouge en quelque sorte, que les islamistes agitent pour dissimuler l’ampleur de leur offensive tous azimuts. La pression pour faire condamner le blasphème dans les droits positifs des différents États prétendument laïques ou non, comme l’exige la Charia, est un autre but essentiel des islamistes. Ils sont parvenus à leur fin dans les pays dits musulmans même lorsqu’ils s’affichent laïques ; ainsi en est-il de l’Autorité palestinienne de l’OLP lorsqu’elle emprisonne et torture le jeune Waleed Al-Husseini accusé d’être un blasphémateur18, ou en Égypte du général al Sissi qui persécutent les jeunes, les démocrates et les Chrétiens pour blasphèmes19.

Certains pays anglosaxons qui ont conservé dans leurs droits le délit de blasphème, tombé cependant en désuétude, se retrouvent aujourd’hui fragilisés face aux pressions islamistes pour faire condamner toute expression qu’ils jugent attentatoire à l’islam ou à son prophète Mahomet. Cette tradition anglosaxonne a sans doute joué également en défaveur de Salman Rushdie. Mais en France, où le supplice du Chevalier de la Barre en 1766 avait fortement marqué les défenseurs des Lumières, l’abolition de crime de blasphème a été un des enjeux de la Révolution de 1789 et depuis lors un marqueur de la République. Il est donc d’autant plus choquant d’y constater la faiblesse du camp des soutiens de Salman Rushdie accusé de blasphème par les assassins islamistes.

Contre le totalitarisme du troisième type qu’est l’islamisme, la mobilisation se doit d’être générale, et massif doit être le soutien à toutes les cibles des djihadistes comme l’est Salman Rushdie. La gauche laïque et démocratique doit sortir de sa réserve et ne plus redouter d’être assimilée à certains anti-islamistes qui ne seraient pas fréquentables à cause de leur appartenance politique ou de leur supposé tropisme anti-Arabes ou antimusulmans. Salman Rushdie est un symbole de la résistance à l’islamisme et de la lutte contre la dhimmitude. Il doit être défendu en tant que tel sans pusillanimité, sans euphémisme ni « controverse », que l’on apprécie ou pas son style littéraire ! »

Renée Frégosi

Notes de bas de pages indiquant les références mentionnées par l’auteur de l’article :

On trouvera ces références au document suivant :

Vous pourrez aussi lire chez Mezetulle le dernier papier de Catherine Kintzler :

A propos de l’inénarrable nouveau Pape de notre pauvre Education nationale et de son mentor E Macron qui se compromettent lamentablement à qualifier la laïcité d’une exigence de positivité dont elle n’a que faire.

Ils n’ont décidément rien compris et ils m’écoeurent…

Allez vous faire voir chez les curés, les rabbins et autres imams !

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Sauvons Billy !

Stéphanie Fito Loisel, fille de mon vieil ami Jacky, et Dimitri, son mari, viennent de s’engager dans un projet de sauvetage et d’ouverture aux publics de la création du sculpteur Charles Billy à Civrieux d’Azergues dans le Rhône, « Le Jardin de Nous deux » chef-d’oeuvre de l’art naïf à l’instar de Palais du Facteur Cheval dans la Drôme ou de la Maison Picassiette en Eure et Loir.

Par cette oeuvre monumentale qui habite les 1500 mètres carrés du jardin de la maison du sculpteur (qui est désormais celle de Stéphanie et Dimitri) Charles Billy a restitué pour lui et Pauline son épouse les monuments dont la visite par le couple, de par le monde, a agrémenté leurs nombreux voyages. La pierre dorée largement utilisée par l’artiste dans sa production des répliques des monuments magnifie la restitution qu’il en fait. Comme une Ode à sa femme Pauline « le Jardin de nous deux » fut le jardin de toute une vie. Le jardin de monuments évadés dans la nature.

La restauration de cette oeuvre monumentale et unique qui est menacée dans son intégrité par les dégâts dus au temps qui a passé sans doute sans entretien suffisant, sera aussi à n’en pas douter le projet d’une vie pour Stéphanie et Dimitri. Ils s’y sont engagés résolument. On admire leur courage.

L’oeuvre de Billy n’est hélas pas protégée au titre des monuments historiques (1) et l’Etat ne peut aider financièrement aux travaux qui sont indispensables et urgents.

La Fondation du Patrimoine qui a perçu, elle, l’intérêt patrimonial de cette oeuvre unique et du projet de sauvetage de nos amis s’est engagée à les soutenir.

Elle a ouvert notamment une souscription publique, comme elle en a le pouvoir pour soutenir le patrimoine non protégé par l’Etat, afin de réunir des fonds permettant de lancer une première tranche de travaux.

J’invite mes chers abonnés à faire un geste (même modeste) et à souscrire chacun à hauteur de ses moyens sur le site de la Fondation au financement de ce projet exceptionnel au lien suivant :

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/le-jardin-de-nous-deux-a-civrieux-dazergues

DECODA et ses lecteurs participeront ainsi à une action d’intérêt général qui le mérite.

Merci à vous d’avance !

Notes de bas de pages :

(1) En 2005, à ma connaissance, la CRPS de Rhône-Alpes a donné un avis négatif à la proposition d’inscription de l’oeuvre de Charles Billy au titre des monuments historiques. Cette orientation désastreuse qui méconnait l’intérêt patrimonial unique de l’oeuvre de ce sculpteur reste un mystère quand on sait que le Palais du facteur Cheval et la Maison Picassiette sont protégés au titre des monuments historiques sans présenter un interêt supérieur en quoi que ce soit. Rien n’interdit à l’Etat de se reprendre et de revoir sa position pour participer dès qu’il le pourra à ce sauvetage par une mesure de protection qu’on ne peut qu’appeler de nos voeux !

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Vous avez dit « Cancel » ?

Fiche de lecture tirée de « Mezetulle »

Il n’est jamais trop tard pour publier les bons papiers qui nous éclairent par ces temps d’obscurantisme recrudescent !

« Cancel ! » de Hubert Heckmann, lu par Catherine Kintzler

Par Catherine Kintzler, le 16 septembre 2022

Publié dans la collection « Le point sur les idées » (Éditions Intervalles) dirigée par Jean Szlamowicz, le petit livre de Hubert Heckmann Cancel ! De la culture de la censure à l’effacement de la culture ne se contente pas de définir la « cancel culture » ni d’en démonter les mécanismes : il montre en quoi, au-delà même des pratiques d’ostracisation des personnes et des œuvres qu’elle vise, elle s’emploie à effectuer un véritable effacement de la culture entendue comme le domaine de l’activité intellectuelle et artistique. Mais il faut bien prendre conscience que son pouvoir repose sur la seule intimidation.

« Le terme de cancel culture est utilisé en France depuis la fin des années 2010 pour qualifier la dénonciation publique d’une personne ou d’une entreprise dont les propos ou les actions, réels ou supposés, sont considérés comme moralement répréhensibles ou « offensants » à l’égard d’une communauté. […] La cancel culture ne se limite pas à l’expression d’une critique : elle fédère, autour d’une indignation commune, un groupe d’individus qui pourra être amené dans certains cas à pratiquer le boycott d’une marque ou d’un artiste, le harcèlement d’une personnalité célèbre ou anonyme, l’intimidation et la censure pour empêcher une conférence ou une représentation artistique, et parfois même le déboulonnage de statues, la dégradation d’œuvres d’art ou la destruction de livres. » (p. 6)

À partir de cette définition, l’auteur s’emploie à caractériser ce mouvement dans ce qu’il a de spécifique. Pas seulement dénonciation ou délation, pas seulement indignation militante requise au nom d’un « collectif » qui s’érige en évaluateur moral sans appel, la cancel culture s’autorise d’une immédiateté toute-puissante qui écrase les plans, les époques et les régimes de discours, confond délibérément les personnes et les œuvres. Outil de dénégation de la culture, elle la réduit à une juxtaposition de « fétiches identitaires » d’où toute fluidité, tout moment critique, tout travail sur soi dans l’expérience ambivalente de l’altérité, sont bannis – rien d’étonnant à ce que cette entreprise de rabotage féroce et bienpensant déteste la fiction au point que citer une œuvre incriminée est à ses yeux « impossible sans devenir soi-même coupable ». Le livre percutant de Hubert Heckmann a pour centre de gravité l’examen du « cas Ronsard » dont le vingtième sonnet des Amours fut récemment dénoncé comme une « fantaisie de viol » ; il rappelle, entre autres, que l’œuvre littéraire, précisément, ne se laisse pas crucifier à une unique prétention d’élucidation qui, en disqualifiant toute autre lecture possible, n’a d’autre objet que de paralyser toute quête de sens et d’annuler l’acte même de la lecture. Ce risque de l’étrangeté, ce poignant et dérangeant trouble dans l’identité du lecteur, cette respiration haletante : c’est cela même qui est redouté par les interprétations militantes.

Hubert Heckmann remarque plaisamment que, après avoir été accusée pendant des siècles de bousculer les normes, la littérature est à présent coupable de les entretenir. Mais en réalité, comme le montre le chapitre consacré à l’université, le verrouillage généralisé des paradigmes du débat, l’imposition d’une doxa des « savoirs situés » s’institutionnalisent : plus qu’une rébellion « c’est un pouvoir qui s’exprime » (p. 55). Aussi est-il vain et contreproductif d’en appeler à une forme principalement politique d’opposition qui ne ferait que donner la réplique au verrouillage du débat. C’est à l’intérieur même de la culture que la résistance peut s’effectuer, par son exercice substantiel, en prenant modèle notamment sur les intellectuels et les artistes qui ont vécu dans des régimes totalitaires. Ils nous ont appris que le signe idéologique qu’on se croit obligé de donner (par exemple aujourd’hui l’usage de l’écriture dite « inclusive ») permet à l’individu qui l’affiche de se dissimuler à lui-même « le mécanisme d’avilissement par lequel il se soumet à la loi du plus fort ». Il suffit de retrouver le sens de sa propre dignité pour faire s’effondrer les pouvoirs reposant sur la peur. Si des intellectuels et des artistes ont su naguère, au péril de leur liberté et de leur vie, résister à la terreur nazie, soviétique ou maoïste, n’aurions-nous pas le courage de cesser de nous effaroucher devant des intimidations, et de retrouver par nos propres forces le goût désintéressé du savoir ?

Hubert Heckmann, Cancel ! De la culture de la censure à l’effacement de la culture, Paris, Éditions intervalles, coll. « Le point sur les idées », 2022.

Pour aller lire cette fiche sur Mezetulle :

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Woke en stock…

Mille millions de mille sabords ! Le Woke (1), comme un bégaiement de l’histoire pour les bachi-bouzouks (2).

Ce billet bien saignant pour quelques considérations à propos du dernier livre (« La religion Woke« ) de Jean-François Braunstein, philosophe (3). Très très intéressant, comme un réquisitoire lucide sur ce qui se passe quand beaucoup abdiquent ou se couchent devant l’offensive quand ils n’y contribuent pas.

L’affaire est en effet sérieuse s’agissant d’une doctrine, le « Wokisme », qui se veut construite réthoriquement de manière imparable, comme on a pu le connaître, toutes proportions gardées, pendant plusieurs générations avec la doctrine marxiste qui prétendait aussi avoir réponse à tout et raison de tout.

Avec ce nouveau dogmatisme « woke » également, il s’agit au fond, par delà la réthorique, de déconstruire les valeurs issues du siècle des Lumières, en tant que valeurs qui seraient celles, en résumé pour les adeptes, d’un mâle blanc dominant. Rien qu’à le dire ainsi, cela devrait prêter à rire. Eh ben, non !

En effet, il n’en est rien : certains (voire beaucoup) y croient comme des charbonniers sous la férule des grands prêtres.ses (comme ils aiment à l’écrire), les autres en pleurent mais personne n’en rit.

La doctrine ne prétend pas seulement coloniser pour les déconstruire (et les revoir à sa sauce victimaire genrée et racialisée) les sciences sociales, mais aussi les sciences exactes ! On croit rêver, la mathématique version Sardine Ruisseau qui ne l’oubliez jamais préfère une femme qui jette un sort à un homme ingénieur qui construit un EPR… Marie Curie, Einstein « Au secours ! », ils sont cintrés.

Comme un navrant bégaiement de l’histoire, donc. Aussi incroyable que cela puisse paraître après les barbaries totalitaires du XX siècle, l’incapacité est flagrante chez les adeptes (et leurs nouveaux curetons) à tirer les enseignements des extrémismes de gauche en action qui ont broyé sans pitié des millions d’individus. On nous pond donc une nouvelle religion semblable aux précédentes par l’horreur de son totalitarisme potentiel, comme si de rien avait été.

Commençons d’abord par être lucides sur nous-mêmes.

Les générations d’après guerre (la mienne en particulier) ont été massivement des victimes consentantes (à l’université notamment) d’une religion marxiste, qui à l’époque avant et après 68, colonisait et formatait tous les esprits  jusqu’à défendre parfois, ou passer sous silence pudique, l’innommable : la barbarie totalitaire qu’elle soit soviétique, maoïste voire même jusqu’à celle portée par les khmers de Pol Pot.

Nous allions en effet jusqu’à expliquer que LA doctrine, au nom de laquelle on asservissait adversaires et ennemis mais aussi, souvent in fine, ses propres amis, était parfaite puisqu’elle produisait son propre dépassement à la différence de toutes les autres théories politiques ou économico-politiques (4)… Comme si une boucle théorique (et réthorique) parfaite intellectuellement, une pure construction de l’esprit, pouvait avoir raison de tout. De tout le reste et même de la vie. Une horreur.

Comme de véritables aveugles, ou pire tels ceux qui pendant très longtemps ne veulent pas voir alors que d’autres leurs montrent (et leur démontrent) l’inacceptable….  il nous aura fallu vingt ans après 68 pour s’en débarrasser jusqu’à la chute du mur et opérer un juste retour en quelque sorte depuis Sarthe, vers Camus et Aron. 

Aujourd’hui la nouvelle religion « Woke » entend donc sévir de même, tout aussi dangereuse par ses germes totalitaires. Il faut connaître ce nouveau dogme et le combattre pour ce qu’il est. Il faut donc appréhender ce qui se passe dans bon nombre d’universités françaises, après les universités américaines,  et largement au delà dans une partie de l’intelligentsia, des médias et de la classe politique de ce pays. Comme si les horreurs du XX siècle n’avaient pas suffit, tout cela se ressemble tellement et l’histoire semble en effet se répéter pour reproduire de la barbarie… avec une capacité d’innovation idéologique sans limite. Qui eût pu penser que l’antiracisme allait sombrer dans une sorte de racisme inversé et en être au surplus assez fier ?

Pour nous  aider à comprendre le pourquoi et le comment, le philosophe Jean-François Braunstein publie donc « La religion Woke » qui décrit cette « chose » de manière solide et documentée. 

Dominique Schnapper s’en régale dans TELOS sous le titre « La première religion née à l’université » dans un article qui est une merveille pour l’esprit (qui veut face au woke rester éveillé !) et auquel on renvoie.

https://www.telos-eu.com/fr/la-premiere-religion-nee-dans-les-universites.html

Alors lisez cet article, vous comprendrez mieux ce qu’il y a derrière des mots et des concepts en apparence abscons et, si vous voulez aller plus loin, vous irez acheter le bouquin de Braunstein ou vous vous le ferez offrir.

Mieux vous l’offrirez !

Noel approche….

Notes de bas de page

(1) Le Woke du verbe anglais « to wake » (= s’éveiller) est un mouvement qui se veut celui de l’éveil des consciences face aux discriminations des minorités, ce qui en soi serait parfaitement légitime mais sans l’esprit de système « woke » conduisant pour grands prêtres et adeptes à des discriminations inversées et, pour la gauche, ainsi à oublier le peuple au profit des seules minorités raciales, sexuelles et autres… Le parachèvement du produit de l’esprit de système se fait par la grâce de l’intersectionnalité qui nous désigne les victimes les plus exemplaires auxquelles ils faut consacrer toute la force du combat (exemple pour en sourire, la femme noire lesbienne…) au besoin en en excluant les autres de préférence mâles et blancs. L’universalisme et l’égalitarisme républicains issus des Lumières ainsi passés par pertes et profits par le Wokisme après que les mêmes à gauche les eussent bien dénigrés par le relativisme culturel qui ne pouvait que nous mener à un désastre philosophique et politique. Wokisme, Cancel culture, nous y sommes...

(2) Injure utilisée aussi dans Tintin par le Capitaine Haddock dont la définition sied très bien aux adeptes de la nouvelle confession puisque le bachi-bouzouk (du turc başıbozuk, littéralement « tête difforme ») est un cavalier mercenaire de l’armée de l’Empire ottoman, avec un armement non standardisé, et en pratique très léger, et une discipline faible…

(3) Voir pour une présentation des analyses de Braunstein : https://www.ledevoir.com/monde/761529/jean-francois-braunstein-au-et-si-le-wokisme-etait-une-religion

(4) Le prolétariat, classe opprimée, abolit par sa dictature toutes les classes et donc aussi par définition, la classe opprimée; la libération par la mystification intellectuelle d’une boucle récursive, c’est-y pas beau ?

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La gifle insoumise…

Pour changer un peu de plume, DECODA(NA)GES accueille sur un tel sujet un point de vue extérieur. Celui de l’artiste par excellence en la personne d’un double, aussi gentleman que, à ce que l’on en chante (enchante), plus grand des voleurs. Alors, vas z’y mon cher Arsène… Cambriole les esprits, mais laisse nous des fleurs !

La gifle insoumise : un point de vue d’artiste ?

Par Arsène Dupin[1]

« Pas facile a priori comme exercice ! Mais pourquoi pas, étant donné que l’art est, comme toujours aujourd’hui, à la fois le produit de la réalité et du décalage qui lui est concomitant.

Mais comment (ne pas) réagir aux «  frasques  » diraient certains mal embouchés, d’hommes qui se conduisent comme de véritables goujats envers les femmes quand ils ne sont pas simplement des délinquants voire des criminels ? 

On (ne) pourrait s’en tirer facilement par la citation d’oeuvres historiques emblématiques qui pourraient parler d’elles-mêmes. 

Par exemple « Why Not Sneeze Rose Sélavy  ? » (Pourquoi ne pas éternuer Rose Sélavy ?) – œuvre de Marcel Duchamp 1921- acquisition Centre Pompidou 1986 – Évidemment, comment peut-on vraiment se poser la question de prendre la décision d’éternuer alors qu’il s’agit, en principe, d’un réflexe de défense contre toutes sortes d’infections qui atteindraient par le nez les fonctions respiratoires ?

Ou bien « One and Three Chairs » œuvre de 1965 de Joseph Kosuth, artiste conceptuel, qui montre une installation de 3 façons d’aborder le la réalité d’une chaise : l’objet chaise, sa photographie et sa définition dans un dictionnaire courant. Le mot « chair », en anglais et en français, tenant évidemment un rôle de questionnement.

Le principe convoqué pour l’élaboration de cette dernière œuvre fait probablement appel à la conception de l’écrivaine Gertrude Stein développée dans son poème Sacred Emily de 1913 (comme par hasard date officielle du premier Ready-made de M. Duchamp), une tautologie exprimée dans la phrase Rose is a rose is a rose, Rose étant une personne.

Marcel Duchamp avait créé en 1920-21 un double de lui-même, existant magnifiquement par les photographies de Man Ray (l’Homme Rayon ? – Emmanuel Radnitsky de son vrai nom), trans-genre dirait-on aujourd’hui, sous l’hétéronyme « Rrose Sélavy » (Éros c’est la vie), Sélavy aux consonances volontairement juives en pleine période de montée en puissance de l’antisémitisme en Europe.

L’Histoire nous apprend qu’il y a bien eu jusqu’à récemment un art de la pensée visuelle et plastique, littéraire même, distrayant aussi par des pratiques ludiques qui, ne manquant pas de profondeur philosophique, expriment tout de même des questionnements qui témoignent de préoccupations  du monde qui lui est contemporain.

Las, l’absorption de l’Art par la Culture, confirmée en ce début de XXI siècle (presque 23 ans tout de même !), lui confère désormais le statut de Design, comme s’il fallait finalement juste rendre  compte d’un monde plus beau (esthétique) pour qu’il soit habitable. Du moins dans nos contrées privilégiées qui n’ont pas l’obligation immédiate de designer (désigner ?) les effroyables conséquences humaines et matérielles des conflits de tous ordres qui ravagent (encore) la planète, où l’on se contente peut-être de créer de plus belles poubelles pour y enfouir nos merdes vouées aux recyclages les plus divers.

Gifle est une gifle est une gifle…

Les « premiers hommes », néandertaliens/sapiens/hybrides ont produit l’une des premières transgressions en représentant certes des animaux et leur chasse, mais aussi parfois la mort et l’enterrement de leurs congénères. Depuis ces temps reculés, qui, du point de vue de la culture et de l’art, ne nous rajeunissent pas ce qui est réjouissant, la représentation du monde et de la vie est l’une des caractéristiques de l’Humanité.

Sa violence intrinsèque en est une autre : dominations, humiliations, esclavages, meurtres, massacres, viols… de quoi être dégoûté d’être humain, en somme.

Sauf si l’on a conscience que ne serait-ce qu’une toute petite pierre participe à la construction, modestement mais certainement, d’un édifice, controversé pour certains, d’un monde réellement habitable régi par des Lois partagées. Car le monde actuel, par le truchement de l’Internet, est redevenu plat, voire ultra-plat comme un écran d’ordinateur (« Système de traitement de l’information programmable  » – Alan Turing), à l’instar des progrès réalisés des siècles durant par notre Humanité qui comprend un petit peu plus ce qu’elle est, ses potentialités.

Alors que se passe-t-il au sein de «  notre  » sphère politique dans laquelle de réels goujats, de vrais hommes violents, foutent des baffes à leur compagne, à leurs «  sales mômes  » aussi probablement, pour juste asseoir leur puissance virile héritée de longues pratiques, de « décideurs »  – alors que d’autres n’ont pas de limites lorsqu’une femme leur résiste – drague appuyée, harcèlement moral et / ou sexuel, tripotages, mains aux fesses, massage des pieds, et viols en définitive.

Un artiste n’a pas vraiment d’opinion propre sur un tel sujet – d’où peut-il parler ? – il se réfère donc comme citoyen au pilier républicain du Droit.

Notre société française aime aujourd’hui vraiment beaucoup La Loi et ses applications judiciaires (après avoir naguère copieusement fustigé l’évolution de la société américaine vers une juridiciarisation extrême – anti-américanisme primaire ?) engageant les individus à signaler à la police ou à la gendarmerie des faits, de la « main courante » (terme malheureux en l’occurrence) jusqu’à la « plainte ». Plainte qui n’est pas forcément suivie d’effet.

Pas facile, une société conservatrice ! Après tout, l’octroi du droit de vote aux femmes n’a été que tardif en France (1944) par rapport à bien d’autres pays européens et du monde (1920 aux USA, 1928 en Grande-Bretagne), même à Rome durant le court pontificat d’Innocent IX (deux mois en 1591).

La « Loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes » (4 août 2014) avait bien entendu été accompagnée, comme toutes les lois, de décrets d’application et de circulaires. Le problème est tout de même resté celui, justement, de l’application car, hors les textes il faut bien des femmes et des hommes pour mettre en place cette égalité, des hommes qui restent malgré tout majoritairement les décideurs.

Ce qui gène au fond la société à juste titre, et qui crucifie l’artiste, c’est que des responsables politiques, élus du peuple en tant que leurs représentants à l’Assemblée nationale et au Sénat, chargés donc de construire les lois, et même de les faire respecter, peuvent se comporter dans leur vie, personnelle et/ou publique, comme à l’inverse de ce qu’ils prétendaient défendre. 

Notre époque, encline à l’indignation permanente (chacun n’étant tout de même pas Stéphane Hessel), déborde de toute part sans doute par nécessité. Elle est peut-être aussi dominée par une sorte de retour d’un principe de dénonciation bien connu de notre histoire, qui se concrétise  désormais impudemment  à travers les médias et les réseaux sociaux s’abreuvant aux commentaires d’experts en tout genre souvent autoproclamés.

Mais elle n’en est pas moins celle d’une véritable révolution anthropologique sur le plan des rapports femmes-hommes, en Occident comme partout dans le monde, même au sein des régimes autoritaires, même au sein des partis politiques français.

Si l’on peut penser qu’un artiste, plus qu’un autre, aurait en lui chevillé au corps le principe du respect de l’autre, parce qu’il envoie par ses œuvres un message à la société censé la refléter, le domaine de l’art (et de la culture) n’échappe pas plus aux indignités, aux bassesses.

Dans le champ du symbolique, la carrière d’un artiste est assez proche de celle d’un politique. Reconnaissance et développement d’une vie. En cas de « dérapage », un artiste mondialement connu, on ne donnera pas de nom, star des foires internationales et du marché mondial, par ailleurs adulé par l’Institution culturelle ( !),  devra disparaître, au moins publiquement, pendant un temps. Idem pour un politique. Puis, les réapparitions ont toujours lieu à un moment donné, comme par magie, dans une sorte de continuité absolvant les crimes, à coup de pertes mémorielles sans doute.

Il est évidemment difficile de placer le curseur au bon endroit entre une transgression contribuant à un développement bénéfique de la société, et une transgression d’ordre personnel contribuant à valoriser ses pans les plus sombres, les plus rétrogrades, les plus destructeurs.

L’éternel débat de la distinction entre l’homme et l’oeuvre, cher aux chaînes culturelles comme aux universités, se trouve finalement dévié par différentes formes de wokisme, d’anathèmes, de déboulonnages de statues etc. Quelle idée s’en faire si l’on a en tête la réalité d’un « retour à l’ordre » très cyclique dans l’Histoire ?

Je n’en sais rien. Je pense à « Alphaville », film de science-fiction de Jean-Luc Godard (1965), où l’on voit que des mots subrepticement disparaissent, d’un jour à l’autre, du dictionnaire – ou à « Fahrenheit 451 » de François Truffaut (1966), dystopie dans laquelle la connaissance est devenue un danger et où les pompiers (!) sont chargés de brûler les livres qui sont tous interdits.

Les violences sexistes et sexuelles sont des réalités sédimentées dans notre société.

Personne, artiste ou pas, ne peut accepter cette situation. S’il ne s’agit pas de stigmatiser l’une ou l’autre formation politique (elles sont toutes concernées), il s’agit d’avancer pour améliorer clairement et sérieusement les choses sur le plan de la vie en commun.

Le temps de la Justice est lent, il est celui d’étudier les faits et les situations, de peser les éléments (s’ils existent) et de rendre un jugement, c’est ce qui lui permet de ne pas devenir arbitraire.

Le temps de la Société, notamment médiatique ou militant, est différent, il est celui de l’exigence d’une forme d’immédiateté, d’urgence à obtenir le règlement d’un ensemble de questionnements contemporains – crise climatique, crises sanitaires, transition écologique / énergétique et bien évidemment condition féminine.

Comment, dans l’une des démocratie des plus évoluées (malgré ce que certains en disent) résoudre ce dilemme du Temps(« En vérité le temps n’existe que pour que tout n’arrive pas en même temps » disait Einstein) car il faut bien sérier les problèmes, faire en sorte que la Justice continue à jouer son rôle républicain, et en même temps (pardon) accepter les exigences de la société. 

Défendons la présence des femmes à des postes clés – parce qu’il faut impérativement un choc sociétal, social et politique, sans lequel il n’y aura aucune évolution tangible avant longtemps – mais surtout simplement parce qu’elles sont femmes et que, comme disait De Beauvoir « On ne nait pas femme, on le devient ».

Ce sont les fonctionnements du monde, jusqu’à présent confiés aux hommes, assez mortifères, qui pourraient changer si on les confiait aux femmes. Bien que la notion de « principe » ne me convienne pas complètement car il est souvent difficile de la ré-interroger lorsqu’il s’impose d’évoluer honnêtement dans ses convictions, ce serait un réel progrès. 

Ce qui me semble en tout cas inquiétant, c’est qu’à ne pas faire évoluer les choses de façon sensée, posée et constructive, ce sont les populistes de tout poil (hybrides néandertaliens/sapiens d’extrême-droite et d’extrême-gauche) férus d’ordre et de «  mains propres  » qui, comme en Italie ou en Suède, en Pologne ou en Hongrie, peut-être bientôt en France, acquièrent assez facilement au final la possibilité d’accéder au pouvoir.

Quelle désolation ! Nos ancêtres des Lumières se retournent dans leur tombes, c’est certain.

Comment remédier (re-médier) à cette calamité, une aporie dirait-on sur « France Culture l’ouverture », sans finalement prendre position contrairement à ce que je présupposais  ?

De Giotto di Bondone à Leonardo da Vinci ou Michelangelo Merisi da Caravaggio, de Marcel Proust à Michel Houellebecq ou Virginie Despentes, d’Olympe de Gouges à Louise Dupin, à Simone de Beauvoir, à Judith Butler, sans oublier Hannah Arendt, la transgression ne ressemble vraiment pas à ce que le mot en dit dans son sens présupposé/préfabriqué/prédéfini/prémâché dans les dictionnaires – pas plus que les mots insoumission ou indignation ne définissent quel qu’engagement politique que ce soit. Se payer de mots, d’éléments de langage ou de slogans quasi publicitaires, ne témoigne de rien de concret dans la vie réelle, publique comme privée.

Pour s’interroger d’une autre façon on pourrait aussi se demander comment Michel-Ange ou Virginia Woolf parvenaient à payer leur loyer et leurs factures. Puisque le « pouvoir d’achat » semble être devenu le sujet principal de la vie politique, autorisant les positions les plus approximatives et les plus immédiates, voire farfelues, élaborées au nom d’un « peuple » dont on ne sait toujours pas ce qu’il est vraiment.

Mais oui absolument une gifle est une gifle !

Ceux qui disent que ce n’est qu’un « petit » événement  lié à des tensions internes au couple par exemple, que cela ne relève que de la sphère privée, sont bien hypocrites et n’ont probablement pas compris, même s’ils en appellent en permanence aux « gens », que la vie en commun est, justement, faite d’individus et de leur responsabilité personnelle dans la société qui nous compose et que nous composons.

Pourquoi donc l’amour que l’on porte à quelqu’une-quelqu’un, serait plus compliqué à vivre que de faire le malin dans son gros SUV noir aux vitres teintées, pour faire comme dans les (mauvais) films, morgue du parvenu satisfait à la gueule, prêt à écraser n’importe que piéton (mal) venu ? 

Une gifle « inaugurale », symptôme d’un comportement violent latent ou déjà exprimé de différentes façons, peut évidemment, si elle n’est pas dénoncée, « autoriser » d’autres coups, encore plus violents, aller même jusqu’au meurtre – + 20% de féminicides en 2022 en France par rapport à 2021, soient 122 femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint ! (Source : ministère de l’Intérieur).

Constat atroce qui ne peut que nous atteindre humainement, nous faire sentir malheureux de constater les souffrances de ces femmes et leur disparition, que cela puisse exister. Si vivre leur calvaire à leur place est impossible, au moins ayons la volonté humaine de refuser de contribuer au silence qui enrobe si facilement ces crimes.

C’est pourquoi, au-delà des cris d’orfraie moralisateurs à la petite semaine, comme pour tous les sujets, il est urgent de dire que minimiser l’atteinte à la personne de quelle que gifle que ce soit revient simplement à soutenir et légitimer la possibilité d’un crime, si une gifle n’en est pas déjà un.

Pensons surtout sincèrement à nos chères malheureuses disparues tragiquement, elles sont tout le monde, Ô combien.  


Note de bas de page

[1] NDLR : “Arsène Dupin” signataire ici, face cachée de son double prénommé Jérôme lequel excelle dans le domaine des arts et de leur enseignement. Ami des arts et de DECODA.

Jérôme Dupin

Ancien étudiant en Art (Villa Arson – Nice) et en Sciences économiques et Sociologie politique (Paris 2).

Chercheur invité (Institut ACTE – Paris 1).

Artiste (peinture – vidéo) – expositions France / Étranger – collections publiques (FNAC/FRAC/Musées) / privées.

Inspecteur de la Création Artistique – Direction Générale de la Création Artistique – Ministère de la Culture.

Professeur des Écoles Nationales Supérieures d’Art (ENSA).

Par certains côtés certainement héritier de son arrière grand-père Georges Courteline, il pense à peu près que, comme le dit Robert Filliou, « L’art, c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art », et privilégie l’art de vivre à toute autre forme d’art (dard dirait M. Duchamp).

Pour en savoir plus, entretien radiophonique au centre d’art Beton7 à Athènes :

Et : https://dupin-jerome.wixsite.com/jerome-dupinhttps://dupin-jerome.wixsite.com/jerome-dupin

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L’écologie par le droit

C’est beaucoup plus efficace, vous allez voir, que l’écologie incantatoire et par le petit bout de la lorgnette « amische » et, bien sûr, que son antagonisme, le déni vu par la lunette des WC  du « beauf climatolo-sceptique »…     

Premier point, l’écologie par le droit résultant de la charte constitutionnelle française de 2004 : exercice pratique par le Conseil d’Etat.

Le Conseil d’Etat, par une décision du 20 septembre 2022, vient de renforcer notre protection et celle de la planète contre les appétits marchands en reconnaissant le « droit de vivre dans un environnement sain » comme liberté fondamentale. Ceci permet à tout citoyen, en application de l’article L521-2 du code de justice administrative, de demander au juge, en référé, de faire cesser une atteinte commise contre l’environnement protégé désormais par cette nouvelle liberté fondamentale, le droit à un environnement sain : 

https://m.actu-environnement.com/actualites/conseil-etat-arret-droit-vivre-environneent-sain-liberte-fondamentale-40326.html#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8MzEzNg%3D%3D%5BNjAxMjUz%5D

Apport essentiel qui va venir contraindre toutes les autorités publiques, nationales et locales, et jusqu’y compris même, indirectement, le législateur qui devra en tenir compte. En effet, cette reconnaissance est en harmonie totale avec les exigences posées par le Conseil constitutionnel en application de la charte de l’environnement intégrée au Préambule de notre constitution depuis 2004. Nos deux juges suprêmes, censeurs potentiels de nos autorités législatives et gouvernementales, sont ainsi en phase. Le monde change et les cons sont de plus en plus cernés eussent-ils même un mandat électif national…

Camouflet pour tous ceux qui ricanent ou doutent de l’importance de nos principes fondamentaux et de notre droit positif constitutionnel. Le juge, lui, comprend et sait en tirer les conséquences que ces principes fondamentaux comportent.

Cela vaut beaucoup mieux que toutes les sardines rousseau qui au fond ne connaissent rien à notre droit, et ne font que de l’agitation militante en récitant des catéchismes tout mâchés pour esprits faibles.

A cet égard, second point, sur la question des jets privés qui défraie la chronique voir l’excellent article ci-après d’un professeur de droit de Bordeaux, spécialiste du droit de l’environnement qui nous fait un point exact des données factuelles sur l’enjeu que représente la question des jets privés et des possibilités de régulation au regard de nos principes fondamentaux :

https://blog.leclubdesjuristes.com/vers-une-aviation-daffaires-climatiquement-responsable-par-loic-grard/

Juste remarquable pour bien comprendre et ne pas se faire mystifier. La question est complexe et ne peut se réduire aux solutions simplistes qu’affectionnent les esprits du même acabit.

Mais il nous faudra désormais savoir s’il faut laisser au juge le soin de décider du contenu de ce que sont nos libertés fondamentales ou bien si, au contraire, dans une démocratie mature cela ne doit pas plutôt relever de choix démocratiques du peuple par ses représentants ou par référendum. Question essentielle quand on voit le peuple chilien rejeter par référendum le projet de constitution élaborée par une Constituante qu’il venait d’élire sur un programme de gauche…

Sur ce sujet on a déjà présenté les tenants et les aboutissants de l’indispensable enrichissement de nos principes fondamentaux au regard notamment de l’enjeu climatique et on a pris position. On ne peut pour cela s’en remettre aux juges et il faut que collectivement la responsabilité citoyenne s’exerce, d’une manière ou d’une autre On y renvoie car tout a été dit sur ce qu’il serait souhaitable de faire; voir à ce sujet :

Nul doute que le Conseil d’Etat, comme il nous le démontre avec « le droit de vivre dans un environnement sain », saurait que faire d’une affirmation constitutionnelle qui viendrait proclamer que « l’Homme, et le milieu dans lequel il vit, sont au centre de toutes choses ».

Alors, qu’est ce qu’on attend au juste ? Qu’il soit trop tard…

Pour faire constitutionnellement nôtres de nouveaux principes fondamentaux plus adaptés aux enjeux du XXI siècle comme on l’a proposé dans l’article ci-dessus deux voies sont théoriquement possibles s’agissant d’une réforme constitutionnelle. Soit celle du référendum, soit celle d’un vote de notre représentation parlementaire, Assemblée nationale et Sénat réunis en Congrès à Versailles.

Même si on a pu être favorable à un RIC pour une réforme constitutionnelle par laquelle le peuple se doterait d’un pacte fondamental renouvelé, force est bien d’admettre que l’évolution des opinions publiques des pays développés qui montrent par des choix électoraux de plus en plus marqués vers les extrémismes (voire même l’extrême droite au pouvoir dans des pays pour lesquels on ne l’eût même pas imaginé), que la voie du choix direct par le peuple par référendum est désormais impossible.

Il faut en effet savoir tirer les conséquences de l’évolution des opinions publiques comme François Mitterand qui dès 1981 avait bien compris qu’on n’abolirait pas la peine de mort par l’expression populaire directe dans un référendum… Et encore à cette date FN et LFI ne réunissait pas près de 50% des suffrages électoraux. Alors, n’imaginez pas que cela soit devenu possible aujourd’hui, ça l’est encore moins qu’il y a 41 ans…

De même ou presque, en 2005, le peuple français, en quelque sorte en préfiguration du mariage de la carpe et de lapin d’une opposition parlementaire extrémiste en 2022, a refusé, avec la coalition du « NON » au référendum de cette année là, la Constitution européenne et la Charte des droits fondamentaux qui lui étaient proposées. Seul un peuple déjà idiot, car national chauvin, peut refuser une constitution et lui préférer un état du droit moins protecteur dans un mouvement de repli sur soi.

Les peuples contemporains des pays développés et notamment le nôtre, à la différence de beaucoup d’autres qui végètent et paient le prix de notre hyper développement, peuple pourtant bien perfusé aux dépenses publiques et sociales à hauteur de près de 60% des richesses qu’il est capable de produire , sont devenus infréquentables par leur choix politique désormais constant pour les extrêmes, insoumis ou xénophobes.

Il faut donc bien comprendre notre situation et savoir en tirer la conséquence : la voie de la représentation parlementaire est désormais sans conteste possible la seule ouverte pour une réforme constitutionnelle. Le cas récent du peuple chilien qui rejette la constitution que propose la Constituante qu’il a élue sur des orientations de gauche, peuple inconséquent donc même avec lui-même sur courte période, nous le prouve s’il le fallait.

Il est des sujets qu’il faut savoir laisser à la démocratie représentative !

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Qui sont les vrais cons ?

Natacha Polony : 
« Un programme de gauche consiste à rendre leur dignité aux travailleurs » 
Les citoyens doués d’un peu de mémoire politique ne seront pas étonnés de la polémique qui agite la gauche en général et la Nupes en particulier. Même s’il semble totalement lunaire de voir Fabien Roussel ou François Ruffin classés à l’extrême droite par des militants insoumis pour qui ladite extrême droite commence à la droite du NPA, le débat sur la place du travail dans la pensée de gauche est nécessaire, voire salutaire, mais pas tout à fait nouveau. La campagne de 2007 s’était faite, du côté de Ségolène Royal, autour de trois notions : pouvoir d’achat, « ordre juste » et valeur travail. Ce qui avait horrifié une partie de la gauche, qui s’était employée à la torpiller savamment. Par là même, la candidate du PS prouvait qu’elle était, certes, opportuniste et prête à tous les revirements, mais dotée d’un indéniable sens politique. Depuis, le débat s’est évanoui dans les limbes. 

Il resurgit aujourd’hui autour de deux figures de la Nupes qui ne l’expriment pas de la même manière, mais qui partent d’un même constat : les actifs et les travailleurs pauvres ne votent pas pour cette gauche qui entend les représenter mais pour le Rassemblement national (quand ils ne s’abstiennent pas). Et nombre d’entre eux nourrissent une forme d’agacement, voire de ressentiment, pour ceux qu’ils appellent des « cassos » et qui, selon eux, profiteraient du système pendant que les autres ne sont pas récompensés à la hauteur de leur peine. Le fait même de constater que ces gens existent et le projet de les rallier à la gauche seraient donc d’extrême droite aux yeux de certains Insoumis… On est pris de vertige devant l’inculture politique et le sectarisme de certains militants et élus, dont on soupçonne qu’une forte proportion, entre étudiants et apparatchiks, n’a jamais connu la condition d’employé ou de travailleur précaire. 

Sans doute ne lit-on plus Marx et Jaurès dans les rangs de la gauche. Ni François Ruffin ni Fabien Roussel n’ont jamais laissé entendre qu’il y aurait une quelconque culpabilité des « assistés », ni surtout qu’il suffirait de réduire l’« assistanat » pour répondre au problème du déclassement et de la paupérisation des classes populaires et des classes moyennes – ce qui les distingue donc radicalement de la droite ou de l’extrême droite. François Ruffin inverse même la problématique en pointant les assistés d’en haut, les véritables profiteurs du système. Pour autant, les réactions outrées et les caricatures révèlent un impensé à gauche, qui prive ce camp du vote des travailleurs – un comble. 

THÉORIE DES 80/20
Le réflexe, croissant dans une large part de la gauche, qui consiste à considérer le travail uniquement comme une aliénation dont l’homme devrait se libérer ignore les évolutions du capitalisme et passe à côté d’une autre notion pourtant essentielle à toute pensée de gauche : l’émancipation. Le capitalisme consumériste ne repose plus seulement sur l’appropriation de la valeur ajoutée pointée par Marx mais sur l’instrumentalisation des individus, chargés de consommer pour faire fonctionner la mécanique économique. Au point que le système peut se passer de la force de production de ces individus (il a trouvé moins cher ailleurs) et envisage très sérieusement l’instauration d’un revenu universel (ce qui devrait inciter Benoît Hamon et ses amis à s’interroger). C’est la fameuse théorie des 80/20 développée par Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller de Jimmy Carter, lors de la conclusion du premier « State of the World Forum » en 1995, telle que racontée par Hans-Peter Martin et Harald Schumann dans le Piège de la mondialisation. L’idée : les hausses de productivité dues au numérique laisseront 80 % de la population mondiale sans activité. Il faudra alors leur fournir comme du lait maternel un divertissement apte à éviter les révoltes, ce que Brzezinski baptisa tittytainment (contraction de tits les « seins », et de entertainment « divertissement »). 

Toute pensée de gauche devrait aujourd’hui s’employer à ­définir l’émancipation collective et i­ndividuelle, c’est-à-dire la façon dont les individus, constitués en communauté politique, peuvent échapper à la dépendance vis-à-vis de ce système ou vis-à-vis d’un autre individu. Et la capacité à produire selon les besoins vitaux de la collectivité en est une dimension, de même que la possibilité pour un individu de subvenir à ses besoins par un travail dont l’organisation ne le déshumanise pas. Le management contemporain, associé aux technologies numériques, est en train de mettre en œuvre dans les emplois de services cette déshumanisation que le travail à la chaîne avait introduite dans l’industrie. C’est notamment contre cela qu’il faut agir. Et contre la destruction de toute forme de transmission de savoirs, alors même qu’ils sont un des antidotes au consumérisme et à l’aliénation. 

Il suffit pour s’en convaincre de regarder cette incroyable séquence diffusée par l’INA : une enquête de Michel Polac datée de 1968, sur les lectures des ouvriers de l’usine Hispano-Suiza, de Hemingway à Pearl Buck en passant par Malraux ou André Gorz. Les parlementaires et conseillers ministériels d’aujourd’hui n’ont pas ces lectures… Un programme de gauche ? Rendre leur dignité aux travailleurs, valoriser leurs savoirs et leurs savoir-faire, lutter contre l’atomisation par les plates-formes et l’autoentrepreunariat, et faire vivre la seconde phrase de l’article 1er de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » 

On ajoutera au propos de Polony pour un programme de gauche de nature à reconquérir le peuple :
1° la renaissance de l’éducation populaire sous toutes ses formes ;
2° la prise en compte du ras le bol des classes populaires qui, elles, vivent dans les quartiers dans lesquels l’islam conquérant avance ses pions contre la République comme dans un ventre mou, celui du bobo repu qui ne défend plus que les minorités opprimées et se contrefiche du populo qu’il méprise sauf lorsqu’il est adepte d’une confession rétrograde… On en est là, sans blague…

Alors, si on ne change rien, tout est en ordre pour 2027 : ce sera, à n’en pas douter, l’année du RN et de sa blonde !

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Bon vent…

Mais ce sera le « Sirocco », le vent du désert qui balaie le Maghreb, pour l’imam Iquioussen.

En effet, le Conseil d’Etat a mis bon ordre au délire du Tribunal administratif de Paris qui avait suspendu la mesure d’expulsion vers le Maroc prise par le Gouvernement français à l’encontre de l’iman Iquioussen pour ses propos antisémites et misogynes dégradants réitérés.

Au motif de la protection de la vie familiale dudit imam, le TA de Paris avait décidé de suspendre l’expulsion en recevant le recours en référé de l’imam et en lui donnant satisfaction. Ce qui ne manqua pas de provoquer la stupéfaction chez toutes celles et tous ceux qui ont quelques notions du régime juridique républicain français applicable aux étrangers présents sur notre sol.

Même si notre droit protège l’étranger de mesures d’éloignement qui compromettraient son droit à mener une vie familiale normale (1), les étrangers présents sur noter sol peuvent, lorsque l’ordre public l’exige, pourtant être expulsés. En effet, le droit à mener une vie familiale normale n’est pas une assurance tous risques paralysant toute mesure d’éloignement du territoire. Ce serait trop facile et seuls des illuminés, ou des complices et alliés objectifs des musulmans radicaux, comme notre vieille et fourbue LDH ou un défenseur des droits décati, peuvent le soutenir.

Rappelons, pour mieux mesurer le grotesque de la position du TA, que la CEDH avait au préalable (avant la décision du TA de Paris…) refusé de prendre les mesures d’urgences qu’elle peut pourtant, elle aussi, décider afin de protéger une personne d’être précisément privée du droit à mener une vie familiale normale par l’effet d’une mesure administrative. Le TA de Paris, dans sa grande folie, avait donc accepté ce que la CEDH avait refusé à l’imam et avait suspendu l’expulsion du scélérat antisémite et misogyne….

Le Conseil d’Etat, dans sa grande sagesse (comme parfois…), y remet donc bon ordre. Très, très bien.

Et il le fait avec une motivation exemplaire. Une motivation qui rappelle que s’agissant du droit de l’imam Iquioussen à mener une vie familiale normale il n’est pas compromis, ni subit une atteinte disproportionnée d’une part au regard de la gravité des griefs retenus contre cet olibrius et, d’autre part, du fait de l’absence de réalité de l’atteinte alléguée à sa vie familiale. En effet, d’un côté ses enfants sont majeurs et, de l’autre , son épouse, quand à elle, est de nationalité marocaine ce qui lui ouvrira le droit de le suivre au Maroc si l’envie lui en prend. Nationalité marocaine de Madame donc, tout comme lui qui, rappelons-le, avait rendu à la République la nationalité française dont elle l’avait généreusement doté en tant que natif sur notre sol à l’instar de nos autres binationaux. Montrant ainsi son extrême attachement à notre pays ce qui atténuera la peine qu’il va avoir à le quitter !

Il faut aller lire la motivation du Conseil d’Etat tant sur les griefs faits à l’imam – leur gravité et leur caractère inacceptable (2) – que sur le peu de sérieux du reproche d’atteinte au droit à mener une vie familiale normale qu’il alléguait.

DECODA, qui est aux anges avec une décision de ce type, vous fournit le lien avec la décision du CE et la joint en document attaché au présent billet. Elle est importante car elle rappelle à tous ceux qui en ont bien besoin la nature des propos qui, chez nous, peuvent coûter cher quelle que soit la protection alléguée.

Voir donc ci-après le lien pour accéder au Communiqué explicatif du Conseil d’Etat :

https://www.conseil-etat.fr/actualites/le-juge-des-referes-du-conseil-d-etat-ne-suspend-pas-l-expulsion-de-m.-hassan-iquioussen

Bien entendu sitôt son recours rejeté le scélérat, comme beaucoup d’autres de son espèce, se soustrait à ses responsabilités et immédiatement disparait dans la nature. Il serait parti en Belgique… ce qui est insupportable car des incursions jusqu’en France sont très aisées, d’autres, de funeste mémoire, l’ont fait avant lui…

Souhaitons que ce pays ne l’accueille pas compte tenu de ce qui s’est passé en France. Ce serait aussi cela une Europe efficace…

Espérons donc qu’on le retrouve très vite et qu’on le mette dans le premier avion pour le Maroc, français ou belge on s’en moque. Qu’il retourne sur la terre de sa seule nationalité par son propre choix en plaignant les Marocains qui n’ont sans doute pas besoin d’olibrius supplémentaire de cet acabit.

Pour lire le Communiqué explicatif du Conseil d’Etat voir (en fichier pdf) :

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Le juge des référés du Conseil d’État ne suspend pas l’expulsion de M. Hassan Iquioussen


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Note de bas de page

(1) Droit à mener une vie familiale normale, un des éléments constitutifs de la conception moderne des droits de l’Homme résultant de la convention européenne des droits de l’Homme et de la jurisprudence de la Cour charger de veiller à son respect au besoin contre ses propres Etats signataires dès lors qu’ils viennent à s’en croire dispensés…

(2) A cet égard nous ne sommes pas encore anglo-saxonisés sur ce point puisqu’ici (en France et en Europe avec la convention européenne des droits de l’Homme qui retient peu ou prou le même régime que le droit français) la liberté d’expression n’est pas totale mais au contraire peut subir la contrainte de l’ordre public et du nécessaire respect de nos principes fondamentaux que l’on ne peut impunément bafouer même par la parole ou l’écrit. Dans ce régime si la liberté de pensée est totale, la liberté d’expression, elle, ne l’est pas. Elle est enfermée dans certaines limites et notamment celles indiquées ci-dessus qu’implique la protection de notre ordre public constitutionnel. Que personne ne l’oublie…

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Le nez dans le ruisseau…

L’inénarrable Sandrine Rousseau a encore frappé en s’attaquant au fait de manger de la viande cuite au barbecue, symbole de virilité…  Elle n’a pas dit que la production de viande était écologiquement très coûteuse ou que la cuire au barbecue était mauvais pour la santé toutes choses exactes. Non elle a dit qu’en manger cuite au barbecue était un symbole de virilité auquel il faudrait renoncer…

Voir, pour plus de détails, parmi de nombreux articles sur ce sujet : https://www.journaldesfemmes.fr/societe/actu/2841724-sandrine-rousseau-barbecue-feminisme-polemique/

Voir aussi comme clé de compréhension plus globale le document suivant : 

Sortant donc ces jours-ci un « opuscule » de quelques 60 pages (une somme….)  sur son concept de «l’androcène» qui navre la critique (à part ses parents et amis aficionados écolos), notre Sandrine nous fait une sortie carabinée sur le mâle dominant attifé de son barbecue rituel comme symbole de virilité… 

Oui, oui on en est là… tombés très, très bas. Mais, même pour une écolo radicale, il faut bien vendre ledit opuscule…. Alors, rien de tel qu’un bon buzz (ou randam, ou barouf si on n’aime pas le sabir franglais).

Et il il y aura quand même de bonnes âmes, car, on le sait, rien de pire que les yeux de Chimène, qui liront sa déclaration incendiaire vis-à-vis de la culture populaire du BBK  comme une ode écologiste contre la viande dont l’élevage et la production polluent effectivement plus que de raison (a cause des flatulences des ruminants et du poids en eau d’un kilo de barbaque produite). Mais après tout, est-ce bien plus polluant que le vieux diesel du mec qui charge le BBK ou, pire, que le gros SUV, ou 4×4,  voire le jet privé, de son patron ou de son footeux favori.

Mais, pas de bol,  l’empan limité de Sandrine lui a mélangé les pinceaux et elle s’est attaquée à quoi ? Pas aux flatulences des vaches, non, ni au poids en eau du kg de viande produite. Non, elle s’en est pris au mâle dominant et elle s’est attaquée au fait de manger de la viande cuite au barbecue comme symbole d’une virilité à proscrire… Comme si autour du popu qui cuit sa barbaque avec ses copains le dimanche il n’y avait pas aussi les gentes dames qui les mangent avec eux. Hein Sandrine ? Trop viriles aussi leurs nanas ?

Comme l’a  bien dit Fabien  Roussel on mange en fonction de ce qu’on a dans le porte monnaie et pas de ce qu’on a dans le calbut…  Voir à cet égard : https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/barbecue-et-virilite-roussel-s-oppose-encore-a-rousseau_207107.html

Donc s’agissant d’une idée juste sur les pollutions que génèrent les productions bovines, ovines et autres, notre bonne Rousseau plante tout en lisant la réalité avec ses lunettes intersectionnelles écoféministes à la gomme. Cela s’appelle tout gâcher parce que ce n’est pas en étant aussi grossièrement stupide que l’on va ramener les millions de brebis populaires électrices, égarées avec le RN, dans les rangs de gauche et de l’écologie.

Sandrine Rousseau est au fond un remède  contre l’écologie et on sait ce que Hugo aurait dit d’elle sur la mise au ruisseau d’une belle ambition pour la planète. Du coup, j’en ai fait le titre de mon billet du jour.

Mais au delà de son cas navrant c’est aussi sur l’engeance déconstructiviste, éveilliste et effaciste (pour ne pas dire « woke » et « cancel culture »),  dans laquelle elle se range qu’il faut s’interroger. Compte tenu des précédents de déconstruction fâcheux que l’humanité a déjà connus cette interrogation est salutaire.  On a déjà donné et, bien avant les jeunes d’aujourd’hui, nous en fûmes idéologiquement les victimes. Inutile, donc, de tenter de nous la faire, on est vacciné multidoses (marxo, mao et trotsko…). 

Certains chercheurs font ce travail d’interrogation de l’idéologie déconstructiviste et on en trouve les résultats notamment sur le site de l’Observatoire du décolonialisme.  Il faut s’y reporter pour ne pas égarer nos idées et nos voix sur des irresponsables dangereux  et mettre un coup d’arrêt à la propagation, sans trop de résistance à vrai dire jusque-là,  d’une nouvelle  idéologie funeste qui s’étend chez nous, envahit nos universités, et ambitionne de coloniser les esprits, jeunes et moins jeunes, après avoir colonisé les campus américains. 

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Insoumis, islamistes : même combat

Il n’y  a plus de doute…

On le subodorait, comme Renaud Dély dans son dernier et excellent bouquin (« Anatomie d’une trahison, la gauche contre le progrès »), dont on recommande la lecture d’urgence pour notamment mieux comprendre la trahison dont la gauche s’est rendue coupable[1], mais,  désormais, le combat commun entre insoumis et islamistes est on ne peut plus clair, comme on va le voir. 

L’hégémonique LFI au sein de l’inénarrable NUPES se fait en effet la complice pure et simple des islamistes puisque lorsque nos pouvoirs publics (Gouvernement et Parlement français, appuyés par l’Union européenne[2]) s’attaquent par la loi aux contenus terroristes en ligne pour les faire retirer par les hébergeurs, la France Insoumise (avec le silence complice du reste de la NUPES) saisit le Conseil constitutionnel pour faire censurer la loi votée en France au prétexte d’une violation de la liberté d’expression garantie par la DDHC de 1789 !  Oui, oui, l’horreur politique n’a plus de limite.

La liste des députés insoumis qui ont commis cette ignominie figure nominativement dans la décision du Conseil constitutionnel et même en tête de celle-ci comme il est la règle. Vous vous  y reporterez avec intérêt j’en suis certain dès fois que vous y retrouviez votre député ou que, vous étant égarés en juin,  vous l’ayez même élu[3] !     

Vous avez bien lu la LFI défend l’expression  terroriste en ligne : ils étaient plutôt cons, ils sont devenus complètement cinglés…

Vous vous rendrez peut-être encore mieux compte encore de l’ignominie de  l’engeance LFI  le lendemain d’une  nouvelle tentative d’assassinat contre Salman Rushdie[4]  par ces demeurés fanatiques qui édictent des « fatwas » contre ceux qui les combattent afin de les faire assassiner par leurs cohortes d’illuminés? Des crétins absolus ou des salauds intégraux, voir ce que sont les députés LFI.  Je l’écris comme je le pense.

Mais, le Conseil constitutionnel n’est pas tombé dans le panneau et a envoyé les tarés de la LFI aux pelotes comme il l’avait fait pour les curés au début de l’été quand ceux-ci s’étaient également  fait les valets des islamistes par une QPC contre la loi ayant pour objet de lutter contre le séparatisme[5].

On lira utilement le communiqué de presse du Conseil constitutionnel qui démonte la tare insoumise, un vrai bonheur puisqu’en prime ils sont nuls en droit :

https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/decision-n-2022-841-dc-du-13-aout-2022-communique-de-presse

Alors que nos principes constitutionnels fondamentaux, et notre droit constitutionnel qui les traduit, traduisent aussi nos valeurs eux, au fond comme de sinistres Pol Pot, n’en ont qu’une vision instrumentale au service de leur petite politique rabougrie et misérable.

L’urgence pour la gauche est donc bien de se débarrasser de l’hégémonie LFI mais, pour cela, il faut qu’elle fasse le ménage idéologique qui s’impose comme nous y invite Dély en revenant aux valeurs fondamentales de la gauche qui sont avant tout celles de la République, armes  sublimes contre tous ses adversaires et surtout ses ennemis poussés par une religion.

Fût-elle la religion des opprimés, elle reste en effet fondamentalement rétrograde et au demeurant même criminelle puisque comme le dit Rushdie elle a donné naissance en son sein à un fondamentalisme abominable. Il ne lui est pas externe mais dans un véritable continuum comme le prouve les réactions des pays musulmans face à la tentative d’assassinat de Rushdie, lequel, bien sûr comme les journalistes de CHARLIE, l’a bien cherché en froissant de pauvres croyants….

  


Notes de bas de pages

[1] Trahison de la gauche qui englobe celle de la laïcité mais qui est globale et est au fond celle des idéaux de progrès, des valeurs républicaines et du peuple comme le démontre Dély avec brio  ; mais là, désormais, avec le recours LFI devant le Conseil constitutionnel contre la loi permettant de lutter contre les contenus terroristes mis en ligne,  s’ajoute l’ignominie et l’abominable à la trahison idéologique et intellectuelle !  

[2] L’Union européenne a adopté et publié un règlement européen qui autorise les Etats membres à lutter dans un cadre commun contre les contenus terroristes en ligne ; la France, par son Parlement, a donc adopté une loi  qui met en œuvre ce règlement pour notre pays en définissant les conditions, les procédures permettant de  contraindre les hébergeurs à retirer les contenus terroristes mis en ligne par leurs sites et serveurs et en prévoyant des sanctions lourdes en cas d’inexécution   

[3] Pour prendre connaissance des noms des coupables de cette abomination voir : https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2022/2022841DC.htm

[4] A cet égard voir les mots très justes de Salman Rushdie que rapporte l’Obs sur le continuum existant entre islam et islamisme quoi qu’en disent les musulmans qui situent hors de leur confession ce qui est son propre extrémisme : ils nous prennent pour des cons, pas Rushdie qui, lui, a compris : https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20220813.OBS61976/quand-salman-rushdie-lancait-un-cri-d-alarme-dans-l-obs-il-faut-arreter-cet-aveuglement-stupide.html

Ne nous dit-il pas à juste titre : « Je suis en désaccord fondamental avec ces gens de gauche qui font tout pour dissocier le fondamentalisme de l’islam. Depuis cinquante ans, l’islam s’est radicalisé. Côté chiite, il y a eu l’imam Khomeini et sa révolution islamique. Dans le monde sunnite, il y a eu l’Arabie saoudite, qui a utilisé ses immenses ressources pour financer la diffusion de ce fanatisme qu’est le wahhabisme. Mais cette évolution historique a eu lieu au sein de l’islam et non à l’extérieur ».

[5] Voir mon billet précédent publié ici–même le 23 juillet dernier  : https://francoisbraize.wordpress.com

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