Brèv’vertes de Lucas, n°15

Brèv’vertes

Cette rubrique souhaite apporter de l’eau (ou ce qu’il en reste) au moulin des informations traitées en une ligne dans les bandeaux des chaînes continues. Comprendre les liens entre les mobilisations locales et les actions internationales, entre les idées géniales et les absurdités, entre les phénomènes climatiques isolés et l’avenir de la planète, tel est l’objectif de ces « brèv’vertes ».

  • Panser l’avenir, ou comment organiser notre survie.

Quinzième numéro des Brèv’vertes, et quinzième article à essayer de décomplexifier une intuition persistante depuis quelques années… En regardant un peu en arrière, a-t-on pris le temps d’expliquer le titre de la rubrique des Brèv’vertes que vous retrouvez sur Décoda ? Après d’intenses réflexions, nous avions opté pour « Sauvons la planète ? » : question laissée en suspens pour qui choisirait de lire ou de ne pas lire. Un point d’interrogation comme symbole de liberté, on n’y avait pas pensé mais ça aurait de la gueule ! Cette question englobait toutes les interrogations que l’on pouvait se poser sur notre potentialité et notre capacité d’action. Pouvons-nous sauver la planète ? Comment la sauver ? Est-ce à nous de la sauver ? La planète a-t-elle besoin d’être sauvée ? Pourquoi devons-nous sauver la planète ? Depuis maintenant un peu moins de deux ans, peu de réponses ont pu être apportées, si ce n’est des réponses appelant encore davantage d’interrogations… Et pourtant, une littérature abondante, une actualité débordante et une activité stupéfiante nous ont permis de continuer à écrire, à tenter de décortiquer et de présenter des faits, et de les intégrer dans une réflexion pertinente, à partir de cette intuition indicible et peut-être imbécile.

Mais tandis que l’actualité aurait amené à parler d’insignifiance, d’une COP23 invisible, d’une remise en cause des Accords de Paris sur le climat par les Etats-Unis, des phénomènes climatiques extrêmes et j’en passe, peut-être avons nous récemment réussi à verbaliser cette intuition, à l’appuyer, à la légitimer. De vifs échanges professionnels et la lecture d’un ouvrage pourraient-ils réussir cette prouesse ? C’est en tout cas une des (nombreuses) émotions qui m’ont traversé en lisant l’étude de Pablo Servigne et de Raphaël Stevens, publié sous le titre suivant : « Comment tout peut s’effondrer » (sans point d’interrogation donc…) ; et sous-titré « petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes« . Sans avoir la prétention de synthétiser leur travail, fruit de centaines de collaborations, de dizaines d’années de recherche et d’une restitution aussi fluide qu’un revers de Federer, on peut aisément dire qu’il s’agit d’un tournant, qui nous amène à reposer nos constats.

La « science » de l’effondrement qu’ils développent, ou plus justement nommé « collapsologie », consiste selon eux en « l’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle, et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition, et sur des travaux scientifiques reconnus« . Avant de courir se calfeutrer et préparer nos rations de survie, il faut avant tout aborder leurs hypothèses dans un processus scientifique, dans lequel les mots ont un sens qui n’est pas forcément en lien avec leur usage commun. Effondrement, catastrophe, crise sont des notions forcément négatives dans une discussion classique. Mais en reprenant leur étymologie, il s’agit seulement et surtout de la fin d’un cycle ou d’un système ! Nos systèmes (industriels, financiers, environnementaux) sont en effet à bout de souffle, et la prouesse de ces « collapsologues » est d’identifier un faisceau d’indices pouvant laisser penser à un évènement similaire approchant. La spécificité de nos systèmes nous oblige à anticiper leur fin, mais surtout notre responsabilité, notre rôle et notre impact dans l’accompagnement de cette fin et la reconstruction du système qui lui succédera. Difficile de ne pas tomber dans le pessimisme après ça ! Et pourtant, ce qu’ils avancent n’a rien d’utopique, au contraire, puisqu’ils permettent de nous représenter les différents chemins que nous empruntons ou voulons emprunter.

Nous savons que nous ne maintiendrons pas le réchauffement climatique en-dessous des 2°C (voire même des 4°C). Nous savons que les ressources sur lesquels reposent nos systèmes énergétiques vont s’épuiser. Nous savons que l’activité humaine (nos modes de production, de consommation, de transport…) détruit et appauvrit la biodiversité. Nous savons que nous ne pourrons pas revenir en arrière dans ces systèmes interdépendants et interconnectés. Mais nous ne savons pas vers quoi nous allons, et nous ne savons pas comment nous représenter cet effondrement : ni quand il arrivera, ni sa violence, ni sa durée, ni son point de départ (s’il n’a pas déjà commencé…). Et si cette intuition c’était cela ? A ce stade, il est difficile de se faire un avis définitif, je suis d’ailleurs moi-même en pleine réflexion sur cette représentation, à qui j’accorde le mérite d’être véritablement crédible, mais surtout indispensable dans la démarche d’action que nous devons construire collectivement. Prendre conscience de l’effondrement, c’est prendre conscience de notre pouvoir d’action ! Un pouvoir d’action pour tendre vers des systèmes résilients, locaux, autonomes contre la poursuite d’un aveuglement de recherche systématique de progrès, de croissance, d’innovation. Des initiatives fleurissent localement partout dans le monde dans un esprit de « transition », tandis que les systèmes dominants restent enfermés dans une boucle autodestructrice (CETA, glyphosate, dette publique…).

Il n’est pas convenable d’avoir la prétention de vouloir sauver la planète, et il en est de même pour son contrôle. Mais nous pouvons opter pour des gestes insignifiants individuellement, mais terriblement puissants à l’échelle collective, en redonnant du sens à ce que nous mangeons, à ce que nous produisons, à la manière dont nous travaillons, dont nous nous déplaçons, dont nous échangeons avec les personnes autour de nous. Le monde ne s’est pas fait en un jour, ni en sept, mais en combien de temps notre monde peut-il s’effondrer ?

 

« L’optimisme est dans l’action ! », fondateur des Brèv’vertes.

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Le Maire de Ploërmel a les lobes qui pendent…

Après une fausse manoeuvre qui m’a fait publier hier un brouillon non terminé… quelle honte !

Voici donc, avec mille excuses, le bébé fin prêt à être dégusté.

 

Le Maire de Ploërmel aurait donc les lobes qui pendent…

Et évidemment, non pas sur l’air des lampions, mais sur celui du curé de Camaret….

Souvenez vous, DECODA n°59 « Des nouvelles du Front bébête » et cette affaire inénarrable de la statue de JP2 sur la place de Ploërmel.

Souvenez vous du maire de la commune de Ploërmel qui au JT du service public s’insurge contre le récent arrêt du Conseil d’Etat qui lui enjoint d’enlever la croix qui trône sur cette foutue statue et annonce, chafouin, qu’il va faire passer au domaine privé de la commune la dite place pour être peinard avec la laïcité et maintenir là où elle est sa statue adorée…

Souvenez vous de l’émotion qui s’empare de l’ami J.M. Dubout Dumonde face à cette ignominie manifeste et sa question,  sous forme de commentaire  adressée à DECODA,  que je reproduis ci-dessous car vous ne l’avez peut-être pas vue :

« Conseil d’état et Loi de 1905, suite : Stupeur ce soir au 20h de FR2 (…) ! Le maire de Ploërmel nous annonce sans vergogne et avec un sourire entendu qu’il envisage de privatiser la place en question ! C’est un pur détournement de la loi non ? DECODA peut-il nous donner son avis sur la faisabilité ? J’avoue ne pas disposer de la compétence pour le savoir ni même pour le chercher.
Merci. »

Pour répondre à la question de l’ami JMDD, il faut se remémorer quelques points du droit de la domanialité publique. Juste ça.

Ce couillon de bonnet rouge de bénitier a donc soutenu devant les caméras et micros du service public qu’il allait transférer la place du village de Ploërmel où se dresse son étron papal au domaine privé de la commune, ce qui pour cet âne lui permettrait, de jure, de ne pas être soumis aux principes de la laïcité.

Outre que les micros et caméras du SP sont des connes puisqu’elles (1)  n’ont, bien sûr, rien trouvé à redire à cette stupidité crasse, le maire en question est un double crétin, ce qui en fait – oh miracle de la multiplication des « pains » selon Saint DECODA (2) –  une triple buse qui n’a pu être élue que par des ânes de première : démonstration en deux couches.

1) Première couche

L’appartenance d’un bien au domaine public ou au domaine privé d’une personne publique, fut-elle une commune bretonne, ne dépend pas seulement du bon plaisir de son édile débile.

L’appartenance au domaine public résulte soit de l’affectation du bien à l’usage du public, soit de son affectation à une activité de service public.

Deux exemples : d’un côté une place publique à Ploërmel, comme ailleurs, est affectée à l’usage du public qui y circule librement à pied, à cheval ou en voiture, de l’autre le bâtiment d’une école primaire publique à Ploërmel, comme ailleurs, est affecté au service public scolaire municipal.

La première, la place publique, ne dépend pas seulement, pour son affectation, d’une décision du maire mais au premier chef de l’usage du public (comme un état de fait), le second, le bâtiment de l’école primaire, en revanche dépend de la décision de la commune d’y situer l’activité de service public que constitue l’école primaire.

En conséquence, s’il suffit par décision de la commune de déménager l’école dans un autre local pour pouvoir déclasser l’ancien bâtiment de l’école du domaine public au domaine privé de la commune (et par exemple pouvoir ainsi aliéner le bâtiment), cela ne marche pas comme ça pour une place publique affectée à l’usage du public et à sa circulation libre.

Sur une telle place le maire peut exercer ses pouvoirs de police, ceux de la voirie routière si ladite place relève de la voirie municipale, mais certainement pas de décider de la transférer du domaine public au domaine privé de la commune, quel que soit son objectif, en décidant, sans tenir compte de l’usage réel du public, qu’elle n’est plus l’affectée à l’usage du public.

En effet, la règle est que lorsqu’un bien n’est plus affecté à un service public ou à l’usage direct du public, il ne relève plus du domaine public à compter de l’intervention de l’acte administratif constatant son déclassement (article L. 2141-1 du CG3P). Ainsi, la sortie d’un bien du domaine public communal est conditionnée, d’une part, par une désaffection matérielle du bien et, d’autre part, par une délibération de la commune constatant cette désaffectation et portant déclassement du bien. Le maire et son conseil municipal n’ont qu’un pouvoir de constatation pas de création de la désaffectation matérielle, c’est à dire de l’usage effectif du public.

Si la commune de Ploërmel venait à violer ces règles, il appartiendrait au préfet de s’y opposer devant le juge au titre de son pouvoir de contrôle de la légalité des actes  de la commune  et à tout citoyen de saisir le juge si le préfet s’avérait défaillant, ce qu’on n’ose imaginer…

Un premier lobe cervical de notre pauvre maire semble, donc, pendre lamentablement… (3)

2) Deuxième couche 

Même en admettant, par impossible, que la commune de Ploëmel puisse désaffecter la place publique, lieu de l’érection de JP2, du domaine public communal, où son maire a-t-il vu que les principes de la loi de 1905 ne s’appliquent pas au domaine privé de la commune ? A moins qu’il veuille vendre la place du village ?

Drôle de conception, pas très immaculée celle-là !

La loi de 1905, ni aucun autre texte de notre système juridique depuis notre Constitution qui, tout en haut, qualifie toute notre République de laïque, jusqu’au, tout en bas, plus simple arrêté ministériel, ne dispense le domaine privé des personnes publiques du respect des principes de la laïcité.

Mais peut-être que le grand Neuneu 1er de Ploërmel ignore, dans sa splendeur, tout cela ? Peut-être aussi a-t-il déjà mis des crucifix aux intérieurs des bâtiments qui relèvent du domaine privé de la commune, qui sait ? Peut-être même dans son bureau de maire…

Si vous cherchiez encore la preuve de la crétinerie, vous l’avez.

Le second lobe cervical de notre pauvre homme pend donc tout aussi lamentablement que le premier…(4)

 

 

Petite Note qui n’a rien à voir me dit CHARLIE…

En ce 13 novembre qui attriste mais décuple les convictions, à propos du sixième pilier de l’islam, notre bon frère Tariq, écoutez donc notre Caroline nationale et admirez donc son courage face aux barbares :

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/tariq-ramadan-charlie-hebdo-est-dans-son-role-caroline-fourest-1000721.html

 

 

Note de bas de page

(1) Eh oui, DECODA, applique ici, en matière d’accords grammaticaux, la règle de la proximité, comme Racine avant lui, et non pas celle, qui depuis le XIXème siècle, fait primer le masculin sur le féminin…

(2) Des « pains » comme les bourre-pifs de Lino Ventura dans les Tontons Flingueurs

(3) Comme une vieille burne me souffle DECODA, en bon adepte du gros dégueulasse de Reiser…

(4) CHARLIE ta gueule ! Là ce serait du réchauffé…

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DECODA(NA)GES n°59 – 5 novembre 2017

Numéro archivé  (rubrique « Archives », sous rubrique « numéros antérieurs »)

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Stop au voilement des fillettes !

Stop ou encore ?

Si ce n’est pas déjà fait, signez et diffusez largement autour de vous la pétition de Michèle Vianès, présidente de « Regards de Femmes », contre le voilement des fillettes.

https://www.change.org/p/10345766/u/21820477?utm_medium=email&utm_source=petition_update&utm_campaign=170156&sfmc_tk=wlG0PJzi1QHzMkMJFHzdwumyM7Qhq72Z%2fL4tlV3rZ4bN7HR8%2fP6iTOsVtFQnPqWA&j=170156&sfmc_sub=145390987&l=32_HTML&u=31779104&mid=7259882&jb=2

 

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Voile islamique : la CEDH enfonce les clous !

Article archivé en rubrique « Billets d’Actu »

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Brèv’Vertes n°14

Brèv’vertes n°14 archivées en rubrique « Sauvons la planète ? »

 

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Et viva Espana !

Article archivé en rubrique « Billets d’Actu »

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Les 5 ordonnances du docteur Macron !

Article archivé en rubrique « Billets d’Actu »

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Le Michelin perd deux Bras !

Article archivé en rubrique « Billets d’Actu »

 

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DECODA(NA)GES n°58 – 20 septembre 2017

Numéro archivé (Voir rubrique « Archives » sous rubrique « Numéros antérieurs »)

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