Maintenant, ça suffit !!!

Les « poches d’aisance » où se meut et s’étend l’islam radical… (Mezetulle, voir infra en fin de billet)

Avec la décapitation d’un professeur, Samuel PATY, qui avait fait son travail en enseignant la liberté d’expression, on a franchi une nouvelle étape dans la guerre que nous mène l’islam radical, guerre idéologique et par les armes.

D’abord, en s’attaquant physiquement à l’école en la personne d’un de ceux qui la servent, ils s’attaquent à la fabrique citoyenne coeur de notre construction démocratique et républicaine. Ce n’est pas un hasard ou une erreur.

Ensuite, comme cet enseignant avait développé son cours dans le plus profond respect de ses élèves de confession musulmane (puisqu’il leur avait permis de sortir de détourner le regard s’ils estimaient que l’illustration de son cours par des caricatures pouvait les choquer) (1), on voit bien que ce que veulent les musulmans radicaux ce n’est pas seulement de ne pas adopter nos valeurs démocratiques et nos principes fondamentaux mais en empêcher l’existence et l’exercice, pour nous tous.

On change dès lors de niveau de gravité et la « Charia » devient non seulement la chose de certains musulmans mais l’instrument de notre domination. Exécrable, n’ayons pas peur des mots forts, c’est d’un véritable totalitarisme dont il s’agit. Les totalitarismes, les démocraties les combattent et les abattent qu’on se le dise. Et celui-là doit subir le même sort sans trêve, ni répit.

En effet, ce refus de nos valeurs démocratiques et de nos principes fondamentaux se fait au nom d’une vision rétrograde d’une religion que partagent peu ou prou, il faut bien le dire puisque des études sérieuses l’ont montré même si cela nous a stupéfié lorsque nous l’avons appris, les 29% des musulmans qui placent les préceptes religieux au dessus des lois de la République (dont 45% chez les jeunes parmi leurs fidèles).

Ne nous y trompons pas, notre gentillet « pas d’amalgame » et notre tarte à la crème qu’est devenu un « vivre ensemble » communautarisé ne pourront plus fonctionner aussi facilement. En effet, la vision islamiste totalitaire constitue le terreau idéologique du terrorisme, comment ne pas le voir et aller, à gauche, cacher sa lâcheté ou sa démagogie, derrière des causes économiques et sociales bien commodes mais en vrai peu opérantes en l’espèce. L’étaient elles pour justifier le nazisme et sa barbarie ? Cela est presque risible. Inopérantes s’agissant de nationaux qui, comme d’autres enfants des classes populaires ou moyennes, ont tout eu de l’école républicaine à un système de santé, tous deux totalement gratuits, dans l’un des plus favorables des systèmes sociaux existants. Encore plus inopérantes s’agissant de soldats de l’étranger venus semer la terreur sur notre sol. Ce discours de gauche et son parangon de lâcheté opérationnelle avec l’Observatoire aveugle de la laïcité de JL Bianco est définitivement discrédité.

N’oublions pas, comme l’explique « l’Instit » dont je reproduis le billet à la fin de mon « post », la NORME et la MARGE… L’une calibre l’autre, on le sait. Quand la vision totalitaire s’accroit comme c’est le cas et tend à devenir la norme, on peut s’attendre à ce que la marge terroriste soit de plus en plus importante, agressive et active.

Alors STOP !

Mais, nous sommes une société démocratique et nous devons le rester contre nos ennemis qui veulent précisément abattre cette démocratie en nous divisant.

Nous avons, avec deux amis respectivement avocat et magistrat (Jean Pétrilli et Bruno Bertrand) dans un numéro spécial « Hors série » (daté de janvier 2017) précisé dans une étude complète ce qui est possible dans une société démocratique face à une telle guerre idéologique et armée en répondant précisément aux quatre questions juridiques que nous pose l’islam radical.

Face à toutes les élucubrations qui ressortent quand à ce qu’il est possible de faire au regard de nos principes constitutionnels et de nos engagements internationaux pour combattre par le droit l’islam radical, il est utile de se reporter à cette étude pour ne pas se laisser enfumer sous le coup de l’émotion.

Voir à ce sujet : https://francoisbraize.wordpress.com/islam-radical-et-etat-de-droit-janvier-2017/ qui présente les outils juridiques dont nous disposons pour combattre cette idéologie rétrograde. On se reportera à cet égard à l’étude complète que l’on trouve à cette rubrique plutôt que la synthèse sommaire qui en est faite et qui est trop rapide (Voir notamment le III de cette étude qui traite des outils pénaux de lutte contre les idéologies totalitaires et leurs propagandistes).

Si l’on résume, on ne peut ni réduire, ni limiter la liberté de pensée qui est absolue que l’on parle d’un adepte de la démocratie, du nazisme ou de l’islamisme radical. Mais on peut limiter l’expression de certaines idéologies et l’action de leurs adeptes dès lors que celles-ci sont contraires à nos principes fondamentaux et entrent dans le champ pénal des infractions que notre droit a défini et que l’étude précitée décrit. Si nous ne trouvons pas suffisant ce champ pénal, c’est au législateur d’y remédier en complétant l’arsenal.

La future loi sur les séparatismes en préparation sera l’occasion de boucher les trous éventuels dans notre arsenal répressif. En effet, l’action pénale, après l’horreur accomplie, devra pouvoir frapper plus vite et plus durement à la fois les propagandistes de l’islam radical, quel que soit le canal qu’ils utilisent, ceux qui désignent à la vindicte islamiste de futures victimes notamment sur les réseaux sociaux et ces derniers eux-mêmes s’ils s’en font par inaction les complices.

Mais il faudra en outre des instructions pénales très fermes aux parquets pour orienter leur action répressive dans le sens que notre société souhaite très majoritairement.

A cet égard ne soyons pas timorés : nous devons mener une attaque radicale contre l’islamisme dans notre pays notamment avec les armes du droit et tous azimuts. Que notre offensive soit totale et dotons nous s’il le faut d’armes juridiques exceptionnelles comme l’a proposé Manuel Valls. On ne peut que rappeler à cet égard que la Cour européenne des droits de l’homme a considéré dans un arrêt de 2003 Refa Partisi contre Turquie (voir le document : cedh-arr_c3_aat_20refah_20partisi_20c_3a_20turquie_20_28grande_20chambre_29_20du_20_3a2003) que l’islam radical et la Charia ne pouvaient prétendre à la protection des principes fondamentaux et des valeurs démocratiques qu’ils récusent. Qu’on en tire enfin les conséquences en nous adossant au droit dit par la CEDH elle-même !

Au delà de ce rappel au droit indispensable dans une démocratie mature pour garder la tête froide et ne pas laisser quiconque, même bien intentionné, raconter des histoires et nous enfumer, le « Printemps républicain » a publié un texte remarquable que je reproduis ci-après.

Note de bas de page

(1) Au début on a cru que M. Paty avait autorisé les élèves susceptibles d’être choqués à sortir mais ce ne fut pas le cas selon le PV de son audition désormais connu; il les a en vérité simplement autorisés à détourner le regard ce qui est plus conforme aux exigences de l’enseignement public; c’est donc à tort que nous avions mentionné au moment de la publication de ce billet qu’il les avait « autorisés à sortir »; on doit à sa mémoire de rétablir cette vérité contre une fillette menteuse qui n’était même pas présente ce jour là et son exécrable père manipulateur islamiste patenté !

Le texte du Printemps Républicain

« Assez !!! »

« Avant c’étaient des soldats, puis des enfants juifs. C’étaient des caricaturistes, des policiers, encore des juifs. C’étaient encore des policiers, des prêtres, et puis ce furent des Français qui sortaient admirer un feu d’artifice, boire un verre ou écouter un concert. Hier c’est un enseignant qui a été tué ; pas n’importe quel enseignant, choisi au hasard comme tant d’autres victimes avant lui. Samuel Paty a été tué parce que, comme chaque année, il a assuré un cours d’éducation morale et civique sur la liberté d’expression. Il a montré les caricatures de Mahomet. C’en est trop pour les islamistes. Pression, dénonciation, intimidation. Et au bout, décapitation. Dans l’Algérie des années 1990, les intellectuels qui résistaient, les jeunes filles qui ne voulaient pas mettre le voile, étaient égorgés. Dans la France de 2020, on risque sa peau quand on fait son travail, simplement son travail.

L’assassinat de Samuel Paty ne doit rien au hasard. Il était l’objet d’une campagne de dénigrement depuis plusieurs jours. Son nom et son adresse avaient été publiés sur les réseaux sociaux. Les instigateurs de cette campagne ne sont pas des parents outrés : ce sont des propagandistes de l’islam politique. L’un est le fondateur du Collectif Cheikh Yassine, une organisation pro-palestinienne antisémite et conspirationniste, qui sévit depuis des années. Un autre est un éducateur bien sous tous rapports. Une figure si inspirante qu’elle a servi de modèle pour le personnage joué par Reda Kateb dans Hors normes. De braves gens…

Aujourd’hui, nous en avons assez. Assez de pleurer nos morts. Assez qu’on s’en prenne aux premières lignes de la République. Assez de cette pieuvre islamiste qui prospère, qui plastronne, qui menace. Assez de voir nos amis, nos collègues, insultés, menacés, obligés de vivre sous protection policière depuis des années, dans l’indifférence quasi-générale. Assez que les courageuses et les courageux, les Jean-Pierre Obin, les Zineb El Rhazoui, les Mohamed Sifaoui, les Caroline Fourest et tant d’autres, soient attaqués sans cesse, et si peu défendus.

Assez, par-dessus tout, du « pas d’amalgame », des « on peut être Charlie ou ne pas être Charlie ». Assez de ces quelques messieurs trop tranquilles qui, depuis les ministères ou sur les estrades, « observent » qu’il n’y a pas de problème avec la laïcité. Assez de l’hypocrisie et de la confusion intellectuelle qui règne dans ces organisations de gauche incapables de prendre la défense de Mila. Assez de voir les opportunistes du coexistentialisme qui rôdent comme des vautours autour de l’argent public et qui favorisent l’entrisme des Frères musulmans au nom du dialogue inter-confessionnel.

Assez, par-dessus-tout, du pas-de-vague et des demi-mesures, des petites compromissions et des grandes lâchetés. Ne vous y trompez pas : les islamistes ne pleurent pas, ils rigolent. Ils ont réussi leur coup : ils sèment la terreur sans même se salir les mains. Dénoncer publiquement leur a suffi : l’objectif est atteint, l’effroi est général et la peur règne. Et leurs idiots utiles se jettent déjà à leurs pieds pour dénoncer « l’islamophobie » et faire de la politique politicienne.


Assez, enfin, d’avoir toujours une guerre de retard. De devoir mobiliser tant d’énergie pour alerter et convaincre, pour combattre le scepticisme, et pour répondre aux attaques.


Désormais, c’est fini. Il faut reprendre la main. Changer de braquet, enfin ! L’heure n’est plus à décrire l’islamisme, à le critiquer, à le dénoncer : il faut le démanteler. Le détruire. Le liquider. Mettre hors-la-loi les organisations qui se revendiquent ou s’inspirent de l’islam radical, celui des salafistes et des Frères musulmans en particulier. Il faut dissoudre ces associations, saisir leurs avoirs et traduire en justice leurs responsables. On ne s’en sortira pas autrement. Cela doit prendre effet immédiatement.


Il faut aussi revoir entièrement les dispositifs publics de formation et d’accompagnement à la citoyenneté et aux valeurs de la République. Si la laïcité, la liberté d’expression, les droits des personnes LGBT, la lutte contre l’antisémitisme, sont si souvent mis en cause, c’est qu’ils sont trop mollement défendus. L’action doit commencer dès le primaire. Apprendre les valeurs de la République, ce n’est pas du superflu : c’est aussi essentiel que les maths et le français. La République ne doit jamais avoir honte de ses valeurs : il faut que la honte change de camp. C’est l’affaire de plusieurs années de travail. Il n’a été que timidement entrepris jusqu’à présent, toutes majorités politiques confondues.


Il faut enfin casser les ghettos où l’islamisme, mais aussi la violence gratuite, les trafics, la misère morale et matérielle prospèrent. C’est l’œuvre d’une génération.

Il faut donc agir à court, moyen et long terme. L’urgence est de protéger nos lanceurs d’alerte, nos courageux, nos premières lignes, en faisant reculer la pieuvre pour de bon. Sans cela, aucun travail de fond n’est possible.

Toujours est-il qu’on ne peut plus attendre : aujourd’hui, il est tard. Demain, il sera trop tard. »

De même, le cri d’effroi d’une « Instit » sur Face Book transmis par l’ami Francis doit être entendu même si certains points de son propos peuvent être discutés notamment lorsqu’elle considère que le juge et la jurisprudence doivent boucher les trous éventuels de notre droit en matière répressive : seule la loi expression de la volonté générale peut le faire et, en outre, en conformité avec nos principes fondamentaux constitutionnels :

Le billet d’une Instit

Vous pouvez aussi aller lire le remarquable Billet de Catherine KINTZLER sur son blog MEZETULLE :

J’adore l’idée des « poches d’aisance » où se meut et s’étend l’islamisme radical que C. Kintzler utilise ! Cela me parait parfaitement adapté à la « matière » dont il s’agit… Je l’ai donc mis en exergue de mon billet en en faisant mon sous-titre.

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UP Magazine, rebelote !

Le récent article  » Mettre en oeuvre la nouvelle donne » publié dans ces colonnes vient d’être repris et publié à son tour par « UP MAGAZINE ». Ce magazine avait publié il y a quelques semaines le volet précédent de notre hors série sur le « Jour d’après », intitulé « Enrichir nos principes constitutionnels fondamentaux ».

Avec Lucas (auteur sur ce blog de la rubrique « Brèv’vertes »), qui a collaboré à cet article, nous sommes très heureux de cette diffusion nationale qui honore notre travail de réflexion commun.

Allez y voir c’est joliment illustré et présenté sous un titre trouvé par « UP » qui résume bien le propos :

« Le Jour d’après : revitaliser les communs pour sauver la démocratie »

https://up-magazine.info/decryptages/analyses/69058-le-jour-dapres-revitaliser-les-communs-pour-sauver-la-democratie/?utm_source=ActiveCampaign&utm_medium=email&utm_content=Covid-19+:+Faut-il+craindre+l+arrivée+de+l+hiver+?&utm_campaign=ACTION!+Quotidienne+ma-13/10

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Mettre en oeuvre la nouvelle donne

Suite et fin du Numéro Hors série sur le « Jour d’après »

Avec la participation de Lucas Bodet

Texte en document joint : Le « Jour d’après » Volet 4 – Mettre en oeuvre la nouvelle donne VersionDefinitive4-10 

 

Après avoir dans les volets précédents  identifié les axes de changement sur lesquels s’accorder pour infléchir le monde dans lequel nous vivons notamment au regard de l’enjeu climatique [1] puis défini pourquoi et comment enrichir nos principes constitutionnels fondamentaux dans le même objectif [2], il s’agira ici, dans ce quatrième et dernier volet, d’esquisser des modalités de mise en œuvre de ces orientations. 

Il faudra fixer, pour chacun des axes de transformation, les besoins et les attentes, les pistes de réflexion à conduire ainsi que quelques exemples de  mesures à envisager. Au delà, ce n’est que par une démarche collective que le détail des inflexions politiques pourra être fixé car personne ne peut en être le démiurge exclusif, ni même se prétendre tel. 

Il est essentiel donc que le débat démocratique s’empare de ces sujets sous toutes les formes possibles  pour avancer à l’instar de ce qui a été fait par la « Convention citoyenne sur le climat » et, ce, quoi que l’on pense de ses résultats.  Il est souvent souhaitable en effet sur les grandes questions qu’un travail citoyen puisse précéder les décisions politiques à traduire ensuite par les voies nécessaires (loi référendaire, loi parlementaire ou mesures réglementaires en fonction de ce qu’exige notre ordre juridique selon les questions traitées[3]). Il ne s’agit pas de les multiplier après les avoir ignorées mais, surtout en période de crise, d’identifier les principaux sujets pour lesquels la participation citoyenne peut contribuer aux solutions que l’on recherche.

Ainsi, davantage de démocratie dans notre fonctionnement collectif sera tout autant une méthode opérationnelle pour produire du consensus  sur les solutions, qu’un objectif démocratique en soi. Il ne s’agit pas de tenir de nièmes colloques, forums et consorts, tous à peu près le plus souvent sans débouché opérationnel (on a déjà beaucoup donné depuis des décennies) car leurs comptes-rendus et/ou rapports finaux remplissent des placards dont personne ne fait rien, ni même n’ouvre plus. 

La question de la justice sociale et celle de la lutte contre le changement climatique sont transverses à tous les sujets que l’on aborde ici car elles en constituent les finalités et elles ne seront donc pas ici traitées  en un point particulier. D’ailleurs, la Convention citoyenne sur le climat a rendu ses conclusions, qu’on les mette donc en œuvre plutôt que de recommencer le travail de 150 de nos concitoyens  pendant neuf mois ou de se borner à gémir de leurs prêtées insuffisances….[4]

On se bornera à indiquer au lecteur où les trouver[5] et à inviter les décideurs à prendre, comme ils s’y sont engagés, leurs responsabilités pour les concrétiser. Et ce ne sera déjà pas si mal…

La citoyenneté, nombreux sont ceux qui s’en lamentent, se vide davantage de sa substance à chaque élection et le peuple se marginalise dans une société qui n’est plus que celle de consommateurs et de titulaires de droits civils et sociaux quand elle ne s’apparente pas à une collection de refuges identitaires communautarisés. 

Dans un tel cadre, l’idée de « devoir politique » est devenue pour beaucoup une incongruité et la classe politique ne fait plus guère que ricaner dans une partie beaucoup trop importante de la population. Nous devenons ainsi massivement, avec l’aide de chaines de TV décérébrantes, un pays de chansonniers, voire pour les moins bons, de garçons de bains. On ne peut laisser cette déliquescence se poursuivre car elle sera fatale pour la démocratie. Il faut donc revitaliser d’urgence tout ce qui constitue nos « communs » fondement du « vivre ensemble » lequel, sans cela, n’est plus qu’une pétition de principe vide, une tarte à la crème servie et resservie à tour de bras, quelle que soit l’importance réelle des transferts sociaux et la force du rappel des devoirs civiques et républicains[6].

I – Revitaliser les biens et services publics : les « communs », 

La revitalisation des biens et services publics sur le territoire est indispensable car la crise que nous traversons a remis les valeurs de solidarités et de partage attachées aux biens et services publics (soustraits en totalité ou en partie à la logique de marché), au centre des préoccupations de nos concitoyens.  Nous n’échapperons donc pas à une réflexion sur ces « communs », c’est à dire les biens et services que même la théorie économique classique traite spécifiquement du fait de leur caractère de biens collectifs ou du fait de leurs effets externes[7].  En effet, même l’économie libérale classique admet qu’on ne peut les laisser soumis aux seules lois du marché qui, dans leur cas, ne permettent pas d’atteindre l’optimum économique. Quand l’efficacité économique rejoint l’aspiration à la justice sociale et à la redistribution…

Il semble que plutôt qu’une politique (de gribouille) de traitement de ces services et biens collectifs au cas par cas, conjoncturellement et sans vision globale, nous devrions faire deux choses :

  • d’une part constituer pour un temps donné une Convention citoyenne sur les biens et services dits « communs » : cette Convention serait chargée d’en définir les contours, ce qui concernera les biens et services existants mais aussi ceux  nouveaux à identifier ou à développer[8], et le régime spécifique à leur appliquer notamment quant à leur financement, en tout ou partie selon les cas, hors logique de marché ;
  • sur cette base de départ ainsi constituée,  tenir ensuite un débat parlementaire chaque année sur la politique nationale pour les biens et services publics en France, ce qui en est attendu et bien évidemment sur les moyens que collectivement, via nos représentants,  nous leur allouerions.     

Dans la crise en effet, les Français ont montré leur attachement à nombre de ces services publics pour lesquels ils jugent massivement impérieux de revaloriser les traitements de leurs agents, notoirement et honteusement sous payés eu égard à leur utilité sociale désormais révélée à tous. Nos dirigeants, et même ceux attachés encore récemment à des logiques financières et comptables conduisant à privilégier la réduction des coûts et donc des effectifs, ont dû admettre, du fait de la crise sanitaire, que leur échelle de considération était à revoir.  Les actes de contrition d’un président qui a semblé touché par la grâce ne suffisent pas, il faut agir pour davantage de justice sociale pour les « premiers de corvée ».

Ainsi, au palmarès de la considération sociale, aux « premiers de cordée » grassement reconnus et surpayés qu’ils soient traders, stars du sport ou de la culture hyper marchande, ont ainsi succédé, un temps du moins car tout s’oublie très vite,  les « premières lignes » aux métiers à l’inverse sous considérés et sous-payés.  Cette situation  d’injustice a « juré » et « jure » encore pour tout esprit honnête. Le « Ségur » de la santé a certes abouti à des premières mesures importantes de revalorisation, ainsi que les mesures prises encore plus récemment en faveur des personnels des EPAD, mais il ne pourra rester sans suite pour d’autres « premières lignes » dont l’utilité sociale a éclaté aux yeux de tous lors de cette crise. 

Quid de la situation des éboueurs, des livreurs, des routiers, des agents de l’économie sociale et solidaire et de tous les autres et quid de la considération qui leur est due ? Nous n’échapperons pas à ces questions, sinon nous ne pourrons pas leur demander d’assurer en première ligne les moyens de notre survie en cas de  rebond de la crise sanitaire.  Peut-on croire,  sérieusement, qu’ils retourneront au « casse pipe » sans sourciller si entre temps il ne se passe rien ?  C’est donc à une révolution significative qu’il faut procéder pour dégager les moyens d’assurer leur meilleure considération (notamment sonnante et trébuchante à chaque fin de mois), ainsi qu’un financement des investissements plus convenable et stable des services publics concernés. 

On connaît l’objectif et on sait son acuité ; on sait aussi, si l’on ne se berce pas d’illusions, que le financement de mesures de rééquilibrage social (entre ceux qui se gavent sans scrupule et ceux qui n’y arrivent pas) ne pourra passer que par un resserrement de l’échelle des revenus et des patrimoines.  Cela impliquera une action sur le bas de l’échelle des revenus – revalorisation du SMIC et des bas salaires –  mais aussi par une fiscalité plus confiscatoire qu’à l’heure actuelle sur la partie la plus haute des revenus par le rétablissement d’une véritable proportionnalité de l’impôt. A cet égard, on pourra aussi donner comme objectif à la politique fiscale d’accroître,  entre hauts et bas revenus, l’effectivité de l’impôt et d’inverser la situation actuelle dans laquelle par le jeu des mécanismes d’optimisation c’est le principe de la proportionnalité inversée qui souvent prévaut[9].

A l’évidence, le nouveau principe constitutionnel fondamental que l’on a proposé (le principe d’égalité travail/capital, Cf. Note 2 ci-dessus), ne pourra également qu’aider à atteindre cet objectif en introduisant davantage de démocratie dans les entreprises ; on peut être certain qu’un partage  effectif du pouvoir dans les entreprises changera beaucoup de choses.  Et que l’on ne vienne pas nous dire que l’on va faire fuir les investisseurs et décourager les entrepreneurs. La co-gestion existe en Allemagne depuis très longtemps et le dynamisme économique y est à son comble.

Les décisions à prendre risquent d’être douloureuses et impopulaires dans certains cercles. Il y aura besoin d’une volonté politique populaire solidement exprimée aidant à comprendre ceux qui n’y arrivent pas. Raison de plus pour revitaliser notre démocratie représentative pour mieux impliquer,  par des mécanismes de démocratie directe, nos concitoyens dans les processus de décision en matière de politiques publiques.  

II. Revitaliser notre démocratie par le développement de la démocratie directe

Revitaliser nos « communs » est nécessaire comme on vient de le voir mais ce ne sera pas suffisant à revivifier notre démocratie  et la vie citoyenne. 

Pour cela, en effet, il faut d’autres outils et ce seront ceux de la démocratie directe qu’il conviendra de développer sans abandonner le principe fondamental de notre régime politique qui est d’être une démocratie représentative.  En effet, nos démocraties se sont construites, depuis les révolutions anglaise, américaine et française, sur la conquête du suffrage universel pour la désignation de nos représentants et en écartant délibérément (pour des jours meilleurs ?) la démocratie directe. 

Il a fallu près de trois siècles pour que soit conquise une véritable universalité des suffrages autorisés à s’exprimer lors des élections (jusqu’à l’extension du droit de vote aux femmes ou à certaines minorités ethniques), délaissant ainsi, au bout du compte, le portrait type de l’électeur resté longtemps en Amérique du Nord un propriétaire blanc et en Europe un individu de sexe masculin doté de revenus jugés suffisants. Pendant ces trois siècles, le peuple a été laissé de côté derrière ses représentants qu’il était cependant admis progressivement à élire lui-même.

Dans la plupart des pays de démocratie5, par l’énergie qu’elle a demandée, cette lutte pour le suffrage universel a éclipsé l’autre question fondamentale : l’intervention directe, ou non, du peuple dans les processus décisionnels notamment législatif, ou même constituant, par référendum à son initiative. Délibérément, le peuple n’a pas été jugé apte à autre chose que choisir ses représentants. Le XXe siècle n’aura été que l’aboutissement de cette (première) étape de la construction des démocraties, l’ambition de la démocratie directe ayant été renvoyée à l’âge d’or de la démocratie athénienne, considérée comme impossible au-delà de l’échelle de cette dernière. En effet n’est-il pas absurde de croire que l’on ne peut transposer à notre échelle de millions de citoyens et de citoyennes les procédures d’une cité qui n’en comptait que quelques dizaines de milliers et qui excluait toute une partie de sa population de la citoyenneté (femmes et esclaves) ?

Nous avons donc cru à cette impossibilité. Nous y avons cru car cela avait l’apparence d’une rationalité forte. En effet, comment légiférer, écrire la loi et a fortiori la Constitution à 40, 80 ou 300 millions de mains ? Nous avons continué à croire à cette impossibilité, sans nous demander si une part de démocratie directe ne devait pas être instillée dans notre système politique, alors même que, ces dernières décennies, partout, tout se délitait. Les peuples fuyant les urnes et laissant la démocratie représentative, selon les scrutins, réduite à une part toujours plus faible du corps électoral. Même lorsque les peuples exprimaient leur défiance par un vote vers des extrêmes récusant la démocratie représentative, nous persistions. C’était eux, ce ne pouvait être nous, les dinosaures… 

En outre, le numérique et les NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication) sont venus tout miner, là, devant nous, sans même qu’on le voit clairement. Et nos belles certitudes sur la démocratie représentative comme mode démocratique quasi-indépassable se sont comme effondrées fin 2018 en quelque sorte au détour d’un rond-point. 

En effet, nos concitoyens ont l’impression de vivre une « démocratie directe » sur le Net et, ce, tous azimuts dans leur quotidien. Ils existent sur les réseaux sociaux et leurs avis, leurs choix, sont partagés, diffusés, comme jamais ce ne fut le cas. 

Et l’on voudrait que cela soit possible pour la vie de tous les jours, jusqu’aux plus futiles de leurs préoccupations, et pas pour ce qui est plus fondamental, pas pour la vie politique collective, vie pour laquelle on ne les consulterait que tous les cinq ans et selon des modes datés d’un autre temps ? Serait-ce une blague au point qu’on la confine au futile ? 

Ouvrons les yeux, faisons fonctionner nos neurones, nous sommes dans un monde où chacun (c’est un fait et non une opinion) peut donner son avis, choisir, noter à tout bout de champ et sur tout, d’un simple clic. Un monde où chacun peut tenter de lever une armée numérique de soutiens. On peut ne pas aimer, mais c’est notre monde et le réel qui s’offrent à nos concitoyens.

Le discours limitant notre démocratie à sa forme représentative ne semble plus recevable. Ne nous mène-t-il pas, par des révoltes qui risquent d’être de plus en plus violentes, dans le mur des populismes ? Comment faire pour éviter cela ? 

Les principaux outils sont connus  et peuvent être mis en œuvre et, ce, sans tomber dans des excès que l’on peut redouter :

– remplacer au moins en partie l’élection de nos représentants nationaux, mais aussi peut-être de certaines catégories d’élus locaux, par le tirage au sort de citoyens qui siégeront directement selon des modalités à définir ;

– développer, pour les mandats électifs maintenus, l’élection à la représentation proportionnelle ;

– donner au peuple la capacité de faire ou de défaire la loi par référendum à son initiative (RIC) ou même de faire des modifications constitutionnelles, également selon des modalités qui restent à définir mais devront nous préserver de tout dérapage[10].

La boite à outils est ainsi connue, il suffit de l’ouvrir et de s’en servir. En conséquence, dans un esprit d’équilibre, le maintien du principe fondamental de la démocratie représentative doit s’allier  à une indispensable introduction de doses de démocratie directe à tous les niveaux (du local au national). 

C’est ce que j’ai pu appeler, à l’occasion de la crise des gilets jaunes  qui revendiquaient  « le RIC partout et sur tout », Le Ric bien tempéré dans un article publié par Catherine Kintzler dans Mezetulle  et auquel on renverra ici car tout y a été dit que ce soit de  la nécessité d’introduire davantage de démocratie directe dans notre système démocratique ou des bornes impératives à installer face à une telle introduction, si l’on ne se veut pas un irresponsable de rond point. 

Inutile de se répéter, il suffit de se reporter à cet article pour le dosage des ingrédients de démocratie directe à prévoir et les précautions à prendre, pour atteindre un meilleur équilibre entre démocratie représentative et démocratie directe. Voir à cet égard : https://www.mezetulle.fr/ric-ta-mere-par-f-b/

III – Mieux  réguler au plan national et international l’économie de marché et le libre échange en s’appuyant sur le développement d’une Europe forte et sur le multilatéralisme 

Ne doutons pas que les deux axes de changement ci-dessus présentés, ajoutés au renforcement de nos principes constitutionnels fondamentaux qu’on a proposé dans le volet précédent (voir ci-dessus en note 3 le lien avec ce volet), ne manqueront pas de produire une économie beaucoup mieux régulée dans l’objectif de davantage de justice sociale et de préservation de la planète. 

La problématique politique est en effet de réguler davantage, et très sévèrement s’il le faut,  l’économie de marché, pas de la faire disparaître au profit d’on ne sait quel système inconnu ou rêvé puisqu’une très large majorité de nos concitoyens n’en veulent pas.  Redisons-le, on n’a pas, à gauche, renoncé à la dictature du prolétariat pour se jeter dans les bras de la tyrannie d’une décroissance forcée.

Tout ce que nous pourrons faire du point de vue national et hexagonal devra s’accompagner d’un combat dans le même sens à l’international et au plan communautaire de l’Union européenne car c’est à ces niveaux que se situent aujourd’hui également, et parfois même surtout, les enjeux. 

De ce point de vue, le combat doit être en faveur du multilatéralisme et d’une Union européenne toujours plus forte. A cet égard, le combat anti populiste ainsi que contre les adeptes de tous les replis doit être la priorité. C’est aussi un combat contre la bestialité (parfois jusqu’à la guerre) de certains dirigeants qui ne croient qu’aux rapports de force bilatéraux car ils font que le jeu des plus puissants capables d’imposer leur diktat à l’opposé de l’objectif, maintenant séculaire depuis la création de la Société Des Nations[11], d’un monde régulé par un droit dont les peuples ont voulu se doter. 

La France a de la sorte, en Europe et dans le monde, le flambeau du multilatéralisme à relever. 

A chaque grande étape de la construction d’une société internationale civilisée notre pays a été sur le devant de la scène qu’il s’agisse des prémisses du multilatéralisme avec la Société des Nations puis ensuite, après 1945, avec l’Organisation des Nations Unies. Les enjeux d’aujourd’hui sont encore plus puissants que ceux de 1919 ou de 1945 puisque c’est la survie même de l’humanité qui est en cause. A nous, Français, par notre action et notre positionnement à l’international, avec une Europe toujours plus unie, de relever ce défi collectif.   La ligne politique à suivre est ainsi claire et il faut s’y tenir loin de tous les souverainistes droitiers ou insoumis[12].

Mais, outre le défi collectif national, communautaire et international, le défi est aussi pour chacun d’entre nous dans l’infléchissement de nos comportements individuels et avec un poids que beaucoup n’imaginent pas en tant que levier de changement profond et immédiat.  C’est  en plus bien là où chacun peut agir, de suite !

IV – Comme un immédiat levier de changement, sans attendre, infléchir durablement nos comportements individuels 

Avec la collaboration de Lucas Bodet [13]

Quelle importance, quel poids, quelle responsabilité donc, attribuer à nos comportements individuels ? La question est difficile à évaluer[14] même si l’on a quelques points de référence sur l’impact des comportements individuels et celui lié aux activités des entreprises[15].

En outre, la part de responsabilité de notre impact en tant que consommateur, citoyen, professionnel est parfois surestimé au regard de la réalité de nos marges de manœuvre individuelle. A cet égard, la culpabilisation, voire l’infantilisation, sont des moyens bien établis pour décrédibiliser les encouragements au changement en matière de transition écologique. 

Mais cette surestimation de nos marges de manœuvre individuelle ne doit pas nous empêcher de nous poser les questions nécessaires sur notre propre transition, sur nos propres changements, pour en espérer une diffusion plus rapide, plus profonde, autour de nous et au-delà. Il ne s’agira cependant pas ici de fournir la boîte à outils complète du « parfait petit citoyen/consommateur écolo du XXI siècle » qu’il s’agisse de nos déplacements, de notre consommation de biens et services et de la production de nos déchets[16] On ne fera pas l’injure non plus de rappeler ici par exemple, sans entrer dans le débat sur le diesel ou le kérosène, l’intérêt des circuits courts d’approvisionnement alimentaire notamment,  de la consommation de produits selon les saisons voire même de la modération de la consommation de protéines animales.   

Il nous a semblé préférable de nous intéresser à la dialectique politique changement individuel/changement collectif, à la logique donc du changement et à ses mécanismes eux-mêmes plutôt qu’à ses modalités de mise en œuvre par domaine d’action individuelle que l’on  peut trouver aujourd’hui assez aisément dans des documents remarquables[17].

Pour réutiliser une formule désormais bien connue, le changement c’est maintenant, mais pas pour tout le monde. Il n’y a en effet aucun changement qui se réalise de manière uniforme partout et pour tous en même temps. C’est depuis longtemps pour certains, dans quelques temps pour d’autres. 

La temporalité n’est qu’un des marqueurs de l’intégration du changement de comportements et de mode de vie. De manière théorique, les sciences sociales et cognitives se sont depuis quelques temps emparées de ce sujet[18]. Notons que les premiers à trouver une application concrète à la théorie qui analyse les processus de changement individuel ont été les publicitaires et les industriels plaçant ainsi la consommation comme indicateur de la réussite telle que le système la suppose et la définit.

Comment s’établit un changement chez un individu ? Nous avons toutes et tous des ressorts internes, parfois très puissants, qui vont ou non nous rendre enclins à entamer une démarche de changement (des valeurs, des peurs, des émotions…). 

A la manière d’un iceberg, cette partie immergée est souvent ce qui va structurer notre « ouverture » au changement, bien au-delà de nos idées, de notre mode de vie, qui ne sont finalement que la partie émergée. A l’aune de se questionner sur son comportement individuel, il est donc bien naturel de voir apparaître des freins, des résistances, des questionnements. Identifier ces derniers, c’est déjà avoir entamé le processus. Les étapes suivantes seront de l’ordre de la conscientisation, de la recherche d’informations. En matière de transition écologique, le constat critique est ainsi déjà largement partagé et admis, de même qu’il est validé scientifiquement, ce qui lui confère une légitimité importante. 

Une fois qu’un problème est identifié, comment fait-on ? C’est le prolongement de la démarche. Quelles actions puis-je mettre en œuvre pour contribuer à mon échelle et à mon niveau à répondre à ce problème ? Ces actions sont elles efficaces ? Et surtout vont-elles me satisfaire ? En effet, le changement passe avant tout par une motivation à agir, mais également par un besoin. Là encore, les besoins sont multiples et vont varier d’un individu à l’autre. 

Pour prendre un exemple très concret, comment expliquer que de plus en plus de personnes se mettent à faire du vélo en ville ? C’est l’un des comportements souvent mis en valeur en matière d’écologie, et que l’on soit d’accord ou non avec cette pratique, elle se développe et se diffuse très largement. Voici quelques unes des raisons qui poussent l’individu à se mettre à la bicyclette : c’est pratique (je mets moins de temps) / ça me fait faire du sport / c’est moins cher qu’une voiture / c’est favorable à la protection de l’environnement / les pistes sont sécurisées / mon entreprise prend en charge l’achat de mon vélo / je fais mes trajets avec mes enfants, mes amis…. 

Ces motivations personnelles et ce changement de comportement se matérialisent également collectivement. Comme de plus en plus de personnes vont se mettre au vélo par conviction ou eu égard à son caractère pratique, les collectivités vont suivre en installant les infrastructures nécessaires au développement de cette pratique (pistes cyclables, bornes de vélo en libre service, ateliers de réparation publics et solidaires…), ce qui encouragera d’autres personnes à s’y mettre ! Le cercle vertueux est enclenché.

Aux divers freins à la progression de nos engagements peut s’ajouter un phénomène psychologique lié à des situations de dissonance cognitive pour l’individu qui rendent son choix et son action impossible. Elles se définissent comme « le malaise ressenti lors de la contradiction entre une pensée et une action, comme un feu de signalisation qui serait rouge et vert à la fois. Cela peut se matérialiser par des images, comme le slogan « manger 5 fruits et légumes par jour » apposé sur la promotion du nouveau burger de Mac Donald, mais aussi par les campagnes de développement durable des entreprises les plus polluantes. Un déséquilibre qui conduit à la perte de sens ou au flou sur le « bon comportement » à enclencher.

En face, ou du fait, de cela, il y aura des retardataires, voire des réfractaires. Nous en connaissons tous, et d’autant plus sur la question de l’enjeu climatique. Tout le monde ne peut pas s’engager avec la même intensité, et il est indispensable de le comprendre, de s’adapter en permanence. On le voit d’ailleurs bien à l’œuvre sur les changements de pratiques individuelles en matière d’écologie, les individus n’attendent pas que le système change ou bouge pour s’y mettre : modifier son alimentation, questionner sa mobilité, revoir ses habitudes d’achat, réduire ses déchets… Le confinement a eu à cet égard  le mérite de mettre de nombreuses questions sur la table, pour chacun d’entre nous. 

Néanmoins, chaque changement individuel prend du temps, et nous sommes confrontés en parallèle à l’urgence d’agir en matière climatique. La remise en question individuelle ne suffira donc pas et ne sera pas suffisante à elle seule sans une remise en question de l’état actuel de nos systèmes de production collectifs quels que soient les effets bénéfiques prévisibles ou non aujourd’hui en termes de progrès des sciences,  de la recherche ou de l’innovation technologique.   

C’est bien à nous tous de jouer sur les deux plans car, au final si l’on se veut sérieux, changement individuel et changement collectif vont de pair. 


Notes de bas de pages

[1] Voir dans le numéro hors série de DECODA le volet 1 : https://francoisbraize.wordpress.com/les-premieres-pierres/   et le Volet n°2  : https://francoisbraize.wordpress.com/les-axes-de-changement/

[2] Voir le Volet 3 du Hors série « Le Jour d’après : enrichir nos principes fondamentaux constitutionnels  » sur : https://francoisbraize.wordpress.com et également publié sur Mezetulle : https://www.mezetulle.fr/le-jour-dapres/ , sur Médiapart :https://blogs.mediapart.fr/francois-braize/blog/190620/le-jour-dapres-enrichir-nos-principes-fondamentaux-constitutionnels et sur UP Magazine : https://up-magazine.info/decryptages/analyses/61193-le-jour-dapres-comment-enrichir-nos-principes-fondamentaux-constitutionnels/

[3] Outre, bien entendu, les mesures de fiscalisation ou de défiscalisation, ou d’aides et de subventions dans des dispositifs contractualisés

[4] Dans le genre « jamais content, carrément méchant » cher à Souchon voir à cet égard : https://www.actu-environnement.com/ae/news/convention-citoyenne-climat-oublis-35690.php4#xtor=ES-6

[5] Pour les conclusions de la convention citoyenne sur le climat voir : https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr/portraits-citoyens/

[6] Sujet difficile mais quand même clair au niveau des principes : si le « vivre ensemble » n’est plus qu’une tarte à la crème sans contenu, malgré  l’importance des transferts sociaux, ce vide démocratique et citoyen abandonne ainsi le terrain à ses adversaires extrémistes de tout poil, notamment ultra libéraux ou communautaristes identitaires ; il est donc fondamental de redonner sens et contenu à ce que l’on appelle aujourd’hui les « communs » 

[7] Sur la théorie des « effets externes », voir un remarquable topo : https://creg.ac-versailles.fr/effets-externes-et-biens-publics

[8] Cette Convention devrait ainsi par exemple réfléchir, d’une part, au statut des médicaments (ou de certains d’entre eux) pour, dans certains cas,  sortir de la logique mercantile de l’industrie pharmaceutique ce qui pourrait conduire à remettre en cause les droits de propriété intellectuelle de leurs inventeurs ou d’autre part, au statut de l’agrodiversité comme bien commun (sur ce dernier point voir le remarquable article de chercheurs de l’INRAE : https://theconversation.com/pesticides-ou-phytosanitaires-allons-au-dela-des-mots-146648?utm_medium=email&utm_campaign=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%2030%20septembre%202020%20-%201745216898&utm_content=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%2030%20septembre%202020%20-%201745216898+CID_271bbf2033c68fc9de9c9637e7ecbc2b&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=proposent%20de%20repartir%20des%20mots …   

[9] Un principe que l’on peut formuler ainsi, à dix mille lieues des principes posés lors de la création de l’impôt sur le revenu,  « Plus mes revenus sont élevés, moins proportionnellement je paie… »

[10] Il faudra cantonner le RIC et interdire que l‘on porte atteinte par référendum notamment à nos principes constitutionnels fondamentaux qui s’imposent, dans un Etat de droit achevé, même au peuple souverain ; comme tout souverain le peuple ne peut pas être un souverain absolu   

[11] En 1919 et en réaction au jeu délétère des alliances bilatérales, voire personnelles, qui ont conduit dans un engrenage infernal à la guerre mondiale de 1914 

[12] Une politique internationale multilatérale ou une politique communautaire française, ambitieuses, ne peuvent pas se fonder sur des slogans de type « l’Europe on la change ou on la quitte ! » qui a été celui de Melenchon en 2017  ou celui, mutatis mutandis, de Trump depuis 2016 avec « America first ! »

[13] Lucas Bodet est salarié associatif engagé sur les dynamiques d’accompagnement au changement en matière d’alimentation durable ; il est l’auteur dans ces colonnes de billets de la rubrique «  Brèv’vertes »

[14] Sur la dialectique  comportements individuel/processus collectifs voir par exemple  un article paru dans SLATE (http://www.slate.fr/story/167444/changement-climatique-responsabilite-individus-entreprises); voir aussi pour la problématique politique plus globale pour le sens de l’écologie : https://lvsl.fr/g7-lecologie-est-dabord-un-changement-dechelle/. Les gestes individuels –aussi nombreux soient-ils– ne renverseront pas à eux seuls la tendance. Pour autant, ils sont indispensables comme l’explique dans cet article Maxime Combes, dont l’association « cherche à dépasser l’opposition historique entre changement individuel et lutte collective ».  « Sur la crise climatique, nous considérons que les deux approches sont absolument essentielles. Elles doivent se nourrir l’une, l’autre », affirme l’économiste d’Attac. Pour lui, les initiatives individuelles ou «collectives à petite échelle» sont un premier pas pour politiser la question du dérèglement climatique et ainsi instaurer un rapport de force. C’est par ce type d’actions, souvent simples à mettre en place (comme le fait d’adhérer à une Amap ou d’opter pour un fournisseur d’énergie verte) que les citoyennes et citoyens vont être amenés à se saisir de problématiques plus globales et plus complexes 

[15] Voir par exemple  si l’on prend la thématique des déchets en France, la quantité de déchets visibles, c’est-à-dire produite directement par le particulier est de 590kg/an/personne, tandis que les déchets cachés, c’est-à-dire ceux créés pour la fabrication et la production de nos biens (industries, transports…) est de 13,8 tonnes/an/personne ; voir aussi sur le poids des entreprises et des Etats :

http://www.slate.fr/life/87587/coca-danone-agroalimentaire-gaz-effet-serre-pollution

[16] L’idée de modération qui doit s’imposer désormais n’est pas compatible avec le principe de consommation « no limit » (autre que celle du porte- monnaie) qui prévaut aujourd’hui ; nul doute qu’il y faudra de la contrainte  par la loi car cela n’ira pas tout seul ni même sans mal  comme par exemple sur les déplacements avec des véhicules très polluants tel l’avion ; les pistes auxquelles l’on peut penser, à défaut de progrès technologique réglant la difficulté, tel le cantonnement annuel d’heures de vol pour chacun, dotation cessible ou non, ne peuvent être mises en œuvre que dans la concertation internationale pour avoir du sens, la difficulté sera donc immense…    

[17] Voir un excellent travail de constitution d’un vadémécum des bons comportements à ce propos : https://cacommenceparmoi.org/

[18] Voir notamment :

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4 Septembre 2020, la République a 150 ans !

En ce jour anniversaire, le discours remarquable d’Emmanuel Macron au Panthéon ce matin sur les 150 ans de la République :

https://www.bing.com/videos/search?q=discours+E+Macron+sur+les+150+ans+de+la+république&&view=detail&mid=D54948793FB811C2346FD54948793FB811C2346F&rvsmid=181F85E191EEB8105883181F85E191EEB8105883&FORM=VDRVRV

Pour toutes ces valeurs et cette exigence républicaine qu’il rappelle si bien et qu’il ne faut en aucun cas laisser à la droite et à l’extrême droite, même si toute une partie de la gauche tente, sans cesse et niaisement, de les y renvoyer.

Sur ces bases Macron aura, ici, toujours notre soutien. Mais qu’il s’y tienne et que les actes suivent les paroles. Sinon la punition risque d’avoir lieu en 2022.

Pour lire ce texte : discours célébrant les 150 ans de la proclamation de la République par Léon Gambetta

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L’huile et l’eau…

Un article magnifique de Michel Huyette, magistrat, sur la question de l’indépendance des procureurs. Comme un cadeau de fin d’été. A l’opposé des tartes à la crème que l’on nous sert habituellement sur ce sujet que ce soit dans les médias ou dans les programmes politiques.

Article publié le 30 août sur le blog de l’auteur et que je vous invite à lire attentivement même s’il n’est pas forcément facile d’accès. Je le reproduis ci-dessous à cette fin mais vous pouvez aussi le trouver sur :

http://www.huyette.net/2020/07/le-statut-du-ministere-public-ou-l-impossible-melange-de-l-huile-et-de-l-eau.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Texte archivé en rubrique « Billets d’Actu »

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Le « Jour d’après » publié par UP magazine !

Un article qui connaît une fort belle diffusion ! Ne nous en plaignons pas, au contraire, car il traite de questions essentielles.

Après la publication par Catherine Kintzler sur son site Mezetulle (voir https://www.mezetulle.fr/le-jour-dapres/) ainsi que par Médiapart (https://blogs.mediapart.fr/francois-braize/blog/190620/le-jour-dapres-enrichir-nos-principes-fondamentaux-constitutionnels), mon article pour « Le « jour d’après » bénéficie d’une publication supplémentaire.

Sur UP-Magazine :

Le «Jour d’après» – Comment enrichir nos principes fondamentaux constitutionnels

Allez-y voir, il ouvre en quelque sorte la réflexion que lance ce magazine sur l’idée de réforme constitutionnelle également proposée par la convention citoyenne sur le climat.

Tout cela devient extrêmement intéressant !

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« F.O.C. » you !

Avec ses amis de la « F.O.C. » (Force d’Optimisation Culturelle/ groupe de penseurs à penchants drôle et opérationnel), Francis SOLER, architecte, continue et persiste à interroger notre présent sans concession et toujours avec une verve et parfois même une cruauté qui réjouissent l’esprit. Bref, que la « F.O.C. » soit avec nous…

DECODA accueille donc dans une joie totale un nouveau texte de l’ami Francis et cette fois en primeur :

« C’est vous qui voyeZ »

comme un péché que la morale du petit bourgeois constructeur/aménageur réprouverait mais avec un plaisir immense et un grand sourire, même si les « choses » abordées sont extrêmement sérieuses. Car, bien sûr, comme disait mon notaire, il faut toujours tirer les « choses » au clair…

La parole est à l’accusation, à moins que ce soit la défense…

Billet archivé en rubrique « Billets d’actu »

Le texte du billet en version PDF : C’est vous qui voyeZ

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Mezetulle publie le « Jour d’après »

Catherine Kintzler, philosophe, outre son intérêt pour mon texte me fait l’amitié de le publier sur son blog, Mezetulle, ce qui lui donne une nouvelle diffusion.

Merci infiniment à elle !

Vous le trouverez au lien suivant dans une nouvelle version améliorée et simplifiée :

https://www.mezetulle.fr/le-jour-dapres/

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Enrichir nos principes constitutionnels fondamentaux

Le « Jour d’après », V3, Pour « une nouvelle donne »

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Texte du billet en document PDF :Le « Jour d’après » Volet 3 – La nouvelle donne VDef ou en version courte : Article – Le « Jour d’après » Pour une nouvelle donneVMédia

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Texte du Volet 3 archivé en rubrique « Numéros Hors série » sous rubrique « Le Jour d’après »

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Le « Jour d’après » – V2

Les axes de changement

« La folie, c’est de se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent »  (Albert Einstein)

Texte du billet en format PDF : Le « Jour d’après » Volet 2 – Les prérequis VD

Volet n°2 du numéro Hors série « Le Jour d’après »

Billet archivé en rubrique « Archives », sous-rubrique « Numéros Hors série »

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